Chaque fois je suis tombé dessus sans le vouloir.
Chaque fois, les prévisions résonnaient en moi comme un « coup de vérité ».
Mark est Gémeaux.
Ironie du sort : c’est mon ascendant.
20 Minutes Lausanne – Lundi 30 janvier 2012 – Premier jour sans toi.
Gémeaux : Vous prenez vos distances par rapport à une relation. Certains se changent les idées via une évasion. Financièrement, réglez toute affaire en suspens.
RTL France – Mardi 31 janvier 2012
Gémeaux : Vous êtes sensible à des influx qui vous invitent à un renouveau. Soit parce que vous avez ou allez déménager, soit parce que vous changez de cercle relationnel. Les deux situations pouvant évidemment être liées.
20 Minutes Lausanne – Mercredi 1er février 2012
Gémeaux : Le soleil et Mercure aiguisent votre curiosité. Vous êtes poussé à vous former ou à voyager. Côté cœur, la fin de semaine s’annonce plus animée.
Depuis, je ne lis plus l’horoscope : c’est moi qui décide de mon avenir.

Je sais bien que je n’ai plus le talent de mes 20 ans : je n’ai plus, en effet, cette capacité à écrire et à partager mes émotions comme avant. Il n’empêche que j’ai quand même écrit, par petits morceaux, quelques bribes de pensées qui, une fois mises bout à bout, devraient pouvoir retracer, le plus fidèlement possible, ce qui s’est passé ces derniers temps. C’est précisément à cet exercice que je vais me livrer.
Flashback
Nous sommes le samedi 24 décembre 2011. Comme promis, je dois prendre la voiture et aller chez mes parents, dans le Centre de la France. C’est en effet ce soir qu’a lieu le traditionnel réveillon de Noël chez ma grand-mère. Je profite un maximum de la soirée du vendredi et de la matinée du samedi avec mon jeune mari. Cela va faire plusieurs mois que nous habitons ensemble et ce n’est pas pour me déplaire : nos caractères, hautement compatibles, ont pris le temps de s’adapter à l’autre et forment, dans mon appartement de 35 m2, le petit couple idéal si cher au patron de ma pyramide. Je n’ai pas envie de partir. Je le sais. Mais je dois tenir mes engagements. Avant mon départ, je serre mon chéri dans mes bras, l’embrasse longuement, et lui souhaite aussi de bons moments en famille. Il va en effet retrouver sa mère et sa sœur à Lille et profiter un maximum du restant de la famille restée sur Paris. Je passe une petite semaine toute ordinaire chez mes parents : nous avons désormais compris qu’il nous suffit de picoler pour oublier nos différences. Cela tombe bien : j’ai plein de Champagne et de vin rouge dans le coffre de la voiture. Nous n’aurons d’ailleurs pas, au final, tout testé mais nous aurons profité de ma cave ambulante tous ensemble, y compris avec mon frère. J’attends quand même, avec une impatience légitime, cette soirée du 31 à Orléans chez Elise où j’ai justement prévu de retrouver mon mari.
Flashback
Nous sommes le samedi 31 décembre 2011, il est 23h59, je suis avec Mark, chez Elise, à Orléans. Le moment tant attendu est enfin là : on va enfin pouvoir dire Adieu à l’année passée et mettre plein d’espoir dans la nouvelle. On ne peut rien contre le temps. Le mieux que l’on puisse faire est encore de profiter de sa présence sans le regarder passer. Je redoute depuis plusieurs nuits déjà les 20 dernières secondes de l’année. Je commence à me rendre compte qu’il n’était pas nécessaire d’y réfléchir autant quand on voit la vitesse à laquelle le moment passe. Je prends Mark dans mes bras. Je ne pleurerai pas. Je le regarde dans les yeux. Ils sont toujours aussi beaux. Je ne pleurerai pas. Il passe ses mains autour de ma taille. Je ne pleurerai pas. Je pose ma joue contre la sienne. Je pleure.
5 ! Le moment est venu.
4 ! This is it.
3 ! Que dois-je te souhaiter pour la nouvelle année ?
2 ! Ben… Un bon voyage ?
1 ! D’accord : un bon voyage.
Bonne annéééeee !!! Je t’aime.
J’aurais voulu que 2011 ne se termine jamais…
Ma J12 indique déjà 1.
Flashback
Nous sommes le samedi 07 janvier 2012, en milieu de matinée, au Café des Antiquaires à Lyon. Nous prenons le petit déjeuner. Nous passons un bon moment mais je sais que quelque chose me taraude l’esprit depuis la veille. Je n’ai d’ailleurs pas beaucoup dormi. Je ne sais pas encore, à ce moment là, que j’entame une nouvelle belle période d’insomnie. Mark sent bien que quelque chose ne va pas. Il se doute bien que son départ y est pour quelque chose mais me demande quand même de lui en dire plus. Je lui dis que, s’il me le demande, je serai capable de rester avec lui même à une demi planète de distance : un simple mot et je m’exécute. L’appel reste sans réponse concrète. Tout au plus évoque-t-il la difficulté d’un tel engagement avec de recentrer ses pensées sur son chocolat chaud.
Flashback
Nous sommes le mercredi 25 janvier 2012, il est 21h00, je suis avec Mark au Bien Fait, Place de la Baleine dans le Vieux Lyon. Ce mois de janvier doit être irréprochable, parfait, et répondre à toutes nos envies. La première est bien entendu de se retrouver aussi souvent que possible. Voila pourquoi j’ai fait le déplacement depuis Lausanne pour passer la soirée avec mon jeune mari. Je suis content. Nous passons un agréable moment dans ce petit restaurant aux allures de bouchon de luxe. Nous buvons du bon vin. Nous rions. Nous imaginons toutes les choses qu’il nous reste encore à voir tous les deux : Vienne, Prague, New York… J’adore son sourire. Et sa joie de vivre. Je l’aime. Plus que tout.
Flashback
Nous sommes le dimanche 29 janvier 2012. Il est midi. Je fais la vaisselle pendant que Mark finalise son sac. Mes larmes s’effondrent sur les assiettes avant de disparaître dans la mousse chaude. Je fais comme si tout allait bien. En vain. Mark m’entend et me dit « Mon chéri… » avant de me prendre dans ses bras. Je sais que c’est l’une des dernières fois, que cela n’a pas de prix et que je dois inscrire à tout jamais ces derniers moments dans ma mémoire. Plus tard, ses affaires rassemblées, je retrouve mon appartement désert et sans vie. Tout a disparu. Je l’aide à transporter son sac à dos. J’ai mal au ventre. Nous nous dirigeons vers Perrache prendre ce tramway nommé T1. Mes yeux sont chargés. Et mes mains tremblent. Nous arrivons à la gare. Nous prenons un café. Assis devant lui pour la dernière fois, je m’effondre à nouveau avant de confirmer, encore une fois, que tout ce qui a commencé doit finir. Puis le quai est annoncé : voie D. L’attente est interminable. Insupportable. Puis le monstre arrive, triomphant. Le double TGV duplex s’installe sur le quai, les contrôleurs pressent les voyageurs de s’engouffrer dans le train et j’embrasse Mark une dernière fois, de toutes mes forces, dans une étreinte mêlée de peine, de larmes et de la douceur d’un dernier baiser. Il monte dans la rame. Je le regarde une dernière fois, jusqu’au dernier moment, avant que les portes ne se referment et que le train ne finisse par quitter définitivement le quai. Alors je reste seul debout, plusieurs minutes, à pleurer et à comprendre que ma vie vient de basculer, pour toujours. Mon téléphone sonne. Nous échangeons nos derniers SMS : « Je t’aime :-) », « Je t’aime plus que tout au monde mon chéri. A bientôt j’espère », « Oui, prends soin de toi hein ^^ ». Je descends les escaliers, Marianne est là. Elle me prend dans ses bras. Je tremble. Mon Kleenex est trempé. Mes yeux sont noyés dans mes larmes. La voix tremblante, je trouve encore la force de lui dire « Il est parti pour toujours ». Elle a l’élégance de ne pas répondre, et d’attendre un moment avant de me conduire vers le tramway.
Flashback
Nous sommes le lundi 30 janvier 2012, il est 10h00, je suis à Lausanne, chez mon client et je me suis isolé dehors le temps de passer mon dernier coup de fil à Mark. Je viens de passer mon premier dimanche sans lui et ma première nuit de réelle insomnie. Je suis parti ce matin sans entendre le son de sa voix depuis la chambre pour me dire « Je t’aime ». Je suis fatigué moralement et je m’effondre de nouveau. Je lui soumets alors ma dernière requête, pleine de désespoir : je lui annonce qu’il représente beaucoup de choses pour moi, que je ne peux pas le quitter mais que je veux, bien au contraire, passer une partie de ma vie et me marier avec lui. C’est tout naturellement et presque sans surprise qu’il me répond « Ben oui si tu veux on peut essayer. Et puis tu sais c’est ce que je t’avais dit ». Cette réponse m’aura calmé quelques minutes, suffisamment pour pouvoir donner le change face à mes collègues. Personne ne sait ici. Mais je continue d’être triste au fond de moi…
Retour au temps réel
Alors où en suis-je aujourd’hui ? Je suis psychologiquement instable, perdu de la vie comme on dit : mon humeur et mes opinions changent radicalement d’un jour à l’autre, je m’interroge continuellement sur le sens de cette relation sans jamais trouver de réponse cohérente et/ou satisfaisante. Je ne dors plus ou encore moins qu’avant. Mes nuits sont agitées et, à chaque réveil, je me rue sur mon iPad pour consulter mes mails, Skype, Facebook ou le carnet de voyage de Mark. Face à l’évolution de sa nouvelle vie, j’éprouve aléatoirement haine, envie, passion, amour ou désenchantement. Dimanche dernier, face à ma solitude, je craque et lui envoie un SMS : « Encore un dimanche sans toi. Je pense à toi mon cœur. Tout le temps. Je t’aime. ». La réponse est quasi immédiate : « Mon chéri… Moi aussi je t’aime. Je t’écris plus longuement demain. Je suis en soirée avec des collègues. Gros bisou. ». Je n’ai toujours pas de nouvelles aujourd’hui. Alors je continue, dès que mon cerveau le peut, à m’interroger sur le sens de tout cela mais plus profondément, au sens de ma propre vie… Je sais surtout ce à quoi je dois faire face : mes 30 ans sonneront le glas de mes rêves de jeunesse. J’ai encore deux ans et demi pour l’accepter…
Très bonne Saint Valentin à tous.

Ecrire ? D’abord parce que ça fait longtemps. Ensuite parce que j’en ai besoin et enfin, parce que c’est certainement ce que je sais faire de mieux… Je prendrai les choses dans l’ordre, méthodiquement… Je sais que ça marche à tous les coups.
Je me rends compte que je n’ai pas beaucoup écrit depuis que je suis avec Mark et que c’est clairement le signe d’un re-mieux. Car, soyons honnête, on n’écrit pas quand tout va bien, loin de là. J’en veux pour preuve les kilomètres de lignes écrits dans les pages de ce foutu site web. Alors comment comprendre mon retour ce soir ? Que tout va mal ? Non, pas tout à fait ; plutôt que tout ne va pas bien…
Quelques raisons, simples et lucides, peuvent l’expliquer mais elles ne justifient pas, à elles seules, l’écriture de mon premier article de l’année. Commençons par le plus évident : dans un peu plus de 36 heures, Mark va me quitter et pour toujours. Ce n’est toutefois pas une surprise puisque je savais, dès le début, qu’il partirait en Australie. L’échéance arrive à terme et, depuis maintenant un an, j’ai appris à aimer le beau jeune homme d’un amour bien sincère.
Ce qui m’agace profondément ce soir, c’est qu’au delà de sentir l’horloge tourner, je pensais passer ma dernière soirée rien qu’avec lui. Il n’en est rien. Il est finalement retourné là où je suis allé le chercher dès le premier jour : dans le milieu gay lyonnais. Parti à l’origine sur le coup de midi pour un déjeuner dans son bar favori, il y aura passé l’après-midi, la soirée et probablement la nuit. On me dira certainement : « Mais pourquoi ne pas le rejoindre et passer la soirée avec lui ? ». Tout simplement car ce n’est ni un endroit ni des personnes avec qui je me sens bien : on ne peut pas avoir la faveur des loups à qui l’on vole la proie tant convoitée… Alors je temporise, je diplomatise, je tortille de jolies phrases que je tasse dans le creux d’un SMS resté sans réponse : non je ne viendrai pas. J’ai envie de silence. Rentre quand tu veux, ne t’inquiète pas pour moi. Ce ne sont pas tout à fait les termes employés mais on y est presque. Résultat ? Il est 21h30 et je tape sur le clavier sur lequel j’ai travaillé toute la journée pour écrire mon mécontentement. Ce qui est rassurant, c’est que ce n’est ni la première fois, ni la dernière et que ce n’est (finalement) pas bien original. M’enfin, ça a au moins le mérite de me faire un peu de bien en attendant la rentrée, certainement nocturne et fortement alcoolisée, d’un mari parti faire la tournée des bars entre potes.

Plusieurs mois se sont écoulés depuis la dernière fois et c’est dans un somptueux palace Madrilène que je reprends la plume ce soir. Nous sommes vendredi, il est 19h31 et je rumine, depuis plusieurs heures déjà, les mêmes idées. Les garder pour moi m’expose au risque bien connu de passer (à minima) une mauvaise soirée. Seulement voila : je ne suis pas à Madrid tous les jours et je n’ai pas le droit, ce weekend, d’exprimer mon mal-être : c’est en effet le voyage annuel de la société et tous les consultants sont invités (avec leur conjoint) à passer un moment chaleureux dans la joie et la bonne humeur. C’est un peu de cette joie que j’aimerais retoucher. Je la perds systématiquement lorsque je m’éloigne de Mark : et oui, le jeune homme est encore là (qui l’eut cru ?) et je dois bien reconnaître qu’il occupe, depuis quelques mois, une place prépondérante dans mon cœur.
Ce que je vis avec Mark est une histoire de film ; une de celles dont on ne donne pas cher au début mais qui, avec le temps, développent une émotion et un bonheur hors du commun. C’est bien là tout mon problème : la passion a repris le pas sur la raison et mon esprit ne pense qu’à une seule chose : son départ, inéluctable et calculé, vers l’Australie à la fin du mois de janvier et ce, pour une durée plus qu’indéterminée.
Dès lors, comment donner sa chance à l’avenir, à la construction d’un couple ou mieux : à celle d’une pyramide… ? On me dira que je connaissais pourtant, dès le départ, les règles du jeu et que « tout ce qui a commencé doit finir », il n’empêche : ce n’est pas parce que l’on sait que l’on va tomber que la chute est moins douloureuse. J’ai pourtant essayé de ne pas m’attacher et de rester éloigné mais c’était sans compter sur mon tempérament qui veut, une fois encore, que je ne sois pas fait pour vivre seul. L’histoire est d’autant plus injuste que Marc et moi habitons chez moi sous le même toit, depuis plusieurs mois et que j’ai la sensation, réelle et sincère, qu’elle aurait pu durer encore longtemps.
Alors il me reste en permanence, lorsqu’il n’est pas là, le goût amer de l’attente de la fin. Cette amertume là, je la ressens depuis ce matin : fou amoureux, loin et un peu seul, mon corps réclame ce qui lui manque. Le contexte madrilène s’y prête parfaitement d’autant plus que, comme je l’ai écrit plus tôt, les consultants se baladent en couple et que je n’ai pas su (ou osé) m’y intégrer correctement. Le résultat ? Ce sont ces trois pages de papier sur lesquelles j’ai dû vomir mon cerveau, un beau mal de crâne et (très certainement), une bonne soirée alcoolisée entre collègues pour être certain de tout oublier.
Je sais bien que « tout ce qui a commencé doit finir » mais par pitié, juste pas maintenant : j’ai encore besoin d’en profiter…
On n’a pas tous les jours la chance de vivre passionnément.


Chers lecteurs,
C’est avec une profonde fierté et un immense plaisir que je lance, ce soir, le nouveau design de mon site Web.
Je confesse qu’il n’est pas encore tout à fait au point mais il marche plutôt bien d’un point de vue strictement fonctionnel. Même si j’ai encore beaucoup de travail à faire avant de le finaliser, je compte sur vous pour me faire part de vos remarques et commentaires.
Dans l’attente d’un tout nouvel article, je vous souhaite, à toutes et à tous, une bonne navigation.
A très bientôt,