Encore une de ces journées d’hiver où le soleil se couche à 16h30, où le froid ronge mes mains et où la lassitude s’empare d’une âme perdue. Nous sommes le 16 novembre, encore en automne certes, mais la nuit et le froid font penser que la France est passée au dessus du 66ème parallèle nord… Tant pis. Il faudra bien faire avec.

Et puis il y a des signes qui ne trompent pas. Qui ne trompent plus, tout simplement. Ce sont les décorations de Noël dans la rue, ce froid sec qui s’empare de ma gorge avant d’allumer ma cigarette, la préparation d’une soupe toute faite au micro-ondes où (Pire encore !) l’apparition de ma date d’anniversaire sur les yaourts les plus frais du marché… Cet état s’appelle lassitude, inactivité ou résignation… Il est typique des dimanches après-midi noirs, humides et froids et n’inspire pas grand-chose de bon. Je pense à l’hiver, au mois de décembre, à mon faux anniversaire et aux fêtes de Noël qu’il faudra passer, tant bien que mal, en famille…

Ma famille m’appelle. On me demande si je vais revenir cet hiver pour Noël. On me demande si je vais daigner bouger mes fesses dans cet endroit perdu où (comme d’habitude) je vais devoir mentir, tous sourires apparents, pour rassurer pères et mères d’une vie qui leur échappe. C’est simple : ça m’énerve. Alors j’appelle (mon forfait Origami a encore de beaux jours devant lui). Il m’aura au moins rapproché de mon frère que j’appelle régulièrement, avec qui je parle désormais sans me cacher, sans mentir, sans même avoir honte. Ca fait du bien, vraiment. Une heure aujourd’hui. Je crois d’ailleurs que je ne l’ai jamais autant appelé que depuis qu’il sait que je suis pédé. C’est drôle. Ou rassurant. A voir.