« Parce que j’ai très envie de danser un bal.
Je veux vivre dans un château.
Ca c’est mon trône.
Ca c’est mon cheval.
Un jour le rêve se réalise. »
Même si je n’ai pas 4 ans et qu’à priori cette publicité (©Disney) ne s’adresse pas à moi, elle me rappelle quand même que le rêve est… le but.
« A dream is a wish your heart makes… »
Dans la vie, chacun doit avoir un but, une mission, une fonction. Sans celà, on erre, on n’avance pas, et j’allais dire : on ne sert à rien. C’est pourquoi il faut être capable de se poser les bonnes questions, s’interroger pour savoir quels sont nos rêves pour ensuite, se donner les moyens de les réaliser.
Même s’il ne le sait pas, Nicolas a été là pour me poser ces questions et je me rends compte que je n’ai pas encore vraiment trouvé le but, cet équilibre intérieur.
J’attends.
J’attends que le temps passe. Advienne que pourra… Sans savoir encore ce que je veux. D’ailleurs je crois que je ne veux pas savoir. C’est une faiblesse. Inhérente à la nature même de l’être humain ? Surement pas. Propre à moi ? Probablement.
La célèbre question : « Est-on capable de voir plus loin que les choix qu’on ne peut pas faire ? » résonne en moi comme une sirène d’alarme.
J’ai 21 ans.
Le moment est venu, je me dois au moins ça et je crois… que je vous le dois aussi. Mon blog existe depuis bientôt 8 mois, il est l’heure, je pense de faire un petit bilan de vie.
Huit mois, 16 notes, 102 commentaires, plus de 7000 mots, plus de 3500 clics, et Vous…
J’ai toujours été assez surpris du succès que pouvait rencontrer mon blog d’autant plus qu’il est purement et simplement anonyme pour celui qui aura tapé « blog annecy » dans Google (et oui ! Il y en a !). Je ne me présente que brièvement, je ne dis pas mes goûts, je n’affiche pas de photo. Pour ça, je vous adresse mes plus sincères remerciements : merci d’avoir soutenu, même dans les pires moments, un jeune homme anonyme, perdu et dont le blog était le seul moyen de crier.
Si mon blog continue d’exister aujourd’hui c’est en partie grâce à vous tous qui, régulièrement, venez me laisser un petit commentaire, m’envoyez un petit mail, me laissez un petit message sur rezog pour me dire que ce que j’écris vous plaît et, parfois, vous ressemble. Il n’a pas toujours été facile pour moi de le tenir à jour mais j’ai toujours réussi, malgré les retards, à parler de tout ce que j’avais sur le cœur, à parler des gays, à parler de la vie banale d’un jeune étudiant (presque) comme les autres à Annecy.
C’est avec un regard différent que je lis mes premières notes sur ce blog. Je me souviens précisément des moments où je les ai écrites. Je me souviens de mon état d’esprit, je me souviens… J’étais triste et je voyais mon avenir… Noir ! Aujourd’hui beaucoup de choses ont changé : cela fait plus de 6 mois que je suis avec mon Homme, mon entourage d’amis proches est au courant de mon homosexualité, je suis heureux… ! Heureux au point de m’assumer presque pleinement dans ma vie quotidienne. Mon seul souci reste et restera je pense encore longtemps ma famille qui n’est pas du tout prête à entendre ce que j’ai à lui avouer.
J’ai une pensée toute particulière ce soir à tous les jeunes désemparés. Ceux qui, comme j’ai pu l’être il ya longtemps, ne savent plus trop où ils sont et qui, en se regardant dans la glace le matin arrivent à se dévisager. Je veux leur dire que l’espoir est là, qu’il est possible de se faire accepter et qu’il faut arriver, malgré tout, à s’assumer tel qu’on est…
Etre gay et heureux, je vous le jure, c’est possible.
Nous sommes le mercredi 23 novembre 2005, il est 16h37 et je suis un peu « révolté ». Je m’explique…
Aujourd’hui était organisé dans mon école un don de sang. Habituellement, je participe toujours à ces évènements et je possède d’ailleurs une carte de donneur. Pour la première fois, je n’ai pas pu donner mon sang pour la simple et bonne raison que, depuis le dernier don, j’ai eu des relations sexuelles avec un garçon… Voici l’entretien que j’ai eu avec le médecin :
Le Médecin : « Bonjour, c’est à qui ?
_ C’est à moi. Bonjour Madame.
Je m’assieds à la place qu’elle m’indique et j’ajoute :
_ Bon, ce n’est pas la peine de me poser les mêmes questions que d’habitude. La dernière fois, en fin d’entretien, vous m’avez demandé si j’étais homosexuel, j’avais dit non… Si je dis oui aujourd’hui, qu’est ce qui se passe ?
_ Et bien on ne peut pas vous prendre.
_ Bon ben tant pis pour moi.
_ Vous êtes homosexuel ? Et pas la dernière fois ?
_ Si ! Bien sûr, la dernière fois, j’y étais… Mais je n’avais pas encore eu de relation sexuelle avec un garçon.
_ Ah oui dans ce cas… »
J’insistais :
« Mais… Si je me présentais devant vous avec un test VIH négatif, est ce que vous pourriez m’accepter ? »
Sans hésiter et, en me regardant droit dans les yeux, elle m’avoua que non.
Cette femme n’était pas méchante. Je voyais bien qu’elle lisait dans mes yeux une légitime déception… Mais elle ne pouvait rien faire. Elle ne faisait qu’appliquer une procédure très stricte dite « de prévention ». La raison de mon refus ? Les homosexuels sont, d’après une étude médicale, une population à risques et, même si je suis avec le même garçon depuis plus de six mois maintenant, même si je suis fidèle, je serai quand même refoulé.
Ce qui est injuste, c’est que des personnes hétérosexuelles qui peuvent très bien être infidèles auront le droit de donner leur sang. Un gay, même fidèle, non.
Ce qui est injuste, c’est que des hétéros qui ont des rapports sexuels protégés ont le droit de donner leur sang. Des gays, non.
Ce qui est injuste, c’est que même avec un test VIH négatif, je ne pourrai plus jamais redonner mon sang…
La pilule passe mal… Pour la première fois dans ma vie de « gay » il m’a été interdit de faire quelque chose pour la simple raison que je suis homosexuel. Je ressens aujourd’hui un terrible sentiment d’exclusion. Il n’y a aucun recours, aucune alternative possible.
Je suis gay, mon sang est mauvais…
Trois mois se sont écoulés depuis le 17 juin dernier. Rappelez-vous : quelques personnes (C., B.) ont appris lors de la dernière soirée de l’école que j’étais gay. Nous n’avons pas eu le temps d’en discuter et, pendant presque quatre vingt dix jours, je me suis demandé ce qui pouvait se passer dans leur tête.
Cette rentrée allait être pour moi celle de toutes les interrogations : je suis passé dans la classe supérieure « sur le fil », je commençais à affirmer ma sexualité… Il me fallait assumer ou m’écraser… C’est la tête haute et sûr de moi que j’abordais la situation : il n’était pas question que je me laisse marcher sur les pieds ! La première semaine (l’intégration) serait mon terrain de jeu : tous les soirs une soirée était organisée, j’allais enfin voir la réaction des gens.
J’ai eu l’occasion de discuter avec C. et B. qui ont très bien accepté mon homosexualité. C’était déjà un premier bon point. Le seul souci venait d’un copain ; je l’appellerai N.
Lors de soirées où l’alcool coule à flots, les langues se délient et un de mes copains qui ne savait pas pour moi (N.) avait pris la (mauvaise ?) habitude de me nommer « le gay » au lieu de m’appeler par mon prénom. J’assume, je ne réponds rien ; de toutes façons, ce n’est pas mon T-shirt rose, mon jean délavé et évasé et mes Converses rouges qui peuvent attester le contraire. Résultat : aux yeux des petits nouveaux de l’école, je suis un mystère : qui est donc ce garçon ? Aime-t-il les filles ou les garçons ? Aujourd’hui encore, la question soulève débats et interrogations sauf pour ceux qui savent : j’ai avoué à N. qu’effectivement j’étais gay et, mieux encore, que j’étais en ce moment même avec un garçon… Lui aussi a très bien accepté la chose, j’en suis très content.
A seule chose qui, finalement, me gêne un peu c’est que je suis maintenant « le gay du groupe ». On m’apprécie pour mon caractère, pour mes délires, parce que peut-être je suis sympa, que je rigole bien avec tout le monde mais je reste, aux yeux de tous, le gay de la soirée : on me charrie de temps en temps, on me taquine…
Alors que faire ? Crier ? Frapper ? Dire non ? J’ai décidé de « faire avec » en acceptant l’acceptable mais en rappelant de temps à autre que je suis finalement un être humain comme les autres et que la seule chose qui me différencie des autres c’est le fait que je préfère les garçons… Rien de grave, juste contre-nature mais après tout, il y a pire…
Aujourd’hui je suis parfaitement accepté (pour ceux qui savent) mais j’ai l’impression que je reste quand même quelqu’un d’étrange, d’excentrique, qui ne justifie pas (par exemple) que je ne puisse participer à une soirée entre amis car justement je préfère aller voir Nicolas…
C’est du côté de ma famille où je me fais plus de soucis… J’en parlerai dans la prochaine note, qui, je vous le promets, ne tardera pas à être publiée.
Dimanche 15 août 2005, en début d’après midi, Gare de Lyon Part Dieu…
Mon train vient d’arriver. J’ai un peu de retard. Dès la descente, mon regard scrute les environs, cherchant celui que je n’avais pas vu depuis six semaines. Il n’est pas là, je descends, je fais un tour dans le hall, je l’attends, personne… Puis mon téléphone vibre. Mes yeux se figent : il est là, devant moi.
Nous ne sommes pas dans un film, l’image ne ralentit pas, il n’y a pas de musique et le train ne siffle pas… Je prends juste sa main et je murmure « Bonjour » au creux de son oreille. Je ne peux m’empêcher de sourire, de rire, de pleurer : je ne sais pas trop ce que je veux… Juste un bisou, sa main dans la mienne et nous partons… Comme avant.
Celui qui n’a pas vécu une fois cette histoire ne peut probablement pas ressentir toute la force du moment, ça ne se raconte pas vraiment, ça se vit. Après six heures de train et six semaines d’absence, on a l’impression de revivre un peu une première rencontre.
C’est au milieu de la foule que nous nous sommes retrouvés. Au milieu d’une foule inconnue, indifférente… Au milieu d’une puissante masse humaine qui, apparemment, ne se préoccupait guère du fait que deux garçons puissent se tenir main dans la main.
Moment magique, intemporel… Il annonçait le meilleur week-end de mes vacances, le seul que j’ai vraiment passé avec Nicolas.
Lyon est une ville magique. J’avoue qu’avant ce jour, je ne la connaissais pas plus que ça. Nous y avons passé de très bons moments. Même le dimanche, la ville est vivante, tout bouge, et jusque tard dans la nuit. Malheureusement, il pleuvait lorsque nous nous sommes revus… C’était l’occasion de déposer nos affaires à l’hôtel et de préparer notre séjour. Nous n’avons pas perdu notre temps, nous avons beaucoup bougé, beaucoup marché, pris pas mal de photos, visité plein de trucs super sympas (Fourvière c’est terrible ! Jamais rien vu de tel !). Nous avons presque eu envie d’habiter la ville.
Nous avons, somme toute, passé un peu plus de 24 heures ensemble… Et lorsque le moment de se séparer arriva, il fallait que je sois plus fort : je n’allais quand même pas pleurer à nouveau alors que je venais de passer un week-end terrible ! Alors je me suis retenu, je n’ai pas pleuré. Je savais que je ne reverrai pas Nicolas avant un bon moment mais il me suffisait de repenser à tout ce que nous venions de vivre ensemble pour tenir le coup.
C’est la tête pleine de souvenirs et de bons moments que je quittais Lyon mais j’avais quand même au fond de moi ce petit pincement au coeur, ce regret légitime de ne pas avoir pu rester plus longtemps avec mon Ange…
Merci à toi Nicolas, jamais je n’oublierai ce délicieux week-end passé avec toi.
Retour à la vie… [Mille excuses]
Tout d’abord, et avant toute chose, je tiens à m’excuser pour le retard de publication dont mes fans (j’en suis sur) sauront m’excuser. Les causes en sont multiples, je vous les expliquerai une par une. Mais ma décision est prise : ce blog ne mourra pas pour la simple et bonne raison qu’il est probablement la bouée de sauvetage qui m’a permis de sortir de l’ombre et de la solitude. Dans le fond, je crois que je lui dois autant qu’à vous. Alors je continuerai… Je continuerai de prendre ma plume et te taper sur mon clavier les mots, les instants, les moments, les impressions, les joies (et les moins bonnes) qui rythment ma vie. J’ai beaucoup de retard à rattraper et c’est pour ça que je me remets au travail…
Nous nous étions quittés le 17 juin dernier. C’était la dernière grosse soirée de l’école. J’avais bu, ma tête tournait, et ma langue s’est délié. J’ai avoué à quelques amis que je sortais avec un garçon. Souvenez-vous : C., une de mes amies proches et B. ont su pour moi… Dès la fin de la soirée, mes grandes vacances commençaient et j’étais assuré de ne pas revoir mes camarades avant fin septembre… J’attendais les retrouvailles avec une légitime appréhension…
J’ai passé les deux semaines suivantes dans un océan de bonheur avec Nicolas… Ce furent les deux seules semaines de vacances que je pus m’accorder. Nous sommes restés à Annecy dans mon appartement et nos journées oscillaient entre les cours de Nicolas, nos sorties, nos bons moments… Je crois que ces 14 jours ont été les meilleurs de mes vacances… (Ah non je me trompe y’a eu mieux encore… !) Nous en avons beaucoup profité et je crois que nous avons bien fait
Jusqu’à ce jour : jeudi 30 juin 2005…
Séparation, éloignement, cœur serré et larmes… Ces quatre mots résument à eux seuls cette journée ; il fallait que je rentre chez moi, chez mes parents. Lesquels sont venus me chercher dans la journée et, en quelques heures seulement, j’étais distant de plus de… 500 kilomètres de l’homme que j’aime. Mauvais moment, mauvais souvenir… Mais ils sont là (à mon sens) pour nous rappeler qu’il y en a aussi (et en bien plus grand nombre) des meilleurs…
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30 juin 2005 – 13 aout 2005 : Quand l’absence se fait longue…
C’est en larmes que je quitte Nicolas à la fin du mois de juin. J’avais dit que je serai fort, je lui avais dit que je ne pleurerai pas, que je tiendrai le coup, que tous les deux nous attendrons le moment de nous revoir le plus vite possible… Comment oublier cet instant ? Toutes les larmes de mon corps furent expulsées, toutes, sans exception. On s’est promis de nous revoir rapidement dans deux ou trois semaines peut-être… Erreur : il nous fallait attendre le double de temps ! Pourquoi donc me direz-vous ? Tout d’abord parce que les quatre premières semaines du mois de juillet étaient réservées à un stage que j’effectuais en entreprise dans le cadre de ma formation. Et oui : je n’étais pas encore en vacances mais bien étudiant ! Ce n’était pas facile ; j’exerçais un travail assez pénible et répétitif. Je devais me lever relativement tôt et le soir, lorsque je rentrai, il fallait souvent que je me repose un peu une heure ou deux (au moins au début). Nicolas de son coté travaillait et me retrouvait sur MSN dès que nous le pouvions, j’ai même acheté une webcam pour que l’on puisse se voir sur le Net.
C’est là qu’on se rend compte des limites de la dite « communication » : Internet c’est bien, oui, oui, ça rapproche… Mais dans le fond, qu’est ce que j’étais triste de ne pouvoir le voir que dans une toute petite case de quelques pixels sur mon écran. Même le son n’est pas net ; quant à l’image elle devait se brouiller assez rapidement… C’est malheureusement ce qui s’est passé dans la réalité ; ce qui devait arriver arriva, et l’éloignement commença à le faire douter : ne plus savoir où on est, se sentir seul et loin de celui qu’on aime peut faire chavirer le cœur et laisser penser que la flamme est éteinte. Je ne veux pas vraiment me souvenir de ce qui s’est passé… Je ne sais plus précisément quand cela s’est produit, ni ce que nous nous sommes dit mais Dieu sait que j’ai de nouveau beaucoup pleuré et que mon humeur a radicalement changé lors de cette semaine noire. Au point que mes parents eux-mêmes me demandaient ce qui se passait. Ce que je leur répondais ? Que j’étais fatigué et qu’il suffisait que je dorme… Si seulement j’avais dit vrai… Mais le sommeil ne venait pas, la fatigue s’installait de plus belle et le travail était encore beaucoup plus dur… Mauvaise semaine. Elle en annonçait (again) de bien meilleures.
Les nuages noirs se sont dissipés, le soleil est revenu et nous nous sommes accordé une seconde chance. Encore fallait-il concrétiser la chose en se rencontrant dans les plus brefs délais. Malheureusement, je venais de commencer mon nouveau travail de vendeur dans une grande chaine de bricolage et je travaillais intensément, même le samedi… Difficile de trouver un créneau : Nicolas ou moi-même n’avions jamais les mêmes dates. Finalement nous avions jeté les dés, le sort était jeté et c’était le 14 aout 2005 que nous devions nous retrouver, non pas à Annecy, mais à Lyon…
Préparation du voyage, achat de billets de train, réservation d’hôtel, tout était dessiné, réglé, minuté : notre week-end du 15 août allait devenir notre week-end des retrouvailles… Un pur moment de bonheur que je vous laisse découvrir dans la prochaine note.
Les faits remontent à une semaine, c’était vendredi 17 juin 2005 lors de la « soirée » de fin d’année de l’école. Nous venons de terminer les partiels, nous sommes plutôts contents. Il n’y a pas grand grand monde au plus 150 personnes, c’est en plein air, dans un endroit paisible… La soirée c’est barbecue, bonne humeur… Rien de très excitant, et pourtant.
Dès le milieu de la soirée, un bon copain à moi, remarquant mon T-shirt un peu osé et près du corps :
» Oh ! C’est bizarre ton T-shirt ! La matière est bizarre, ça fait un peu fille !
_ Ben écoute, il s’agit d’un T-Shirt sur lequel j’ai flashé en me promeant aux Galeries Lafayette, mais je te rassure, c’est bien au rayon hommes que je l’ai pris. (Rires)
_ Ahhhh, non c’est que c’est bizarre c’est tout. »
Puis nous nous sommes séparés momentanemment, avant de nous retrouver un peu plus tard dans la soirée, alors que j’étais avec une amie qui ne sait pas officiellement que j’aime les garçons. Il était tard, l’alcool avait commencé (voire plus) à chauffer tous les invités de la soirée, la fatigue se faisait aussi sentir (oui oui je rapelle que nous étions à la fin d’une dure semaine de partiels !)
B : « Je peux te poser une question ? »
Moi : « Bien sur B., j’ai rien à cacher. »
B. : « Voila tu sais, y’en a qui disent que tu es bizarre, enfin tu vois… Mais moi je m’en fous c’est juste que je suis pas hyprocrite, tu vois moi j’aime pas parler comme ça dans le dos… »
Moi : « Je comprends pas trop ce que tu veux me dire mais pourquoi tu dis qu’il y en a qui me trouvent bizarre ? »
B. : « Non ben voila ils trouvent sûrement que… Enfin… Mais je veux pas te blesser ! C’est pas pour ça, c’est juste que… »
Moi : « Bon, tu veux savoir si j’aime aussi les garçons ? C’est ça que tu veux savoir ? Et bien oui ! Voila c’est dit. Mais c’est pas grave, c’est comme ça et puis c’est tout… »
B. : « Oui voila, enfin, j’espère que ça te gêne pas… »
Moi : « Mais non B., tu sais, juste je le crie pas sur les toits mais voila c’est comme ça. »
Mon amie : « Comment ? Oh la la, tu m’as caché des choses, va falloir qu’on en parle… ! »
Et elle m’emmena à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes où nous restâmes isolés durant trente minutes pendant lesquelles je lui ai avoué que j’étais avec Nicolas. Ca ne semble pas trop la gêner… C’est déjà ça. Il reste encore plusieurs copains à qui je n’ai pas parlé de mon homosexualité mais les nouvelles devraient aller vite… Pendant les vacances ou au moins à la rentrée de septembre.
Depuis cette soirée, je n’ai revu aucun de mes amis, sauf ma colocataire bien sur. Les autres je ne les ai eu qu’au téléphone. Je ne les reverrai qu’en septembre. Et là, on verra bien ce qui se passera…
Dans le fond, j’ai un peu peur de ce qui va se passer maintenant. Enfin, pas dans l’immédiat car je ne reverrai personne pendant plus de deux mois, mais pour la entrée, car je suis sur que B. va en parler à ses copains à lui, je suis sur que mon amie (C.) en parlera aussi autour d’elle. C’est toujours la réaction des autres qui me fait peur, j’ai peur qu’ils ne me parlent plus, qu’on me voit comme une bête étrange. Je suis dans une école ou 95% des étudiants sont des garçons, je vous raconte même pas le nombre de machos qu’il y a sur le nombre, le nombre de cons et de méchants (Si si ! Il y en a !). Comme je ne parle pas à tout le monde, j’ai peur qu’on me voit aussi comme un « cliché ambulant », un gay, celui qui est en dehors de la bande… Il faudra surement que j’essuie bon nombre de critiques et de moqueries gratuites faites dans mon dos mais tant pis, il faut en passer par là pour être enfin tranquille…
Un mois. Un mois hier soir que je suis avec mon amour Nicolas. Un mois que je nage en plein bonheur, un mois que je me sens enfin exister.
La note que j’écris aujourd’hui s’adresse d’abord à tous ceux qui sont dans la situation dans laquelle j’étais il y a quelques mois. Les rencontres que j’ai fait sur le net me confirment que cette siuation n’est ni exceptionnelle, ni rarissime. Comme je l’ai déjà écrit, je ne peux pas me permettre de regretter ce que j’ai écrit. Je veux simplement convaincre que tout peu changer : quand on croît avoir touché le fond, quand on croît que notre vie n’est qu’une succession d’échecs, quand la honte finit par blesser le coeur, je veux convaincre que rien n’est perdu.
Create Your HIStory ?
Parce que finalement, chacun est maître de sa situation. A vingt ans passés, majeur et vacciné, j’aurais dû le comprendre bien plus tôt.
Create Your HIStory, car chaque jour nous fait avancer un peu plus loin. En cette période symbolique d’examens, alors que je passais cette semaine les partiels de fin d’année, j’ai de nouveau compris que je franchissais une étape. C’est peut-être une évidence pour certains mais je commence à voir mon destin se paufiner. La lumière succède peu à peu à l’ombre de ces derniers mois.
Create Your HIStory, car chacun est libre de vivre comme il l’entend. Avec un garçon ou pas, ça ne regarde personne. Aujourd’hui j’Aime, je vis, et j’ai envie de profiter de ce bonheur. Je souhaite qu’il ne s’arrête jamais…
J’envisage de plus en plus à publier ici même sur ce blog ce que j’ai écrit il y a un, deux ou trois ans alors que j’étais seul face à mon ordinateur et seul dans ma vie… C’était à Orléans, c’est là où j’ai fait mes premières rencontres avec des garçons… Mais c’était très triste également… C’est presque oublié tout ça… Je n’en reparlerai que si ça peut être utile, si certains peuvent se reconnaître dans mon histoire; ce n’est sûrement pas impossible.
Je terminerai par ces quelques paroles de Michael Jackson, King indétrônable du Pop, qui écrivait en 1995 avec sa soeur Janet :
« With such confusion don’t it make you wanna scream
Your bash abusin victimize within the scheme
You find your pleasure scandalizin every lie
Oh father, please have mercy cause I just can’t take it »
Si vous n’en pouvez plus, Criez-le… !
Deux semaines après la dernière note, je nage en plein bonheur et ceci grâce à Nicolas. Vraiment je suis heureux, vraiment j’ai l’impression d’exister, de vivre pleinement chaque jour. C’est vraiment très agréable… Je m’explique :
J’expliquais dernièrement que je cachais délibérément la vérité à ma colocataire (et amie de longue date) quant à mes sorties tardives les soirs de la semaine. J’ai pu tout cacher jusqu’au soir où je ne suis pas rentré. Le lendemain à l’école, il fallait bien donner une explication. C’est dans un amphi de cours que je lui ai dit la vérité. Elle savait donc que j’étais avec quelqu’un mais qui ? Je lui ai dit que j’écrirai le prénom de la personne sur un papier. Je me suis exécuté… La réaction ne fut pas immédiate mais au moins, elle était plutôt bonne. Après quelques mots échangés, elle me dit « De toutes façons, on s’en fiche : tu es heureux ».
Aujourd’hui rien n’a changé : tout est exactement comme avant entre nous au détail près que maintenant, elle sait.
Elle sait que j’aime les garçons, que je suis avec Nicolas, que je l’aime, qu’il m’aime… Elle sait où je suis le soir, elle sait qui je retrouve dans mes rendez-vous… Elle sait…
C’est énorme. Mon aveu et sa réaction libèrent mon coeur comme je n’aurais pu l’imaginer ! Même si nous en parlons finalement assez peu, le regard qu’elle porte sur moi n’a pas changé, nous rions des mêmes blagues, je ris toujours des sujets un peu gay-friendly. Tout est comme avant. Aujourd’hui je n’ai plus peur de ce qui peu m’arriver : les balades en ville où ma main effleure celle d’un garçon, les regards qui « en disent long » quand je regarde Nicolas… Tout ça ne me gêne plus.
Je suis heureux. Heureux de pouvoir dire que « J’Aime », heureux de savoir que j’ai de vraies amies (et oui pas encore de vrais ami(s) mais ça viendra j’espère) sur qui je peux compter, heureux de mener une vie qui se rapproche de la normale.
Pour répondre à un commentaire de la dernière note, je peux dire que je suis également heureux de pouvoir profiter de cette nouvelle vie : acheter Têtu ou acheter des vêtements un peu « gay-friendly » ne me fait pas appartenir à un groupe et ne me confirme pas que je suis gay. Dans le fond, c’est certainement « avoir le droit » de le faire qui m’intéresse, même si au final j’apprécie. C’est une manière de ne plus se cacher aussi. C’est pouvoir dire : je fais ce qu’il me plaît et tant pis si les autres n’aiment pas. Je suis comme je suis un point c’est tout.
Dans mon entourage d’amis à l’école, je laisse entendre de plus en plus souvent qu’il se pourrait que je sois avec quelqu’un… Surtout qu’une copine a surpris un de mes SMS affichant « Bonjour mon coeur (…) » de la part de Nicolas. Alors les nouvelles circulent… Elles arrivent aux oreilles de ma colocataire qui me les rapporte. Tout ça pour dire qu’à mon sujet, « Tout le monde sait, personne sait ». C’est un peu hypocrite comme comportement mais au moins, ça me laisse imaginer que la vérité passera sûrement assez bien. Là encore, les choses risquent d’évoluer assez vite…
Et j’afficherai les nouvelles ici…
Presque un mois et demi d’attente et de silence depuis la note « Coming Out + 1″. Un mois et demi c’est long, très long… Et ça laisse le temps de penser (et même de faire) des tonnes de trucs.
Tout d’abord, je tiens à remercier toutes les personnes qui m’ont laissé des commentaires sur les différentes notes. Même si je n’ai jamais répondu, j’ai toujours lu avec beaucoup d’attention les conseils que l’on me prodiguait. L’objet de mon retour n’est pas d’en faire la liste mais de poursuivre ma reflexion.
Un mois et demi, 6 semaines. En 6 semaines, j’ai su évoluer plus vite que je ne l’aurais imaginé… Je me sens mieux, et ce blog y est sûrement pour quelque chose. Les deux ou trois notes que j’ai postées ont permis aux visiteurs de mieux me connaitre. Grâce au blog, j’ai compris que je n’étais pas forcément seul au monde et que mon problème n’était pas unique. Les commentaires laissés m’ont fait réfléchir. Je vais vous raconter l’évolution de ma pensée.
Tout commence par une belle journée ensoleillée sur Annecy, un vendredi de printemps qui donne envie d’aller faire un tour. Je me promène près de la gare et je décide d’acheter le magazine Tetu N°100 (Numéro Spécial). J’avais déjà acheté le magazine mais là c’était pour l’occasion. Au fil des pages l’idée me vient d’aller surfer sur www.tetu.com. La bas, découverte : il y a un chat. Tiens, pourquoi ne pas s’inscrire après tout ? Et tout est parti de là : en quelques heures, mon profil est crée, mon annonce est affichée, et l’adresse de ce blog est visible de tous les visiteurs. Coté sécurité, il faut être inscrit pour pouvoir visiter les profils des gens donc à priori, aucun risque de repérage par les copains-copines qui auraient l’idée d’aller jeter un oeil. Sur le chat de Tetu, j’ai fait des tonnes de rencontres, des bonnes et des moins bonnes : j’ai constaté que je n’étais pas le seul gay à Annecy. Avec des garçons d’ici ou d’ailleurs, j’ai crée, au mieux, une belle amitié. C’est là qu’un chatteur me propose un site : www.rezog.com. Ce site est spécialisé dans la rencontre des hommes qui cherchent des hommes. Et là c’est la surprise : il y a sur Annecy des dizaines de garçons comme moi ! Mon arrivée sur le site a évidemment fait l’objet de convoitises : j’étais plus ou moins demandé par tout le monde. J’avais l’impression qu’il s’agissait d’une communauté où tous les membres se connaissaient. Je n’étais pas si loin du compte.
C’est sur ce site que, deux semaines après mon inscription, je L’ai rencontré. Lui, c’est Nicolas, il est gentil, attentif, beau, intelligent, compréhensif… Bref, à mes yeux, celui que j’ai longtemps cherché.
Aujourd’hui je suis heureux. Je l’ai rencontré et j’affirme de manière officielle que je ne suis plus célibataire. Je vis en ce moment un réel bonheur et je souhaite en profiter.
Voila brièvement ce qui s’est passé en « un mois et demi ». J’ai su oublier ma honte, et prendre ma vie en main.
La morale de mon histoire ? Je ne sais pas trop. Je ne vais pas envoyer quelque chose du genre « Quand on veut on peut » mais plutôt : « Garder confiance même dans les moments difficiles et y croire, y croire, y croire… ». Internet m’a permis de m’extérioriser; j’ai pu, sur la toile, écrire ce blog, expliquer mes soucis, écouter les conseils, rencontrer des personnes sympathiques et trouver mon chéri. Je sens que tout s’arrange, que les choses commencent à aller mieux.
Je ne regrette pour autant rien de ce que j’ai pu écrire plus bas, je ne renie rien. Ce que j’ai écrit par le passé était réel, difficile, très difficile. J’ai compris que ma vie m’appartenait, j’ai compris comme le disait un commentaire que si je perds des personnes de mon entourage à cause de mon homosexualité, alors ces personnes ne m’aiment pas comme je suis réellement.
Pour l’instant, de ce côté, rien n’a changé : personne de plus ne sait que je suis gay. Je n’ai pas encore réalisé mon Coming-Out. Les choses évolueront sûrement dans les jours ou semaines qui vont suivre. Certainement au niveau de ma colocataire et amie de longue date : je lui refuse, pour l’instant, toute explication quant à mes sorties les soirs de la semaine quand je vais retrouver Nicolas.
Rien n’a changé physiquement autour de moi : mes amis ne savent toujours pas pour moi. Simplement, j’ai décidé de prendre ma vie en main. Aujourd’hui, je m’habille comme je veux (même si c’est soi disant « très gay » [dixit certaines connaissances]), je sors quand je veux, ja cache ouvertement les choses jusqu’au jour où…
C’est mon état d’esprit qui change. Je veux dire que la honte, c’est pratiquement du passé, les états d’âme, je tente de les oublier… Ma famille reste évidemment un gros problème mais à la limite ce n’est pas si important. Je sais que de toutes façons, ma famille m’aime et m’apprécie. Ce que je leur dois, c’est réussir mes études. Je me dois de réussir d’abord pour moi, mais aussi pour eux qui m’aident et dont je suis dépendant.
Une dernière fois, je tiens à tous vous remercier. Sans vous les choses ne seraient pas ce qu’elles sont aujourd’hui pour moi. Merci de m’avoir écouté, conseillé et critiqué. Cette note n’est pas la note d’adieu de mon blog mais plutôt la note du commencement, du renouveau, de la renaissance. Je m’offre aujourd’hui une nouvelle vie que je vais tenter de vivre le plus pleinement possible. Je n’en ai qu’une, je vais tenter de ne pas la gâcher.
Très amicalement, je vous dis à bientôt sur mon blog pour la suite de l’aventure.
Le mot de la fin sera pour toi Nicolas. Merci mon ange. Merci de m’aimer comme je suis. Merci de m’avoir écouté et compris. Ne change surtout pas… C’est comme ça que moi, je t’aime.