Une Famille

Sans Titre Aucun

C’est avec un immense plaisir que je reprends ma plume ce dimanche après midi. Voici deux mois que je n’ai rien écrit, pourtant, ce n’est pas la matière qui manque. D’ailleurs, je ne sais même pas par quoi commencer… Mon moleskine est empli d’anecdotes, de souvenirs interdits et de choses que je m’étais promis de publier.

Je suis en retard.

Et comme chaque fois dans ce cas là, je vais reprendre le fil de l’histoire là où je l’ai laissé la dernière fois, en 2008, à la fin du mois de novembre.

J’allais passer un mois de décembre de folie. Un très long mois, plein de peurs, de larmes, de fatigue, mais aussi de bons moments. Il commence toujours par le souhait de mon anniversaire civil malgré les efforts que je mets pour le faire oublier aux yeux de tous. Je viens de claquer 24 ans. Pas mal. Et même Facebook est là pour me le rappeler :

Voila matière à me mettre de bonne humeur. Passons. C’est tous les ans la même histoire. Inutile de la réécrire indéfiniment. Et puis j’avais surtout plein d’autres choses à penser. Niveau boulot j’allais courir : à Pau, Fos sur Mer et Metz ! La France dans tous les sens. Sauf qu’entre temps, il faut bien déménager ! Et oui ! Qu’on se rappelle, j’habitais temporairement l’appartement du troisième. Mais les travaux au premier sont terminés et on me demande de réintégrer les lieux au plus vite. C’est là que deux personnes-clé interviennent : P. et C.. Le premier est mon meilleur ami, le second celui qui habite mon cœur depuis bientôt 11 mois. Pendant mon absence, ils auront procédé à mon déménagement, à l’assemblage de nouveaux meubles et aux états des lieux. Inoubliable. Sincèrement.

Et le mois passe, toujours aussi rapidement. Résultat, au bout de trois semaines infernales, je rentre chez moi à Lyon le 19 décembre épuisé, malade et avec l’obligation de rentrer chez mes parents pour les fêtes de Noël. Une étonnante crise de nerfs m’aura fait comprendre que l’angoisse du retour augmente exponentiellement avec le temps.

J’ai pleuré. Terriblement.

Parce que je ne voulais pas rentrer, pas discuter, me cacher, sourire quand tout évoque le contraire, justifier mon comportement, mes décisions, mes envies, jusque dans les moindres détails. Je n’ai plus rien en commun avec mes parents et leur univers si ce n’est la présence de mon frère et de mon chat sous leur toit. L’effort est de plus en plus insupportable et inutile quand je sais qu’il me suffit de me tenir éloigné pour rester protégé. Et puis je suis rentré… Une semaine. Pas plus. Je voulais profiter de Lyon, de mon nouvel appartement et de C.. La semaine a été longue et, avec du recul, je me rends compte que je l’ai fuit tant que possible avec mon frère. Lui qui sait désormais est à même de me comprendre chaque jour un peu plus. Nous sommes plus proches qu’avant, c’est indéniable et ça se sent. Mais désormais c’est officiel : moins je vois mes parents et mieux je me porte. Point.

Encore aujourd’hui je me demande s’il est possible qu’ils me comprennent un jour. S’ils connaissaient l’existence de ce site, quelle serait leur réaction ? Beaucoup trop dure à mon sens… Voila pourquoi je ne peux parler qu’ici que de ce qui me touche vraiment. C’est sûrement ce ressenti qui aura attisé l’intérêt de deux articles sur Le Moi Pour Toi dans Têtu. Voila plus d’un an et demi que je l’attendais. C’est chose faite ! Fin décembre, la page 138 du numéro 140 du magazine Têtu présente quelques blogs gays français. Le Moi Pour Toi fait partit de la liste. Enfin on parle de moi sur du papier ! L’effet est immense, incroyable et terriblement rassurant. Moi qui ai toujours voulu être reconnu, me voila propulsé en plein milieu du premier magazine gay de France mais aussi dans l’Editorial ! Je vous laisse prendre le temps de le lire en cliquant sur le lien dans le menu de droite. L’article suivra un peu plus tard, le temps que le magazine soit remplacé par le 141, c’est promis. Je pourrais épiloguer longtemps sur ce sujet, arguant qu’il y a deux ans, j’ai failli être publié pour mes papiers sur Dieu et la religion. Failli seulement car ça n’a jamais abouti. Le fait d’être publié aujourd’hui apporte la dose immense de reconnaissance dont j’avais besoin. Ce sentiment qui dit que, malgré le temps que je passe à alimenter mon blog, plusieurs dizaines de personnes continuent de le lire régulièrement, parce qu’elles retrouvent dans mes lignes des fragments de vécu et de sincère. Tout ça pour adresser mes plus sincères remerciement à C.D., jeune journaliste de la rédaction de Têtu pour l’intérêt qu’il a porté à mon site ; et aussi pour vous remercier, vous qui lisez ces lignes pour votre soutien sans faille. 

Excellente année 2009 à toutes et à tous.

1 Comment

  • Eric

    1

    J'aime décidément beaucoup ton blog :) Bonne année

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