Le Moi Pour Toi a été crée le 31 mars 2005 et s'efforce de retracer au fil des mois, l'évolution de la vie ordinaire de son jeune auteur gay. Depuis mes premiers Coming-Out en passant par ma plus belle histoire d'amour, mon adhésion à l'UMP ou ma passion pour la Bande Dessinée, ce site est d'abord un formidable moyen d'extérioriser ce que j'ai souvent gardé pour moi. Véritable Moi intérieur, il se dévoile pour tous ses lecteurs. Bienvenue sur Le Moi Pour Toi.

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mercredi, décembre 2 2009

Question de Contrôle

Enfin, j’ai compris pourquoi je n’aime pas que l’on me souhaite mon anniversaire. Les raisons s’expriment sur trois niveaux. Je vais tenter de les coucher par l’écriture.

Niveau 1 : On ne fait pas l’apologie de la vieillesse, du quart de siècle et plus généralement du temps qui passe.

  • Vieillir équivaut à perdre tout un tas d’avantages. Le dernier millésime me fait perdre l’accès au tarif jeune d’Air France et clôture mon Livret Jeune.


Niveau 2 : Souhaiter un anniversaire aujourd’hui relève plus de l’hypocrisie que d’un sentiment sincère.

  • Internet, Facebook et autres calendrier dématérialisés sont là pour collecter, anticiper et alerter la moindre date évènementielle faisant peu à peu disparaître et / ou atténuer toute pensée sincère, vraie et préparée. Voila pourquoi fêter mon anniversaire avec un peu de retard témoigne selon moi, plus d’amitié et d’affection.
  • A quoi sert-il d’avoir un wall Facebook plein à craquer de doux messages lorsqu’on sait qu’il existe des applications capables d’envoyer automatiquement un petit mot sympa, le jour J, sans même se donner la peine d’y penser ?
  • Que dit-on vraiment lorsque l’on souhaite « Bon anniversaire » sinon « Bonjour, je n’ai rien à te dire mais bon anniversaire ! » ?


Niveau 3 : La date de naissance fait partie des données immuables d’un être humain.

Étonnante banalité. Et pourtant. Quand on sait que :
  • J’ai changé de prénom
  • Je vais changer de nom
  • Je défie plus généralement toute autorité parentale et / ou familiale

Je comprends mieux pourquoi aujourd’hui, je « fête » mon anniversaire avec (tout au plus) un mois de retard sur le calendrier et ce, depuis 11 ans.


L’anniversaire est un symbole. Celui d’une obligation, d’un choix volé, et représente, pour moi, le dernier bastion écrit d’une autorité parentale bien dressée.


controle

dimanche, janvier 18 2009

Sans Titre Aucun

C’est avec un immense plaisir que je reprends ma plume ce dimanche après midi. Voici deux mois que je n’ai rien écrit, pourtant, ce n’est pas la matière qui manque. D’ailleurs, je ne sais même pas par quoi commencer… Mon moleskine est empli d’anecdotes, de souvenirs interdits et de choses que je m’étais promis de publier.

Je suis en retard.

Et comme chaque fois dans ce cas là, je vais reprendre le fil de l’histoire là où je l’ai laissé la dernière fois, en 2008, à la fin du mois de novembre.

J’allais passer un mois de décembre de folie. Un très long mois, plein de peurs, de larmes, de fatigue, mais aussi de bons moments. Il commence toujours par le souhait de mon anniversaire civil malgré les efforts que je mets pour le faire oublier aux yeux de tous. Je viens de claquer 24 ans. Pas mal. Et même Facebook est là pour me le rappeler :



Voila matière à me mettre de bonne humeur. Passons. C’est tous les ans la même histoire. Inutile de la réécrire indéfiniment. Et puis j’avais surtout plein d’autres choses à penser. Niveau boulot j’allais courir : à Pau, Fos sur Mer et Metz ! La France dans tous les sens. Sauf qu’entre temps, il faut bien déménager ! Et oui ! Qu’on se rappelle, j’habitais temporairement l’appartement du troisième. Mais les travaux au premier sont terminés et on me demande de réintégrer les lieux au plus vite. C’est là que deux personnes-clé interviennent : P. et C.. Le premier est mon meilleur ami, le second celui qui habite mon cœur depuis bientôt 11 mois. Pendant mon absence, ils auront procédé à mon déménagement, à l’assemblage de nouveaux meubles et aux états des lieux. Inoubliable. Sincèrement.

Et le mois passe, toujours aussi rapidement. Résultat, au bout de trois semaines infernales, je rentre chez moi à Lyon le 19 décembre épuisé, malade et avec l’obligation de rentrer chez mes parents pour les fêtes de Noël. Une étonnante crise de nerfs m’aura fait comprendre que l’angoisse du retour augmente exponentiellement avec le temps.

J’ai pleuré. Terriblement.

Parce que je ne voulais pas rentrer, pas discuter, me cacher, sourire quand tout évoque le contraire, justifier mon comportement, mes décisions, mes envies, jusque dans les moindres détails. Je n’ai plus rien en commun avec mes parents et leur univers si ce n’est la présence de mon frère et de mon chat sous leur toit. L’effort est de plus en plus insupportable et inutile quand je sais qu’il me suffit de me tenir éloigné pour rester protégé. Et puis je suis rentré… Une semaine. Pas plus. Je voulais profiter de Lyon, de mon nouvel appartement et de C.. La semaine a été longue et, avec du recul, je me rends compte que je l’ai fuit tant que possible avec mon frère. Lui qui sait désormais est à même de me comprendre chaque jour un peu plus. Nous sommes plus proches qu’avant, c’est indéniable et ça se sent. Mais désormais c’est officiel : moins je vois mes parents et mieux je me porte. Point.

Encore aujourd’hui je me demande s’il est possible qu’ils me comprennent un jour. S’ils connaissaient l’existence de ce site, quelle serait leur réaction ? Beaucoup trop dure à mon sens… Voila pourquoi je ne peux parler qu’ici que de ce qui me touche vraiment. C’est sûrement ce ressenti qui aura attisé l’intérêt de deux articles sur Le Moi Pour Toi dans Têtu. Voila plus d’un an et demi que je l’attendais. C’est chose faite ! Fin décembre, la page 138 du numéro 140 du magazine Têtu présente quelques blogs gays français. Le Moi Pour Toi fait partit de la liste. Enfin on parle de moi sur du papier ! L’effet est immense, incroyable et terriblement rassurant. Moi qui ai toujours voulu être reconnu, me voila propulsé en plein milieu du premier magazine gay de France mais aussi dans l’Editorial ! Je vous laisse prendre le temps de le lire en cliquant sur le lien dans le menu de droite. L’article suivra un peu plus tard, le temps que le magazine soit remplacé par le 141, c’est promis. Je pourrais épiloguer longtemps sur ce sujet, arguant qu’il y a deux ans, j’ai failli être publié pour mes papiers sur Dieu et la religion. Failli seulement car ça n’a jamais abouti. Le fait d’être publié aujourd’hui apporte la dose immense de reconnaissance dont j’avais besoin. Ce sentiment qui dit que, malgré le temps que je passe à alimenter mon blog, plusieurs dizaines de personnes continuent de le lire régulièrement, parce qu’elles retrouvent dans mes lignes des fragments de vécu et de sincère. Tout ça pour adresser mes plus sincères remerciement à C.D., jeune journaliste de la rédaction de Têtu pour l’intérêt qu’il a porté à mon site ; et aussi pour vous remercier, vous qui lisez ces lignes pour votre soutien sans faille. 

Excellente année 2009 à toutes et à tous.

dimanche, novembre 16 2008

Live And Let Die

Encore une de ces journées d’hiver où le soleil se couche à 16h30, où le froid ronge mes mains et où la lassitude s’empare d’une âme perdue. Nous sommes le 16 novembre, encore en automne certes, mais la nuit et le froid font penser que la France est passée au dessus du 66ème parallèle nord… Tant pis. Il faudra bien faire avec.

Et puis il y a des signes qui ne trompent pas. Qui ne trompent plus, tout simplement. Ce sont les décorations de Noël dans la rue, ce froid sec qui s’empare de ma gorge avant d’allumer ma cigarette, la préparation d’une soupe toute faite au micro-ondes où (Pire encore !) l’apparition de ma date d’anniversaire sur les yaourts les plus frais du marché… Cet état s’appelle lassitude, inactivité ou résignation… Il est typique des dimanches après-midi noirs, humides et froids et n’inspire pas grand-chose de bon. Je pense à l’hiver, au mois de décembre, à mon faux anniversaire et aux fêtes de Noël qu’il faudra passer, tant bien que mal, en famille…

Ma famille m’appelle. On me demande si je vais revenir cet hiver pour Noël. On me demande si je vais daigner bouger mes fesses dans cet endroit perdu où (comme d’habitude) je vais devoir mentir, tous sourires apparents, pour rassurer pères et mères d’une vie qui leur échappe. C’est simple : ça m’énerve. Alors j’appelle (mon forfait Origami a encore de beaux jours devant lui). Il m’aura au moins rapproché de mon frère que j’appelle régulièrement, avec qui je parle désormais sans me cacher, sans mentir, sans même avoir honte. Ca fait du bien, vraiment. Une heure aujourd’hui. Je crois d’ailleurs que je ne l’ai jamais autant appelé que depuis qu’il sait que je suis pédé. C’est drôle. Ou rassurant. A voir.