Lyon

Dans ma bulle

Souffle, doucement… Attention, pas trop ! Voilà. Comme ça. Maintenant saute d’un coup. Vas-y ! Hop ! Tu y es. Ne bouge plus maintenant. Le vent arrive : tu vas partir…

Starter – Start.
Drôle de journée. Rapide, rythmée. Pleine de vie.
C’est à Lyon (pour une fois) que je retrouve du rythme. Le rythme de la nouveauté, du travail et de l’évolution.

Nouveauté ? Car j’ai signé ce matin mon nouveau contrat de travail. Nouvelle boîte, nouvelles têtes, nouveaux horizons et surtout, nouveau défis. C’est donc plein d’espoir et d’envie que j’ai apposé moultes paraphes et signatures sur mon contrat et ses annexes. L’évènement est (pour l’instant) suffisamment rare dans ma (petite) vie professionnelle que je me dois de le souligner. J’atterris de nouveau à Lyon, encore plus près de chez moi, dans un nouveau cabinet conseil en tant que « Consultant Fonctionnel Confirmé », petite structure, où tout est possible et où le consultant talentueux a (je pense) moyen d’exprimer pleinement les compétences de son art.

Alors oui, je suis très loin du rêve américain que je m’étais fixé. Oui je reste à Lyon, ville de tous mes souvenirs et de ma plus grande peine. Oui, j’ai peut-être manqué d’ambition. Oui j’aurais peut-être dû aller à Paris, Londres, New York ou ailleurs.

Peut-être, oui…

Ce que je sais aujourd’hui, c’est que je tourne encore une page, celle d’une expérience professionnelle riche d’apprentissage, de rencontres, de sourires et d’amitiés. J’ai rendu à mon entreprise au moins autant que tout ce qu’elle m’a apporté et je remercie mes anciens collègues de m’avoir fait confiance, même dans les pires moments. Le temps est venu pour moi d’apprendre à voler de mes propres ailes dans la nébuleuse du conseil. J’y arriverai. Cela ne fait aucun doute

Ce que j’apprends aujourd’hui, c’est que, au-delà du fait que je sois capable de sombrer dans les pires abysses de ma psyché, je suis également capable d’en ressortir, peut-être plus vite que prévu, pour tenter d’en refermer le puits. Ce n’est ni de l’espoir, ni de la volonté. C’est un état d’esprit. J’apprends à le découvrir jour après jour, au prix parfois de terribles moments.

L’apprentissage de soi est un exercice permanent et infini.

Pense-bête : ajouter sur la liste du moi pour moi :

  • Capable d’aimer à se détruire physiquement et psychiquement
  • Capable de se reconstruire avec un minimum de préparation
  • Mais surtout, passionné

bulle

Le Cauchemar

Je me souviens qu’il faisait beau, et chaud. Je me souviens qu’il y avait des arbres, un petit peu de vent et même des petits insectes ou des papillons. Je me souviens qu’il y avait mes amis, tous là, et que l’on riait. Je me souviens aussi qu’il était là, mais pas seul…

J’ai chaud.

Puis le groupe s’est séparé. Chacun est reparti de son côté, et je me suis retrouvé, avec eux, dans cette vieille maison en pierre. Il faisait frais à l’intérieur, je crois. Face à face, ils se sont pris dans les bras l’un l’autre et se sont embrassés, pleins d’amour et de désir.

J’ouvre alors soudainement mes yeux et retire les bouchons de mes oreilles. Il est 03h52, je suis en âge et respire comme après un sprint au 100 mètres… Cela fait 7 semaines, et je dors encore mal une nuit sur deux, ou une sur trois peut-être…

Je crois que le feu d’artifice y est pour quelque chose. C’était le premier que je faisais sans lui hier soir. Le premier que je n’ai pas trouvé aussi beau que les autres. Le premier que je regardais tout en me cherchant au milieu de la foule… J’avais beau essayer d’imprimer les lumières des bombes colorées sur ma rétine, je ne pouvais m’empêcher de penser à autre chose.

La solitude se vit mais ne se mérite pas.

C’était mon dernier feu d’artifice lyonnais.

feu artifice lyon

Fou, fou, fou !!!

Je n’en peux plus ! Je stresse à mort ! Et encore, ce n’est que le début. J’explique. Le dernier article aura montré que j’ai trouvé un [appartement|tag:appartement]. Enfin, un endroit ou m’installer plus ou moins temporairement afin d’aller travailler en toute sérénité et de rentrer le soir tranquillement à la maison. Cet appartement n’est pas forcément à mon gout mais, n’étant pas trop mal placé et pas excessivement cher (Hum et surtout disponible peu avant le 31 décembre 2007), je me suis logiquement laissé tenté. Je me heurte désormais aux démarches administratives imposées par l’établissement gérant du bien immobilier qui me demande un certain nombre de documents en un temps suffisamment court pour que personne ne me chipe le logement sous le nez. Ayant déjà passé tout le samedi à joindre l’agence immobilière, mes armes étaient suffisamment afutées ce matin pour faxer l’intégralité de mon dossier de réservation et de caution. La démarche m’aurait offert, si elle avait abouti, la tranquillité d’avoir fait tout ce qui était en mon pouvoir. Avec les moyens dont je dispose ici j’ai donc monté un dossier d’environ 25 pages que j’ai faxé. Or, l’agence ne disposant que d’un misérable fax datant d’avant guerre, mon dossier n’est jamais arrivé à destination. Pas plus d’ailleurs, que les attestations des employeurs de mes garants et de mon entreprise qui pourtant furent envoyées plusieurs heures avant. Je bous. Je deviens fou. ((/public/entonnoir_le_moi_pour_toi.jpg|entonnoir_le_moi_pour_toi|C)) Demain, j’ai prévu de récupérer en main propre l’intégralité des documents originaux et de les envoyer par la poste le plus rapidement possible. Je stresse. Cet appartement est la seule alternative viable que j’ai trouvé dans les critères que je m’étais fixés. Je croise les doigts… Très fort même !

Laisser-Passer A38

Deux jours. Juste deux. Levé très tôt, pris le train à Bourges, arrivé vers midi à Part Dieu. Bonjour Phy ;-) ça ne faisait pas si longtemps. Au programme, recherche d’appartement sur la presque-île dans un délai défiant toute concurrence : je le veux disponible de suite. Alors j’ai crapahuté à gauche, à droite, d’agence en agence pour m’entendre dire le même refrain : « Disponible de suite je n’ai rien du tout. Ensuite c’est au moins février… » Alors je cherche, je cherche… Résultat : chasse infructueuse : seulement deux possibilités : toutes deux situées dans le deuxième. Le premier appartement est super charmant, mais derrière Perrache. L’autre l’est un peu moins, mais devant Perrache. J’hésite. Mais ça ne sert à rien : le premier a été réservé deux heures avant moi par une fille qui avait un peu d’avance. Désillusion. Mais il me reste encore une chance. Ou pas : je n’arrive pas à avoir l’agence pour le second. Alors rentré, j’ai tenté de les joindre au moins 40 fois dans la journée. Je dois aller vite. Autrement, je prends le risque de galérer lorsque je devrai travailler… Le temps joue contre moi…

 

Puisqu’il faut choisir

Enfin, je me suis décidé. Ma décision est prise, réfléchie, murie et surtout irrévocable. Je pars à [Lyon|tag:Lyon]. En effet, séduit par la proposition que l’on m’a adressée la semaine dernière et, après analyse des différentes opportunités qui se sont offertes à moi, j’ai décidé d’accepter le poste de consultant junior dont j’ai décrit brièvement les spécificités dans un précédent article. ((/public/cass__le_moi_pour_toi.jpg|cassé_le_moi_pour_toi|C)) Je me souviens avoir toujours dit quelque chose :  »« Si je dois habiter / travailler en France, ce sera soit à Paris, soit à Lyon » ». Force est de constater que je suis resté sur la ligne que je m’étais tracée il y a longtemps. Je connais suffisamment Lyon pour être convaincu que j’y passerai de très bons moments. Aujourd’hui, je suis terriblement content et excité par toute la nouveauté qui me fait face ! Je commence mon nouveau job le 02 janvier prochain, je dois donc trouver un logement digne de ce nom avant cette date et surtout déménager. ((/public/TGV_le_moi_pour_toi.jpg|TGV_le_moi_pour_toi|C)) Cinq mois. Cela va faire 5 mois que je suis rentré en France. Cinq mois que je vis chez mes parents. Cinq mois pendant lesquels je n’ai cessé d’espérer que tout change. Pour reprendre une formule bien connue, je dirais que désormais tout devient possible. Aujourd’hui commence ma vie, celle où je suis presque libre, presque indépendant, presque libéré des obligations familiales et responsable à 100% de mes actes. Je souffle… Vraiment ! Lyon ne sera-t-il pour moi qu’un passage ? C’est possible. En effet, après la période de formation dont la durée a été fixée à 6 mois, j’aurai la possibilité de demander ma mutation vers Paris, mon premier souhait. Le problème, c’est que je me connais et rien n’indique je me sois lassé de Lyon en si peu de temps. De plus, je ne dois pas oublier que la nature même de mon travail m’obligera à ne jamais être @home du lundi au vendredi. Je n’habiterai dans mon appartement que le week-end. Lyon sera ma  »ville week end », et L’Europe, mon  »monde semaine »…

Que faire ?

J’hésite, j’hésite… Que faire ? Ne pas faire ? Partir ? Pas partir ? Pour combien de temps ? Retour en arrière : moins d’une semaine après ma [démission|tag:démission], je réponds à une offre d’emploi dénichée (de mémoire) sur le site de l’APEC. Elle est alléchante : Consultant Métier / ERP. Débutants acceptés voire préférés, mobilité internationale requise, première expérience réussie dans l’implantation de modules Oracle, anglais obligatoire, seconde langue demandée. Je suis le candidat idéal pour l’offre (à priori) idéale. C’est mon premier entretien d’embauche après ma démission. Lundi 26 novembre 2007, direction Neuilly sur Seine, l’entretien dure 30 minutes et se déroule exclusivement en anglais. Pas de questions pièges : on cherche d’abord la compétence (surtout linguistique) avant d’analyser la personnalité. Mes interlocutrices ne me font pas de cadeau : l’américaine use de son accent sans toutefois tomber dans le piège facile de la machine à paroles incompréhensibles. J’ose, je réponds, j’explique, je décris, j’expose, j’écoute. Je pensais mon niveau d’anglais éliminatoire. Il n’en fut rien ! Trois jours plus tard, coup de fil des ressources humaines. Ma candidature est retenue : on m’adresse une proposition d’embauche par mail dans les minutes qui suivent. ((/public/pluie_lemoipourtoi.jpg|pluie_lemoipourtoi|C)) Désenchantement : le poste est basé à [Lyon|tag:Lyon] et le salaire se trouve logiquement amputé des faveurs de la région parisienne. On m’explique que la formation à mon nouveau travail pour m’adapter aux méthodes de l’entreprise se déroule intégralement à Lyon mais qu’au final, le travail ne changera pas puisque du lundi au vendredi je ne serai jamais @home, comprenez toujours en déplacement et suffisamment loin pour ne pas à revenir la semaine. On me parle de gros contrats signés pour l’Europe du Sud, de l’[Espagne|tag:Espagne]… Mon sang ne fait qu’un tour. Négociation salariale impossible (au début), négociation géographique envisageable à l’avenir. Mais le résultat est là : je devrais vivre un certain temps à Lyon avant de profiter des déplacements si chers à mon envie et avant de ne pouvoir venir éventuellement à Paris… A l’heure où j’écris ces mots, je n’ai pas encore pris ma décision et j’ai encore 4 ou 5 entretiens à passer cette semaine parmi de grosses pointures du conseil en management des systèmes d’informations. Puisse la nuit et le temps m’éclairer rapidement et me guider vers la décision qui, au final, conditionnera probablement les prochaines années de ma vie.

Retrouvailles

Dimanche 15 août 2005, en début d’après midi, Gare de Lyon Part Dieu…

Mon train vient d’arriver. J’ai un peu de retard. Dès la descente, mon regard scrute les environs, cherchant celui que je n’avais pas vu depuis six semaines. Il n’est pas là, je descends, je fais un tour dans le hall, je l’attends, personne… Puis mon téléphone vibre. Mes yeux se figent : il est là, devant moi.

Nous ne sommes pas dans un film, l’image ne ralentit pas, il n’y a pas de musique et le train ne siffle pas… Je prends juste sa main et je murmure « Bonjour » au creux de son oreille. Je ne peux m’empêcher de sourire, de rire, de pleurer : je ne sais pas trop ce que je veux… Juste un bisou, sa main dans la mienne et nous partons… Comme avant.

Celui qui n’a pas vécu une fois cette histoire ne peut probablement pas ressentir toute la force du moment, ça ne se raconte pas vraiment, ça se vit. Après six heures de train et six semaines d’absence, on a l’impression de revivre un peu une première rencontre.

C’est au milieu de la foule que nous nous sommes retrouvés. Au milieu d’une foule inconnue, indifférente… Au milieu d’une puissante masse humaine qui, apparemment, ne se préoccupait guère du fait que deux garçons puissent se tenir main dans la main.

Moment magique, intemporel… Il annonçait le meilleur week-end de mes vacances, le seul que j’ai vraiment passé avec Nicolas.

Lyon est une ville magique. J’avoue qu’avant ce jour, je ne la connaissais pas plus que ça. Nous y avons passé de très bons moments. Même le dimanche, la ville est vivante, tout bouge, et jusque tard dans la nuit. Malheureusement, il pleuvait lorsque nous nous sommes revus… C’était l’occasion de déposer nos affaires à l’hôtel et de préparer notre séjour. Nous n’avons pas perdu notre temps, nous avons beaucoup bougé, beaucoup marché, pris pas mal de photos, visité plein de trucs super sympas (Fourvière c’est terrible ! Jamais rien vu de tel !). Nous avons presque eu envie d’habiter la ville.

Nous avons, somme toute, passé un peu plus de 24 heures ensemble… Et lorsque le moment de se séparer arriva, il fallait que je sois plus fort : je n’allais quand même pas pleurer à nouveau alors que je venais de passer un week-end terrible ! Alors je me suis retenu, je n’ai pas pleuré. Je savais que je ne reverrai pas Nicolas avant un bon moment mais il me suffisait de repenser à tout ce que nous venions de vivre ensemble pour tenir le coup.

C’est la tête pleine de souvenirs et de bons moments que je quittais Lyon mais j’avais quand même au fond de moi ce petit pincement au coeur, ce regret légitime de ne pas avoir pu rester plus longtemps avec mon Ange…

Merci à toi Nicolas, jamais je n’oublierai ce délicieux week-end passé avec toi.