Bonsoir.
J'avais déjà eu cette idée, publier sur mon blog ce que j'écrivais sur mon PC lorsque j'étais étudiant à Orléans. J'étais jeune, j'avais 18-19 ans. J'ai l'impression que c'était il y'a une éternité alors qu'en réalité les faits remontent à seulement deux ans, à peine. Quand je relis ceci aujourd'hui, je me dis que bien des choses ont changé. Dans le bon sens ? Je ne sais pas... Probablement... Il est assez difficile de s'estimer. Voila pourquoi je décide de publier ces lignes. Elles sont précieuses, je les avais gardées pour me rappeler que, à cette époque, je n’allais pas forcément très bien moralement… Les textes sont bruts. Je n'en ai pas modifié le contenu, je les publie (presque) tels quels. Lisez plutôt…
Vendredi 28 novembre 2003, 20h27, ORLEANS :
Si un jour, toi, profanateur de vieux papiers, tu lis ceci…
Dans 3 jours maintenant… Plus que 3 jours pour arriver au lundi 1er décembre 2003. Jour fatidique, que je n’attends pas plus que ça… J’en ai assez; assez de voir le temps passer trop vite, la rentrée de septembre passée, Noel arrive maintenant… Et comme tous les ans, monsieur Cafard Noir passe par là … Qu’est ce qu’il me dit M. Cafard ? Il me demande ce que chaque jour me rapporte, ce dont j’en ai tiré… A vrai dire, je ne sais pas… A quoi sert la vie qu’on mène ? Moi, je la passe dans un lycée depuis bien longtemps ; C’est un passage obligé pour « réussir » comme on dit. Mais réussir pour quoi ? Remarque, 19 ans, c’est quand même un bel âge : 19, c’est encore un nombre premier… Ensuite, faudra attendre 23 ans, je ne sais pas si je me permettrais une telle folie… C’est trop vieux… Des fois, je me demande comment le commun des mortels fait pour supporter ceci… Mes 15 ans sont tellement loin ! Il y a un an, j’ai eu 18 ans ; Qu’est ce que cela a changé dans ma vie mis à part le fait que je puisse voter et avoir le permis… ? Et bien je vais te le dire ce que ça a changé : j’ai vieilli. Je ne peux pas déjà dire que je le ressens mais un jour, je le ressentirai. L’année de mes 18 à 19 ans est passée tellement vite ! Du coup, je me mets à regretter presque inconsciemment chaque seconde de chaque moment du temps passé : les longues heures au soleil d’été, mes après midis devant la console, devant mon PC, sur le Net, partout ailleurs… J’ai perdu la pétillance de l’enfance. Je n’attends pas Noel impatiemment, je ne vais plus à l’école de la même façon, je n’apprécie pas de la même façon les dessins animés que lorsque j’avais 8 ans. J’ai oublié l’insouciance de l’école primaire, la sortie de classe à 16h15, les devoirs de lecture avec papa. Je regrette mon âge. Il ne me permet plus d’être aussi fou que lorsque j’étais avec mes cousins et mon frère chaque été chez mamie. Mon Dieu, que tout ceci est loin !
Pauvre fou : regarde-toi ! Les conventions de la société ne te permettent plus tout ça ! Le regard des autres est trop présent, la pression scolaire trop accablante, les enjeux trop importants. Tu n’accomplis plus rien sans réfléchir à ses conséquences. Tout simplement, tu deviens adulte il parait. En fait, si je méprise autant le temps qui passe, c’est surement parce qu’il me fait peur… Je me contente seulement de le voir passer tandis que lui arrache chaque jour un peu plus de ma vie. Il n’existe que pour nous consumer lentement, comme le Cancer ronge les cellules inéluctablement… Comme l’a dit Mylene Farmer, « Plus grandir, j’veux plus grandir… Plus grandir pour pas mourir, pas souffrir… » Comment faire pour ne plus grandir ? A moins de trouver l’élixir miracle, je ne vois pas 36 solutions. Je ne veux pas devenir grand, c’est trop dur ! Trop compliqué…
Vendredi 09 janvier 2004, 21h00, ORLEANS :
Devinez de quoi je veux parler ce soir. Aller, recommençons : parlons du temps, lui, toujours lui… ! Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’il n’existe plus, ou du moins, s’il existe, il joue en ma faveur, car je le prends : cet aprèm, g regardé le seigneur des anneaux les deux tours avec C*****, et ma foi, c’était pas mal du tout… ! Du coup, demain, je vais voir le retour du Roi pour clore la saga… Je disais qu’il joue en ma faveur, peut être est ce parce-que j’écoute Alizée, que je n’ai pas vingt ans, que je ne veux pas vieillir, j’en sais rien… Aujourd’hui, j’ai l’esprit libre : je le sens échappé de tout ce monde scolaire, où la pression est si grande. Encore il y a 6 heures, mon cœur battait si fort pour l’examen de physique que je me sentais mal, mes jambes arrivaient à fléchir sous le poids de mon corps… C’est une drôle de sensation : l’impression que votre corps vous échappe, que vous n’êtes plus capable de le maitriser comme bon vous semble, alors vous l’abandonnez et du coup, vous vous abandonnez vous-même. Jamais un examen ne m’avait fait telle impression !
Je me rends compte qu’en fait, c’est très triste d’écrire ce genre de choses à 18 ans (heu, excusez moi, 19 ans depuis 17 jours (forcément : nous sommes le 18 !) Normalement, c’est l’âge où on s’amuse, où la fête est toujours dans notre esprit… Elle y est dans mon esprit, la fête… Mais elle n’est pas la seule : j’ai parfois de drôles d’idées, morbides, tristes et effrayantes. J’ai peur de la mort, du temps et de plein d’autres choses… Dernièrement, je suis passé près de la cathédrale le soir alors qu’il faisait nuit et j’ai repensé à ce que m’a dit P*****, que c’est la foi des hommes qui les a poussés à construire de tels monuments pour la gloire d’un seul être… Ceci à de quoi émerveiller et terrifier à mon sens. Et quand, vous vous baladez un soir de fin d’automne, alors qu’il fait nuit et froid, près d’un tel édifice, et que vous le regardez dans toute sa splendeur et sa complexité, vous vous sentez si petit, si misérable, face à la force du roc.
(Suite le lendemain NDLA) Nous sommes vendredi 9 janvier 2004 et il est 20h28. Ce soir, de quoi vais-je parler ? De mon état d’esprit du moment comme toujours mais aujourd’hui, je ne suis pas révolté contre Lui pour une fois (le temps bien sur !). Je me sens toujours libre, je me dis que la vie n’est pas si triste que ça, et pourtant, si je me mets à réfléchir de manière plus profonde sur le sujet, je sens que la déprime va repartir, alors évitons, de toutes manières, il ne tient qu’à moi. Dans ma tête résonnent encore les mélodies de Mylène Farmer, de Zazie, de Jackson, que j’ai écoutées cet aprèm. Eux seuls (mise à part Zazie) sont capables de m’élever l’esprit, de me rassurer, de me déprimer, de me faire plus ou moins pleurer, plus encore que Cendrillon, ou tout autre Walt Disney, car, quand on est un enfant, la moindre belle histoire est capable de vous émouvoir de manière étonnante ! Comment expliquer ce brutal changement d’esprit ? En rien je ne renie ce que j’ai écrit plus haut, ceci correspondait bien à ce que je ressentais sur le moment, et je me dis que lorsque je le relirai, j’arriverai mieux à me comprendre sans pour autant avoir besoin de l’aide d’un psy !
Tiens, essaie donc de te comprendre mon p’tit ! Qui es- tu ? Présente-toi à l’assemblée s’il te plait. D’abord commence : comment t’appelles-tu ? D’accord, le jeu me plait : Je m’appelle Mathieu, je suis né le 1er décembre 1984 à XXX puis ai habité à XXX pendant les 17 premières années et demie de ma vie. J’ai fait ma scolarité primaire dans la village puis le Collège et Le Lycée à XXX pour finalement me retrouver à Orléans dans l’année de mes 18 ans en classe prépa. Ca, c’est pour la façade, ok… Mais que dire ensuite ? Qui se cache vraiment derrière toi ? Qui est celui qui te dirige ? … La question semble ardue à première vue, voire effrayante. Car c’est vrai : que chacun se pose la question : qui suis-je dans ma tête ? Dans mon Moi… ? D’ailleurs, dois-je vraiment répondre à la question ? Y répondre, c’est avoir une haute estime de soi, la poser, c’est se chercher, et ne pas y répondre, c’est laisser quelqu’un d’autre le faire pour vous… Tout ceci est bien compliqué, à se demander si la chose est bien utile d’ailleurs… ! J’ai bien peur de revenir au commencement : ce dont je suis le plus sur, c’est que je… Non pas que je ne me considère pas comme un adulte, mais toujours un peu comme un enfant… Fuyant, refusant ou ignorant les responsabilités que la vie, par la force des choses, exerce sur vous. Car plus le temps passe et plus j’ai l’impression que le monde qui m’entoure m’échappe, du moins, « socialement ». Je m’explique : j’ai 19 ans (remarquez que je l’ai dit d’une traite, mais c’est pour souligner encore plus la gravité de la situation) et j’ai l’impression que le monde avance et grandit sans moi. Les gens de ma classe, mes amis, mes connaissances, tous cherchent plus ou moins l’âme sœur, quelqu’un avec qui partager des moments intenses mais tellement intenses que ce n’est pas ou plus avec des amis que l’on souhaite les vivre… (Comprenez-moi !). Tout le monde se case, se macque (orthographe correcte ?), cherche une vieille vie alors que dans le lot, ce sont qui vivent différemment qui sont des vieux ou vielles filles, ironie du sort et de l’action… Ma maman et mon papa étaient mariés à 23 ans ! 23 ans, est ce que vous vous rendez compte ? C’est dans 4 ans pour moi, je serai encore en plein milieu (euh non) de mes études ! Ca a quelque chose de fou ! J’ai l’impression de ne plus être à ma place, moi qui souhaite vivre enfin ! Faire ce que je veux, où je veux, quand je veux ! Mais pas avec quelqu’un qui soit tout le temps avec vous, quelqu’un que, soit disant, on aime et tout ça… Dans mon intérêt, je devrais regretter ce que j’écris un jour. Je ne sais pourtant si je dois espérer que ce jour arrive… C’est tellement étrange. Je te dirai mon p’tit Mathieu de vivre chaque jour sans penser à ce qui va arriver dans le futur. Je me souviens, dans mon délire de petit lycéen, je rêvais de maitriser sur le bout des doigts les techniques de relativité restreinte, générale, tout ça, tout ce qui a un rapport avec le temps dans l’espoir de trouver le moyen de voyager temporellement, ou qui sait, de trouver l’élixir de jeunesse, la vie éternelle. Je pensais ça, je n’avais même pas 17 ans ! Bref, arrête de raconter tant de choses inutiles, contente toi de vivre, de faire les soldes (hihihi) et d’être persuadé, sur les conseils des autres, que l’heure du jugement dernier arrivera tard, extrêmement tard…
Jeudi 1er juillet 2004, 21h56, ORLEANS :
Ca fait bien longtemps que je n’ai rien écrit… Mes dernières écritures datent du mois de janvier… Que c’est loin tout ça ! En relisant, ça fait drôle, j’ai eu l’impression d’exorciser le sort, et pourtant je ne disais pas tout ce que j’avais sur le cœur… C’est bizarre non ? Par exemple, je n’ai pas dit que… Non, pas encore, je sens bien que ce n’est pas encore le juste moment… Pourtant, il faudra bien le dire un jour… Demain, je vais à Lyon avec Monsieur S. et J. à l’XXX pour passer l’entretien… Pas évident tout ça… Surtout que c’est complètement bidon… Bref, je ne crois pas que ce soit de ça dont je veuille parler ce soir… J’ai aussi un coté nostalgique aujourd’hui et je crois que c’est pour ça que je me mets à taper des mots sur mon clavier… Serait-ce le soir des grandes révélations ? Je n’ai pas de nouvelles de Julien, c’est bien moche tout ça… Je croyais que j’allais le revoir aujourd’hui, il ne m’a rien dit et pourtant, je crois avoir été suffisamment explicite dans mes petits SMS… Va falloir que je trouve quelqu’un d’autre alors… Et oui car je dois bien l’avouer, Julien est un garçon… Je suis tombé au piège, je n’ai pas pu résister… Il avait un peu (beaucoup) bu, il me trouvait pas trop mal surement, sa copine était sympa, Carine, elle s’appelait. Il était beau Julien, pas un super canon mais son coté gay le rendait absolument irrésistible à mes yeux… Il n’a pas fallu longtemps : à 5 heures, à la sortie du Ka, il est allé dans notre direction avec Vé et Carine. Tous deux rentraient chez un ami commun à eux deux. Nous avons donc déposé Vé devant chez elle, entre temps, nous nous tenions par la main, dans la rue. Enfin non, pas vraiment par la main, disons que j’avais les mains dans les poches et qu’il tentait toujours plus d’y introduire une des siennes en plus… Devant chez Vé, alors que nous parlions, il me serrait dans ses bras, essayait coute que coute, de refaire le contact… En partant de chez Vé, il remit sa main dans ma poche, cette fois-ci je crois que je ne me cachais plus… Je sentais que quelque chose se passait, mon corps était crispé, et l’on pouvait sentir des spasmes me faire trembler… Et ce qui devait arriver arriva : devant chez moi, aux pieds de l’immeuble, alors que Carine était partie chercher un papier pour y inscrire le numéro de téléphone de Julien, il m’embrassa. Je venais de comprendre que rien ne serait plus jamais comme avant, qu’il allait falloir que j’évolue aux yeux de tous, que je ne pouvais plus me cacher et me dégouter de moi-même. Il fallait que j’assume, tout simplement… Déjà , peut après notre premier baiser, j’ai eu peur que l’on ne nous voie. C’était idiot : qui, de mes connaissances, aurait pu passer là alors que nous étions jeudi matin et qu’il était près de 6 heures du matin ? Mais comme je l’ai dit, la peur était là … C’est cette peur que j’aimerais oublier. J’aimerais pouvoir me lever le matin avec un garçon à coté de moi dans mon lit sans que cela puisse choquer qui que ce soit. Mon Dieu, quand j’écris ça, je me dis que je vais le regretter dans quelques minutes… Et pourtant cette fois ci c’est la stricte vérité… ! Seulement voila, comme je l’ai dit, je n’ai plus de nouvelles, il ne m’écrit plus… Ne me désire plus… C’est moche pour moi…
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