
Et c’est reparti. Mon Moleskine grand ouvert sur ma table de resto recueille mes premiers mots écrits des États-Unis. C’est remis du décalage horaire que je commence à prendre la mesure de ce qui m’entoure. Et ici, j’hallucine. Je suis quand même dans un pays occidental, il y a des tonnes de choses que je ne reconnais pas : ici tout est grand, des routes aux bâtiments. De la place ? Il n’en a jamais manqué par ici alors pourquoi s’en priver ? Ensuite les voitures, même constat : toutes énormes, de marques complètement inconnues en France et consommant vingt litres aux cents. Pareil, le pétrole, on n’en a jamais manqué. Par contre, ce qui manque en ce moment, c’est l’argent. Et quelle ne fut pas ma surprise tout à l’heure en me rendant au centre commercial ? Vide ! Pas grand monde. Et pourtant, il y avait la place de loger du monde !!! Bref. Mais en y regardant de plus près, c’est là que je constate un autre malaise : les boutiques sont vides et pleines de vieilleries. Trouver des Converse ? Un parcours du combattant. Trouver un Zune ? Non désolé mais on a que les deux iPod là bas… ! Et tout est comme ça. Malheureusement. Ici en Amérique plus qu’ailleurs, je sens que la crise n’a pas le même sens que chez nous. Ici, elle est réelle, palpable, physique. On la voit, mais on l’entend aussi. Ma télévision et mon quotidien national sont là pour me le rappeler. Oui parce que figurez-vous qu’on me distribue gracieusement tous les matins devant ma porte le journal USA Today. Ceci dit, j’aurais préféré m’en passer et avoir un room service de meilleure qualité : connaissez-vous un seul hôtel français où l'on ne vous débarrasse pas le plateau-repas de la veille ? Moi pas. Enfin ce n’est pas bien grave. La prochaine fois, j’irai directement au resto. D’ailleurs parlons-en des restos ! Il faut les trouver là où je suis ! Attention les autres Mc Do, Burger King et autres chaînes typiquement américaines ne comptent pas ! J’appelle resto le genre d’endroit où on vient vous servir à table et où vous ne rangez pas le plateau à la fin… J’en ai bien trouvé un, un italien, d’où j’écris ces lignes en ce moment. Il est intégré à l’hôtel et se vante d’être le meilleur italien de la baie. Ça promet… !

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