Parole de Train
Il est 20 heures passées. Je suis à bord du Corail Intercités N°4407 en provenance de Nantes et à Destination de Lyon Perrache. Je rentre chez moi.
Depuis vendredi soir j'ai passé en tout :
- 7h30 dans le train
- 42 heures chez mes parents
Cela faisait longtemps que je ne les avais pas vus. Trois mois peut-être. Et puis j'étais fatigué. Alors j'ai décidé de leur rendre visite histoire de me reposer. C'est chose faite, même si je baille encore.
Mine de rien, j'ai passé un magnifique week-end pendant lequel j'ai su apprécier chaque petit plaisir à sa juste valeur : comme une caresse de vacances. Et la liste est longue : depuis la dégustation de Williamine le vendredi soir à 00h30, les nuits avec Figaro, la visite chez ma grand-mère, un petit tour à Emmaüs avec mon frère, une partie de Halo 3 sur la Xbox 360, les nombreux apéros, le marché avec maman, le café avec mes grands parents, la séance découverte des photos de vacances de mes parents sur du Laurent Voulzy, le sublime vin espagnol que j'ai découvert à Banyoles, le ronronnement de Figaro, la redécouverte de ma ZX qui va bientôt disparaître, les grands yeux de Crapette sous son casque noix de coco, la lecture des marais du temps sur le transat au soleil en compagnie de ma mère, le quatre quart et la confiture de Mamie, la nouvelle voiture de maman, le petit déjeuner du dimanche avec mon frère, la côte de bœuf au barbecue...
Tout ça je ne peux pas le faire à Lyon et je ne le retrouverai jamais ailleurs. Tout « ça », c'est la famille, et, malgré toutes les craintes que je peux avoir envers eux, je sais que je pourrai toujours compter sur eux... Après tout, ils ne sont pas obligés de tous savoir que je suis gay. A bien y réfléchir, mes grands parents, surtout mon grand-père maternel, n'y survivraient pas. Je connais trop leurs valeurs profondes pour savoir qu'ils ne pourraient plus m'accepter. Et puis, surtout, je ne veux pas les décevoir, plus maintenant, c'est trop tard. J'espère juste que la génération suivante sera plus conciliante. Pour l'instant, je ne compte toujours pas en parler à mes parents. Ils attendront. En revanche, annoncer la « nouvelle » à mon frère fait parti des choses que je souhaite faire à plus court terme. Il ne me manque qu'une chose : l'occasion. J'attends pour cela que nous soyons tous deux ailleurs, à Lyon... Chez moi... !







