Atteint de Boulirexie
L’exercice est difficile, j’ai parfois beaucoup de mal à parler de moi, surtout lorsque je sais qu’il peut être à la fois déplacé et prétentieux d’en offrir une publication sur Internet. Plus le temps passe et… Rien ne se passe. Peut être est-ce le manque d’occupation qui affaiblit mon cerveau ou un réel problème, je ne le sais pas. Toujours est-il que les faits sont là : je crois que je souffre de boulirexie.
Je ne sais même pas si le mot existe dans la langue française mais une recherche rapide sur Google montre que d’autres y ont pensé avant moi. Soit. Quelle en est ma définition ? Un déséquilibre mental lié à l’absorption de nourriture, révélateur d’un profond mal être, d’abord physique puis psychologique. On commence par se regarder soi-même en face à face dans le miroir de la salle de bain. On se défie, on se mesure et finalement on perd la partie face à son propre reflet : on le trouve moche, mal fait, inférieur et hors standards. Faute à qui ? A toi, à vous, mais peut-être et avant tout à moi-même, qui devient, au fil du temps, de plus en plus incapable de me supporter.

Je ne suis pourtant pas bien gros, du haut de mes 1m80, j’ai même tendance à regarder le monde d’un point de vue qui n’est pas désagréable. Mais désormais, mon poids m’inquiète. Je sais c’est idiot. Mais je fais partie de ceux qui sont capables de commander deux maxi-best-of au MacDo, de s’en goinfrer jusqu’à la limite du supportable, souvent même, ne pas tout terminer pour finalement regretter ce geste irraisonné mais qui m’a donné, l’espace d’un instant, un plaisir que seul le sexe peut égaler. L’aboutissement de ce raisonnement est sans conteste le dégout de soi même et la visite immédiate aux toilettes pour évacuer ce que l’on vient d’ingérer. Dieu merci je n’en suis pas encore arrivé là. Je fais même l’inverse car, à l’acte de vomir, je lui préfère celui de la sanction : ne plus manger. C’est mécanique. Mon cerveau déréglé se satisfait dans le manque de nourriture. Alors depuis quelques semaines, je ne m’autorise plus qu’un repas et demi par jour, sauf en cas de MacDo ou de tout autre excès où le nombre de repas par jour peut descendre en dessous de 1, jusqu’à zéro. Désormais, passer à table devient pour moi une épreuve de force à la fois pour limiter l’ingestion mais aussi pour la justifier. Ce qui ne m’empêchera pas, ce week-end, de passer un mariage hors du commun et de réveillonner sereinement, lors des fêtes de fin d’années… Aussi, et on l’aura compris, le terme de boulirexie est bien la contraction de boulimie et d’anorexie.







