Et voilà encore un de ces semaines de merde qui se termine enfin ! Je suis avachi dans mon canapé, à bouffer des haricots verts détrempés au bisphénol A et à siroter un vieux verre de Bergerac rouge… Je me dis que ça pourrait être pire : ce ne sont que des haricots, pas des chips ! Alors ça me rassure… Un temps.
Ce matin, mon horoscope du 20 minutes (Édition de Lyon) m’annonçait que, derrière la façade parfois joviale et souriante, se cachait en fait un début de dépression… ! Et bien pour une fois, je crois que ce putain de torchon avait raison : je me rends compte que je n’ai envie de rien ; ni de danser, de sortir, ni de manger ou boire, ni de dormir… Ni même de sexe… ! Mouais. Il y a des semaines comme ça… Je crois que je suis tout juste en train de comprendre que c’est mon taf qui me déglingue et que mon orgueil me poussera à poser ma démission pour quitter la société dans les 48 heures sans avoir accès au chômage. C’est ça ou la déprime… ! Toute négociation semblant perdue d’avance… !
Je dis toujours qu’on ne peut voir plus loin que les choix qu’on ne peut pas comprendre. Je comprends que rester n’est pas une solution. Donc partir en est une. Ce n’est qu’une étape. Rien de plus. Charge à moi de savoir rebondir… Mais rapidement.

Seul, à la maison, un lundi soir. J’ai froid. Et je fatigue.
Seul contre moi, seul contre tous, j’affronte mes choix et leurs conséquences.
Je mesure… Mesure l’importance de mon échec, de mes regrets et de mon manque de clairvoyance.
Je suis ce soir, au pied d’un champ de ruine : ici autrefois s’élevait une splendide pyramide. Elle n’était certes, pas terminée mais sa base était suffisamment impressionnante pour faire pâlir d’envie tous les autres. Aujourd’hui, perdu dans mes rêves passés, je sais précisément ce dont j’ai besoin pour aller mieux.
Je sais que seul, je ne vois rien.
Je sais que seul, je ne vaux rien.
Je sais que seul, je ne suis personne…
Cette semaine sonne le glas de mon ex nouvelle vie professionnelle… Mais soyons honnêtes : tout s’écroule et je n’ai aucune porte de sortie, aucune piste, aucun espoir…
Ce soir je me retrouve en fait face à mon plus profond paradoxe : celui qui oppose le Mathieu sûr de lui, téméraire et intrépide au Mathieu perdu, mélancolique et suffisamment lâche pour venir vomir sur Internet ses émotions les plus intimes…
La nuit sera courte… Je le sais déjà…

Enfin, j’ai compris pourquoi je n’aime pas que l’on me souhaite mon anniversaire. Les raisons s’expriment sur trois niveaux. Je vais tenter de les coucher par l’écriture.
Niveau 1 : On ne fait pas l’apologie de la vieillesse, du quart de siècle et plus généralement du temps qui passe.
- Vieillir équivaut à perdre tout un tas d’avantages. Le dernier millésime me fait perdre l’accès au tarif jeune d’Air France et clôture mon Livret Jeune.
Niveau 2 : Souhaiter un anniversaire aujourd’hui relève plus de l’hypocrisie que d’un sentiment sincère.
- Internet, Facebook et autres calendrier dématérialisés sont là pour collecter, anticiper et alerter la moindre date évènementielle faisant peu à peu disparaître et / ou atténuer toute pensée sincère, vraie et préparée. Voila pourquoi fêter mon anniversaire avec un peu de retard témoigne selon moi, plus d’amitié et d’affection.
- A quoi sert-il d’avoir un wall Facebook plein à craquer de doux messages lorsqu’on sait qu’il existe des applications capables d’envoyer automatiquement un petit mot sympa, le jour J, sans même se donner la peine d’y penser ?
- Que dit-on vraiment lorsque l’on souhaite « Bon anniversaire » sinon « Bonjour, je n’ai rien à te dire mais bon anniversaire ! » ?
Niveau 3 : La date de naissance fait partie des données immuables d’un être humain.
Étonnante banalité. Et pourtant. Quand on sait que :
- Je défie plus généralement toute autorité parentale et / ou familiale
Je comprends mieux pourquoi aujourd’hui, je « fête » mon anniversaire avec (tout au plus) un mois de retard sur le calendrier et ce, depuis 11 ans.
L’anniversaire est un symbole. Celui d’une obligation, d’un choix volé, et représente, pour moi, le dernier bastion écrit d’une autorité parentale bien dressée.
