J'ai retrouvé cet article dans les archives de mon ordinateur portable. Je l'ai écrit dans le train le 23 avril 2006 alors que je rentrais chez moi. Je n'avais jamais osé le publier. Aujourd'hui j'ose...
Il s’appelait Nicolas.
Cela faisait plus de 11 mois que j’étais avec lui. Il était beau, intelligent, responsable, sûr de lui, posé et réfléchi…. Exactement le type de garçon dont j’avais besoin.
J’ai vécu avec lui 11 mois de bonheur. 11 mois qui m’auront beaucoup fait changer. 11 mois d’une année que je qualifierais riche d’expériences, d’émotions et de sensations.
Expériences d’abord.
Soyons clairs, Nicolas fut ma première vraie « expérience », mon premier « vrai » garçon. Pas qu’une amourette, pas qu’un bisou. Il fut celui pour qui mon cœur a battu pendant tout ce temps. Il fut celui que j’ai aimé et que j’aimerai toujours d’une certaine manière.
C’est grâce à lui que je me suis ouvert à des tas de choses, à des choses toutes bêtes et simples mais qui m’étaient plus ou moins étrangères.
Car mon expérience, c’est aussi et avant tout la sienne : sa façon de penser et sa vision du monde m’auront montré l’importance et les enjeux qu’il y a pour chacun d’entre nous, à nous lier aux autres pour partager des moments de vie.
Il est le plus grand cadeau que j’ai pu avoir dans ma vie. Il m’a offert la possibilité de vivre quelque chose de bien plus grand que la petite routine dans laquelle le temps m’avait enfermé. Il m’a appris à aimer et m’a fait comprendre une petite partie (je pense) du sens de la vie. Car si la mienne ne sert à rien physiquement, j’ai compris que je pouvais malgré tout faire partie d’un ensemble fusionnel qu’on appelle communément couple.
C’est cette notion de partage que j’aimerais faire passer. L’idée que c’est à deux qu’on avance et pas tout seul.
La chose semble évidente au premier abord… Et pourtant, du haut de mes vingt ans à l’époque, j’en menais large… à tort.
Emotions,
Etre amoureux, douce émotion que je recommande vivement à l’ensemble de la population.
J’ose le redire aujourd’hui. J’ai aimé Nicolas, de tout mon petit cœur de jeune garçon. J’affirme à tous ceux qui croient la chose impossible : être gay et amoureux est complètement concevable. L’amour va bien plus loin que les simples considérations sexuelles. L’amour, c’est ressentir au fond de soi, dans ses tripes, qu’on ne vit plus seul, que quelqu’un est là pour nous soutenir, nous comprendre et nous aimer comme nous sommes.
Toutefois, est ce que l’amour signifie être capable de tout donner pour celui qu’on aime ? A priori oui. Et pourtant, c’est ce point précis qui a amorcé notre séparation.
Egoïsme, mal d’être soi, mépris de soi, dégout de moi sont les maîtres mots qui résultent de ma séparation avec Nicolas.
Que s’est-il donc passé ? La réponse est presque simple.
Sensations,
J’ai abordé quelques lignes plus haut la notion de couple en tant qu’ensemble fusionnel. Je pensais que ma relation avec Nicolas était de ce type là . A priori pas tout à fait. Si nous nous sommes séparés, c’est uniquement de ma faute. Mon égoïsme et mon manque d’assurance auront détruit ce que j’avais de plus cher.
Cela faisait longtemps que je connaissais les amis de Nicolas. Quelques jours (quelques semaines tout au plus) lui auront suffit à avouer son homosexualité à l’ensemble de ses amis et à me présenter à eux par la même occasion. Nicolas m’avait parfaitement intégré dans sa vie. 11 mois plus tard, de mon coté, j’avais réussi à avouer mon homosexualité à quelques amies et deux trois copains. Je n’avais présenté Nicolas qu’à trois personnes proches de mon entourage : C., C. et P. La situation devenait ingérable et insupportable pour Nicolas et je ne trouvais pas en moi le courage et la force nécessaires pour avouer à tous mes camarades que j’étais gay et que j’étais avec un garçon depuis 11 mois.
Pourquoi ? Parce que je l’ai toujours mal vécu et qu’aujourd’hui encore, j’arrive à me considérer anormal et trop différent des autres pour pouvoir le reconnaître plus ou moins publiquement.
L’amour c’est plus facile quand on l’assume. Mais ne pas l’assumer ne le décrédibilise pas pour autant.
Mes défauts : jaloux, possessif, tête en l’air ET… Irresponsable.
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