Sida

Sidaction !

Journée mondiale contre le [Sida|tag:Sida]. L’occasion de ne pas oublier les règles de bases de non-contamination et de soutenir les organisations engagées dans la lutte contre ce fléau. J’en profite pour mettre en ligne le dernier [Bulletin épidémiologique hebdomadaire|/public/beh_sida.pdf|fr] au format pdf traitant de l’infection à VIH/sida en France et en Europe. Force est de constater que les ‘pédés’ sont encore et toujours les plus touchés… Faute de [prévention|tag:prévention], de prise de conscience, de responsabilité ? Je ne sais pas. Je constate… ((/public/sidaction-ensemble-contre-le-sida-le-moi-pour-toi.jpg|sidaction-ensemble-contre-le-sida-le-moi-pour-toi|C))

Dégueulasse

Nous sommes le mercredi 23 novembre 2005, il est 16h37 et je suis un peu « révolté ». Je m’explique…

Aujourd’hui était organisé dans mon école un don de sang. Habituellement, je participe toujours à ces évènements et je possède d’ailleurs une carte de donneur. Pour la première fois, je n’ai pas pu donner mon sang pour la simple et bonne raison que, depuis le dernier don, j’ai eu des relations sexuelles avec un garçon… Voici l’entretien que j’ai eu avec le médecin :

Le Médecin : « Bonjour, c’est à qui ?
_ C’est à moi. Bonjour Madame.
Je m’assieds à la place qu’elle m’indique et j’ajoute :
_ Bon, ce n’est pas la peine de me poser les mêmes questions que d’habitude. La dernière fois, en fin d’entretien, vous m’avez demandé si j’étais homosexuel, j’avais dit non… Si je dis oui aujourd’hui, qu’est ce qui se passe ?
_ Et bien on ne peut pas vous prendre.
_ Bon ben tant pis pour moi.
_ Vous êtes homosexuel ? Et pas la dernière fois ?
_ Si ! Bien sûr, la dernière fois, j’y étais… Mais je n’avais pas encore eu de relation sexuelle avec un garçon.
_ Ah oui dans ce cas… »
J’insistais :
« Mais… Si je me présentais devant vous avec un test VIH négatif, est ce que vous pourriez m’accepter ? »
Sans hésiter et, en me regardant droit dans les yeux, elle m’avoua que non.

Cette femme n’était pas méchante. Je voyais bien qu’elle lisait dans mes yeux une légitime déception… Mais elle ne pouvait rien faire. Elle ne faisait qu’appliquer une procédure très stricte dite « de prévention ». La raison de mon refus ? Les homosexuels sont, d’après une étude médicale, une population à risques et, même si je suis avec le même garçon depuis plus de six mois maintenant, même si je suis fidèle, je serai quand même refoulé.

Ce qui est injuste, c’est que des personnes hétérosexuelles qui peuvent très bien être infidèles auront le droit de donner leur sang. Un gay, même fidèle, non.

Ce qui est injuste, c’est que des hétéros qui ont des rapports sexuels protégés ont le droit de donner leur sang. Des gays, non.

Ce qui est injuste, c’est que même avec un test VIH négatif, je ne pourrai plus jamais redonner mon sang…

La pilule passe mal… Pour la première fois dans ma vie de « gay » il m’a été interdit de faire quelque chose pour la simple raison que je suis homosexuel. Je ressens aujourd’hui un terrible sentiment d’exclusion. Il n’y a aucun recours, aucune alternative possible.

Je suis gay, mon sang est mauvais…

Vouloir mourir, à tout prix

Le paragraphe qui suit est tiré du magazine Têtu du mois de mars 2005. Dans un dossier spécial consacré aux comportements sexuels à risques des jeunes gay, on trouve le témoignage de Louis. Je le publie ici-même. Je ne sais pas Si j’ai le droit de le faire; Si je fais du tort à qui que ce soit, j’enlèverai cette note mais le témoignage est si grave à mon sens que je ne peux pas le laisser passer. Je le publie car lors de ma lecture j’ai été choqué au plus profond de moi. Je ne savais pas que ce genre de chose pouvait exister et je ne savais même pas ce qu’était un gift-giver… Lisez plutot, c’est accablant de douleur…

Louis n’a que 24 ans, et il est séropo depuis quelques mois. Dans son couple, la sexualité n’était pas épanouie : « Mon copain est séropo. Nous visons ensemble depuis bientôt 3 ans. Notre sexualité était contrainte par l’utilisation systématique d’un préservatif. C’est superfrustrant, et je le vivais très mal ! Pour compenser, j’allais voir ailleurs et, parfois, je le faisais sans capote dans l’espoir de me faire « plomber ». Mais je n’ai jamais rien eu. Un coup de malchance. Et puis, un jour, j’ai réussi à convaincre mon copain de ne pas mettre de capote. J’ai prétexté que c’était une preuve d’amour que de partager ce mal avec lui. Il m’a engueulé puis il m’a « dosé » [contaminé]. A contrecoeur, mais il l’a fait. » Louis ajoute : « S’il n’avait pas voulu, je serai passé par un gift-giver ["Celui qui fait un cadeau", qui a des rapports non protégés dans le but de contaminer]. « 

From Têtu N° 98, Mars 2005