A Lyon

Chantilly Cranberries

C’est au dessus d’un épais manteau nuageux que ces quelques lignes sortent de mon cerveau. La musique sur mes oreilles pour cacher le bruit des moteurs en est probablement l’élément déclencheur. Je pense.

Je pense à ce vol qui me reconduit chez moi. Je pense au suivant, encore le même, direction Metz-Nancy, la semaine prochaine, la cinquième consécutive. La dernière. Il était temps. Vraiment. 25 jours dans le nord constituent probablement la limite supérieure que mon esprit peut encore tolérer.

Et puis il y a la suite. Un vol, encore un ; Mais cette fois beaucoup plus long. Il me conduira en Californie, San Francisco. Une première. Et le jeu doit durer deux semaines sans retour prématuré. C’est excitant, terriblement. Presque terrifiant tant je sais la tâche difficile à l’arrivée. Cette opportunité en or, je la dois à ma chef à qui j’ai martelé toute l’année dernière que les missions « placard » et à bas prix dans la campagne profonde ne suffiraient pas pour me garder. Je veux du défi, à l’étranger, dans d’autres langues, sur des choses inconnues. San Francisco, c’est ça, exactement. Ni plus, ni moins. Juste ce que j’ai demandé. Alors j’y pense beaucoup, en essayant d’oublier que je ne verrai probablement pas mon chéri de tout le mois de février. L’explication est simple : même avec un retour le vendredi après midi en Californie, il devient difficile de passer une Saint Valentin digne de ce nom. Si en plus on considère que je dois reprendre l’avion le dimanche soir pour le Havre et que je passerai de nouveau (et très probablement) le week-end là bas, on comprendra vite que je passerai, sommes toutes, une seule et unique nuit à Lyon au mois de février. Le comble, c’est que mon lit sera vide et que je devrai le réchauffer seul. Une vie de bohême est ainsi faite : pleine d’aléas, de contretemps, mais aussi de surprises et d’instants magiques.

Ceci dit, je sais pertinemment que tout peut encore changer : j’ai dans la tête, depuis quelques mois déjà, de poser ma lettre de démission sur le bureau de mon patron. Elle est prête. Il ne reste plus qu’à mettre une date dans la zone vide en haut. C’est comme ça. On ne me refera pas…

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