A Lyon

Vomir en direct

C’est le cerveau fatigué et l’estomac retourné que je reprends la plume aujourd’hui, quelques jours seulement après la publication de mon dernier article. Tout est encore mélangé et confus dans ma tête Cet exercice d’écriture est le moyen, pour moi, d’essayer de clarifier mes idées, mes pensées et mon état d’esprit pour tenter de retrouver un peu de cette paix que j’ai perdue la semaine dernière.

Je l’annonce aujourd’hui : je travaille depuis plusieurs mois sur grand projet d’écriture. Il me demande énormément de temps et d’énergie, surtout les weekends qui sont les seuls moments que je peux lui consacrer. J’ai passé plus de 4 heures hier en fin de journée à triturer mon passé, me l’expliquer et le comprendre. Juste le temps nécessaire pour créer, autour de moi, une sorte de bulle, un monde à part, une réalité passée dans laquelle mon cerveau est allé se perdre. Autant dire que je me suis retrouvé dans un drôle d’état hier soir avec mes amis, alors que nous prenions un verre dans un bar. La tête ailleurs, je ris mais ne souris pas. Jusque là rien de bien grave ni d’inhabituel.

C’est quelques heures plus tard que tout bascule, littéralement.

Nous sommes en boite, il est 2 heures du matin, nous dansons. J’invite Thierry à prendre un verre et l’attire alors vers le bar. C’est à ce moment précis que je me retrouve directement face à face avec Cyprien. Difficile de passer à côté ou feindre ne pas l’avoir vu. Je m’arrête brusquement, le regarde dans les yeux, esquisse un sourire, lui dis « Désolé » et lui fais la bise avant de me diriger machinalement vers le bar.

Mes mains tremblent. J’ai mal au ventre.

Au bar, d’autres de ses amis sont là, les bonjours passent dans un clin d’œil et j’attends, avec une légitime impatience, les coupes de Champagne que j’ai commandées. Je viens de comprendre que la soirée allait être longue… Et alcoolisée. Une fois mon verre en main, je retourne vers mes amis et leur annonce la nouvelle. Mon cœur bât vite. Mark est là. Il ne comprend pas. La piste de danse n’est pas très grande et, quelques minutes plus tard, Cyprien et ses amis se retrouvent juste à côté de nous. Pas un bonjour, rien. Mais les regards sont là et quelque chose d’étrange s’échange par les yeux de tous. J’ai la sensation de vivre une bataille psychologique, la dernière. Celle où l’affrontement des égos allait commencer.

Ce soir, Cyprien est avec son nouveau groupe d’amis, à quelques centimètres de nous. Il enlace son nouveau copain entre ses bras et l’embrasse passionnellement sous les yeux de tous, y compris des miens. C’est une revanche, sorte de pied de nez à la dernière soirée où je l’ai revu (cette fameuse soirée où l’on m’a dérobé ma carte bleue) et où je me suis permis, moi aussi, d’embrasser Mark, devant tout le monde. Elle est belle cette revanche. Je n’aurais pas fait mieux. J’aurais même pu m’avouer tout simplement vaincu et tenter de passer, du mieux que je puisse, une bonne soirée.

Sauf que…

Sauf que ce soir, il n’y a pas que Cyprien. Il y a aussi Sylvain, ce jeune homme rencontré lui aussi au moins d’août dernier et qui aurait pu devenir mon mari à condition qu’il n’en ait pas déjà un. Aujourd’hui, Sylvain est un ami : nous nous appelons régulièrement et apprécions nous revoir l’un l’autre. Je ne pensais pas le rencontrer ce soir. Ça me fait plaisir et je passe quelques bons moments en sa compagnie. C’est plus tard dans la nuit, tandis que j’essaie de le retrouver pour lui dire au revoir que je recroise Cyprien, une dernière fois. Il enlace toujours son copain. Nos bras se touchent mais son regard m’ignore. Sylvain est là. Je lui montre qui est mon ex. Il n’en revient pas : il pense que Cyprien a essayé de le draguer sous les yeux de son copain. Je ne comprends pas. Mes yeux s’arrêtent. Il en a trop dit. Je sens mes tripes se nouer, encore une fois. Mais je sais désormais comment mon corps fonctionne. Plus besoin de vomir. Juste de contrôler. Alors j’ai salué Sylvain avant de m’engouffrer vers la sortie où mes amis m’attendent. J’ai beaucoup bu et ma tête tourne. Je décide de rentrer à pieds malgré l’invitation de Vivien de me déposer en voiture : marcher me fera le plus grand bien…

De retour chez moi, j’explique à Mark que je ne peux pas dormir, que je ne me sens pas bien, que j’ai trop bu et que je sais que le salut de ma santé se retrouve, une nouvelle fois enfermé dans la boite de Stilnox qui reste dans mon placard. Le Stilnox est ce puissant somnifère dont je me suis servi il y a un an lorsque, justement, Cyprien m’a quitté. Je suis obligé d’expliquer à Mark. Obligé de lui expliquer mon comportement, mon état d’esprit et mon insomnie chronique qui a recommencé… Il y a tout juste une semaine. Je pensais la dernière carte de mon ex jouée il y a 8 jours, alors qu’un des amis communs que nous avions, lui et moi, m’annonce dans un mail qu’il lui a demandé de me supprimer de son Facebook. Erreur. Toute la semaine, mon nombre d’amis a diminué… Symbole d’une destruction finale, le nombre de nos mutual friends est aujourd’hui de 4… Il était de 20 par le passé.

Le résultat de cette soirée est comme un 10 de der : un coup de grâce.

Il était 4 heures du matin, j’ai embrassé Mark et ai avalé ma pilule magique… J’ai dormi 7 heures… ! Un miracle. Le prix à payer aujourd’hui c’est d’avoir la tête dans le gaz et quelques maux de ventre. De toutes manières, c’est toujours la même chose : chaque fois que ma psyché affective est contrariée, elle le fait payer à mon corps tout entier. Alors j’écris… J’écris… J’écris… Et ça me fait toujours du bien. Ça me permet de comprendre pourquoi je réagis comme ça. Et je crois que j’ai enfin saisi : je ne supporte pas la différence de prix payée par Cyprien et moi au moment de notre rupture. Je ne supporte pas ma difficile reconstruction par rapport à sa capacité à refondre rapidement son affect dans quelque chose de nouveau…

Alors, si un jour tu me lis, je t’adresse ces derniers mots :

Tu as gagné. J’abandonne.

abandon

Ça n’a l’air de rien

Il est rare que je n’écrive pas pendant plus d’un mois ; mais je dois bien confesser que les jours et les semaines précédentes ont été… Mouvementés. Alors ce soir je m’arrête, bien décidé à faire le point et à reprendre le pas sur un quotidien qui m’échappe…

Je commencerai bien simplement en disant que cela fera un mois demain que je suis salarié suisse ; salarié Genevois pour être plus précis. J’ai réussi à négocier, avant la signature de mon contrat, la possibilité de continuer à vivre et habiter à Lyon à condition que je sois mobile à 100%. Deal. Je ne pouvais pas rêver mieux : bénéficier des avantages bien connus du petit pays helvétique tout en conservant mon cadre de vie et mes amis… C’est important, mais cela coute cher : corvéable à souhait, je reste finalement dépendant des missions que mon patron voudra bien me confier. Elles sont pour le moment à Lyon mais vont très vite se déplacer vers l’est, au-delà des montagnes. Pour l’instant (je touche du bois), cela se passe assez bien… Alors comme on dit : « Pourvu que ça dure ».

Enfin, quand je dis « plutôt bien », c’est à la seule condition d’oublier le « petit » souci que j’ai eu la semaine qui a suivi mon embauche : un accident de voiture. Il n’aura fallu que quelques secondes d’inattention : mes yeux, rivés sur le GPS qui tentait de m’indiquer la voie à prendre, auraient mieux fait de regarder la route et le bouchon qui s’était formé devant moi, à la sortie de l’autoroute, en entrant dans Genève… J’ai bien freiné mais… Trop tard. A peine ai-je eu le temps de dire « Merde » et je suis allé m’encastrer dans l’Audi TT qui roulait juste devant moi… Le choc est violent et inévitable. Aujourd’hui, je revois encore par flash l’image des airbags se gonfler devant ma tête et j’entends parfois le bruit du choc et des explosifs. Résultat ? Une 207 (neuve et de fonction) tout juste bonne pour la casse mais un bonhomme entier et… En vie malgré quelques coups à la tête, au torse, au genou et quelques brûlures…
Ça n’a probablement l’air de rien mais j’ai compris, ce jour-là, le sens de la vie et la chance que j’ai de pouvoir écrire ce soir. Assurément, cet évènement m’aura changé : il m’aura montré combien le corps est fragile, combien la vie peut basculer à tout moment mais aussi combien la moindre seconde d’inattention (qu’elle soit sur un GPS ou sur un téléphone portable) peut être fatale…
La chance dans mon histoire ? Je suis entier, la conductrice de la TT l’est également et il n’y a pas eu de carambolage. Comme quoi, encore une fois, c’aurait pu être pire ! Alors j’ai appris à relativiser et apprécier les railleries de mes collègues à leur juste valeur : ce n’est que de la tôle…

Mais, étant donné qu’une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, j’ai eu la désagréable surprise de recevoir un appel du directeur de mon agence bancaire qui m’a annoncé que plusieurs paiements frauduleux avaient été réalisés avec ma carte Visa que je pensais avoir perdue et dont l’opposition avait été faite quelques jours plus tôt… Pas de chance : ma carte m’a été volée un samedi soir, en boîte, après avoir réglé des consos en tapant mon code… Ce que je n’avais pas vu, c’était le grand monsieur derrière moi qui a réussi la prouesse de dérober à la fois la carte et le code… La suite est malheureusement (et elle aussi) inévitable : en quelques dizaine de minutes, plusieurs milliers d’euros me sont ainsi volés avant même que je m’aperçoive que la carte a disparu. Résultat ? Un compte bancaire à -8800€ pendant deux semaines mais un directeur d’agence sympa : mon découvert autorisé est (temporairement) de 10000€ ! Alors j’ai couru : couru la banque, les policiers et les assurances… Comme si un accident de voiture ne me suffisait pas… ! J’ai été remboursé la semaine dernière, après une plainte contre X de deux pages à la police de Lyon. Aux dernières nouvelles, c’est la brigade financière qui est sur le coup… J’espère qu’ils vont bien s’amuser mais à mon avis, il y a de quoi : quel tabac-journaux honnête peut bien accepter plusieurs paiements, dont un de 5000€, un dimanche à 07h32 ?

Ajoutez à cela le fait qu’un souci de clés aura en plus nécessité l’intervention d’un serrurier pour que je puisse rentrer chez moi et vous comprendrez pourquoi désormais, au bureau, mes collègues m’appellent « Monsieur Poisse ».

Bref, tous ces évènements auront finalement estompés les deux choses que j’aurais (initialement et joyeusement) voulu partager ici.

La première, c’est que je suis toujours avec Mark, que nous habitons pratiquement ensemble et qu’on dirait que l’histoire est faite pour durer…
La seconde, c’est que mon blog a 6 ans depuis le 31 mars dernier. Six ans, rien que ça ! Je n’avais pas imaginé, ce soir de 31 mars 2005 que l’aventure allait me porter jusqu’ici : je suis encore là, à raconter ma vie, mes passions, mes peurs et mes doutes. Mais ce que j’avais encore moins imaginé, c’est qu’en plus de continuer à écrire, j’aurais encore des lecteurs… ! Alors cet anniversaire, c’est à tous ceux qui sont encore là, à lire ces mots, que je souhaite le dédier. Merci à vous d’être toujours présents et plus nombreux : vous êtes la raison pour laquelle mes doigts s’agitent encore parfois sur mon clavier.

Bien à vous tous et très sincèrement,
Ça n’a l’air de rien…
Et pourtant… !

life

Quand tout arrive

L’histoire commence il y a six mois, en plein mois d’août. Cela va faire trois mois que Cyprien m’a quitté et je noie mon cerveau dans tous les excès, à commencer par l’excès d’alcool : je suis, ce samedi soir, à la terrasse d’un bar gay bien connu des Lyonnais et je sirote ma première coupe de Champagne. Tous mes amis sont là, sans exception. Nous racontons notre semaine, nous rions, nous buvons, nous parlons…

C’est là que je le vois pour la première fois. Arborant son grand sourire et déjà vêtu d’un t-shirt blanc, il arrive en quelques minutes seulement à capter, inconsciemment, mon attention et celle de mes amis. Dans mon souvenir, je prétexte aller aux toilettes pour l’approcher, l’observer de plus près et espérer croiser son regard. Rien. Aucune réaction, silence radio. Pas un regard, pas un signe… C’est dommage, il me plaisait vraiment. Peu importe : mes amis sont là et je passe un agréable moment.

Plus tard, et après quelques verres, nous décidons d’aller tous en boîte. A l’intérieur, la chaleur est intenable, je bois. Champagne. Encore. Et puis je danse. Sur les airs de Lady Gaga, Kylie Minogue ou Madonna, mes yeux scrutent les environs à la cherche d’un regard, d’un sourire ou d’une expression sur un visage. Le seul que j’ai trouvé restera le sien : nous dansons ensemble une bonne partie de la nuit avant de s’échanger quelques baisers et nos numéros de téléphone.

La suite immédiate est presque déjà connue : je le revois le lendemain à l’Opéra et le surlendemain à Paris, le jour même où j’ai revu Cyprien au HD Dinner. Malheureusement (ou pas), il devait décoller le lendemain pour un séjour de deux mois aux États-Unis. Nous resterons en contact via Facebook durant tout ce laps de temps.

A son retour, je donne peu de nouvelles, pensant qu’il aurait certainement trouvé un copain. Et puis, je dois le reconnaître, il est jeune, très jeune. Alors ça ne joue pas en sa faveur à mes yeux… C’est finalement par hasard, un samedi soir, encore en boite, que je le retrouve : nous avons tous les deux pas mal bu mais nous prenons le temps de nous asseoir sur les canapés pour discuter… Sous l’effet de l’alcool il avoue. Il avoue que, pendant son séjour aux États-Unis, il a espéré des nouvelles de moi. Il avoue que, une fois rentré, il n’attendait qu’un simple appel. Il avoue sa tristesse et sa déception face au mur que je lui oppose. Enfin il m’avoue que je suis, à ses yeux, proche de celui qu’il cherche… Stupéfaction. Ce genre de déclaration n’arrive pas tous les jours. C’était bien la première de toute ma vie. Je ne reste évidemment pas insensible. Perturbé et abasourdi, je l’embrasse, longuement avant de finalement rentrer chez moi.

Le lendemain, afin de déculpabiliser et d’alléger mes pensées, je décide de mettre l’ensemble de ces déclarations sur le dos de l’alcool. C’est parfois tellement plus simple. Il me suffisait simplement d’oublier que ce garçon était rempli de sincérité et d’honnêteté et le tour était joué…

Les semaines et les mois passent… Quelques SMS sont rapidement échangés et le silence radio se fait entendre à partir du mois de décembre. Cela tombe bien : je pense encore tomber dans les bras de mon kiné…

Et puis un jour…

Sauf que, début février, je dîne avec un ami qui, très innocemment, me demande où en sont mes relations avec ce garçon. Je lui réponds qu’elles en sont toujours au même point, que je n’ai pas de nouvelles, qu’il ne s’est rien passé, qu’il ne se passera jamais rien et que, même s’il s’apparente à l’homme parfait, il n’en reste pas moins qu’il a vingt ans… On me dit alors que je suis bien con, que l’âge ne représente pas grand-chose et que, s’il s’agit du seul et unique critère pour lequel je n’ai pas donné suite alors il se pourrait bien que le con, dans l’histoire, ce soit moi…

La suite est très rapide : dès le lendemain, je lui envoie un SMS, nous prenons un verre, passons l’après midi ensemble, nous apprécions, nous embrassons et le reste est venu tout seul… Cela va faire deux semaines demain que je suis avec Mark. Tout se passe à merveille. Cette fois, pas de couple libre, juste de la sincérité, de la tendresse et de la gentillesse.

Et puis, comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, j’annonce également que je vais signer un nouveau contrat de travail lundi après midi…

Destin, quand tu nous tiens…

route

Sagittaire

Et voilà encore un de ces semaines de merde qui se termine enfin ! Je suis avachi dans mon canapé, à bouffer des haricots verts détrempés au bisphénol A et à siroter un vieux verre de Bergerac rouge… Je me dis que ça pourrait être pire : ce ne sont que des haricots, pas des chips ! Alors ça me rassure… Un temps.

Ce matin, mon horoscope du 20 minutes (Édition de Lyon) m’annonçait que, derrière la façade parfois joviale et souriante, se cachait en fait un début de dépression… ! Et bien pour une fois, je crois que ce putain de torchon avait raison : je me rends compte que je n’ai envie de rien ; ni de danser, de sortir, ni de manger ou boire, ni de dormir… Ni même de sexe… ! Mouais. Il y a des semaines comme ça… Je crois que je suis tout juste en train de comprendre que c’est mon taf qui me déglingue et que mon orgueil me poussera à poser ma démission pour quitter la société dans les 48 heures sans avoir accès au chômage. C’est ça ou la déprime… ! Toute négociation semblant perdue d’avance… !

Je dis toujours qu’on ne peut voir plus loin que les choix qu’on ne peut pas comprendre. Je comprends que rester n’est pas une solution. Donc partir en est une. Ce n’est qu’une étape. Rien de plus. Charge à moi de savoir rebondir… Mais rapidement. 

sagittaire

Ce soir, je lâche tout…

Seul, à la maison, un lundi soir. J’ai froid. Et je fatigue.
Seul contre moi, seul contre tous, j’affronte mes choix et leurs conséquences.
Je mesure… Mesure l’importance de mon échec, de mes regrets et de mon manque de clairvoyance.

Je suis ce soir, au pied d’un champ de ruine : ici autrefois s’élevait une splendide pyramide. Elle n’était certes, pas terminée mais sa base était suffisamment impressionnante pour faire pâlir d’envie tous les autres. Aujourd’hui, perdu dans mes rêves passés, je sais précisément ce dont j’ai besoin pour aller mieux.

Je sais que seul, je ne vois rien.
Je sais que seul, je ne vaux rien.
Je sais que seul, je ne suis personne…

Cette semaine sonne le glas de mon ex nouvelle vie professionnelle… Mais soyons honnêtes : tout s’écroule et je n’ai aucune porte de sortie, aucune piste, aucun espoir…
Ce soir je me retrouve en fait face à mon plus profond paradoxe : celui qui oppose le Mathieu sûr de lui, téméraire et intrépide au Mathieu perdu, mélancolique et suffisamment lâche pour venir vomir sur Internet ses émotions les plus intimes…

La nuit sera courte… Je le sais déjà… 

seul

Fuck 2010 !

Chaque mois de janvier est l’occasion pour moi de souhaiter à tous mes lecteurs une bonne et heureuse année… Chaque mois de janvier ou presque : encore faut-il croire, même un instant, en ce que l’on souhaite. Cette année, je n’adresserai pas mes vœux : trop hypocrite, trop déraisonnable, trop malhonnête presque…

Les raisons en sont toutes simples : FlashBack.

Décembre, la tension monte : je prends un an de plus, mon job bât de l’aile et mon cœur s’enferme… J’approche de la fin de ma période d’essai. Je doute. Je me demande si j’ai (de nouveau) fait le bon choix. C’est naturel, dans une petite boîte, il vaut mieux que tout le monde soit sur la même longueur d’onde pour avancer… Ce n’est justement pas mon cas et, d’un point de vue strictement professionnel, je me demande si je pourrai continuer à cautionner mon environnement de travail. Les vacances passent sur ces premières questions et je décide, début janvier, à ma propre initiative, de prolonger ma période d’essai de trois mois supplémentaires. L’avantage ? Je peux, pendant ce temps, quitter la société en seulement 48 heures…
J’userai de ce droit très certainement : je ne me prédis pas plus de deux semaines supplémentaires à compter d’aujourd’hui dans cette société. J’ai de nouveau échoué, et même plutôt deux fois qu’une car j’ai préféré, devant un élan d’énergie et d’optimisme, démissionner de ma précédente entreprise et renoncer à quelques dizaines de milliers d’euros de prime… La morale de cette histoire ? C’est que, comme d’habitude, le problème, c’est le choix. Savoir faire les bons et les comprendre, c’est s’assurer de voir plus loin. J’ai échoué. Tâche à moi de ne pas recommencer… Et de retrouver quelque chose de solide.

Sentimentalement ce n’est pas bien mieux… A défaut de vivre une vraie relation, je continue de me contenter de l’open relationship que Quentin, mon kiné belge, m’a proposé à la fin du mois d’août dernier. Quentin, c’est ce garçon aux yeux lapis-lazulis qui a su, en quelques semaines à la fin de l’été, refaire gonfler mon cœur et mon égo. J’appréhendais, pour la première fois de ma vie, la pure notion de « couple libre ». Voici la définition que nous en donnions l’un et l’autre, d’un commun accord : lorsque nous étions ensemble, nous vivions comme un couple mais, lorsque nous ne l’étions plus, séparés par la distance géographique, nous pouvions nous accorder, si nous le souhaitions, les écarts qu’une vie conjugale rangée ne pouvait tolérer. Deal. Va pour ça…
Ça, c’était début septembre… La suite, elle est connue, elle est écrite : elle est mêlée d’insomnies, de questionnements, et de retournements sentimentaux : mon cœur n’a pas su, au fil du temps, garder la même ligne de conduite envers Quentin… Je me suis attaché, naturellement, mais de manière raisonnée. Je ne me suis pas donné, mais j’ai ouvert des portes… Sans succès.
Début janvier, il y a quelques jours le couperet tombe : je demande une explication que je peine à obtenir : la fuite est tellement plus facile ! L’échange se fera par SMS, un soir de semaine : je ne suis pas et ne serai jamais celui dont il a besoin. La réponse est dure, brutale, et pourtant terriblement sincère. L’open relationship n’aura duré « que » 4 mois…

Alors, au-delà de la simple histoire, qu’est-ce que tout cela signifie ? Plusieurs choses à mon sens :
Le première, c’est que je ne suis pas (à priori) fait pour « supporter » une relation dite « libre » car je penche, naturellement et inéluctablement vers un idéal incompatible avec la notion.
La seconde, c’est que je m’évertue à jouer les princesses de l’amour. Celles qui, trop exigeantes et probablement peu lucides, sont incapables de se satisfaire de ce que la vie saura et pourra leur donner… Ça s’appelle être exigeant, ou savoir ce qu’on veut… Cela me joue des tours, j’en paie aujourd’hui le prix : rester un maximum connecté sur les sites de rencontre pour tenter de trouver celui avec qui je pourrai reconstruire une pyramide…

Si en plus on ajoute à cela quelques soucis de santé suffisamment pénibles pour me faire dépenser actuellement plusieurs centaines d’euros en consultations et traitements divers, on comprendra alors aisément que je ne souhaiterai à personne mes meilleurs vœux pour la nouvelle année.

Argent, santé, amour, bonheur… Moi je dis Fuck ! Fuck 2010 ! Mais s’il vous plaît, apportez-moi des jours meilleurs…

fuck

Je le crois

J’ai beau écouter Fashion Beats (Black Eyed Peas) en boucle depuis une heure ou parler à mon orchidée, j’ai bien l’impression que ça ne change pas grand-chose. J’éprouve (encore) l’habituelle lassitude du dimanche soir… Cette lassitude qui me dit que le temps passe trop vite, que le weekend est trop court, que mes yeux pétillent et que mes bras en redemandent.
J’entends par là que je n’ai pas vu le weekend passer, réellement, que je n’ai d’yeux que pour lui et que mes bras, ce soir, serreront un oreiller.

Sottises !

Pourtant je prends conscience, comme tous les dimanches soir depuis quelques semaines, que chaque heure passée avec lui emplit inéluctablement mon cœur d’un besoin d’encore. Alors, pour ne pas sombrer dans les interminables nuits de questionnements et d’insomnie, je m’interdis désormais toute réflexion en profondeur… Je vis le temps comme il vient et je prends ce que la vie voudra bien m’offrir… C’est lâche, mais ça a au moins le mérite de me laisser « mieux » vivre.

Le seul souci, c’est que je connais les limites de ce fonctionnement et sais qu’il n’est pas fait pour durer : un jour je jouerai cartes sur table, franc-jeu, et tout s’arrêtera, probablement.

Il paraît que le temps est capable de tout. Je le crois.

lumières 2010 Lyon

Lyon – Place de la République – Fête des Lumières 2010 (Fond d’écran sur demande).

Juste un mot

Juste un mot, voire quelques-uns mais pas plus…

J’étais pratiquement dans mon lit lorsque j’ai pensé que je ne pouvais dormir ainsi, du moins, pas si facilement. Je ne pouvais pas me coucher sans avoir écrit un tout petit peu, écrit ma crainte et mon éternelle appréhension face à demain.

Dans quelques minutes, j’aurai 26 ans et l’on sait que tous les ans, depuis que j’en ai 15, j’ai un terrible problème de conviction et de réalité : je n’arrive toujours pas à comprendre que l’on fête un anniversaire et le temps qui passe. Mais, étant donné que cette dernière année aura surtout été celle des changements, j’ai décidé, cette fois, de faire un petit effort et de consentir à mieux l’accepter à la seule condition d’en détourner l’objectif premier… Ainsi, ce sera l’occasion d’ouvrir du Champagne sans culpabiliser ;-)

To-Do-List pour les prochaines heures :

  • Mettre le téléphone en silencieux
  • Ne pas avoir peur
  • Dormir
  • Sourire
  • Croire que je suis encore jeune
  • Croire que je suis beau
  • Croire que j’ai encore toute la vie devant moi…

A propos, 26 ans, c’est aussi 9490 jours terrestres et pratiquement un milliard de battements de cœur… Alors ce que je me souhaite pour ma nouvelle année civile, c’est d’en donner un peu plus aux autres… !

heartbeatlmpt

Je ne te dois rien !

Écrire deux soirs de suite, ça veut dire quoi ? Dire que l’on n’est pas bien ? Dire (justement) qu’on a quelque chose à dire ? Penser qu’on est le plus fort ? Croire qu’on n’est pas tout seul ?

Comme hier, je suis bien meilleur en poseur de question qu’en donneur de réponses. Ce que cela veut dire ? Que je ne suis sûr de rien, pas même de moi. Aujourd’hui j’ai peur, je flippe. A tous niveaux.

Je flippe car mon job a de très fortes chances de devenir très stressant, je flippe car je suis toujours seul dans mon lit et je flippe car j’ai relu, au moins 3 fois, l’article que j’ai publié hier soir. Je flippe car je n’explique rien, je ne contrôle rien et, par-dessus le marché, je doute… Je flippe car je n’explique pas les palpitations de mon cœur et le tremblement de mes mains d’il y a deux semaines, je flippe car je n’explique pas mon insomnie de samedi dernier, je flippe car j’ai peur de ne pas être à la hauteur des responsabilités qu’on se prête à m’offrir dans mon travail… Enfin je flippe car j’en ai assez de m’entendre dire que je suis encore amoureux de mon ex… ! Tout cela, c’est du contrôle, ni plus, ni moins. Je suis en train de me rendre compte que le contrôle est l’un des pierres angulaires de la construction d’une pyramide universelle : le contrôle de soi, dans son corps et dans son esprit est l’une des clés qui ouvrira les portes de la stabilité. La stabilité se décline sous plusieurs formes et parmi elles se trouve la stabilité sentimentale.

Le schéma est presque clair : Contrôle -> Stabilité -> Sécurité -> Société -> Bonheur.

C’est peut-être ce tout petit enchaînement de rien du tout qui sera à la base du dessin de ma nouvelle pyramide.

Je me le promets, je la dessinerai… !

pyramide

Parce que je dois

Croyez-vous qu’une musique puisse influencer le ton et le contenu d’un écrit ?
Croyez-vous que le simple fait de ranger son appartement permette aussi de faire le ménage dans sa tête ?
Pensez-vous que les heures passées au téléphone avec les amis conditionnent la façon de voir les choses ?
Pensez-vous enfin qu’un verre de côtes du Rhône soit suffisant pour désinhiber nos pensées les plus profondes ?

J’en sais rien. En revanche, ce que je sais, c’est que j’ai dans ma tête des pensées et des idées qui feraient mieux d’y rester. Je repense à ce dernier weekend, à ce séjour en Ardèche où mon cœur, pour la première fois depuis des mois, s’est desserré.

Si je devais commencer par la fin je dirais que, dans le fond, je fais de la merde.

Pourquoi ?

Parce que cela va bientôt faire 3 mois que je l’ai rencontré, ce garçon aux yeux bleus et que, depuis tout ce temps, j’ai appris à comprendre qu’il n’était vraiment comme les autres. Et puis, la rencontre est jolie : un avion raté, une soirée annulée et un retour à la maison plus que tardif auront été responsable de notre rencontre à la fin du mois d’août. Ça on le sait déjà. Ce qu’on sait moins, c’est qu’on s’est revus, beaucoup, souvent, y compris lors des deux derniers weekends…

Le premier était un test. Mon test. J’allais devoir affronter, en effet, les regards de deux garçons importants pour moi. Le premier ? Cyprien, mon ex, que je n’avais pas revu depuis des semaines. Le second ? Quentin, mon couple dit « libre » qui me faisait l’honneur de partager mon weekend et à fortiori, cette soirée. Résultat du test ? Échec sur toute la ligne… A peine le pas de la porte franchie, mon cœur palpite, quelques secondes plus tard, j’entends sa voix, le regarde dans les yeux et lui fais la bise. Naturel. Je dois rester naturel. J’écris ces mots comme ils me viennent, par à-coups, mais sincères. Je m’écarte, je me dirige vers la table. V. pose sa main sur ma poitrine, il a compris : mon cœur s’emballe. Je lui glisse un « J’en peux plus » et exige mon premier whisky. Il est serré. Vraiment. Je le bois en 10 minutes assis à côté de Quentin, et de M. aussi. Je n’ai pas mangé, je fais la grimace, mais je l’avale. Le second est un peu moins fort. Je change de place, m’installe non loin de Quentin et lui explique que je pourrais aller mieux. Mes mains tremblent. Énormément. Tellement que je ne peux tenir mon verre sans risquer d’en renverser une partie. C’est trop fort, trop intense : je dois aller lui parler, casser cette glace, briser cette tension que moi seul ressens pour essayer au mieux de passer une meilleure soirée et au pire d’arrêter mes mains de trembler. Alors je vais le voir. Nous parlons, longtemps me dira-t-on. Je n’ai pas eu l’impression. Lorsqu’il me dit que mes mains tremblent, je réponds : « C’est normal, ça arrive… » et les serre l’une contre l’autre… Nous échangeons quelques banalités, suffisamment pour que je décide de me resservir un verre lorsqu’il m’annonce son ras-le-bol général des mecs et de ses critères de sélection qu’il a revus à la baisse… C’est alors que Quentin m’attrape par le bras, me regarde dans les yeux et me demande de l’accompagner dans la chambre, une première fois ; je refuse, puis une seconde… Ce n’est qu’à la troisième que j’accepte de le suivre. Il me demande ce que je fais, à quoi je joue. Je lui réponds que je ne comprends pas de quoi il parle, que je n’ai fait que lui parler et qu’il le fallait pour que je me sente mieux. Il parait que c’est à moi que je fais du mal et que je suis encore amoureux. Foutaises ! L’incident m’aura quand même suffisamment calmé pour que je ne me hasarde pas à le revoir d’aussi près. Alors je bois, et je rebois. Du vin, du rouge, du blanc… J’avais la tête qui tourne, noyée, comme d’habitude, dans l’excès des mauvais jours. C’est bien plus tard dans la soirée, justement sur Get outta my way de Kylie Minogue, que Cyprien me demande quelque chose de « pas très sympa ». Il me demande si cela me dérange qu’il fasse fondre la gourmette en argent (copie conforme de la mienne au prénom près et à la date) que je lui ai offert pour ses 20 ans mais dont il a « marre » des maillons… Ma réponse est nette, claire et sans bavure : « Fais ce que tu veux, je m’en fous ». Ces mots sont les derniers que j’ai échangés avec lui, encore aujourd’hui. Ça n’a l’air de rien, mais l’épisode m’aura montré combien j’ai pu être aveugle pendant les deux ans de ma relation avec lui.

Au-delà de ça, le fait est que Quentin était présent lors de cette soirée, qu’il a tout vu, tout compris, et bien plus encore : c’est là que nous arrivons au second weekend (au weekend dernier sommes toutes) et à cette fameuse nuit de samedi à dimanche pendant laquelle je n’ai dormi que… Quelques heures… !

La journée se passe tranquillement, proches l’un l’autre, au chaud à l’intérieur par une ignoble journée d’automne, à partager des moments privilégiés l’un avec l’autre… C’est uniquement le soir, vers 2h du matin, alors que nous décidons de nous coucher, que je lui parle de ce que je ressens, et de ce que je comprends. J’annonce m’être rapproché de lui, j’annonce m’attacher à lui sans pour autant être amoureux, que j’aimerais le garder pour moi, ne plus être en couple « libre » et lui demander l’exclusivité. On me répond que depuis des semaines, sa position n’a pas changé, qu’il n’est pas amoureux mais que, pour autant, il n’a pas partagé son lit avec un autre que moi depuis notre rencontre, qu’il n’en cherche pas d’autre, que la relation lui convient telle qu’elle est, qu’il veut bien m’aider à me reconstruire mais pas à construire… Résultat ? Totale insomnie. Endormi à cinq heures passées, je revois encore mes yeux grands ouverts à scruter le plafond et ses imperfections… Réveillé une première fois à sept heures puis une seconde à neuf, c’est assez fatigué que j’ai passé le dimanche. Je n’ai bien sûr pas cherché à obtenir le moindre signe d’affection, ni même la moindre considération. J’ai juste été surpris de constater que le plus demandeur, ce n’était pas moi mais… Lui… ! Je n’ai pas peiné, le soir-même, à trouver le sommeil mais j’ai passé du temps le lendemain avec Gé au téléphone pour lui en parler. Elle me fait du bien, tout le temps, et elle m’aide à avancer… ! Enfin ces derniers jours, pour ne plus y repenser, c’est dans le travail que j’ai noyé mes pensées : occuper son cerveau à tout un tas d’autres choses est certainement plus productif pour tout le monde… !

Il n’empêche : je suis encore là, ce soir à raconter ma vie et à me demander si, cette nuit, je trouverai le sommeil…

La vie est parfois (franchement) bien compliquée et le bonheur tellement… Inaccessible… !

Si vous êtes arrivé(e) jusque-là… Merci ! 

chute