Le Moi Pour Toi a été crée le 31 mars 2005 et s'efforce de retracer au fil des mois, l'évolution de la vie ordinaire de son jeune auteur gay. Depuis mes premiers Coming-Out en passant par ma plus belle histoire d'amour, mon adhésion à l'UMP ou ma passion pour la Bande Dessinée, ce site est d'abord un formidable moyen d'extérioriser ce que j'ai souvent gardé pour moi. Véritable Moi intérieur, il se dévoile pour tous ses lecteurs. Bienvenue sur Le Moi Pour Toi.

mercredi, octobre 21 2009

C'est quoi la pop ?

Il parait que c’est en regardant son passé et son enfance qu’on apprend à se connaitre… Je nuancerais : c’est en comparant son présent à son enfance que je mesure l’ampleur du fossé que j’ai creusé entre ma famille et moi.

Tout repose sur une règle simple : « Tout et son contraire ». Je pourrais dresser une liste, ou même dessiner un tableau tant l’hypothèse me semble immuable. Je ne m’abaisserai pas à ce type de facilité, je lui préfère le style romancé.

Si je commençais par papa ? Le plus facile en premier. Papa est un bricoleur, un technicien… Il a dessiné les plans de sa maison, en a conçu tous les avantages et les défauts, a construit sa cuisine et sa salle de bains… Moi pas : c’est tout juste si je sais percer un trou dans un mur. Que dire alors de son goût prononcé pour la mécanique et les véhicules anciens ? J’avais 8 ans lorsque j’étais au volant de sa Jeep à demi-assemblée ou seul le moteur était présent sur le châssis… J’ai pourtant essayé, moi aussi, la méca… Le pire ? C’est que j’ai réussi !!! Je suis officiellement ingénieur en productique ! C’est bien utile quand on sait qu’aujourd’hui je travaille dans… Le conseil en management. Je continue ? Papa, tu aimes, comme moi d’ailleurs, la bonne musique. Mais ton acharnement à vouloir me faire jouer de la guitare a tué dans l’œuf tout l’intérêt que je pourrais y trouver. La moto ? No way ! Monter des hangars ? Plutôt des châteaux de cartes !
Mais parlons désormais de ce que tu n’aimes pas : les vêtements ? Houlà ! Touché ! La ville ? Touché ! Les magasins ? Touché ! L’informatique ? Touché ! Les livres ? Coulé !
Tout et son contraire : je te l’avais bien dit.

Peut-être maman aura-t-elle plus de chance ? Faites vos jeux ! Maman, à la différence de papa, aime les vêtements, la mode et les restos. Il n’empêche : j’ai trop souvenir de paroles trop haut placées et d’humeurs professionnelles massacrantes pour pouvoir passer à coté. Maman, tu as fait de moi un garçon calme dont les qualités de patience, de sérénité et de pédagogie font les choux gras de mes employeurs. Je t’en remercie. De même, ton côté mère-de-famille-sur-protecto-contrôleuse a brûlé la corde qui me retenait à toi le jour où, à 17 ans, j’ai quitté la maison. Tu ne l’as jamais su et c’est peut-être mieux ainsi. Grâce à toi, je suis sans limites, ultra-potent et téméraire-conscient. Tu as plus joué sur ma psychologie que le matérialisme de terrain qui donne à ton mari ses plus grandes qualités.
Tout et son contraire : la règle s’applique aussi avec toi.

Aujourd’hui regardez-moi : indépendant depuis mes 22 ans, je n’ai eu de cesse de remettre en cause, probablement inconsciemment, un modèle familial que je trouve aujourd’hui certes dépassé, mais également pilier de ma personnalité. Mes mots ne sont ni là pour juger, ni pour critiquer, mais juste pour regarder : je ne demande rien à personne, je ne tiens pas en place, j’achète des pompes à 150€, je ne regarde pas la TV, je fais du sport en salle, je n’ai pas de voiture, j’aime un garçon, je n’aurai pas d’enfants, je dors dans du Rykiel et j’écoute de la pop.

Alors j’ai envie de dire 3 choses :
- La première, c’est que je suis désolé.
- La seconde, c’est que je vous remercie.
- Et la dernière, c’est que la pop exclut, par nature, la guitare-sèche.

vendredi, février 20 2009

A coté de moi

La scène se passe à quelques kilomètres d’altitude. Il était à ma gauche, ses pieds ne touchaient pas le sol et ses grands yeux sombres, noyés dans une épaisse chevelure, dénonçaient sa troublante timidité. Il s’appelait Gustave, n’était pas bien vieux, quatre ans tout au plus, et voyageait à côté de moi sur le vol Le Havre – Lyon de ce vendredi soir. Lui c’est moi. Ou plutôt, moi c’est lui. Enfin, c’est ce que je croyais jusqu’à ce que je m’observe comme si j’étais dans ses yeux : je suis un géant aux cheveux longs, avec des fringues bizarres, je n’ai pas le petit paquet qu’Air France réserve à ses plus jeunes clients voyageant seuls, mon sac est marron tout triste (et surtout il ne contient pas mon nounours) et mes grandes mains peuvent sans problème incliner mon siège, relever la tablette devant moi, ou pire, tenir Le Figaro Économie…

C’est là que j’ai compris : je suis un vieux, un grand, et j’ai revêtu, en seulement quelques mois ou quelques années, l’image de l’adulte formaté et compliqué que les enfants regardent souvent d’un œil lointain.