J’ai beau écouter Fashion Beats (Black Eyed Peas) en boucle depuis une heure ou parler à mon orchidée, j’ai bien l’impression que ça ne change pas grand-chose. J’éprouve (encore) l’habituelle lassitude du dimanche soir… Cette lassitude qui me dit que le temps passe trop vite, que le weekend est trop court, que mes yeux pétillent et que mes bras en redemandent.
J’entends par là que je n’ai pas vu le weekend passer, réellement, que je n’ai d’yeux que pour lui et que mes bras, ce soir, serreront un oreiller.
Sottises !
Pourtant je prends conscience, comme tous les dimanches soir depuis quelques semaines, que chaque heure passée avec lui emplit inéluctablement mon cœur d’un besoin d’encore. Alors, pour ne pas sombrer dans les interminables nuits de questionnements et d’insomnie, je m’interdis désormais toute réflexion en profondeur… Je vis le temps comme il vient et je prends ce que la vie voudra bien m’offrir… C’est lâche, mais ça a au moins le mérite de me laisser « mieux » vivre.
Le seul souci, c’est que je connais les limites de ce fonctionnement et sais qu’il n’est pas fait pour durer : un jour je jouerai cartes sur table, franc-jeu, et tout s’arrêtera, probablement.
Il paraît que le temps est capable de tout. Je le crois.

Lyon – Place de la République – Fête des Lumières 2010 (Fond d’écran sur demande).
Juste un mot, voire quelques-uns mais pas plus…
J’étais pratiquement dans mon lit lorsque j’ai pensé que je ne pouvais dormir ainsi, du moins, pas si facilement. Je ne pouvais pas me coucher sans avoir écrit un tout petit peu, écrit ma crainte et mon éternelle appréhension face à demain.
Dans quelques minutes, j’aurai 26 ans et l’on sait que tous les ans, depuis que j’en ai 15, j’ai un terrible problème de conviction et de réalité : je n’arrive toujours pas à comprendre que l’on fête un anniversaire et le temps qui passe. Mais, étant donné que cette dernière année aura surtout été celle des changements, j’ai décidé, cette fois, de faire un petit effort et de consentir à mieux l’accepter à la seule condition d’en détourner l’objectif premier… Ainsi, ce sera l’occasion d’ouvrir du Champagne sans culpabiliser
To-Do-List pour les prochaines heures :
- Mettre le téléphone en silencieux
- Ne pas avoir peur
- Dormir
- Sourire
- Croire que je suis encore jeune
- Croire que je suis beau
- Croire que j’ai encore toute la vie devant moi…
A propos, 26 ans, c’est aussi 9490 jours terrestres et pratiquement un milliard de battements de cœur… Alors ce que je me souhaite pour ma nouvelle année civile, c’est d’en donner un peu plus aux autres… !

Écrire deux soirs de suite, ça veut dire quoi ? Dire que l’on n’est pas bien ? Dire (justement) qu’on a quelque chose à dire ? Penser qu’on est le plus fort ? Croire qu’on n’est pas tout seul ?
Comme hier, je suis bien meilleur en poseur de question qu’en donneur de réponses. Ce que cela veut dire ? Que je ne suis sûr de rien, pas même de moi. Aujourd’hui j’ai peur, je flippe. A tous niveaux.
Je flippe car mon job a de très fortes chances de devenir très stressant, je flippe car je suis toujours seul dans mon lit et je flippe car j’ai relu, au moins 3 fois, l’article que j’ai publié hier soir. Je flippe car je n’explique rien, je ne contrôle rien et, par-dessus le marché, je doute… Je flippe car je n’explique pas les palpitations de mon cœur et le tremblement de mes mains d’il y a deux semaines, je flippe car je n’explique pas mon insomnie de samedi dernier, je flippe car j’ai peur de ne pas être à la hauteur des responsabilités qu’on se prête à m’offrir dans mon travail… Enfin je flippe car j’en ai assez de m’entendre dire que je suis encore amoureux de mon ex… ! Tout cela, c’est du contrôle, ni plus, ni moins. Je suis en train de me rendre compte que le contrôle est l’un des pierres angulaires de la construction d’une pyramide universelle : le contrôle de soi, dans son corps et dans son esprit est l’une des clés qui ouvrira les portes de la stabilité. La stabilité se décline sous plusieurs formes et parmi elles se trouve la stabilité sentimentale.
Le schéma est presque clair : Contrôle -> Stabilité -> Sécurité -> Société -> Bonheur.
C’est peut-être ce tout petit enchaînement de rien du tout qui sera à la base du dessin de ma nouvelle pyramide.
Je me le promets, je la dessinerai… !

Croyez-vous qu’une musique puisse influencer le ton et le contenu d’un écrit ?
Croyez-vous que le simple fait de ranger son appartement permette aussi de faire le ménage dans sa tête ?
Pensez-vous que les heures passées au téléphone avec les amis conditionnent la façon de voir les choses ?
Pensez-vous enfin qu’un verre de côtes du Rhône soit suffisant pour désinhiber nos pensées les plus profondes ?
J’en sais rien. En revanche, ce que je sais, c’est que j’ai dans ma tête des pensées et des idées qui feraient mieux d’y rester. Je repense à ce dernier weekend, à ce séjour en Ardèche où mon cœur, pour la première fois depuis des mois, s’est desserré.
Si je devais commencer par la fin je dirais que, dans le fond, je fais de la merde.
Pourquoi ?
Parce que cela va bientôt faire 3 mois que je l’ai rencontré, ce garçon aux yeux bleus et que, depuis tout ce temps, j’ai appris à comprendre qu’il n’était vraiment comme les autres. Et puis, la rencontre est jolie : un avion raté, une soirée annulée et un retour à la maison plus que tardif auront été responsable de notre rencontre à la fin du mois d’août. Ça on le sait déjà. Ce qu’on sait moins, c’est qu’on s’est revus, beaucoup, souvent, y compris lors des deux derniers weekends…
Le premier était un test. Mon test. J’allais devoir affronter, en effet, les regards de deux garçons importants pour moi. Le premier ? Cyprien, mon ex, que je n’avais pas revu depuis des semaines. Le second ? Quentin, mon couple dit « libre » qui me faisait l’honneur de partager mon weekend et à fortiori, cette soirée. Résultat du test ? Échec sur toute la ligne… A peine le pas de la porte franchie, mon cœur palpite, quelques secondes plus tard, j’entends sa voix, le regarde dans les yeux et lui fais la bise. Naturel. Je dois rester naturel. J’écris ces mots comme ils me viennent, par à-coups, mais sincères. Je m’écarte, je me dirige vers la table. V. pose sa main sur ma poitrine, il a compris : mon cœur s’emballe. Je lui glisse un « J’en peux plus » et exige mon premier whisky. Il est serré. Vraiment. Je le bois en 10 minutes assis à côté de Quentin, et de M. aussi. Je n’ai pas mangé, je fais la grimace, mais je l’avale. Le second est un peu moins fort. Je change de place, m’installe non loin de Quentin et lui explique que je pourrais aller mieux. Mes mains tremblent. Énormément. Tellement que je ne peux tenir mon verre sans risquer d’en renverser une partie. C’est trop fort, trop intense : je dois aller lui parler, casser cette glace, briser cette tension que moi seul ressens pour essayer au mieux de passer une meilleure soirée et au pire d’arrêter mes mains de trembler. Alors je vais le voir. Nous parlons, longtemps me dira-t-on. Je n’ai pas eu l’impression. Lorsqu’il me dit que mes mains tremblent, je réponds : « C’est normal, ça arrive… » et les serre l’une contre l’autre… Nous échangeons quelques banalités, suffisamment pour que je décide de me resservir un verre lorsqu’il m’annonce son ras-le-bol général des mecs et de ses critères de sélection qu’il a revus à la baisse… C’est alors que Quentin m’attrape par le bras, me regarde dans les yeux et me demande de l’accompagner dans la chambre, une première fois ; je refuse, puis une seconde… Ce n’est qu’à la troisième que j’accepte de le suivre. Il me demande ce que je fais, à quoi je joue. Je lui réponds que je ne comprends pas de quoi il parle, que je n’ai fait que lui parler et qu’il le fallait pour que je me sente mieux. Il parait que c’est à moi que je fais du mal et que je suis encore amoureux. Foutaises ! L’incident m’aura quand même suffisamment calmé pour que je ne me hasarde pas à le revoir d’aussi près. Alors je bois, et je rebois. Du vin, du rouge, du blanc… J’avais la tête qui tourne, noyée, comme d’habitude, dans l’excès des mauvais jours. C’est bien plus tard dans la soirée, justement sur Get outta my way de Kylie Minogue, que Cyprien me demande quelque chose de « pas très sympa ». Il me demande si cela me dérange qu’il fasse fondre la gourmette en argent (copie conforme de la mienne au prénom près et à la date) que je lui ai offert pour ses 20 ans mais dont il a « marre » des maillons… Ma réponse est nette, claire et sans bavure : « Fais ce que tu veux, je m’en fous ». Ces mots sont les derniers que j’ai échangés avec lui, encore aujourd’hui. Ça n’a l’air de rien, mais l’épisode m’aura montré combien j’ai pu être aveugle pendant les deux ans de ma relation avec lui.
Au-delà de ça, le fait est que Quentin était présent lors de cette soirée, qu’il a tout vu, tout compris, et bien plus encore : c’est là que nous arrivons au second weekend (au weekend dernier sommes toutes) et à cette fameuse nuit de samedi à dimanche pendant laquelle je n’ai dormi que… Quelques heures… !
La journée se passe tranquillement, proches l’un l’autre, au chaud à l’intérieur par une ignoble journée d’automne, à partager des moments privilégiés l’un avec l’autre… C’est uniquement le soir, vers 2h du matin, alors que nous décidons de nous coucher, que je lui parle de ce que je ressens, et de ce que je comprends. J’annonce m’être rapproché de lui, j’annonce m’attacher à lui sans pour autant être amoureux, que j’aimerais le garder pour moi, ne plus être en couple « libre » et lui demander l’exclusivité. On me répond que depuis des semaines, sa position n’a pas changé, qu’il n’est pas amoureux mais que, pour autant, il n’a pas partagé son lit avec un autre que moi depuis notre rencontre, qu’il n’en cherche pas d’autre, que la relation lui convient telle qu’elle est, qu’il veut bien m’aider à me reconstruire mais pas à construire… Résultat ? Totale insomnie. Endormi à cinq heures passées, je revois encore mes yeux grands ouverts à scruter le plafond et ses imperfections… Réveillé une première fois à sept heures puis une seconde à neuf, c’est assez fatigué que j’ai passé le dimanche. Je n’ai bien sûr pas cherché à obtenir le moindre signe d’affection, ni même la moindre considération. J’ai juste été surpris de constater que le plus demandeur, ce n’était pas moi mais… Lui… ! Je n’ai pas peiné, le soir-même, à trouver le sommeil mais j’ai passé du temps le lendemain avec Gé au téléphone pour lui en parler. Elle me fait du bien, tout le temps, et elle m’aide à avancer… ! Enfin ces derniers jours, pour ne plus y repenser, c’est dans le travail que j’ai noyé mes pensées : occuper son cerveau à tout un tas d’autres choses est certainement plus productif pour tout le monde… !
Il n’empêche : je suis encore là, ce soir à raconter ma vie et à me demander si, cette nuit, je trouverai le sommeil…
La vie est parfois (franchement) bien compliquée et le bonheur tellement… Inaccessible… !
Si vous êtes arrivé(e) jusque-là… Merci !

Ce n’est pas comme si je ne me connaissais pas : il existe deux raisons pour lesquelles je n’écris pas :
- Tout va bien
- Tout ne va pas bien mais la situation reste suffisamment vivable pour ne pas la décrire.
C’est pourtant bien cette deuxième raison qui me pousse ce soir, à reprendre le clavier et le fil que j’ai coupé il y a 3 semaines. Il y a eu récemment une coupure, un break, un choc que je commence tout juste à assimiler. L’écrire, c’est le comprendre ; et le comprendre, c’est voir au-delà…
Bizarrement, c’est le lendemain de la publication de l’article C’est quoi, Être Amoureux ? que j’ai revu mon ex, le soir au restaurant. Je m’en souviens encore : en acceptant l’invitation je savais déjà que je m’exposais à une nouvelle nuit d’insomnie mais j’étais loin de m’imaginer à quel point cette re-rencontre amorcerait le déclin de mon attachement viscéral envers mon ex. Le dîner dure deux heures trente. Deux heures trente rythmées de propos lourds, difficiles et parfois violents. Fort de mes longues nuits de réflexion, j’ai l’occasion d’exposer de façon constructive et réfléchie la manière dont j’ai vécu mon couple pendant plus de deux ans, le futur que j’y associais, mais aussi la façon dont mon corps et mon esprit ont finalement rejeté la rupture. Je parle d’amour, de société, de vie et de pyramide… On me rétorque que deux ans, à l’échelle d’une vie représentent une période d’essai, que la rupture n’est que le déménagement d’une armoire sortie d’une pièce finalement réagencée, mais que la dite armoire est partie avec son contenu…
C’était la veille de mon premier jour dans ma nouvelle société, tout juste la veille du début d’une nouvelle vie. C’était il y a un mois aujourd’hui et j’ai pourtant l’impression qu’un temps infini s’est écoulé depuis.
Pourquoi ? Parce que mon cœur a croisé des yeux Lapis-Lazuli… Et c’est grâce à eux que j’arrive à reporter sur moi, ce minimum d’estime que je pensais avoir perdu.

Je me dis qu’il faut parfois avoir du courage pour reprendre la plume et écrire. Je me dis qu’il faut du courage pour tout, tout le temps, et pour toute chose :
- Du courage pour se lever le matin,
- Pour payer son loyer,
- Pour croire en l’Autre,
- Pour se réchauffer le soir, seul dans son lit,
- Pour croire que sa vie sert vraiment à quelque-chose.
Aujourd’hui rien n’a vraiment changé : je continue de croire que ma vie reste arrêtée sur un échec et qu’il m’est difficile de m’en relever : je ressens toujours au fond de moi l’odeur de la trahison dont mon cœur a souffert mais aussi, et ça c’est plutôt nouveau, le besoin et l’envie de me reposer.
L’envie de me dire que je peux peut-être recommencer, avec quelqu’un si possible, ou seul, pourquoi pas…! Je suis donc en train de retrouver mon way of life d’il y a 3 ans… Celui qui me disait que ma vie n’appartenait qu’à moi-même et que je n’avais de compte à rendre à personne. Celui qui me faisait croire que j’étais fort, très fort, plus que n’importe qui d’autre mais qui avait au moins le mérite de me faire rêver…!
The Cure and The Cause ?
C’est le titre d’une chanson que j’ai écoute des centaines de fois il y a justement 3 ans… Et que j’ai redécouvert ce week-end… !
Le remède ? Lui. Et l’amour qui va avec.
La cause ? Une profonde solitude, ou isolement.
Je terminerai par ces quelques phrases, dont je ne suis pas l’auteur, mais qui témoignent, je pense, d’une étonnante lucidité (ou résignation, voyez cela comme bon vous semble) et d’une volonté de passer, peut-être, à autre chose… :
Just a few things before I head on my way
You are wonderful and good when you want to be
You are what I want but not what I need
And you are no good for me
But you are the cure, oh yeah, and you are the cause of my blues
Cure me, cure me…

Si mon blog était un compte Twitter, c’est probablement ce que j’écrirais dans mon humeur actuelle.
- Disparaître parce que je n’y arrive pas.
- Disparaître parce que c’est facile.
- Disparaître parce qu’il manque quelque chose.
- Disparaître parce que je n’ai pas l’architecte de ma nouvelle pyramide.
Je suis en manque et, même si je n’ai rien à envier, à priori, au commun des mortels, je jalouse son bonheur candide.
J’aimerais, parfois, me contenter de ce que j’ai…

Cette question-là, je me la pose depuis quelques semaines désormais. Mais, avant d’essayer d’en trouver la réponse, je dois d’abord comprendre pourquoi elle est arrivée dans mon esprit. C’est au départ ma solitude qui me pousse à me la poser. Une solitude pesante lorsque l’on comprend ma vie est mes aspirations (tout est question de pyramide et de schémas). Je me la pose car mon esprit s’égare, que des larmes coulent encore et que mon cœur va mal. Je me la pose car je change, indubitablement, que mon corps aussi change et que l’insomnie revient subrepticement s’installer dans mon quotidien.
L’insomnie, reine de tous mes maux et de l’existence même de plusieurs de mes écrits, agit sur moi comme une hormone, une drogue, un bloqueur de récepteurs qui pousse mon cerveau à la suractivité nocturne. Le résultat ? Beaucoup de questions et presque autant de réponses. Oui, l’insomnie n’a pas que des mauvais côtés. Elle m’apprend à me connaître et ce faisant, à me dépasser.
Soyons honnête : je subis encore aujourd’hui les conséquences de ma rupture. La destruction de l’entité « couple » dans les premiers étages de ma pyramide de vie a eu l’effet dévastateur d’en entraîner l’écroulement. J’essaie aujourd’hui d’en redessiner les plans sur les ruines de son glorieux passé mais, dans l’hypothèse que je ne parvienne pas à la reconstruire (dans les temps), je suis contraint d’élaborer l’éventuel plan B. Celui-ci passe forcément par la redéfinition de mes fondements et du redessin des fondations de la dite pyramide.
C’est quoi l’amour ? Est-ce dire à sa mère qu’on l’aime ? Caresser son chat avant de s’endormir ? Pleurer lorsque l’on perd un être cher ? Peut-être. Je suppose que c’est un peu tout cela, mais en partie seulement. Car je distingue plusieurs formes d’amour : l’amour que l’on éprouve naturellement pour ses proches, sa famille de sang, l’amour quasi éternel que l’on donne et l’on reçoit de ses amis et enfin, l’amour ultime, celui que le corps et l’esprit sont capables de donner à l’être aimé.
Cet amour ultime et exclusif, je l’ai ressenti pendant deux ans. Et c’est clairement sa force et son magnétisme qui assuraient la stabilité et la cohérence de ma pyramide. En d’autres termes, et pour être vraiment clair, je sais aujourd’hui ce que signifie pour moi Être Amoureux.
Être Amoureux, ce n’est pas simplement penser à l’autre personne, aimer être à ses côtés, réclamer sa présence, ses messages, rechercher son odeur et sa chaleur… Être Amoureux signifie pour moi être capable de mourir pour l’autre. Et je comprends seulement aujourd’hui, avec tout le recul et l’humilité que je dois nécessairement prendre, que je l’ai réellement vécu.
Oui, j’ai aimé à en mourir.
Oui, je regrette que cela soit terminé.
Oui, je crois que plus jamais dans ma vie je ne serai capable d’aimer autant et si fort.
Tout ça, c’est du gâchis. Un immense gâchis…

From : me@work
To : All colleagues
Date : 30/09/2010 14h29
Subject : Tout ce qui a commencé doit finir…
Chers tous,
Cela peut vous paraître étrange mais c’est la première fois que je rédige un mail de départ après une si longue expérience professionnelle. L’aventure se termine aujourd’hui et j’aurai pris beaucoup de plaisir à l’avoir partagée avec vous.
Ce que je retiendrai de mes (presque) 3 ans chez X ? Une très bonne entente, des collègues formidables, des missions de dingue, des déplacements de folie, une vraie équipe et un réel sens de l’amitié. C’est pour toutes ces raisons que je tiens à vous remercier : vous avez fait du petit Consultant Junior que j’étais il y a 3 ans le Grand Garçon que je suis aujourd’hui devenu. Merci de m’avoir tant donné, de m’avoir fait confiance, et de m’avoir tout appris.
J’espère sincèrement que nos chemins se recroiseront au-delà de l’expérience X, mais avant cela, et si certains aiment l’apéro et les restos, ce sera avec plaisir que je vous retrouverai.
Je vous communique mes coordonnées perso : me@perso pour le mail et 06 pour le portable.
Mes coordonnées pro suivront dès que je les aurai.
Bien à vous tous et très sincèrement,
Mathieu

Il n’y a pas si longtemps, j’écrivais Question de Contrôle. Le petit article qui suit s’inscrit dans la même veine que le précédent, avec cette fois-ci la peur du tic tac que je sens approcher à grands pas.
Je vieillis. Je ne le supporte pas.
C’est un fait : chaque jour que Dieu fait marque un peu plus les méfaits du temps qui passe sur mon visage. Vous ne le verrez peut-être pas, mais mon regard aiguisé est capable de voir l’évolution d’un grain de peau, de l’assombrissement des cernes, du gonflement des poches sous les yeux, et enfin du dessin des rides d’expression.
Mon corps accuse le coup des derniers mois, beaucoup trop chargés d’émotions et d’excès en tous genres. Excès physiques d’abord à savoir une perte violente de 10% de mon poids total, la prise de pilules plus ou moins catholiques, des litres de larmes, une reprise de poids qui, même tardive, fut tout aussi rapide, un manque de sport, trop d’apéros, trop de champagne et de whisky, trop de nuits blanches, trop de sexe peut-être, trop de questions, pas assez de sommeil et en ce moment même, trop de travail…
Cette année 2010, support de l’expression de mes 25 ans, marque à coup sûr un réel tournant dans ma vie. Elle me fait surtout prendre conscience que le temps passe vite. Trop vite. Et que la construction de ma pyramide de vie, si chère à mes yeux, n’en est encore qu’aux fondations… Je n’avais pas encore réalisé qu’une horloge tournait au dessus d’elle et que, passé un certain moment, toute construction deviendrait alors quasi-impossible. J’entends par là que je suis comme une rose : le temps passé toute beauté affichée ne dure pas très longtemps. Aujourd’hui, malgré le meilleur coiffeur, la meilleure dentiste, de très bons médecins, malgré une armoire plein à craquer de fringues en tous genres, j’en suis réduit à compter les rides sur mon visage et surtout à mesurer leur évolution au fil des semaines. Cela me pèse, me stresse et me fait comprendre ô combien le temps joue contre moi.
Ce que j’entends par là ? C’est que dans la société et, chez les pédés en particulier, la jeunesse et la beauté sont des éléments capitaux. Éloignez-vous des standards et des publicités des abris-bus et vous n’existez plus. C’est radical, terrible, mais tellement réel.
Pour être encore plus clair, et pour pousser ma réflexion encore plus loin, reconnaissant que le temps joue contre moi et que tout ce qui a commencé doit finir, je me mets à douter sur le long terme… Douter de ma réussite et de ma pyramide.
J’étais, avant, sur la route de ce modèle de réussite.
Je suis, aujourd’hui, au point mort…
