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Simulation

Si je vous dis : avez-vous le sentiment d’être vivant ? Vous me rétorquerez probablement que ce blog (et vous aurez bien raison) a bigrement diminué en qualité. Peu m’importe. L’idée est que c’est la réponse qui m’a suggéré la question.

Tout commence par une bonne dose de mauvais poil. Une très forte dose, une goutte de trop, un vase pété et deux trois crétins suffisent à vous ronger les nerfs. Et ça dure, un jour, puis deux, voire trois : ce sont les imbéciles qui ne savent pas conduire, les flics embusqués dans une Mégane garée sur le bord de la route, Polaroïd dans le coffre, une déclaration de Ségolène Royal, de Mathieu Kassovitz ou les enfants bruyants dans une voiture de première. Ajoutez à cela une bonne dose de solitude et une réceptionniste pas sympa et vous obtiendrez, à coup sur, le cocktail idéal pour tout foutre en l’air.

Alors, sentant le vent venir, je me lance dans de grands projets. Le premier : réécriture partielle de mon CV et envoi à quelques recruteurs. L’exercice est long, douteux et périlleux mais a au moins le mérite d’occuper mes méninges. Avec lui surgissent les grandes questions parmi lesquelles : es-tu vraiment à ta place ou comment rendre ton quotidien plus excitant. Les réponses se heurtent pour l’instant au reflet de la réalité : j’évolue doucement (mais surement) du mode lassitude au mode challenge.
Le second projet, c’était d’aller au centre commercial faire deux trois courses (si si !). Direction Auchan Martigues. Haut lieu de la grande distribution. Je batifole : il est assez tard, je sors du boulot et j’échauffe ma carte American Express à l’idée de satisfaire un besoin d’achat compulsif. Ca me rappelle la vraie vie, celle où, avant de rentrer chez moi, je passe faire un tour dans quelques boutiques.
Je vis la vie en faux.
Ce que j’avais sous-estimé, c’est la déception que j’aurais pu ressentir à l’idée de pouvoir toucher sans acheter : rien ne sert d’avoir la liste de courses en tête si on ne rentre pas chez soi. Finalement, c’est avec un shampoing et un dentifrice que je suis revenu à l’hôtel. Même pas vraie, la vie Auchan.

Alors tant pis : je boufferai des sushis seul, dans la chambre d’hôtel. A défaut d’être glam, ça peut au moins être bon.

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