Dimanche 15 août 2005, en début d’après midi, Gare de Lyon Part Dieu…

Mon train vient d’arriver. J’ai un peu de retard. Dès la descente, mon regard scrute les environs, cherchant celui que je n’avais pas vu depuis six semaines. Il n’est pas là, je descends, je fais un tour dans le hall, je l’attends, personne… Puis mon téléphone vibre. Mes yeux se figent : il est là, devant moi.

Nous ne sommes pas dans un film, l’image ne ralentit pas, il n’y a pas de musique et le train ne siffle pas… Je prends juste sa main et je murmure « Bonjour » au creux de son oreille. Je ne peux m’empêcher de sourire, de rire, de pleurer : je ne sais pas trop ce que je veux… Juste un bisou, sa main dans la mienne et nous partons… Comme avant.

Celui qui n’a pas vécu une fois cette histoire ne peut probablement pas ressentir toute la force du moment, ça ne se raconte pas vraiment, ça se vit. Après six heures de train et six semaines d’absence, on a l’impression de revivre un peu une première rencontre.

C’est au milieu de la foule que nous nous sommes retrouvés. Au milieu d’une foule inconnue, indifférente… Au milieu d’une puissante masse humaine qui, apparemment, ne se préoccupait guère du fait que deux garçons puissent se tenir main dans la main.

Moment magique, intemporel… Il annonçait le meilleur week-end de mes vacances, le seul que j’ai vraiment passé avec Nicolas.

Lyon est une ville magique. J’avoue qu’avant ce jour, je ne la connaissais pas plus que ça. Nous y avons passé de très bons moments. Même le dimanche, la ville est vivante, tout bouge, et jusque tard dans la nuit. Malheureusement, il pleuvait lorsque nous nous sommes revus… C’était l’occasion de déposer nos affaires à l’hôtel et de préparer notre séjour. Nous n’avons pas perdu notre temps, nous avons beaucoup bougé, beaucoup marché, pris pas mal de photos, visité plein de trucs super sympas (Fourvière c’est terrible ! Jamais rien vu de tel !). Nous avons presque eu envie d’habiter la ville.

Nous avons, somme toute, passé un peu plus de 24 heures ensemble… Et lorsque le moment de se séparer arriva, il fallait que je sois plus fort : je n’allais quand même pas pleurer à nouveau alors que je venais de passer un week-end terrible ! Alors je me suis retenu, je n’ai pas pleuré. Je savais que je ne reverrai pas Nicolas avant un bon moment mais il me suffisait de repenser à tout ce que nous venions de vivre ensemble pour tenir le coup.

C’est la tête pleine de souvenirs et de bons moments que je quittais Lyon mais j’avais quand même au fond de moi ce petit pincement au coeur, ce regret légitime de ne pas avoir pu rester plus longtemps avec mon Ange…

Merci à toi Nicolas, jamais je n’oublierai ce délicieux week-end passé avec toi.