amoureux

Madrid

Plusieurs mois se sont écoulés depuis la dernière fois et c’est dans un somptueux palace Madrilène que je reprends la plume ce soir. Nous sommes vendredi, il est 19h31 et je rumine, depuis plusieurs heures déjà, les mêmes idées. Les garder pour moi m’expose au risque bien connu de passer (à minima) une mauvaise soirée. Seulement voila : je ne suis pas à Madrid tous les jours et je n’ai pas le droit, ce weekend, d’exprimer mon mal-être : c’est en effet le voyage annuel de la société et tous les consultants sont invités (avec leur conjoint) à passer un moment chaleureux dans la joie et la bonne humeur. C’est un peu de cette joie que j’aimerais retoucher. Je la perds systématiquement lorsque je m’éloigne de Mark : et oui, le jeune homme est encore là (qui l’eut cru ?) et je dois bien reconnaître qu’il occupe, depuis quelques mois, une place prépondérante dans mon cœur.

Ce que je vis avec Mark est une histoire de film ; une de celles dont on ne donne pas cher au début mais qui, avec le temps, développent une émotion et un bonheur hors du commun. C’est bien là tout mon problème : la passion a repris le pas sur la raison et mon esprit ne pense qu’à une seule chose : son départ, inéluctable et calculé, vers l’Australie à la fin du mois de janvier et ce, pour une durée plus qu’indéterminée.

Dès lors, comment donner sa chance à l’avenir, à la construction d’un couple ou mieux : à celle d’une pyramide… ? On me dira que je connaissais pourtant, dès le départ, les règles du jeu et que « tout ce qui a commencé doit finir », il n’empêche : ce n’est pas parce que l’on sait que l’on va tomber que la chute est moins douloureuse. J’ai pourtant essayé de ne pas m’attacher et de rester éloigné mais c’était sans compter sur mon tempérament qui veut, une fois encore, que je ne sois pas fait pour vivre seul. L’histoire est d’autant plus injuste que Marc et moi habitons chez moi sous le même toit, depuis plusieurs mois et que j’ai la sensation, réelle et sincère, qu’elle aurait pu durer encore longtemps.

Alors il me reste en permanence, lorsqu’il n’est pas là, le goût amer de l’attente de la fin. Cette amertume là, je la ressens depuis ce matin : fou amoureux, loin et un peu seul, mon corps réclame ce qui lui manque. Le contexte madrilène s’y prête parfaitement d’autant plus que, comme je l’ai écrit plus tôt, les consultants se baladent en couple et que je n’ai pas su (ou osé) m’y intégrer correctement. Le résultat ? Ce sont ces trois pages de papier sur lesquelles j’ai dû vomir mon cerveau, un beau mal de crâne et (très certainement), une bonne soirée alcoolisée entre collègues pour être certain de tout oublier.

Je sais bien que « tout ce qui a commencé doit finir » mais par pitié, juste pas maintenant : j’ai encore besoin d’en profiter…

On n’a pas tous les jours la chance de vivre passionnément.

C’est quand on l’a perdu…

Comme d’habitude, je ne sais pas très bien par où commencer… Comme d’habitude, je sais ce que je veux dire mais je cherche le chemin qui m’y pousse. Comme d’habitude, je reprendrai par le début, histoire de ne rien rater… Histoire aussi de me resituer, de façon strictement personnelle, dans un contexte que j’ai besoin de voir… D’en haut.

Pour comprendre mon raisonnement, il faut considérer ma vie. Je l’ai passée, ces dernières semaines, en voiture, à Genève, parfois même à Annecy, à grands coups de kilomètres au compteur (sans accident cette fois) à la poursuite de missions plus ou moins ardues et seul, la plupart du temps. Mes seuls contacts non professionnels auront été les serveuses des restaurants, les réceptionnistes d’hôtels et les vendeuses de sandwichs… Alors le vendredi soir, lorsque je reviens chez moi, je me plais à tomber dans les bras de celui qui m’attend, et à me lover, des weekends entiers, dans la douceur d’une jolie relation….

Je suis rentré chez moi plus tôt que prévu, hier soir, un jeudi. Mais cette fois la donne est différente : on m’attend pour partir. Je dois en effet conduire mon mari à l’aéroport… D’habitude c’est moi qui pars et je crois que c’est bien la première fois que c’est moi qui regarde l’autre s’éloigner… Il est parti pour une durée plus ou moins indéterminée : trois semaines, peut-être quatre… Suffisamment pour ressentir, dès les premiers instants, une forme de manque que l’on retrouve dans tous les éléments du quotidien… C’est drôle, ça fait bizarre… Et ça déplaît… Est-ce-que c’est ça, être amoureux ?.

C’est quoi, Être Amoureux ?

Cette question-là, je me la pose depuis quelques semaines désormais. Mais, avant d’essayer d’en trouver la réponse, je dois d’abord comprendre pourquoi elle est arrivée dans mon esprit. C’est au départ ma solitude qui me pousse à me la poser. Une solitude pesante lorsque l’on comprend ma vie est mes aspirations (tout est question de pyramide et de schémas). Je me la pose car mon esprit s’égare, que des larmes coulent encore et que mon cœur va mal. Je me la pose car je change, indubitablement, que mon corps aussi change et que l’insomnie revient subrepticement s’installer dans mon quotidien.

L’insomnie, reine de tous mes maux et de l’existence même de plusieurs de mes écrits, agit sur moi comme une hormone, une drogue, un bloqueur de récepteurs qui pousse mon cerveau à la suractivité nocturne. Le résultat ? Beaucoup de questions et presque autant de réponses. Oui, l’insomnie n’a pas que des mauvais côtés. Elle m’apprend à me connaître et ce faisant, à me dépasser.

Soyons honnête : je subis encore aujourd’hui les conséquences de ma rupture. La destruction de l’entité « couple » dans les premiers étages de ma pyramide de vie a eu l’effet dévastateur d’en entraîner l’écroulement. J’essaie aujourd’hui d’en redessiner les plans sur les ruines de son glorieux passé mais, dans l’hypothèse que je ne parvienne pas à la reconstruire (dans les temps), je suis contraint d’élaborer l’éventuel plan B. Celui-ci passe forcément par la redéfinition de mes fondements et du redessin des fondations de la dite pyramide.

C’est quoi l’amour ? Est-ce dire à sa mère qu’on l’aime ? Caresser son chat avant de s’endormir ? Pleurer lorsque l’on perd un être cher ? Peut-être. Je suppose que c’est un peu tout cela, mais en partie seulement. Car je distingue plusieurs formes d’amour : l’amour que l’on éprouve naturellement pour ses proches, sa famille de sang, l’amour quasi éternel que l’on donne et l’on reçoit de ses amis et enfin, l’amour ultime, celui que le corps et l’esprit sont capables de donner à l’être aimé.

Cet amour ultime et exclusif, je l’ai ressenti pendant deux ans. Et c’est clairement sa force et son magnétisme qui assuraient la stabilité et la cohérence de ma pyramide. En d’autres termes, et pour être vraiment clair, je sais aujourd’hui ce que signifie pour moi Être Amoureux.

Être Amoureux, ce n’est pas simplement penser à l’autre personne, aimer être à ses côtés, réclamer sa présence, ses messages, rechercher son odeur et sa chaleur… Être Amoureux signifie pour moi être capable de mourir pour l’autre. Et je comprends seulement aujourd’hui, avec tout le recul et l’humilité que je dois nécessairement prendre, que je l’ai réellement vécu.

Oui, j’ai aimé à en mourir.
Oui, je regrette que cela soit terminé.
Oui, je crois que plus jamais dans ma vie je ne serai capable d’aimer autant et si fort.

Tout ça, c’est du gâchis. Un immense gâchis…

seul

I feel love

Parce que je suis amoureux, passionnément, et que je veux le dire. 

Puisque tu seras là…

Je ne sais pas par quel bout m’y prendre… Après tout, nous n’avons pas été réunis depuis longtemps. Le temps a joué avec et contre nous. Demain, en me rendant visite, je sais que tu traces un pont entre toi et moi, ta vie et la mienne, ton monde et le mien. Je suis sur que toi aussi tu ressens ce lien immuable qu’il existe, malgré tout, entre toi et moi : nous avons le même sang, le même passé, les mêmes racines. J’ai envie de rattraper le temps perdu. J’ai envie de revenir six ans en arrière et de repartager un peu la vie que nous avions. On va le faire. On va le vivre, le revivre. Je suis super content. Tu as grandi, tu as trouvé ton style, moi aussi. J’ai désormais ma ville, mon métier, mes occupations. Et trop de temps a passé. Je t’ai caché trop de vérités, trop de bon sens et tellement de moi. J’en ai presque honte et j’espère que tu me comprendras, comme tu comprendrais un ami ou mieux, comme tu comprendrais ton propre frère qui n’a pas eu, comme tu l’aurais pensé, la vie rêvée des jeunes cadres dynamiques. Je sens que tu aspires, comme moi à ton âge, à d’autres découvertes, d’autres pays, d’autres pensées, d’autres cultures… Je t’invite à partager la mienne, un peu de moi, de mes mensonges et de mes secrets… Puisque tu seras là, je te montrerai ma ville, mon quartier, mon bureau, mon appartement, mon cadre de vie. Je t’expliquerai que, malgré toutes les jolies filles que tu peux rencontrer rue Victor Hugo, je n’ai toujours pas de copine. Puisque tu seras là, je t’expliquerai que c’est normal car je suis déjà avec quelqu’un depuis bientôt 5 mois et que je suis amoureux… Puisque tu seras là, je t’expliquerai aussi que cela dure depuis des années, que je te l’ai toujours caché, que j’ai eu honte et que j’ai eu mal. Lorsque tu seras là, j’espère que tu comprendras pourquoi il est important pour moi de t’en parler. Pourquoi il est important que tu m’acceptes et que tu me regardes toujours de la même façon. J’aimerais que tu ne me juges pas, que tout continue d’être comme avant, mais que tu saches. J’ai plus besoin de toi que tu ne l’imagines. J’espère, mon frère, que tu me comprendras…

What Else ?

Il est 18h15. Georges sort du travail. Il saute dans le 58 direction Bellecour. Son programme ? Voir chez Milano si son costume chocolat est prêt. Quinze minutes plus tard, grâce au génie d’un pilote de bus, il est à Cordelier. Sébastien, son coiffeur-styliste dont il est amoureux en secret, se détend avec une collègue assis devant le grand miroir du salon. Il est toujours aussi beau, quoi qu’un peu négligé aujourd’hui : ses cheveux ne sont pas si lisses. Sans être vu, il le regarde, puis s’en va. A quoi bon se faire du mal ? Les hétéros n’ont pas de penchant pour les garçons comme lui. Et puis, Milano n’est pas loin. Et son costume non plus. La boutique est déserte malgré les rabais de plus de 50% encore affichés : les soldes ne sont pas terminés. Georges n’a pas son reçu. Il n’a que son nom, sa taille, la couleur de son vêtement et la date à laquelle celui-ci était sensé être préparé (demain ^^). On le sermonne : il aurait du venir à la bonne date : il aurait beaucoup de chance de repartir avec sa tenue. Bien entendu, quelques minutes plus tard, il ressort, un nouveau costume en main, et une idée derrière la tête : visiter la boutique Nespresso devant laquelle il est passé tant de fois sans jamais oser entrer, et pour cause : sa Magimix n’arrive que samedi prochain… Aussi, imaginant sa machine de bonheur livrée sans combustible et, correctement habillé de la tête aux pieds, il ose et pousse la porte. Il est bien entendu tout de suite reconnu : sa venue date de plusieurs semaines, voire plusieurs mois, on ne sait plus, au juste, à quand remonte sa dernière visite. Les vendeurs se bousculent, mais c’est finalement Marjolaine qui aura le plaisir de s’occuper de lui. Homme ténébreux par nature et mystérieux par essence, il ne choisira que les meilleurs crus arabicas, faisant fi des senteurs légères pourtant si chères à ses admiratrices. Après une petite révision de ses connaissances théoriques et, devant les conseils de sa maîtresse, on lui propose alors une petite dégustation. Déca. Le léger. L’idée de déguster, si tard, un café corsé aurait fait mauvais genre. Barbara lui prépare alors son nectar accompagné d’une dosette de sucre qu’il n’utilisera pas et d’un carré de chocolat noir, le tout, bien entendu, servi dans la vaisselle officielle de la boutique. La journée se termine. Il est épuisé de ne plus dormir depuis un certain temps. Un peu de repos lui fera du bien. Il n’oubliera pas que demain, Marjolaine l’attend pour une autre dégustation : elle l’a invité à savourer les dernières capsules de cannelle qu’elle apportera de sa collection personnelle. Marjolaine est fantastique. Il la sait sous son emprise. Quel homme ce Georges ! Pourtant, demain, en se levant, il redeviendra ce jeune homme banal dont l’activité est presque seule centrée sur son travail. Mathieu-A est son vrai nom.

30 juin 2005 – 13 aout 2005 : Quand l’absence se fait longue…

Retour à la vie… [Mille excuses]

Tout d’abord, et avant toute chose, je tiens à m’excuser pour le retard de publication dont mes fans (j’en suis sur) sauront m’excuser. Les causes en sont multiples, je vous les expliquerai une par une. Mais ma décision est prise : ce blog ne mourra pas pour la simple et bonne raison qu’il est probablement la bouée de sauvetage qui m’a permis de sortir de l’ombre et de la solitude. Dans le fond, je crois que je lui dois autant qu’à vous. Alors je continuerai… Je continuerai de prendre ma plume et te taper sur mon clavier les mots, les instants, les moments, les impressions, les joies (et les moins bonnes) qui rythment ma vie. J’ai beaucoup de retard à rattraper et c’est pour ça que je me remets au travail…

Nous nous étions quittés le 17 juin dernier. C’était la dernière grosse soirée de l’école. J’avais bu, ma tête tournait, et ma langue s’est délié. J’ai avoué à quelques amis que je sortais avec un garçon. Souvenez-vous : C., une de mes amies proches et B. ont su pour moi… Dès la fin de la soirée, mes grandes vacances commençaient et j’étais assuré de ne pas revoir mes camarades avant fin septembre… J’attendais les retrouvailles avec une légitime appréhension…

J’ai passé les deux semaines suivantes dans un océan de bonheur avec Nicolas… Ce furent les deux seules semaines de vacances que je pus m’accorder. Nous sommes restés à Annecy dans mon appartement et nos journées oscillaient entre les cours de Nicolas, nos sorties, nos bons moments… Je crois que ces 14 jours ont été les meilleurs de mes vacances… (Ah non je me trompe y’a eu mieux encore… !) Nous en avons beaucoup profité et je crois que nous avons bien fait ;-)

 

Jusqu’à ce jour : jeudi 30 juin 2005…

 

Séparation, éloignement, cœur serré et larmes… Ces quatre mots résument à eux seuls cette journée ; il fallait que je rentre chez moi, chez mes parents. Lesquels sont venus me chercher dans la journée et, en quelques heures seulement, j’étais distant de plus de… 500 kilomètres de l’homme que j’aime. Mauvais moment, mauvais souvenir… Mais ils sont là (à mon sens) pour nous rappeler qu’il y en a aussi (et en bien plus grand nombre) des meilleurs…

———-

 

30 juin 2005 – 13 aout 2005 : Quand l’absence se fait longue…

 

C’est en larmes que je quitte Nicolas à la fin du mois de juin. J’avais dit que je serai fort, je lui avais dit que je ne pleurerai pas, que je tiendrai le coup, que tous les deux nous attendrons le moment de nous revoir le plus vite possible… Comment oublier cet instant ? Toutes les larmes de mon corps furent expulsées, toutes, sans exception. On s’est promis de nous revoir rapidement dans deux ou trois semaines peut-être… Erreur : il nous fallait attendre le double de temps ! Pourquoi donc me direz-vous ? Tout d’abord parce que les quatre premières semaines du mois de juillet étaient réservées à un stage que j’effectuais en entreprise dans le cadre de ma formation. Et oui : je n’étais pas encore en vacances mais bien étudiant ! Ce n’était pas facile ; j’exerçais un travail assez pénible et répétitif. Je devais me lever relativement tôt et le soir, lorsque je rentrai, il fallait souvent que je me repose un peu une heure ou deux (au moins au début). Nicolas de son coté travaillait et me retrouvait sur MSN dès que nous le pouvions, j’ai même acheté une webcam pour que l’on puisse se voir sur le Net.

C’est là qu’on se rend compte des limites de la dite « communication » : Internet c’est bien, oui, oui, ça rapproche… Mais dans le fond, qu’est ce que j’étais triste de ne pouvoir le voir que dans une toute petite case de quelques pixels sur mon écran. Même le son n’est pas net ; quant à l’image elle devait se brouiller assez rapidement… C’est malheureusement ce qui s’est passé dans la réalité ; ce qui devait arriver arriva, et l’éloignement commença à le faire douter : ne plus savoir où on est, se sentir seul et loin de celui qu’on aime peut faire chavirer le cœur et laisser penser que la flamme est éteinte. Je ne veux pas vraiment me souvenir de ce qui s’est passé… Je ne sais plus précisément quand cela s’est produit, ni ce que nous nous sommes dit mais Dieu sait que j’ai de nouveau beaucoup pleuré et que mon humeur a radicalement changé lors de cette semaine noire. Au point que mes parents eux-mêmes me demandaient ce qui se passait. Ce que je leur répondais ? Que j’étais fatigué et qu’il suffisait que je dorme… Si seulement j’avais dit vrai… Mais le sommeil ne venait pas, la fatigue s’installait de plus belle et le travail était encore beaucoup plus dur… Mauvaise semaine. Elle en annonçait (again) de bien meilleures.

Les nuages noirs se sont dissipés, le soleil est revenu et nous nous sommes accordé une seconde chance. Encore fallait-il concrétiser la chose en se rencontrant dans les plus brefs délais. Malheureusement, je venais de commencer mon nouveau travail de vendeur dans une grande chaine de bricolage et je travaillais intensément, même le samedi… Difficile de trouver un créneau : Nicolas ou moi-même n’avions jamais les mêmes dates. Finalement nous avions jeté les dés, le sort était jeté et c’était le 14 aout 2005 que nous devions nous retrouver, non pas à Annecy, mais à Lyon…

Préparation du voyage, achat de billets de train, réservation d’hôtel, tout était dessiné, réglé, minuté : notre week-end du 15 août allait devenir notre week-end des retrouvailles… Un pur moment de bonheur que je vous laisse découvrir dans la prochaine note.

Amoureux. Je suis amoureux !

Deux semaines après la dernière note, je nage en plein bonheur et ceci grâce à Nicolas. Vraiment je suis heureux, vraiment j’ai l’impression d’exister, de vivre pleinement chaque jour. C’est vraiment très agréable… Je m’explique :

J’expliquais dernièrement que je cachais délibérément la vérité à ma colocataire (et amie de longue date) quant à mes sorties tardives les soirs de la semaine. J’ai pu tout cacher jusqu’au soir où je ne suis pas rentré. Le lendemain à l’école, il fallait bien donner une explication. C’est dans un amphi de cours que je lui ai dit la vérité. Elle savait donc que j’étais avec quelqu’un mais qui ? Je lui ai dit que j’écrirai le prénom de la personne sur un papier. Je me suis exécuté… La réaction ne fut pas immédiate mais au moins, elle était plutôt bonne. Après quelques mots échangés, elle me dit « De toutes façons, on s’en fiche : tu es heureux ».

Aujourd’hui rien n’a changé : tout est exactement comme avant entre nous au détail près que maintenant, elle sait.

Elle sait que j’aime les garçons, que je suis avec Nicolas, que je l’aime, qu’il m’aime… Elle sait où je suis le soir, elle sait qui je retrouve dans mes rendez-vous… Elle sait…

C’est énorme. Mon aveu et sa réaction libèrent mon coeur comme je n’aurais pu l’imaginer ! Même si nous en parlons finalement assez peu, le regard qu’elle porte sur moi n’a pas changé, nous rions des mêmes blagues, je ris toujours des sujets un peu gay-friendly. Tout est comme avant. Aujourd’hui je n’ai plus peur de ce qui peu m’arriver : les balades en ville où ma main effleure celle d’un garçon, les regards qui « en disent long » quand je regarde Nicolas… Tout ça ne me gêne plus.

Je suis heureux. Heureux de pouvoir dire que « J’Aime », heureux de savoir que j’ai de vraies amies (et oui pas encore de vrais ami(s) mais ça viendra j’espère) sur qui je peux compter, heureux de mener une vie qui se rapproche de la normale.

Pour répondre à un commentaire de la dernière note, je peux dire que je suis également heureux de pouvoir profiter de cette nouvelle vie : acheter Têtu ou acheter des vêtements un peu « gay-friendly » ne me fait pas appartenir à un groupe et ne me confirme pas que je suis gay. Dans le fond, c’est certainement « avoir le droit » de le faire qui m’intéresse, même si au final j’apprécie. C’est une manière de ne plus se cacher aussi. C’est pouvoir dire : je fais ce qu’il me plaît et tant pis si les autres n’aiment pas. Je suis comme je suis un point c’est tout.

Dans mon entourage d’amis à l’école, je laisse entendre de plus en plus souvent qu’il se pourrait que je sois avec quelqu’un… Surtout qu’une copine a surpris un de mes SMS affichant « Bonjour mon coeur (…) » de la part de Nicolas. Alors les nouvelles circulent… Elles arrivent aux oreilles de ma colocataire qui me les rapporte. Tout ça pour dire qu’à mon sujet, « Tout le monde sait, personne sait ». C’est un peu hypocrite comme comportement mais au moins, ça me laisse imaginer que la vérité passera sûrement assez bien. Là encore, les choses risquent d’évoluer assez vite…

Et j’afficherai les nouvelles ici…