Détachement
C’est un de ces dimanches ensoleillés dont on sait qu’on ne profitera pas. Un de ceux qui sonnent le glas d’un samedi hors du commun et d’une soirée exceptionnelle. J’en fais souvent des comme ça… Trop. Chaque fois la même chose, la même sensation. Celle qui vous montre combien, après l’exaltation, le retour sur Terre peut parfois être violent. La mélancolie s’installe, parfois le regret, souvent, la solitude… Alors je tue. Je tue ce temps qui passe, continuellement, avec acharnement, discernement et méthode. Cela passe par l’établissement d’une liste interminable de choses à faire, une série d’objectifs irréalisables dont les tentatives d’atteintes auront au moins le mérite de m’occuper sans monopoliser mes neurones les plus névrosés. Cette technique, je l’appelle « le détachement ». Comprenez que je sors de tout ce que j’ai vécu pour replonger, une prochaine fois, dans ce que la vie sait m’offrir de meilleur. En attendant, j’écrirai, je repasserai, j’appellerai, je peindrai… Ça marche. A peu près. Ça m’occupe. Ce n’est déjà pas si mal. Je sais trop ce dont je suis capable pour avoir à m’en plaindre…

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