Je ne sais même pas par où commencer, par la joie que j’ai ressentie à te rencontrer, à passer tous ces instants avec toi, ou bien par les larmes qui auront noyé mon départ dans la tristesse dont je ne suis pas, encore aujourd’hui, totalement séparé. Tu m’as bouleversé. Tu me diras, j’aurais pu le prévoir. J’aurais dû le prévoir. C’est vrai, je savais ce qui se passerait. Je savais que, quelque part, je souffrirai. Soit. Si c’est le prix à payer, je m’en fiche : je veux bien recommencer ainsi autant de fois que je pourrai l’encaisser. Simplement, j’ai besoin de t’écrire ce que tu sais déjà, ce que je t’ai déjà murmuré au creux de l’oreille, ce qui, finalement, m’aura fait pleurer comme jamais depuis deux ans.

La dépendance que j’ai envers toi est probablement la chose qui me fait le plus peur. Moi qui ai toujours rêvé de liberté, qui essaie tant bien que mal de s’assumer seul, je me rends compte que tu arrives à faire tomber le masque que je porte depuis bien longtemps. Pour toi, j’ai été capable de me dévoiler, de me regarder en face, mais aussi de pleurer. Tu es, dans le fond Adrien, tout ce que j’aurais voulu être ou même, un garçon simple mais capable d’exprimer à l’extérieur ce qui le ronge de l’intérieur. J’ai été touché par ton esprit, ta façon de penser, ton intelligence et par la force dont tu fais preuve, chaque jour, pour te battre contre ta propre sensibilité. C’est ce point particulier, fondamental à mes yeux, qui fait la plus grande différence entre toi et moi car tu m’ouvres les yeux. Rien que pour cela et, même si je sais que tu as du mal à le comprendre, je te dis « Merci ».

Mais plus tard, probablement avant de m’endormir, ou même cette nuit, mes larmes me rappelleront ô combien je t’aime et ô combien tu es précieux à mes yeux et dans mon coeur, même si, et nous en avons parlé, j’ai du mal à comprendre la relation qui existe entre toi et moi. Je crois que dans le fond, je ne veux pas connaitre la réponse. Je ne veux pas comprendre, j’aurais trop peur de me frotter à la réalité, celle qui me dit que je t’aime très fort mais que ce n’est pas une relation de couple qui nous unit. C’est autre chose. J’ai envie de dire que c’est plus fort, que ça me dépasse. Je crois que j’ai raison. Mais, le simple fait de ne pouvoir le faire concorder avec aucun modèle standard de la société arrive à me faire penser que je suis dans l’échec et que, de nouveau, je souffrirai. Alors je pleure, malgré moi. Je pleure de ne pas t’avoir à coté de moi, je pleure justement car je ne sais pas ce qui m’arrive, et je pleure enfin car tu as mis le doigt sur une notion sortie de mon cerveau malade il y a plusieurs années : Le Moi Pour Toi. Jamais encore un garçon ne m’avait adressé ces mots, jamais non plus je n’avais osé écrire l’équation que tu m’as fait découvrir : Moi = Toi.

Aussi, c’est très sincèrement et du plus profond du coeur que je t’adresse ces quelques mots. Le plus simple est encore de retenir une jolie formule, universelle et sans équivoque possible. Rappelle toi simplement que je t’aime, et que je serai toujours là pour toi.