Le Moi Pour Toi a été crée le 31 mars 2005 et s'efforce de retracer au fil des mois, l'évolution de la vie ordinaire de son jeune auteur gay. Depuis mes premiers Coming-Out en passant par ma plus belle histoire d'amour, mon adhésion à l'UMP ou ma passion pour la Bande Dessinée, ce site est d'abord un formidable moyen d'extérioriser ce que j'ai souvent gardé pour moi. Véritable Moi intérieur, il se dévoile pour tous ses lecteurs. Bienvenue sur Le Moi Pour Toi.

dimanche, février 28 2010

L'épitaphe


L'épitaphe

jeudi, janvier 7 2010

Coming-Out [Final]

From : Mathieu
Date : Tue 05/01/10 22:06
To : Papa; Maman
Subject : C'est l'histoire d'un mec

Tout d’abord, bonjour à tous les deux. J’espère que vous allez bien depuis la dernière fois que nous nous sommes parlé. J’espère également que vous avez passé un bon réveillon et que vous êtes restés sages ;-)
 
Ce mail est le moyen le plus approprié, pour vous et moi, pour vous raconter une petite histoire, celle d’un mec (moi en l’occurrence) qui a décidé de faire de 2010, l’année des vérités. L’exercice n’est pas facile mais a au moins le mérite d’être sincère et réfléchi.
 
Je vais faire simple.
 
Ayant brillamment digéré mon quart de siècle et mes bonnes résolutions pour cette nouvelle année, je tiens à partager avec vous une information que je juge importante : je ne suis pas célibataire. Vous me direz probablement qu’à vingt-cinq ans passés, il était temps que je me réveille, et vous aurez raison. Mais, étant donné qu’une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, vous devez aussi savoir que ma moitié s’appelle Cyprien, qu’il est étudiant, qu’il a 21 ans et que notre histoire dure depuis presque deux ans… !
 
Oui, vous avez bien lu et je ne me suis pas trompé. Il y a plein de mots pour écrire ça et ne comptez pas sur moi pour les égrainer dans ce mail. La première question que vous vous poserez sera certainement « Pourquoi ? ». A cela je ne ferai pas de réponse toute faite car je n’ai pas vraiment choisi : c’est quelque chose que je ressens plus qu’un choix que j’ai fait. Quelque chose plus ou moins inné mais dont l’expression varie d’une personne à une autre. La question immédiatement suivante devrait être « Depuis combien de temps ? ». Je dirais qu’on se rend compte de cette chose-là plutôt jeune, bien avant les 18 ans mais le travail personnel à réaliser avant d’en arriver au présent mail a été très important. Et enfin, dernière porte ouverte : « Pourquoi ne pas nous l’avoir dit plus tôt ? ». Parce qu’il y a, comme je viens de l’écrire, tout un processus personnel d’acceptation et d’ouverture aux autres qui peut être plus ou moins long.
 
Ce qu’il faut retenir de tout ça, c’est que je suis heureux et épanoui et que, sans l’aide de Cyprien, je n’aurai probablement pas encore franchi le cap de la vérité que je vous dois. J’espère, que vous ne serez ni choqués ni fâchés mais que vous essaierez, au contraire, de comprendre ma démarche. Je suis bien sûr, à votre disposition pour en discuter plus longuement si vous le souhaitez mais je ne souhaite pas, en revanche, que vous en parliez ailleurs et à quiconque en dehors de la maison. Cela sous-entend en effet, qu’Etienne est déjà au courant.
 
Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter très sincèrement, une magnifique année 2010, pleine de bons moments, de joie et d’amour et vous dis à bientôt.
 
Bien à vous tous les deux,

Mathieu

mardi, décembre 15 2009

Owl City - Fireflies (From Ocean Eyes)

dimanche, décembre 13 2009

LipDub Jeunes UMP

mercredi, décembre 2 2009

Question de Contrôle

Enfin, j’ai compris pourquoi je n’aime pas que l’on me souhaite mon anniversaire. Les raisons s’expriment sur trois niveaux. Je vais tenter de les coucher par l’écriture.

Niveau 1 : On ne fait pas l’apologie de la vieillesse, du quart de siècle et plus généralement du temps qui passe.

  • Vieillir équivaut à perdre tout un tas d’avantages. Le dernier millésime me fait perdre l’accès au tarif jeune d’Air France et clôture mon Livret Jeune.


Niveau 2 : Souhaiter un anniversaire aujourd’hui relève plus de l’hypocrisie que d’un sentiment sincère.

  • Internet, Facebook et autres calendrier dématérialisés sont là pour collecter, anticiper et alerter la moindre date évènementielle faisant peu à peu disparaître et / ou atténuer toute pensée sincère, vraie et préparée. Voila pourquoi fêter mon anniversaire avec un peu de retard témoigne selon moi, plus d’amitié et d’affection.
  • A quoi sert-il d’avoir un wall Facebook plein à craquer de doux messages lorsqu’on sait qu’il existe des applications capables d’envoyer automatiquement un petit mot sympa, le jour J, sans même se donner la peine d’y penser ?
  • Que dit-on vraiment lorsque l’on souhaite « Bon anniversaire » sinon « Bonjour, je n’ai rien à te dire mais bon anniversaire ! » ?


Niveau 3 : La date de naissance fait partie des données immuables d’un être humain.

Étonnante banalité. Et pourtant. Quand on sait que :
  • J’ai changé de prénom
  • Je vais changer de nom
  • Je défie plus généralement toute autorité parentale et / ou familiale

Je comprends mieux pourquoi aujourd’hui, je « fête » mon anniversaire avec (tout au plus) un mois de retard sur le calendrier et ce, depuis 11 ans.


L’anniversaire est un symbole. Celui d’une obligation, d’un choix volé, et représente, pour moi, le dernier bastion écrit d’une autorité parentale bien dressée.


controle

samedi, novembre 28 2009

First Time

J’ai l’impression d’être dans une pub Allianz. Vous savez : celle où le conseil d’administration des sentiments siège dans votre cerveau et où la raison, incarnée par Charlotte Rampling, intervient à la fin pour apporter la bonne réponse. Et bien mon cerveau aujourd’hui c’est un peu ça : un joyeux bordel où tout le monde parle en même temps mais où surtout, Charlotte Rampling manque à l’appel. J’écoute, j’entends, dans tous les sens et ça résonne sans raison.

L’origine de cette agitation provient d’une rencontre qui, bien que planifiée depuis longtemps, a engendré moult remous dans ma tête depuis ce matin. La première personne à prendre la parole est le stress. Sa mission ? Perturber mon équilibre biologique et sentimental pour faire prendre conscience à mon corps tout entier qu’un évènement hors du commun s’approche. Il en résulte une tension, palpable depuis le réveil mais dont l’intensité ira crescendo jusqu’à midi.
Une fois le dossier de ce brave agent cérébral ficelé, il passe la main à la peur. La peur travaille plus vite que le stress et son action peut parfois être dévastatrice. Elle a tenu les rênes de mon cerveau peu avant 13 heures, une vingtaine de minutes environ. Sa mission ? Me faire croire que je ne serai pas à la hauteur.
Heureusement, une fois la seconde poignée de main donnée, elle fut déboutée par l’apaisement puis par le bien-être et ce, jusqu’à la fin de l’après-midi.

Pourquoi un tel remue-ménage ? Parce que c’était ce midi que je devais rencontrer, pour la première fois, les parents de C.. Déjeuner au restaurant, bonne tenue et bonne conduite de rigueur pour ce premier rendez-vous aux allures de rencontre-détente. Je m’attendais à passer une sorte d’entretien d’embauche ou, pire, à être convoqué à un jugement dont je n’avais pas défendu la cause. La peur avait vraiment bien fait son travail (ndlr : penser à lui accorder une promotion de fin d’année). Du coup, on comprend mieux pourquoi le stress a pris le dessus toute la matinée : quels sujets aborder, comment allait-on me considérer, comment s’habiller pour paraitre aussi irréprochable que possible sans trahir le moindre détail de ma personnalité ? La question ne semblait pas, à première vue, évidente, même si mon copain était là pour relativiser et « dédramatiser » l’impact d’une telle rencontre. C’est à ce moment-là que les valeurs sont intervenu brièvement : dans leur esprit, le moment se devait d’être parfait, tant dans la présentation que dans l’attitude ou bien encore dans la qualité des discussions. L’occasion rêvée pour la peur de mettre la pression sur le cerveau tout entier. Mais que voulez-vous, sans raison, c’est le bordel !

J’ai finalement passé un très bon moment. Un excellent moment même : le restau, divinement choisi, situé au cœur de la Confluence et dont le cadre, à la fois original, novateur et conceptuel, inspire sérénité et confiance, était l’endroit idéal pour a first time.

C., j’ai retrouvé dans tes parents et dans la relation que tu entretiens avec eux, tout ce qui manque à ma propre famille : amour, communication, respect et partage et, au-delà du « simple » fait de les rencontrer, l’évènement aura en moi, soulevé moins de satisfaction que d’émotions étranges dont la définition m’échappe encore. Mais pour l’instant, à froid, je dirais avoir presque ressenti un peu de peine et d’envie. On me rétorquera sans doute que l’herbe est toujours plus verte chez le voisin mais quand on sait que dans mon jardin, il n’y a que du calcaire, une simple friche végétale représente déjà beaucoup.

Alors ce soir je suis plein d’espoir, plein de cette envie d’aller plus loin, de retoucher du doigt ce que j’ai pu sentir aujourd’hui mais cette fois, dans ma propre famille. Ma décision est prise, réfléchie et officielle : 2010 sera l’année des vérités. Celles que l’on n’a pas toujours envie d’entendre mais dont les révélations peuvent avoir un effet de levier. Next step : dans les tous premiers jours de janvier, la révélation officielle et écrite à mes parents. Elle se fera par mail et ne sera pas jouée sur le ton du mélodrame.

Cette décision, je te la dois. Depuis bientôt deux ans, tu es la plus belle chose qui me soit arrivée. Puisses-tu continuer à me conduire sur les pas de la raison et de jouer, dans mon cerveau, le rôle magnifique de Charlotte Rampling.

Du fond de mon cœur, et très sincèrement, merci.

Je t’aime.

jeudi, octobre 29 2009

Simulation

Si je vous dis : avez-vous le sentiment d’être vivant ? Vous me rétorquerez probablement que ce blog (et vous aurez bien raison) a bigrement diminué en qualité. Peu m’importe. L’idée est que c’est la réponse qui m’a suggéré la question.

Tout commence par une bonne dose de mauvais poil. Une très forte dose, une goutte de trop, un vase pété et deux trois crétins suffisent à vous ronger les nerfs. Et ça dure, un jour, puis deux, voire trois : ce sont les imbéciles qui ne savent pas conduire, les flics embusqués dans une Mégane garée sur le bord de la route, Polaroïd dans le coffre, une déclaration de Ségolène Royal, de Mathieu Kassovitz ou les enfants bruyants dans une voiture de première. Ajoutez à cela une bonne dose de solitude et une réceptionniste pas sympa et vous obtiendrez, à coup sur, le cocktail idéal pour tout foutre en l’air.

Alors, sentant le vent venir, je me lance dans de grands projets. Le premier : réécriture partielle de mon CV et envoi à quelques recruteurs. L’exercice est long, douteux et périlleux mais a au moins le mérite d’occuper mes méninges. Avec lui surgissent les grandes questions parmi lesquelles : es-tu vraiment à ta place ou comment rendre ton quotidien plus excitant. Les réponses se heurtent pour l’instant au reflet de la réalité : j’évolue doucement (mais surement) du mode lassitude au mode challenge.
Le second projet, c’était d’aller au centre commercial faire deux trois courses (si si !). Direction Auchan Martigues. Haut lieu de la grande distribution. Je batifole : il est assez tard, je sors du boulot et j’échauffe ma carte American Express à l’idée de satisfaire un besoin d’achat compulsif. Ca me rappelle la vraie vie, celle où, avant de rentrer chez moi, je passe faire un tour dans quelques boutiques.
Je vis la vie en faux.
Ce que j’avais sous-estimé, c’est la déception que j’aurais pu ressentir à l’idée de pouvoir toucher sans acheter : rien ne sert d’avoir la liste de courses en tête si on ne rentre pas chez soi. Finalement, c’est avec un shampoing et un dentifrice que je suis revenu à l’hôtel. Même pas vraie, la vie Auchan.

Alors tant pis : je boufferai des sushis seul, dans la chambre d’hôtel. A défaut d’être glam, ça peut au moins être bon.

mercredi, octobre 21 2009

C'est quoi la pop ?

Il parait que c’est en regardant son passé et son enfance qu’on apprend à se connaitre… Je nuancerais : c’est en comparant son présent à son enfance que je mesure l’ampleur du fossé que j’ai creusé entre ma famille et moi.

Tout repose sur une règle simple : « Tout et son contraire ». Je pourrais dresser une liste, ou même dessiner un tableau tant l’hypothèse me semble immuable. Je ne m’abaisserai pas à ce type de facilité, je lui préfère le style romancé.

Si je commençais par papa ? Le plus facile en premier. Papa est un bricoleur, un technicien… Il a dessiné les plans de sa maison, en a conçu tous les avantages et les défauts, a construit sa cuisine et sa salle de bains… Moi pas : c’est tout juste si je sais percer un trou dans un mur. Que dire alors de son goût prononcé pour la mécanique et les véhicules anciens ? J’avais 8 ans lorsque j’étais au volant de sa Jeep à demi-assemblée ou seul le moteur était présent sur le châssis… J’ai pourtant essayé, moi aussi, la méca… Le pire ? C’est que j’ai réussi !!! Je suis officiellement ingénieur en productique ! C’est bien utile quand on sait qu’aujourd’hui je travaille dans… Le conseil en management. Je continue ? Papa, tu aimes, comme moi d’ailleurs, la bonne musique. Mais ton acharnement à vouloir me faire jouer de la guitare a tué dans l’œuf tout l’intérêt que je pourrais y trouver. La moto ? No way ! Monter des hangars ? Plutôt des châteaux de cartes !
Mais parlons désormais de ce que tu n’aimes pas : les vêtements ? Houlà ! Touché ! La ville ? Touché ! Les magasins ? Touché ! L’informatique ? Touché ! Les livres ? Coulé !
Tout et son contraire : je te l’avais bien dit.

Peut-être maman aura-t-elle plus de chance ? Faites vos jeux ! Maman, à la différence de papa, aime les vêtements, la mode et les restos. Il n’empêche : j’ai trop souvenir de paroles trop haut placées et d’humeurs professionnelles massacrantes pour pouvoir passer à coté. Maman, tu as fait de moi un garçon calme dont les qualités de patience, de sérénité et de pédagogie font les choux gras de mes employeurs. Je t’en remercie. De même, ton côté mère-de-famille-sur-protecto-contrôleuse a brûlé la corde qui me retenait à toi le jour où, à 17 ans, j’ai quitté la maison. Tu ne l’as jamais su et c’est peut-être mieux ainsi. Grâce à toi, je suis sans limites, ultra-potent et téméraire-conscient. Tu as plus joué sur ma psychologie que le matérialisme de terrain qui donne à ton mari ses plus grandes qualités.
Tout et son contraire : la règle s’applique aussi avec toi.

Aujourd’hui regardez-moi : indépendant depuis mes 22 ans, je n’ai eu de cesse de remettre en cause, probablement inconsciemment, un modèle familial que je trouve aujourd’hui certes dépassé, mais également pilier de ma personnalité. Mes mots ne sont ni là pour juger, ni pour critiquer, mais juste pour regarder : je ne demande rien à personne, je ne tiens pas en place, j’achète des pompes à 150€, je ne regarde pas la TV, je fais du sport en salle, je n’ai pas de voiture, j’aime un garçon, je n’aurai pas d’enfants, je dors dans du Rykiel et j’écoute de la pop.

Alors j’ai envie de dire 3 choses :
- La première, c’est que je suis désolé.
- La seconde, c’est que je vous remercie.
- Et la dernière, c’est que la pop exclut, par nature, la guitare-sèche.

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