A Lyon

Deux ans

Cela fait deux ans jour pour jour que j’ai reçu ce mail. Le publier aujourd’hui est pour moi une façon d’en exorciser le contenu mais aussi de comprendre les raisons qui m’ont poussé dans la spirale du mal-être. J’ai tout simplement fait l’erreur de croire ce qui m’était écrit… Une erreur de jeunesse, probablement.


From: Cyprien
To: Mathieu
Subject: : – )
Sent: May 10, 2010 20:10

Mathieu,

Tu l’as surement remarqué, depuis quelques jours je ne vais pas bien. Pour faire court et ne pas te resservir mon laïus habituel, je suis assailli par mes doutes scolaires, mes vagues de blues habituelles et ma foi en notre relation se trouve prise dans ces remous. Je ne suis pas assez fort pour réussir à démêler tout cela, malgré les heures passées à y réfléchir. Je n’arrive pas à faire émerger un schéma clair. Je connais cependant ma priorité immédiate : les exams. Toi, tu es une priorité permanente (donc immédiate aussi, mais de façon moins urgente). Tu l’as dit, et j’ose le croire aussi, en deux ans on a pu voir que l’on semble taillés pour être ensemble pendant encore longtemps. Seulement je suis faible et je ne peux pas tout porter. Alors j’ai besoin que tu m’aides à assumer la dernière ligne droite de l’année. Pendant les trois semaines qui vont suivre (jusqu’au terme de ma première vague d’examens) j’ai besoin de toute ta compréhension. C’est-à-dire que je te demande d’accepter que je sois avec toi non pas un goujat, non pas un complet indifférent, mais peut-être parfois un peu des deux.

Je ne serai capable de te répondre (sms, mails) que quand le cœur m’en dira, je ne serai capable d’aller à toi que quand le cœur m’en dira, idem pour le corps à corps. Je ne serai pas tolérant et bien que restant civilisé, risque de te faire des tonnes de reproches. Je ne serai disponible que quand le cœur m’en dira aussi. Je te demanderai de ne pas prendre d’initiatives dont tu penses qu’elles risqueraient de m’agacer. J’aimerais pour autant que l’on se voie certaines soirées, mais ne serai peut-être pas à même de te donner les preuves d’amour dont tu as besoin. Bien sûr n’hésite pas à proposer, sans insister. Je vais faire de mon possible pour ne rien changer à notre façon de vivre habituelle, mais j’aimerais que tu ne fasses pas cas de toute situation impolie (dans les limites du respect d’autrui). Tu me connais et semble avoir foi en notre amour, alors continue. Je te demanderai par-dessus tout de ne pas me le faire payer, de ne pas me faire culpabiliser, même inconsciemment (dur dur) et de me comprendre. Je crois que mon aveu de faiblesse ne réside pas dans mes sautes d’humeur, mais dans le fait que je ne sache pas tout gérer. Je le sais maintenant, et apprends à ne pas en avoir honte.

Ton engagement & compréhension me semblent, au terme de mon introspection, être la seule issue positive commune possible, à ma période de rush.

J’espère, et je suppose, que tu me connais assez, et m’aime assez pour prendre temporairement ce rôle de technical & sentimental support hotline, à laquelle on ne fait appel qu’en cas d’urgence, et à laquelle on ne sait rarement gré pour les situations dont elle nous tire. Je ne saurai arrêter ma machine de penser autrement.

Merci mon amour.

PS : excuse les fautes de style, et supprime toute trace de ce message une fois bien lu.

Je t’aime, à mercredi soir.

PPS : j’aimerais une petite réponse, sans amertume ou incompréhension aucune, sans ambiguïté mais honnête, car mon message n’est pas hostile et mon but n’es pas de t’effrayer ou de t’agacer ou de te rendre triste ou autre, j’espère que tu l’auras compris.

Pyramide 1.0

J’y suis presque…

Encore un dimanche sans toi

Il y a deux semaines, j’écrivais ça.
Aujourd’hui, j’attends encore la suite de ce fil de SMS :

(…)
« Je t’embrasse mon chéri. Prends soin de toi. Tu peux m’écrire des SMS quand tu veux.
_ Oui oui je sais ^^ Je t’écris plus tard car j’ai trop mal là » (au dos, coup de soleil, ndlr).

Ça va faire deux jours que j’attends la réponse…


Nous sommes dimanche, il est 13 heures, et je prépare mon déjeuner : quelques pâtes avec du jambon blanc et une part de saucisson brioché acheté il y a quelques minutes sur le marché.

Je pense à toi.

Je pense à toi car je réapprends à vivre seul… En effet le dimanche était l’occasion pour nous de préparer un dîner sympa, rien que pour tous les deux. Désormais, je n’ai plus l’envie de préparer quoi que ce soit : la facilité a pris le pas sur le plaisir et mon repas répond plus à l’assouvissement de besoins physionomiques qu’à l’envie de passer un moment agréable ou de partage. C’est comme ça… Mon verre de Bordeaux à la main, devant nos dessins animés favoris, je repense à ta présence passée et à ton sourire réconfortant. Parfois même, il m’arrive de t’appeler, à haute voix et t’imaginer me répondre derrière moi. Je dois être un peu fou. Ou fou amoureux. Peu importe, le résultat est le même car, lorsque je prends conscience de ton absence, je mesure à quel point ma vie est devenue, au fil des années, self-oriented, plate et monotone.

Tu as le courage de prendre la tienne en mains et de l’ouvrir aux autres. Cela t’offre toute l’évasion et la chaleur dont tu as tant besoin et force mon admiration.

Va et pense à moi, parfois. Tu es le seul qui me permette d’espérer des jours meilleurs.

Horoscope

Chaque fois je suis tombé dessus sans le vouloir.
Chaque fois, les prévisions résonnaient en moi comme un « coup de vérité ».
Mark est Gémeaux.
Ironie du sort : c’est mon ascendant.

20 Minutes Lausanne – Lundi 30 janvier 2012 – Premier jour sans toi.

Gémeaux : Vous prenez vos distances par rapport à une relation. Certains se changent les idées via une évasion. Financièrement, réglez toute affaire en suspens.

RTL France – Mardi 31 janvier 2012

Gémeaux : Vous êtes sensible à des influx qui vous invitent à un renouveau. Soit parce que vous avez ou allez déménager, soit parce que vous changez de cercle relationnel. Les deux situations pouvant évidemment être liées.

20 Minutes Lausanne – Mercredi 1er février 2012

Gémeaux : Le soleil et Mercure aiguisent votre curiosité. Vous êtes poussé à vous former ou à voyager. Côté cœur, la fin de semaine s’annonce plus animée.

 

Depuis, je ne lis plus l’horoscope : c’est moi qui décide de mon avenir.

Flashbacks

Je sais bien que je n’ai plus le talent de mes 20 ans : je n’ai plus, en effet, cette capacité à écrire et à partager mes émotions comme avant. Il n’empêche que j’ai quand même écrit, par petits morceaux, quelques bribes de pensées qui, une fois mises bout à bout, devraient pouvoir retracer, le plus fidèlement possible, ce qui s’est passé ces derniers temps. C’est précisément à cet exercice que je vais me livrer.

Flashback

Nous sommes le samedi 24 décembre 2011. Comme promis, je dois prendre la voiture et aller chez mes parents, dans le Centre de la France. C’est en effet ce soir qu’a lieu le traditionnel réveillon de Noël chez ma grand-mère. Je profite un maximum de la soirée du vendredi et de la matinée du samedi avec mon jeune mari. Cela va faire plusieurs mois que nous habitons ensemble et ce n’est pas pour me déplaire : nos caractères, hautement compatibles, ont pris le temps de s’adapter à l’autre et forment, dans mon appartement de 35 m2, le petit couple idéal si cher au patron de ma pyramide. Je n’ai pas envie de partir. Je le sais. Mais je dois tenir mes engagements. Avant mon départ, je serre mon chéri dans mes bras, l’embrasse longuement, et lui souhaite aussi de bons moments en famille. Il va en effet retrouver sa mère et sa sœur à Lille et profiter un maximum du restant de la famille restée sur Paris. Je passe une petite semaine toute ordinaire chez mes parents : nous avons désormais compris qu’il nous suffit de picoler pour oublier nos différences. Cela tombe bien : j’ai plein de Champagne et de vin rouge dans le coffre de la voiture. Nous n’aurons d’ailleurs pas, au final, tout testé mais nous aurons profité de ma cave ambulante tous ensemble, y compris avec mon frère. J’attends quand même, avec une impatience légitime, cette soirée du 31 à Orléans chez Elise où j’ai justement prévu de retrouver mon mari.

Flashback

Nous sommes le samedi 31 décembre 2011, il est 23h59, je suis avec Mark, chez Elise, à Orléans. Le moment tant attendu est enfin là : on va enfin pouvoir dire Adieu à l’année passée et mettre plein d’espoir dans la nouvelle. On ne peut rien contre le temps. Le mieux que l’on puisse faire est encore de profiter de sa présence sans le regarder passer. Je redoute depuis plusieurs nuits déjà les 20 dernières secondes de l’année. Je commence à me rendre compte qu’il n’était pas nécessaire d’y réfléchir autant quand on voit la vitesse à laquelle le moment passe. Je prends Mark dans mes bras. Je ne pleurerai pas. Je le regarde dans les yeux. Ils sont toujours aussi beaux. Je ne pleurerai pas. Il passe ses mains autour de ma taille. Je ne pleurerai pas. Je pose ma joue contre la sienne. Je pleure.

5 ! Le moment est venu.
4 ! This is it.
3 ! Que dois-je te souhaiter pour la nouvelle année ?
2 ! Ben… Un bon voyage ?
1 ! D’accord : un bon voyage.
Bonne annéééeee !!! Je t’aime.

J’aurais voulu que 2011 ne se termine jamais…
Ma J12 indique déjà 1.

Flashback

Nous sommes le samedi 07 janvier 2012, en milieu de matinée, au Café des Antiquaires à Lyon. Nous prenons le petit déjeuner. Nous passons un bon moment mais je sais que quelque chose me taraude l’esprit depuis la veille. Je n’ai d’ailleurs pas beaucoup dormi. Je ne sais pas encore, à ce moment là, que j’entame une nouvelle belle période d’insomnie. Mark sent bien que quelque chose ne va pas. Il se doute bien que son départ y est pour quelque chose mais me demande quand même de lui en dire plus. Je lui dis que, s’il me le demande, je serai capable de rester avec lui même à une demi planète de distance : un simple mot et je m’exécute. L’appel reste sans réponse concrète. Tout au plus évoque-t-il la difficulté d’un tel engagement avec de recentrer ses pensées sur son chocolat chaud.

Flashback

Nous sommes le mercredi 25 janvier 2012, il est 21h00, je suis avec Mark au Bien Fait, Place de la Baleine dans le Vieux Lyon. Ce mois de janvier doit être irréprochable, parfait, et répondre à toutes nos envies. La première est bien entendu de se retrouver aussi souvent que possible. Voila pourquoi j’ai fait le déplacement depuis Lausanne pour passer la soirée avec mon jeune mari. Je suis content. Nous passons un agréable moment dans ce petit restaurant aux allures de bouchon de luxe. Nous buvons du bon vin. Nous rions. Nous imaginons toutes les choses qu’il nous reste encore à voir tous les deux : Vienne, Prague, New York… J’adore son sourire. Et sa joie de vivre. Je l’aime. Plus que tout.

Flashback

Nous sommes le dimanche 29 janvier 2012. Il est midi. Je fais la vaisselle pendant que Mark finalise son sac. Mes larmes s’effondrent sur les assiettes avant de disparaître dans la mousse chaude. Je fais comme si tout allait bien. En vain. Mark m’entend et me dit « Mon chéri… » avant de me prendre dans ses bras. Je sais que c’est l’une des dernières fois, que cela n’a pas de prix et que je dois inscrire à tout jamais ces derniers moments dans ma mémoire. Plus tard, ses affaires rassemblées, je retrouve mon appartement désert et sans vie. Tout a disparu. Je l’aide à transporter son sac à dos. J’ai mal au ventre. Nous nous dirigeons vers Perrache prendre ce tramway nommé T1. Mes yeux sont chargés. Et mes mains tremblent. Nous arrivons à la gare. Nous prenons un café. Assis devant lui pour la dernière fois, je m’effondre à nouveau avant de confirmer, encore une fois, que tout ce qui a commencé doit finir. Puis le quai est annoncé : voie D. L’attente est interminable. Insupportable. Puis le monstre arrive, triomphant. Le double TGV duplex s’installe sur le quai, les contrôleurs pressent les voyageurs de s’engouffrer dans le train et j’embrasse Mark une dernière fois, de toutes mes forces, dans une étreinte mêlée de peine, de larmes et de la douceur d’un dernier baiser. Il monte dans la rame. Je le regarde une dernière fois, jusqu’au dernier moment, avant que les portes ne se referment et que le train ne finisse par quitter définitivement le quai. Alors je reste seul debout, plusieurs minutes, à pleurer et à comprendre que ma vie vient de basculer, pour toujours. Mon téléphone sonne. Nous échangeons nos derniers SMS : « Je t’aime :-) », « Je t’aime plus que tout au monde mon chéri. A bientôt j’espère », « Oui, prends soin de toi hein ^^ ». Je descends les escaliers, Marianne est là. Elle me prend dans ses bras. Je tremble. Mon Kleenex est trempé. Mes yeux sont noyés dans mes larmes. La voix tremblante, je trouve encore la force de lui dire « Il est parti pour toujours ». Elle a l’élégance de ne pas répondre, et d’attendre un moment avant de me conduire vers le tramway.

Flashback

Nous sommes le lundi 30 janvier 2012, il est 10h00, je suis à Lausanne, chez mon client et je me suis isolé dehors le temps de passer mon dernier coup de fil à Mark. Je viens de passer mon premier dimanche sans lui et ma première nuit de réelle insomnie. Je suis parti ce matin sans entendre le son de sa voix depuis la chambre pour me dire « Je t’aime ». Je suis fatigué moralement et je m’effondre de nouveau. Je lui soumets alors ma dernière requête, pleine de désespoir : je lui annonce qu’il représente beaucoup de choses pour moi, que je ne peux pas le quitter mais que je veux, bien au contraire, passer une partie de ma vie et me marier avec lui. C’est tout naturellement et presque sans surprise qu’il me répond « Ben oui si tu veux on peut essayer. Et puis tu sais c’est ce que je t’avais dit ». Cette réponse m’aura calmé quelques minutes, suffisamment pour pouvoir donner le change face à mes collègues. Personne ne sait ici. Mais je continue d’être triste au fond de moi…

Retour au temps réel

Alors où en suis-je aujourd’hui ? Je suis psychologiquement instable, perdu de la vie comme on dit : mon humeur et mes opinions changent radicalement d’un jour à l’autre, je m’interroge continuellement sur le sens de cette relation sans jamais trouver de réponse cohérente et/ou satisfaisante. Je ne dors plus ou encore moins qu’avant. Mes nuits sont agitées et, à chaque réveil, je me rue sur mon iPad pour consulter mes mails, Skype, Facebook ou le carnet de voyage de Mark. Face à l’évolution de sa nouvelle vie, j’éprouve aléatoirement haine, envie, passion, amour ou désenchantement. Dimanche dernier, face à ma solitude, je craque et lui envoie un SMS : « Encore un dimanche sans toi. Je pense à toi mon cœur. Tout le temps. Je t’aime. ». La réponse est quasi immédiate : « Mon chéri… Moi aussi je t’aime. Je t’écris plus longuement demain. Je suis en soirée avec des collègues. Gros bisou. ». Je n’ai toujours pas de nouvelles aujourd’hui. Alors je continue, dès que mon cerveau le peut, à m’interroger sur le sens de tout cela mais plus profondément, au sens de ma propre vie… Je sais surtout ce à quoi je dois faire face : mes 30 ans sonneront le glas de mes rêves de jeunesse. J’ai encore deux ans et demi pour l’accepter…

Très bonne Saint Valentin à tous.

Sing it loud

Ecrire ? D’abord parce que ça fait longtemps. Ensuite parce que j’en ai besoin et enfin, parce que c’est certainement ce que je sais faire de mieux… Je prendrai les choses dans l’ordre, méthodiquement… Je sais que ça marche à tous les coups.

Je me rends compte que je n’ai pas beaucoup écrit depuis que je suis avec Mark et que c’est clairement le signe d’un re-mieux. Car, soyons honnête, on n’écrit pas quand tout va bien, loin de là. J’en veux pour preuve les kilomètres de lignes écrits dans les pages de ce foutu site web. Alors comment comprendre mon retour ce soir ? Que tout va mal ? Non, pas tout à fait ; plutôt que tout ne va pas bien…

Quelques raisons, simples et lucides, peuvent l’expliquer mais elles ne justifient pas, à elles seules, l’écriture de mon premier article de l’année. Commençons par le plus évident : dans un peu plus de 36 heures, Mark va me quitter et pour toujours. Ce n’est toutefois pas une surprise puisque je savais, dès le début, qu’il partirait en Australie. L’échéance arrive à terme et, depuis maintenant un an, j’ai appris à aimer le beau jeune homme d’un amour bien sincère.

Ce qui m’agace profondément ce soir, c’est qu’au delà de sentir l’horloge tourner, je pensais passer ma dernière soirée rien qu’avec lui. Il n’en est rien. Il est finalement retourné là où je suis allé le chercher dès le premier jour : dans le milieu gay lyonnais. Parti à l’origine sur le coup de midi pour un déjeuner dans son bar favori, il y aura passé l’après-midi, la soirée et probablement la nuit. On me dira certainement : « Mais pourquoi ne pas le rejoindre et passer la soirée avec lui ? ». Tout simplement car ce n’est ni un endroit ni des personnes avec qui je me sens bien : on ne peut pas avoir la faveur des loups à qui l’on vole la proie tant convoitée… Alors je temporise, je diplomatise, je tortille de jolies phrases que je tasse dans le creux d’un SMS resté sans réponse : non je ne viendrai pas. J’ai envie de silence. Rentre quand tu veux, ne t’inquiète pas pour moi. Ce ne sont pas tout à fait les termes employés mais on y est presque. Résultat ? Il est 21h30 et je tape sur le clavier sur lequel j’ai travaillé toute la journée pour écrire mon mécontentement. Ce qui est rassurant, c’est que ce n’est ni la première fois, ni la dernière et que ce n’est (finalement) pas bien original. M’enfin, ça a au moins le mérite de me faire un peu de bien en attendant la rentrée, certainement nocturne et fortement alcoolisée, d’un mari parti faire la tournée des bars entre potes.

loud

Place à la nouveauté

Chers lecteurs,

C’est avec une profonde fierté et un immense plaisir que je lance, ce soir, le nouveau design de mon site Web.

Je confesse qu’il n’est pas encore tout à fait au point mais il marche plutôt bien d’un point de vue strictement fonctionnel. Même si j’ai encore beaucoup de travail à faire avant de le finaliser, je compte sur vous pour me faire part de vos remarques et commentaires.

Dans l’attente d’un tout nouvel article, je vous souhaite, à toutes et à tous, une bonne navigation.

A très bientôt,

Un peu d’histoire…

Je relis toujours mon dernier article avant d’en écrire un nouveau. Ce qui me choque dans le précédent est clairement sa date : cela va faire deux mois et demi que je n’ai rien publié, pas même un saut d’humeur. Belle performance, ou pas, surtout quand on sait tout ce qui s’est passé depuis le 27 juin dernier…

Retour en arrière.

Ce 27 mai, j’essaie d’extraire de ma mémoire les derniers souvenirs de ma relation passée pour tenter de les détruire à tout jamais. J’y arrive, presque. Mais je confesse aujourd’hui avoir (encore) régulièrement rêvé de Cyprien, jusqu’à très récemment. J’appelle ça des échos, comme des sons qui, même fortement atténués, viennent encore se fracasser sur les montagnes les plus lointaines, avant de revenir dans les limbes de mon sommeil. J’en souffrirai peut-être à vie et je me suis fait à cette idée.

Au delà d’un simple anniversaire, cette fin mai 2011 est surtout l’occasion pour moi de finaliser mon Grand Projet : j’ai en effet travaillé, dans le plus grand secret, à la rédaction d’un manuscrit reprenant l’histoire et les articles de ce blog. Je ne l’ai jamais clairement écrit sur Internet mais, lorsque j’embrasse Cyprien le soir du 31 décembre 2009 sous une branche de gui, je me fixe deux bonnes résolutions : la première, avouer à mes parents que je suis homo avant le 5 janvier et la seconde, faire de mon blog un livre (ou du moins un manuscrit) avant le 31 décembre 2010. Même si j’ai parfaitement tenu mon premier engagement, je n’ai malheureusement pas suffisamment travaillé pour finaliser le second dans les temps et me suis donc fixé une autre limite : ce manuscrit devait être prêt, dans une première version, pour le 31 mars 2011, soit trois mois plus tard… Après de multiples relectures, corrections et autres sélections, c’est finalement début juin que l’ouvrage était terminé.

Avec l’aide d’un complice connaisseur, j’imprime mon pavé et l’expédie à une vingtaine d’éditeurs. Statistiquement, cela représentait environs 5000 pages imprimées pour quelques 25 kilos de papier… Le tout envoyé par La Poste avec, s’il vous plaît, une enveloppe de retour pré-timbrée. Ce que j’avais sous-estimé, en plus du temps nécessaire à sa conception, c’était tout simplement la logistique et le budget alloué à la réalisation de mon projet… Mais peu importe : je devais tenir mon engagement, au moins pour moi, et mon intégrité intellectuelle.

Ce qui est certain, après coup, c’est que je m’y suis mal pris : je pensais pouvoir faire de mon blog un livre ? La réponse est non : cela ne fonctionne pas comme cela. J’aurais du écouter les conseils que l’on me donnait au départ… Mais soyons clairs : j’avais mon idée en tête… Aujourd’hui, presque la quasi-totalité des manuscrits envoyés m’ont été retournés. Ma boite aux lettres et mon facteur ont accusé le coup du transport de mes pavés et les voici donc revenus à la case départ, le plus souvent accompagnés de lettres-bateau pour m’informer de leur non-retenue.

Alors que penser de tout cela ? Doit-on parler d’échec ? Assurément. Totalement ? Probablement pas car je considère quand même avoir tenu l’engagement intellectuel d’avoir travaillé sur mes écrits.

Alors que faire ? Reconnaitre son erreur et abandonner ? Recommencer et tout changer ? Oublier et passer à autre chose ? A vrai dire, je ne sais pas trop mais je connais suffisamment mon tempérament pour savoir qu’au fond de moi, la petite voix me dit de recommencer, différemment. En effet, je reste aujourd’hui parfaitement convaincu que ce blog et les écrits qu’il porte depuis maintenant plus de six ans, peuvent constituer une forme de repère, de référence ou de témoignage à tous ces jeunes qui, perdus comme j’ai pu l’être par le passé, sont à la recherche d’identité et d’humanité. Alors je crois que je continuerai… Je crois que je recommencerai… Je recommencerai car il est bien trop dommage de dire « tant pis » en laissant au passé le soin d’enterrer les échecs. Je sais que je peux tirer quelque chose de mes écrits, tâche à moi désormais de trouver la meilleure méthode pour les valoriser…

Si je devais reprendre la méthode depuis le début, je commencerai par ne plus accompagner les manuscrit d’enveloppes de retour pré-timbrées : cela prend trop de place dans mon appartement… Aussi, afin d’éviter de jeter mes 25 kilos de papier à la poubelle, j’ai décidé d’en faire profiter ceux qui voudraient m’aider à m’en débarrasser.

Voila pourquoi j’organise, jusqu’au 31 août, un grand tirage au sort : laissez un commentaire à cette article en prenant soin de mentionner votre adresse email (elle ne sera pas affichée sur le site) pour avoir une chance de gagner l’un de mes manuscrits. Afin de ne pas me rendre ridicule, 5 manuscrits seulement sont en jeu pour ce premier tirage. Le nombre d’inscrits conditionnera bien entendu les éventuels tirages futurs.

Vous n’avez rien à perdre et j’ai tout à y gagner alors n’hésitez pas : participez… !

Merci.

C’est quand on l’a perdu…

Comme d’habitude, je ne sais pas très bien par où commencer… Comme d’habitude, je sais ce que je veux dire mais je cherche le chemin qui m’y pousse. Comme d’habitude, je reprendrai par le début, histoire de ne rien rater… Histoire aussi de me resituer, de façon strictement personnelle, dans un contexte que j’ai besoin de voir… D’en haut.

Pour comprendre mon raisonnement, il faut considérer ma vie. Je l’ai passée, ces dernières semaines, en voiture, à Genève, parfois même à Annecy, à grands coups de kilomètres au compteur (sans accident cette fois) à la poursuite de missions plus ou moins ardues et seul, la plupart du temps. Mes seuls contacts non professionnels auront été les serveuses des restaurants, les réceptionnistes d’hôtels et les vendeuses de sandwichs… Alors le vendredi soir, lorsque je reviens chez moi, je me plais à tomber dans les bras de celui qui m’attend, et à me lover, des weekends entiers, dans la douceur d’une jolie relation….

Je suis rentré chez moi plus tôt que prévu, hier soir, un jeudi. Mais cette fois la donne est différente : on m’attend pour partir. Je dois en effet conduire mon mari à l’aéroport… D’habitude c’est moi qui pars et je crois que c’est bien la première fois que c’est moi qui regarde l’autre s’éloigner… Il est parti pour une durée plus ou moins indéterminée : trois semaines, peut-être quatre… Suffisamment pour ressentir, dès les premiers instants, une forme de manque que l’on retrouve dans tous les éléments du quotidien… C’est drôle, ça fait bizarre… Et ça déplaît… Est-ce-que c’est ça, être amoureux ?.

This is my game

C’est ce qui est sorti hier soir de mon cerveau malade. Mes nuits sont agitées, ça se sent…


I know your name
I know your fears, your desires.
I know your dreams and the smell of your skin.
I know your strengths and your weaknesses.

More than anyone else,
I know who you are,
What you are,
And what you want.
But in the ball, I’m the one who plays.

This is my world and I know the rules.
This is where I live.
So come.
Come and let’s play together.

This is my world and I built the rules.
This is my game.
And when I play,
You lose.