
Chers lecteurs,
C’est avec une profonde fierté et un immense plaisir que je lance, ce soir, le nouveau design de mon site Web.
Je confesse qu’il n’est pas encore tout à fait au point mais il marche plutôt bien d’un point de vue strictement fonctionnel. Même si j’ai encore beaucoup de travail à faire avant de le finaliser, je compte sur vous pour me faire part de vos remarques et commentaires.
Dans l’attente d’un tout nouvel article, je vous souhaite, à toutes et à tous, une bonne navigation.
A très bientôt,
Je relis toujours mon dernier article avant d’en écrire un nouveau. Ce qui me choque dans le précédent est clairement sa date : cela va faire deux mois et demi que je n’ai rien publié, pas même un saut d’humeur. Belle performance, ou pas, surtout quand on sait tout ce qui s’est passé depuis le 27 juin dernier…
Retour en arrière.
Ce 27 mai, j’essaie d’extraire de ma mémoire les derniers souvenirs de ma relation passée pour tenter de les détruire à tout jamais. J’y arrive, presque. Mais je confesse aujourd’hui avoir (encore) régulièrement rêvé de Cyprien, jusqu’à très récemment. J’appelle ça des échos, comme des sons qui, même fortement atténués, viennent encore se fracasser sur les montagnes les plus lointaines, avant de revenir dans les limbes de mon sommeil. J’en souffrirai peut-être à vie et je me suis fait à cette idée.
Au delà d’un simple anniversaire, cette fin mai 2011 est surtout l’occasion pour moi de finaliser mon Grand Projet : j’ai en effet travaillé, dans le plus grand secret, à la rédaction d’un manuscrit reprenant l’histoire et les articles de ce blog. Je ne l’ai jamais clairement écrit sur Internet mais, lorsque j’embrasse Cyprien le soir du 31 décembre 2009 sous une branche de gui, je me fixe deux bonnes résolutions : la première, avouer à mes parents que je suis homo avant le 5 janvier et la seconde, faire de mon blog un livre (ou du moins un manuscrit) avant le 31 décembre 2010. Même si j’ai parfaitement tenu mon premier engagement, je n’ai malheureusement pas suffisamment travaillé pour finaliser le second dans les temps et me suis donc fixé une autre limite : ce manuscrit devait être prêt, dans une première version, pour le 31 mars 2011, soit trois mois plus tard… Après de multiples relectures, corrections et autres sélections, c’est finalement début juin que l’ouvrage était terminé.
Avec l’aide d’un complice connaisseur, j’imprime mon pavé et l’expédie à une vingtaine d’éditeurs. Statistiquement, cela représentait environs 5000 pages imprimées pour quelques 25 kilos de papier… Le tout envoyé par La Poste avec, s’il vous plaît, une enveloppe de retour pré-timbrée. Ce que j’avais sous-estimé, en plus du temps nécessaire à sa conception, c’était tout simplement la logistique et le budget alloué à la réalisation de mon projet… Mais peu importe : je devais tenir mon engagement, au moins pour moi, et mon intégrité intellectuelle.
Ce qui est certain, après coup, c’est que je m’y suis mal pris : je pensais pouvoir faire de mon blog un livre ? La réponse est non : cela ne fonctionne pas comme cela. J’aurais du écouter les conseils que l’on me donnait au départ… Mais soyons clairs : j’avais mon idée en tête… Aujourd’hui, presque la quasi-totalité des manuscrits envoyés m’ont été retournés. Ma boite aux lettres et mon facteur ont accusé le coup du transport de mes pavés et les voici donc revenus à la case départ, le plus souvent accompagnés de lettres-bateau pour m’informer de leur non-retenue.
Alors que penser de tout cela ? Doit-on parler d’échec ? Assurément. Totalement ? Probablement pas car je considère quand même avoir tenu l’engagement intellectuel d’avoir travaillé sur mes écrits.
Alors que faire ? Reconnaitre son erreur et abandonner ? Recommencer et tout changer ? Oublier et passer à autre chose ? A vrai dire, je ne sais pas trop mais je connais suffisamment mon tempérament pour savoir qu’au fond de moi, la petite voix me dit de recommencer, différemment. En effet, je reste aujourd’hui parfaitement convaincu que ce blog et les écrits qu’il porte depuis maintenant plus de six ans, peuvent constituer une forme de repère, de référence ou de témoignage à tous ces jeunes qui, perdus comme j’ai pu l’être par le passé, sont à la recherche d’identité et d’humanité. Alors je crois que je continuerai… Je crois que je recommencerai… Je recommencerai car il est bien trop dommage de dire « tant pis » en laissant au passé le soin d’enterrer les échecs. Je sais que je peux tirer quelque chose de mes écrits, tâche à moi désormais de trouver la meilleure méthode pour les valoriser…
Si je devais reprendre la méthode depuis le début, je commencerai par ne plus accompagner les manuscrit d’enveloppes de retour pré-timbrées : cela prend trop de place dans mon appartement… Aussi, afin d’éviter de jeter mes 25 kilos de papier à la poubelle, j’ai décidé d’en faire profiter ceux qui voudraient m’aider à m’en débarrasser.
Voila pourquoi j’organise, jusqu’au 31 août, un grand tirage au sort : laissez un commentaire à cette article en prenant soin de mentionner votre adresse email (elle ne sera pas affichée sur le site) pour avoir une chance de gagner l’un de mes manuscrits. Afin de ne pas me rendre ridicule, 5 manuscrits seulement sont en jeu pour ce premier tirage. Le nombre d’inscrits conditionnera bien entendu les éventuels tirages futurs.
Vous n’avez rien à perdre et j’ai tout à y gagner alors n’hésitez pas : participez… !
Merci.

Comme d’habitude, je ne sais pas très bien par où commencer… Comme d’habitude, je sais ce que je veux dire mais je cherche le chemin qui m’y pousse. Comme d’habitude, je reprendrai par le début, histoire de ne rien rater… Histoire aussi de me resituer, de façon strictement personnelle, dans un contexte que j’ai besoin de voir… D’en haut.
Pour comprendre mon raisonnement, il faut considérer ma vie. Je l’ai passée, ces dernières semaines, en voiture, à Genève, parfois même à Annecy, à grands coups de kilomètres au compteur (sans accident cette fois) à la poursuite de missions plus ou moins ardues et seul, la plupart du temps. Mes seuls contacts non professionnels auront été les serveuses des restaurants, les réceptionnistes d’hôtels et les vendeuses de sandwichs… Alors le vendredi soir, lorsque je reviens chez moi, je me plais à tomber dans les bras de celui qui m’attend, et à me lover, des weekends entiers, dans la douceur d’une jolie relation….
Je suis rentré chez moi plus tôt que prévu, hier soir, un jeudi. Mais cette fois la donne est différente : on m’attend pour partir. Je dois en effet conduire mon mari à l’aéroport… D’habitude c’est moi qui pars et je crois que c’est bien la première fois que c’est moi qui regarde l’autre s’éloigner… Il est parti pour une durée plus ou moins indéterminée : trois semaines, peut-être quatre… Suffisamment pour ressentir, dès les premiers instants, une forme de manque que l’on retrouve dans tous les éléments du quotidien… C’est drôle, ça fait bizarre… Et ça déplaît… Est-ce-que c’est ça, être amoureux ?.

C’est ce qui est sorti hier soir de mon cerveau malade. Mes nuits sont agitées, ça se sent…
I know your name
I know your fears, your desires.
I know your dreams and the smell of your skin.
I know your strengths and your weaknesses.
More than anyone else,
I know who you are,
What you are,
And what you want.
But in the ball, I’m the one who plays.
This is my world and I know the rules.
This is where I live.
So come.
Come and let’s play together.
This is my world and I built the rules.
This is my game.
And when I play,
You lose.
C’est le cerveau fatigué et l’estomac retourné que je reprends la plume aujourd’hui, quelques jours seulement après la publication de mon dernier article. Tout est encore mélangé et confus dans ma tête Cet exercice d’écriture est le moyen, pour moi, d’essayer de clarifier mes idées, mes pensées et mon état d’esprit pour tenter de retrouver un peu de cette paix que j’ai perdue la semaine dernière.
Je l’annonce aujourd’hui : je travaille depuis plusieurs mois sur grand projet d’écriture. Il me demande énormément de temps et d’énergie, surtout les weekends qui sont les seuls moments que je peux lui consacrer. J’ai passé plus de 4 heures hier en fin de journée à triturer mon passé, me l’expliquer et le comprendre. Juste le temps nécessaire pour créer, autour de moi, une sorte de bulle, un monde à part, une réalité passée dans laquelle mon cerveau est allé se perdre. Autant dire que je me suis retrouvé dans un drôle d’état hier soir avec mes amis, alors que nous prenions un verre dans un bar. La tête ailleurs, je ris mais ne souris pas. Jusque là rien de bien grave ni d’inhabituel.
C’est quelques heures plus tard que tout bascule, littéralement.
Nous sommes en boite, il est 2 heures du matin, nous dansons. J’invite Thierry à prendre un verre et l’attire alors vers le bar. C’est à ce moment précis que je me retrouve directement face à face avec Cyprien. Difficile de passer à côté ou feindre ne pas l’avoir vu. Je m’arrête brusquement, le regarde dans les yeux, esquisse un sourire, lui dis « Désolé » et lui fais la bise avant de me diriger machinalement vers le bar.
Mes mains tremblent. J’ai mal au ventre.
Au bar, d’autres de ses amis sont là, les bonjours passent dans un clin d’œil et j’attends, avec une légitime impatience, les coupes de Champagne que j’ai commandées. Je viens de comprendre que la soirée allait être longue… Et alcoolisée. Une fois mon verre en main, je retourne vers mes amis et leur annonce la nouvelle. Mon cœur bât vite. Mark est là. Il ne comprend pas. La piste de danse n’est pas très grande et, quelques minutes plus tard, Cyprien et ses amis se retrouvent juste à côté de nous. Pas un bonjour, rien. Mais les regards sont là et quelque chose d’étrange s’échange par les yeux de tous. J’ai la sensation de vivre une bataille psychologique, la dernière. Celle où l’affrontement des égos allait commencer.
Ce soir, Cyprien est avec son nouveau groupe d’amis, à quelques centimètres de nous. Il enlace son nouveau copain entre ses bras et l’embrasse passionnellement sous les yeux de tous, y compris des miens. C’est une revanche, sorte de pied de nez à la dernière soirée où je l’ai revu (cette fameuse soirée où l’on m’a dérobé ma carte bleue) et où je me suis permis, moi aussi, d’embrasser Mark, devant tout le monde. Elle est belle cette revanche. Je n’aurais pas fait mieux. J’aurais même pu m’avouer tout simplement vaincu et tenter de passer, du mieux que je puisse, une bonne soirée.
Sauf que…
Sauf que ce soir, il n’y a pas que Cyprien. Il y a aussi Sylvain, ce jeune homme rencontré lui aussi au moins d’août dernier et qui aurait pu devenir mon mari à condition qu’il n’en ait pas déjà un. Aujourd’hui, Sylvain est un ami : nous nous appelons régulièrement et apprécions nous revoir l’un l’autre. Je ne pensais pas le rencontrer ce soir. Ça me fait plaisir et je passe quelques bons moments en sa compagnie. C’est plus tard dans la nuit, tandis que j’essaie de le retrouver pour lui dire au revoir que je recroise Cyprien, une dernière fois. Il enlace toujours son copain. Nos bras se touchent mais son regard m’ignore. Sylvain est là. Je lui montre qui est mon ex. Il n’en revient pas : il pense que Cyprien a essayé de le draguer sous les yeux de son copain. Je ne comprends pas. Mes yeux s’arrêtent. Il en a trop dit. Je sens mes tripes se nouer, encore une fois. Mais je sais désormais comment mon corps fonctionne. Plus besoin de vomir. Juste de contrôler. Alors j’ai salué Sylvain avant de m’engouffrer vers la sortie où mes amis m’attendent. J’ai beaucoup bu et ma tête tourne. Je décide de rentrer à pieds malgré l’invitation de Vivien de me déposer en voiture : marcher me fera le plus grand bien…
De retour chez moi, j’explique à Mark que je ne peux pas dormir, que je ne me sens pas bien, que j’ai trop bu et que je sais que le salut de ma santé se retrouve, une nouvelle fois enfermé dans la boite de Stilnox qui reste dans mon placard. Le Stilnox est ce puissant somnifère dont je me suis servi il y a un an lorsque, justement, Cyprien m’a quitté. Je suis obligé d’expliquer à Mark. Obligé de lui expliquer mon comportement, mon état d’esprit et mon insomnie chronique qui a recommencé… Il y a tout juste une semaine. Je pensais la dernière carte de mon ex jouée il y a 8 jours, alors qu’un des amis communs que nous avions, lui et moi, m’annonce dans un mail qu’il lui a demandé de me supprimer de son Facebook. Erreur. Toute la semaine, mon nombre d’amis a diminué… Symbole d’une destruction finale, le nombre de nos mutual friends est aujourd’hui de 4… Il était de 20 par le passé.
Le résultat de cette soirée est comme un 10 de der : un coup de grâce.
Il était 4 heures du matin, j’ai embrassé Mark et ai avalé ma pilule magique… J’ai dormi 7 heures… ! Un miracle. Le prix à payer aujourd’hui c’est d’avoir la tête dans le gaz et quelques maux de ventre. De toutes manières, c’est toujours la même chose : chaque fois que ma psyché affective est contrariée, elle le fait payer à mon corps tout entier. Alors j’écris… J’écris… J’écris… Et ça me fait toujours du bien. Ça me permet de comprendre pourquoi je réagis comme ça. Et je crois que j’ai enfin saisi : je ne supporte pas la différence de prix payée par Cyprien et moi au moment de notre rupture. Je ne supporte pas ma difficile reconstruction par rapport à sa capacité à refondre rapidement son affect dans quelque chose de nouveau…
Alors, si un jour tu me lis, je t’adresse ces derniers mots :
Tu as gagné. J’abandonne.

Il est rare que je n’écrive pas pendant plus d’un mois ; mais je dois bien confesser que les jours et les semaines précédentes ont été… Mouvementés. Alors ce soir je m’arrête, bien décidé à faire le point et à reprendre le pas sur un quotidien qui m’échappe…
Je commencerai bien simplement en disant que cela fera un mois demain que je suis salarié suisse ; salarié Genevois pour être plus précis. J’ai réussi à négocier, avant la signature de mon contrat, la possibilité de continuer à vivre et habiter à Lyon à condition que je sois mobile à 100%. Deal. Je ne pouvais pas rêver mieux : bénéficier des avantages bien connus du petit pays helvétique tout en conservant mon cadre de vie et mes amis… C’est important, mais cela coute cher : corvéable à souhait, je reste finalement dépendant des missions que mon patron voudra bien me confier. Elles sont pour le moment à Lyon mais vont très vite se déplacer vers l’est, au-delà des montagnes. Pour l’instant (je touche du bois), cela se passe assez bien… Alors comme on dit : « Pourvu que ça dure ».
Enfin, quand je dis « plutôt bien », c’est à la seule condition d’oublier le « petit » souci que j’ai eu la semaine qui a suivi mon embauche : un accident de voiture. Il n’aura fallu que quelques secondes d’inattention : mes yeux, rivés sur le GPS qui tentait de m’indiquer la voie à prendre, auraient mieux fait de regarder la route et le bouchon qui s’était formé devant moi, à la sortie de l’autoroute, en entrant dans Genève… J’ai bien freiné mais… Trop tard. A peine ai-je eu le temps de dire « Merde » et je suis allé m’encastrer dans l’Audi TT qui roulait juste devant moi… Le choc est violent et inévitable. Aujourd’hui, je revois encore par flash l’image des airbags se gonfler devant ma tête et j’entends parfois le bruit du choc et des explosifs. Résultat ? Une 207 (neuve et de fonction) tout juste bonne pour la casse mais un bonhomme entier et… En vie malgré quelques coups à la tête, au torse, au genou et quelques brûlures…
Ça n’a probablement l’air de rien mais j’ai compris, ce jour-là, le sens de la vie et la chance que j’ai de pouvoir écrire ce soir. Assurément, cet évènement m’aura changé : il m’aura montré combien le corps est fragile, combien la vie peut basculer à tout moment mais aussi combien la moindre seconde d’inattention (qu’elle soit sur un GPS ou sur un téléphone portable) peut être fatale…
La chance dans mon histoire ? Je suis entier, la conductrice de la TT l’est également et il n’y a pas eu de carambolage. Comme quoi, encore une fois, c’aurait pu être pire ! Alors j’ai appris à relativiser et apprécier les railleries de mes collègues à leur juste valeur : ce n’est que de la tôle…
Mais, étant donné qu’une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, j’ai eu la désagréable surprise de recevoir un appel du directeur de mon agence bancaire qui m’a annoncé que plusieurs paiements frauduleux avaient été réalisés avec ma carte Visa que je pensais avoir perdue et dont l’opposition avait été faite quelques jours plus tôt… Pas de chance : ma carte m’a été volée un samedi soir, en boîte, après avoir réglé des consos en tapant mon code… Ce que je n’avais pas vu, c’était le grand monsieur derrière moi qui a réussi la prouesse de dérober à la fois la carte et le code… La suite est malheureusement (et elle aussi) inévitable : en quelques dizaine de minutes, plusieurs milliers d’euros me sont ainsi volés avant même que je m’aperçoive que la carte a disparu. Résultat ? Un compte bancaire à -8800€ pendant deux semaines mais un directeur d’agence sympa : mon découvert autorisé est (temporairement) de 10000€ ! Alors j’ai couru : couru la banque, les policiers et les assurances… Comme si un accident de voiture ne me suffisait pas… ! J’ai été remboursé la semaine dernière, après une plainte contre X de deux pages à la police de Lyon. Aux dernières nouvelles, c’est la brigade financière qui est sur le coup… J’espère qu’ils vont bien s’amuser mais à mon avis, il y a de quoi : quel tabac-journaux honnête peut bien accepter plusieurs paiements, dont un de 5000€, un dimanche à 07h32 ?
Ajoutez à cela le fait qu’un souci de clés aura en plus nécessité l’intervention d’un serrurier pour que je puisse rentrer chez moi et vous comprendrez pourquoi désormais, au bureau, mes collègues m’appellent « Monsieur Poisse ».
Bref, tous ces évènements auront finalement estompés les deux choses que j’aurais (initialement et joyeusement) voulu partager ici.
La première, c’est que je suis toujours avec Mark, que nous habitons pratiquement ensemble et qu’on dirait que l’histoire est faite pour durer…
La seconde, c’est que mon blog a 6 ans depuis le 31 mars dernier. Six ans, rien que ça ! Je n’avais pas imaginé, ce soir de 31 mars 2005 que l’aventure allait me porter jusqu’ici : je suis encore là, à raconter ma vie, mes passions, mes peurs et mes doutes. Mais ce que j’avais encore moins imaginé, c’est qu’en plus de continuer à écrire, j’aurais encore des lecteurs… ! Alors cet anniversaire, c’est à tous ceux qui sont encore là, à lire ces mots, que je souhaite le dédier. Merci à vous d’être toujours présents et plus nombreux : vous êtes la raison pour laquelle mes doigts s’agitent encore parfois sur mon clavier.
Bien à vous tous et très sincèrement,
Ça n’a l’air de rien…
Et pourtant… !

L’histoire commence il y a six mois, en plein mois d’août. Cela va faire trois mois que Cyprien m’a quitté et je noie mon cerveau dans tous les excès, à commencer par l’excès d’alcool : je suis, ce samedi soir, à la terrasse d’un bar gay bien connu des Lyonnais et je sirote ma première coupe de Champagne. Tous mes amis sont là, sans exception. Nous racontons notre semaine, nous rions, nous buvons, nous parlons…
C’est là que je le vois pour la première fois. Arborant son grand sourire et déjà vêtu d’un t-shirt blanc, il arrive en quelques minutes seulement à capter, inconsciemment, mon attention et celle de mes amis. Dans mon souvenir, je prétexte aller aux toilettes pour l’approcher, l’observer de plus près et espérer croiser son regard. Rien. Aucune réaction, silence radio. Pas un regard, pas un signe… C’est dommage, il me plaisait vraiment. Peu importe : mes amis sont là et je passe un agréable moment.
Plus tard, et après quelques verres, nous décidons d’aller tous en boîte. A l’intérieur, la chaleur est intenable, je bois. Champagne. Encore. Et puis je danse. Sur les airs de Lady Gaga, Kylie Minogue ou Madonna, mes yeux scrutent les environs à la cherche d’un regard, d’un sourire ou d’une expression sur un visage. Le seul que j’ai trouvé restera le sien : nous dansons ensemble une bonne partie de la nuit avant de s’échanger quelques baisers et nos numéros de téléphone.
La suite immédiate est presque déjà connue : je le revois le lendemain à l’Opéra et le surlendemain à Paris, le jour même où j’ai revu Cyprien au HD Dinner. Malheureusement (ou pas), il devait décoller le lendemain pour un séjour de deux mois aux États-Unis. Nous resterons en contact via Facebook durant tout ce laps de temps.
A son retour, je donne peu de nouvelles, pensant qu’il aurait certainement trouvé un copain. Et puis, je dois le reconnaître, il est jeune, très jeune. Alors ça ne joue pas en sa faveur à mes yeux… C’est finalement par hasard, un samedi soir, encore en boite, que je le retrouve : nous avons tous les deux pas mal bu mais nous prenons le temps de nous asseoir sur les canapés pour discuter… Sous l’effet de l’alcool il avoue. Il avoue que, pendant son séjour aux États-Unis, il a espéré des nouvelles de moi. Il avoue que, une fois rentré, il n’attendait qu’un simple appel. Il avoue sa tristesse et sa déception face au mur que je lui oppose. Enfin il m’avoue que je suis, à ses yeux, proche de celui qu’il cherche… Stupéfaction. Ce genre de déclaration n’arrive pas tous les jours. C’était bien la première de toute ma vie. Je ne reste évidemment pas insensible. Perturbé et abasourdi, je l’embrasse, longuement avant de finalement rentrer chez moi.
Le lendemain, afin de déculpabiliser et d’alléger mes pensées, je décide de mettre l’ensemble de ces déclarations sur le dos de l’alcool. C’est parfois tellement plus simple. Il me suffisait simplement d’oublier que ce garçon était rempli de sincérité et d’honnêteté et le tour était joué…
Les semaines et les mois passent… Quelques SMS sont rapidement échangés et le silence radio se fait entendre à partir du mois de décembre. Cela tombe bien : je pense encore tomber dans les bras de mon kiné…
Et puis un jour…
Sauf que, début février, je dîne avec un ami qui, très innocemment, me demande où en sont mes relations avec ce garçon. Je lui réponds qu’elles en sont toujours au même point, que je n’ai pas de nouvelles, qu’il ne s’est rien passé, qu’il ne se passera jamais rien et que, même s’il s’apparente à l’homme parfait, il n’en reste pas moins qu’il a vingt ans… On me dit alors que je suis bien con, que l’âge ne représente pas grand-chose et que, s’il s’agit du seul et unique critère pour lequel je n’ai pas donné suite alors il se pourrait bien que le con, dans l’histoire, ce soit moi…
La suite est très rapide : dès le lendemain, je lui envoie un SMS, nous prenons un verre, passons l’après midi ensemble, nous apprécions, nous embrassons et le reste est venu tout seul… Cela va faire deux semaines demain que je suis avec Mark. Tout se passe à merveille. Cette fois, pas de couple libre, juste de la sincérité, de la tendresse et de la gentillesse.
Et puis, comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, j’annonce également que je vais signer un nouveau contrat de travail lundi après midi…
Destin, quand tu nous tiens…

Et voilà encore un de ces semaines de merde qui se termine enfin ! Je suis avachi dans mon canapé, à bouffer des haricots verts détrempés au bisphénol A et à siroter un vieux verre de Bergerac rouge… Je me dis que ça pourrait être pire : ce ne sont que des haricots, pas des chips ! Alors ça me rassure… Un temps.
Ce matin, mon horoscope du 20 minutes (Édition de Lyon) m’annonçait que, derrière la façade parfois joviale et souriante, se cachait en fait un début de dépression… ! Et bien pour une fois, je crois que ce putain de torchon avait raison : je me rends compte que je n’ai envie de rien ; ni de danser, de sortir, ni de manger ou boire, ni de dormir… Ni même de sexe… ! Mouais. Il y a des semaines comme ça… Je crois que je suis tout juste en train de comprendre que c’est mon taf qui me déglingue et que mon orgueil me poussera à poser ma démission pour quitter la société dans les 48 heures sans avoir accès au chômage. C’est ça ou la déprime… ! Toute négociation semblant perdue d’avance… !
Je dis toujours qu’on ne peut voir plus loin que les choix qu’on ne peut pas comprendre. Je comprends que rester n’est pas une solution. Donc partir en est une. Ce n’est qu’une étape. Rien de plus. Charge à moi de savoir rebondir… Mais rapidement.

Seul, à la maison, un lundi soir. J’ai froid. Et je fatigue.
Seul contre moi, seul contre tous, j’affronte mes choix et leurs conséquences.
Je mesure… Mesure l’importance de mon échec, de mes regrets et de mon manque de clairvoyance.
Je suis ce soir, au pied d’un champ de ruine : ici autrefois s’élevait une splendide pyramide. Elle n’était certes, pas terminée mais sa base était suffisamment impressionnante pour faire pâlir d’envie tous les autres. Aujourd’hui, perdu dans mes rêves passés, je sais précisément ce dont j’ai besoin pour aller mieux.
Je sais que seul, je ne vois rien.
Je sais que seul, je ne vaux rien.
Je sais que seul, je ne suis personne…
Cette semaine sonne le glas de mon ex nouvelle vie professionnelle… Mais soyons honnêtes : tout s’écroule et je n’ai aucune porte de sortie, aucune piste, aucun espoir…
Ce soir je me retrouve en fait face à mon plus profond paradoxe : celui qui oppose le Mathieu sûr de lui, téméraire et intrépide au Mathieu perdu, mélancolique et suffisamment lâche pour venir vomir sur Internet ses émotions les plus intimes…
La nuit sera courte… Je le sais déjà…

Chaque mois de janvier est l’occasion pour moi de souhaiter à tous mes lecteurs une bonne et heureuse année… Chaque mois de janvier ou presque : encore faut-il croire, même un instant, en ce que l’on souhaite. Cette année, je n’adresserai pas mes vœux : trop hypocrite, trop déraisonnable, trop malhonnête presque…
Les raisons en sont toutes simples : FlashBack.
Décembre, la tension monte : je prends un an de plus, mon job bât de l’aile et mon cœur s’enferme… J’approche de la fin de ma période d’essai. Je doute. Je me demande si j’ai (de nouveau) fait le bon choix. C’est naturel, dans une petite boîte, il vaut mieux que tout le monde soit sur la même longueur d’onde pour avancer… Ce n’est justement pas mon cas et, d’un point de vue strictement professionnel, je me demande si je pourrai continuer à cautionner mon environnement de travail. Les vacances passent sur ces premières questions et je décide, début janvier, à ma propre initiative, de prolonger ma période d’essai de trois mois supplémentaires. L’avantage ? Je peux, pendant ce temps, quitter la société en seulement 48 heures…
J’userai de ce droit très certainement : je ne me prédis pas plus de deux semaines supplémentaires à compter d’aujourd’hui dans cette société. J’ai de nouveau échoué, et même plutôt deux fois qu’une car j’ai préféré, devant un élan d’énergie et d’optimisme, démissionner de ma précédente entreprise et renoncer à quelques dizaines de milliers d’euros de prime… La morale de cette histoire ? C’est que, comme d’habitude, le problème, c’est le choix. Savoir faire les bons et les comprendre, c’est s’assurer de voir plus loin. J’ai échoué. Tâche à moi de ne pas recommencer… Et de retrouver quelque chose de solide.
Sentimentalement ce n’est pas bien mieux… A défaut de vivre une vraie relation, je continue de me contenter de l’open relationship que Quentin, mon kiné belge, m’a proposé à la fin du mois d’août dernier. Quentin, c’est ce garçon aux yeux lapis-lazulis qui a su, en quelques semaines à la fin de l’été, refaire gonfler mon cœur et mon égo. J’appréhendais, pour la première fois de ma vie, la pure notion de « couple libre ». Voici la définition que nous en donnions l’un et l’autre, d’un commun accord : lorsque nous étions ensemble, nous vivions comme un couple mais, lorsque nous ne l’étions plus, séparés par la distance géographique, nous pouvions nous accorder, si nous le souhaitions, les écarts qu’une vie conjugale rangée ne pouvait tolérer. Deal. Va pour ça…
Ça, c’était début septembre… La suite, elle est connue, elle est écrite : elle est mêlée d’insomnies, de questionnements, et de retournements sentimentaux : mon cœur n’a pas su, au fil du temps, garder la même ligne de conduite envers Quentin… Je me suis attaché, naturellement, mais de manière raisonnée. Je ne me suis pas donné, mais j’ai ouvert des portes… Sans succès.
Début janvier, il y a quelques jours le couperet tombe : je demande une explication que je peine à obtenir : la fuite est tellement plus facile ! L’échange se fera par SMS, un soir de semaine : je ne suis pas et ne serai jamais celui dont il a besoin. La réponse est dure, brutale, et pourtant terriblement sincère. L’open relationship n’aura duré « que » 4 mois…
Alors, au-delà de la simple histoire, qu’est-ce que tout cela signifie ? Plusieurs choses à mon sens :
Le première, c’est que je ne suis pas (à priori) fait pour « supporter » une relation dite « libre » car je penche, naturellement et inéluctablement vers un idéal incompatible avec la notion.
La seconde, c’est que je m’évertue à jouer les princesses de l’amour. Celles qui, trop exigeantes et probablement peu lucides, sont incapables de se satisfaire de ce que la vie saura et pourra leur donner… Ça s’appelle être exigeant, ou savoir ce qu’on veut… Cela me joue des tours, j’en paie aujourd’hui le prix : rester un maximum connecté sur les sites de rencontre pour tenter de trouver celui avec qui je pourrai reconstruire une pyramide…
Si en plus on ajoute à cela quelques soucis de santé suffisamment pénibles pour me faire dépenser actuellement plusieurs centaines d’euros en consultations et traitements divers, on comprendra alors aisément que je ne souhaiterai à personne mes meilleurs vœux pour la nouvelle année.
Argent, santé, amour, bonheur… Moi je dis Fuck ! Fuck 2010 ! Mais s’il vous plaît, apportez-moi des jours meilleurs…
