Syndicalisme, Plan Social et Préfecture
La nouvelle est tombée samedi matin, relayée par de nombreux médias. Les Contis, après plusieurs mois de batailles féroces, obtiennent enfin gain de cause en percevant 50.000 € de prime extra-légale de départ nette d’impôts. Cela concerne 1120 salariés. Ajoutez à cela la garantie de percevoir 100% du salaire jusqu’en octobre 2009 puis au moins 75% jusqu’en 2014 et vous comprendrez pourquoi moi aussi, je vais aller saccager la préfecture la plus proche.
Trêve de plaisanterie, que m’inspire cette situation ? Une énorme injustice. Celle que le syndicalisme, depuis maintenant des années, a réussi à instaurer entre les entreprises importantes et toutes les autres.
J’ai forcément une pensée pour mon père, technicien méthodes depuis plus de 30 ans pour la même entreprise confrontée aujourd’hui au quatrième plan social de son histoire. Lui, il sait qu’il n’en a plus pour très longtemps et redoute avant tout, une cessation de paiement. S’il a la chance d’être licencié, il espère toucher, tout au plus, 30.000 € de prime légale de départ et… c’est tout. Ah oui, et j’oubliais de dire : ils sont moins de 50 dans sa boîte…
Que même penser de mon propre cas ? Moi aussi victime d’un plan social, je ne serai :
- Ni payé jusqu’à fin octobre
- Ni même après
- Ni reclassé
- Ni concerné par une prime extra légale de départ nette d’impôts
- Ni même concerné par une prime légale de départ
C’est valable pour moi, mais aussi pour tous mes collègues plus anciens. Ah, et j’oubliais de dire : nous sommes moins de 50 dans ma boîte…
Alors on me dira que je n’avais qu’à travailler pour Conti, saccager une Préfecture, insulter mes dirigeants, défiler dans la rue… Oui, certainement, j’aurais pu. Mais je fais confiance à mes Délégués du Personnels, fervents défenseurs de nos droits et de l’application des lois. Le cas Conti est une insulte pour toutes celles et ceux qui, licenciés de la même façon, mais travaillant dans de plus petites structures, n’auront que leurs yeux pour pleurer.

Source : Le Monde








Dans les grandes longueurs, nos propos sont
P. | mardi, juin 2 2009 | 10:02Dans les grandes longueurs, nos propos sont idoines.
Je puis comprendre l'amertume que tu ressens, d'autant plus que tu vas subir le sort inverse des "Contis".
Je demeure persuadé que le gagnant dans l'histoire c'est toi : parce que tu n'auras pas de pécule pour végéter quelques mois et que tu n'auras pas d'autre choix que de rebondir... une fois que tu te seras sorti les doigts du postérieur
Go !