Strass, paillettes…
L’histoire se passe à Cannes, pendant le Festival International du Film. Nous sommes vendredi soir, il est autour de 20 heures et je déambule avec P. sur la croisette à la recherche de quelque croustillance. Il fait beau, il fait chaud, et la légèreté de l’ambiance Méditerranéenne me rappelle incontestablement que je suis en vacances. Evidemment, j’ai pris soin, avant de partir, d’ajuster correctement mon nœud papillon pour paraitre au moins aussi élégant que les quelques stars smokinguées qui oseront s’aventurer dans la foule, certes détendue, mais électrique.
Tout le monde attend la descente des marches des personnalités venues assister à la première projection de la soirée. Lumière, musique (Michael Canitrot aux platines !), je me dirige vers le palais : les spectateurs précédents sortent. C’est à nous. Je tends mon invitation officielle pour accéder à la montée la plus célèbre de toute la cote d’azur. Vingt-quatre marches, quelques secondes, une minute tout au plus et un bain de flash resteront à tout jamais gravés dans ma mémoire. Du haut de l’escalier, j’observe la foule massée devant le palais, envieuse. Ce soir j’assiste à la projection de Bak-Jwi (Thirsty, ceci est mon sang) réalisé par Bark Chan-Wook dans une immense salle aux airs de grande soirée. J’aperçois Mariah Carey au second rang et une flopée de gens à priori connus s’installer tout près d’elle. Pas de doute, je suis à Cannes, en plein festival, et je suis un privilégié. Aucune importance : savourons ce moment, unique et exclusif.
La suite se passe à Monaco où, installé à la terrasse du Café de Paris, un Coca-Fraise entre les mains, je contemple un balai incessant de voitures de luxe. Ici l’ambiance est aux préparatifs du plus prestigieux grand prix de F1 au monde. On dessine le tracé du circuit, on installe les écrans géants, on barricade les bords de route et on monte les gradins. Monaco est probablement le seul endroit sur terre où il est possible de croiser une Jeep Willys entre trois Bentley, deux Maybach et cinq Ferrari. Elle me rappelle que je suis moi aussi, et à ma façon, tout aussi commun que la population locale. C’est ça, l’intégration. Et puis il y a Nice, endroit splendide où les avions atterrissent sur la mer, à deux pas d’un centre-ville immense et ultra vivant. C’est ça aussi la côte d’azur : du monde et de la vie.
Et enfin il reste ma boîte mail. Celle que je n’aurais dû consulter qu’une fois les vacances terminées. Celle qui contient ce mail empoisonné, ce virus qui ne m’avait pas encore infecté mais qui ne tarda pas à rattraper son retard. Je ne sais si le mot « Plan Social » est habituellement utilisé à Cannes mais c’est bien là que j’ai appris à l’appliquer à ma situation. C’est donc ainsi, sur cette note plus-que-glamour, que je termine ce délicieux weekend plein de Strass, de Paillettes et de Licenciements…

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