Quand tout arrive
L’histoire commence il y a six mois, en plein mois d’août. Cela va faire trois mois que Cyprien m’a quitté et je noie mon cerveau dans tous les excès, à commencer par l’excès d’alcool : je suis, ce samedi soir, à la terrasse d’un bar gay bien connu des Lyonnais et je sirote ma première coupe de Champagne. Tous mes amis sont là, sans exception. Nous racontons notre semaine, nous rions, nous buvons, nous parlons…
C’est là que je le vois pour la première fois. Arborant son grand sourire et déjà vêtu d’un t-shirt blanc, il arrive en quelques minutes seulement à capter, inconsciemment, mon attention et celle de mes amis. Dans mon souvenir, je prétexte aller aux toilettes pour l’approcher, l’observer de plus près et espérer croiser son regard. Rien. Aucune réaction, silence radio. Pas un regard, pas un signe… C’est dommage, il me plaisait vraiment. Peu importe : mes amis sont là et je passe un agréable moment.
Plus tard, et après quelques verres, nous décidons d’aller tous en boîte. A l’intérieur, la chaleur est intenable, je bois. Champagne. Encore. Et puis je danse. Sur les airs de Lady Gaga, Kylie Minogue ou Madonna, mes yeux scrutent les environs à la cherche d’un regard, d’un sourire ou d’une expression sur un visage. Le seul que j’ai trouvé restera le sien : nous dansons ensemble une bonne partie de la nuit avant de s’échanger quelques baisers et nos numéros de téléphone.
La suite immédiate est presque déjà connue : je le revois le lendemain à l’Opéra et le surlendemain à Paris, le jour même où j’ai revu Cyprien au HD Dinner. Malheureusement (ou pas), il devait décoller le lendemain pour un séjour de deux mois aux États-Unis. Nous resterons en contact via Facebook durant tout ce laps de temps.
A son retour, je donne peu de nouvelles, pensant qu’il aurait certainement trouvé un copain. Et puis, je dois le reconnaître, il est jeune, très jeune. Alors ça ne joue pas en sa faveur à mes yeux… C’est finalement par hasard, un samedi soir, encore en boite, que je le retrouve : nous avons tous les deux pas mal bu mais nous prenons le temps de nous asseoir sur les canapés pour discuter… Sous l’effet de l’alcool il avoue. Il avoue que, pendant son séjour aux États-Unis, il a espéré des nouvelles de moi. Il avoue que, une fois rentré, il n’attendait qu’un simple appel. Il avoue sa tristesse et sa déception face au mur que je lui oppose. Enfin il m’avoue que je suis, à ses yeux, proche de celui qu’il cherche… Stupéfaction. Ce genre de déclaration n’arrive pas tous les jours. C’était bien la première de toute ma vie. Je ne reste évidemment pas insensible. Perturbé et abasourdi, je l’embrasse, longuement avant de finalement rentrer chez moi.
Le lendemain, afin de déculpabiliser et d’alléger mes pensées, je décide de mettre l’ensemble de ces déclarations sur le dos de l’alcool. C’est parfois tellement plus simple. Il me suffisait simplement d’oublier que ce garçon était rempli de sincérité et d’honnêteté et le tour était joué…
Les semaines et les mois passent… Quelques SMS sont rapidement échangés et le silence radio se fait entendre à partir du mois de décembre. Cela tombe bien : je pense encore tomber dans les bras de mon kiné…
Et puis un jour…
Sauf que, début février, je dîne avec un ami qui, très innocemment, me demande où en sont mes relations avec ce garçon. Je lui réponds qu’elles en sont toujours au même point, que je n’ai pas de nouvelles, qu’il ne s’est rien passé, qu’il ne se passera jamais rien et que, même s’il s’apparente à l’homme parfait, il n’en reste pas moins qu’il a vingt ans… On me dit alors que je suis bien con, que l’âge ne représente pas grand-chose et que, s’il s’agit du seul et unique critère pour lequel je n’ai pas donné suite alors il se pourrait bien que le con, dans l’histoire, ce soit moi…
La suite est très rapide : dès le lendemain, je lui envoie un SMS, nous prenons un verre, passons l’après midi ensemble, nous apprécions, nous embrassons et le reste est venu tout seul… Cela va faire deux semaines demain que je suis avec Mark. Tout se passe à merveille. Cette fois, pas de couple libre, juste de la sincérité, de la tendresse et de la gentillesse.
Et puis, comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, j’annonce également que je vais signer un nouveau contrat de travail lundi après midi…
Destin, quand tu nous tiens…








