Le Moi Pour Toi a été crée le 31 mars 2005 et s'efforce de retracer au fil des mois, l'évolution de la vie ordinaire de son jeune auteur gay. Depuis mes premiers Coming-Out en passant par ma plus belle histoire d'amour, mon adhésion à l'UMP ou ma passion pour la Bande Dessinée, ce site est d'abord un formidable moyen d'extérioriser ce que j'ai souvent gardé pour moi. Véritable Moi intérieur, il se dévoile pour tous ses lecteurs. Bienvenue sur Le Moi Pour Toi.

samedi, novembre 28 2009

First Time

J’ai l’impression d’être dans une pub Allianz. Vous savez : celle où le conseil d’administration des sentiments siège dans votre cerveau et où la raison, incarnée par Charlotte Rampling, intervient à la fin pour apporter la bonne réponse. Et bien mon cerveau aujourd’hui c’est un peu ça : un joyeux bordel où tout le monde parle en même temps mais où surtout, Charlotte Rampling manque à l’appel. J’écoute, j’entends, dans tous les sens et ça résonne sans raison.

L’origine de cette agitation provient d’une rencontre qui, bien que planifiée depuis longtemps, a engendré moult remous dans ma tête depuis ce matin. La première personne à prendre la parole est le stress. Sa mission ? Perturber mon équilibre biologique et sentimental pour faire prendre conscience à mon corps tout entier qu’un évènement hors du commun s’approche. Il en résulte une tension, palpable depuis le réveil mais dont l’intensité ira crescendo jusqu’à midi.
Une fois le dossier de ce brave agent cérébral ficelé, il passe la main à la peur. La peur travaille plus vite que le stress et son action peut parfois être dévastatrice. Elle a tenu les rênes de mon cerveau peu avant 13 heures, une vingtaine de minutes environ. Sa mission ? Me faire croire que je ne serai pas à la hauteur.
Heureusement, une fois la seconde poignée de main donnée, elle fut déboutée par l’apaisement puis par le bien-être et ce, jusqu’à la fin de l’après-midi.

Pourquoi un tel remue-ménage ? Parce que c’était ce midi que je devais rencontrer, pour la première fois, les parents de C.. Déjeuner au restaurant, bonne tenue et bonne conduite de rigueur pour ce premier rendez-vous aux allures de rencontre-détente. Je m’attendais à passer une sorte d’entretien d’embauche ou, pire, à être convoqué à un jugement dont je n’avais pas défendu la cause. La peur avait vraiment bien fait son travail (ndlr : penser à lui accorder une promotion de fin d’année). Du coup, on comprend mieux pourquoi le stress a pris le dessus toute la matinée : quels sujets aborder, comment allait-on me considérer, comment s’habiller pour paraitre aussi irréprochable que possible sans trahir le moindre détail de ma personnalité ? La question ne semblait pas, à première vue, évidente, même si mon copain était là pour relativiser et « dédramatiser » l’impact d’une telle rencontre. C’est à ce moment-là que les valeurs sont intervenu brièvement : dans leur esprit, le moment se devait d’être parfait, tant dans la présentation que dans l’attitude ou bien encore dans la qualité des discussions. L’occasion rêvée pour la peur de mettre la pression sur le cerveau tout entier. Mais que voulez-vous, sans raison, c’est le bordel !

J’ai finalement passé un très bon moment. Un excellent moment même : le restau, divinement choisi, situé au cœur de la Confluence et dont le cadre, à la fois original, novateur et conceptuel, inspire sérénité et confiance, était l’endroit idéal pour a first time.

C., j’ai retrouvé dans tes parents et dans la relation que tu entretiens avec eux, tout ce qui manque à ma propre famille : amour, communication, respect et partage et, au-delà du « simple » fait de les rencontrer, l’évènement aura en moi, soulevé moins de satisfaction que d’émotions étranges dont la définition m’échappe encore. Mais pour l’instant, à froid, je dirais avoir presque ressenti un peu de peine et d’envie. On me rétorquera sans doute que l’herbe est toujours plus verte chez le voisin mais quand on sait que dans mon jardin, il n’y a que du calcaire, une simple friche végétale représente déjà beaucoup.

Alors ce soir je suis plein d’espoir, plein de cette envie d’aller plus loin, de retoucher du doigt ce que j’ai pu sentir aujourd’hui mais cette fois, dans ma propre famille. Ma décision est prise, réfléchie et officielle : 2010 sera l’année des vérités. Celles que l’on n’a pas toujours envie d’entendre mais dont les révélations peuvent avoir un effet de levier. Next step : dans les tous premiers jours de janvier, la révélation officielle et écrite à mes parents. Elle se fera par mail et ne sera pas jouée sur le ton du mélodrame.

Cette décision, je te la dois. Depuis bientôt deux ans, tu es la plus belle chose qui me soit arrivée. Puisses-tu continuer à me conduire sur les pas de la raison et de jouer, dans mon cerveau, le rôle magnifique de Charlotte Rampling.

Du fond de mon cœur, et très sincèrement, merci.

Je t’aime.

dimanche, novembre 16 2008

Live And Let Die

Encore une de ces journées d’hiver où le soleil se couche à 16h30, où le froid ronge mes mains et où la lassitude s’empare d’une âme perdue. Nous sommes le 16 novembre, encore en automne certes, mais la nuit et le froid font penser que la France est passée au dessus du 66ème parallèle nord… Tant pis. Il faudra bien faire avec.

Et puis il y a des signes qui ne trompent pas. Qui ne trompent plus, tout simplement. Ce sont les décorations de Noël dans la rue, ce froid sec qui s’empare de ma gorge avant d’allumer ma cigarette, la préparation d’une soupe toute faite au micro-ondes où (Pire encore !) l’apparition de ma date d’anniversaire sur les yaourts les plus frais du marché… Cet état s’appelle lassitude, inactivité ou résignation… Il est typique des dimanches après-midi noirs, humides et froids et n’inspire pas grand-chose de bon. Je pense à l’hiver, au mois de décembre, à mon faux anniversaire et aux fêtes de Noël qu’il faudra passer, tant bien que mal, en famille…

Ma famille m’appelle. On me demande si je vais revenir cet hiver pour Noël. On me demande si je vais daigner bouger mes fesses dans cet endroit perdu où (comme d’habitude) je vais devoir mentir, tous sourires apparents, pour rassurer pères et mères d’une vie qui leur échappe. C’est simple : ça m’énerve. Alors j’appelle (mon forfait Origami a encore de beaux jours devant lui). Il m’aura au moins rapproché de mon frère que j’appelle régulièrement, avec qui je parle désormais sans me cacher, sans mentir, sans même avoir honte. Ca fait du bien, vraiment. Une heure aujourd’hui. Je crois d’ailleurs que je ne l’ai jamais autant appelé que depuis qu’il sait que je suis pédé. C’est drôle. Ou rassurant. A voir.

vendredi, novembre 30 2007

A Toi, mon Ami

La distance et le temps nous auront finalement beaucoup séparés. Heureusement, l’amitié qui nous unit aura toujours été plus forte que ces éloignements physiques. Pratiquement 5 ans après notre dernière rencontre, c’est avec joie que j’accepte de devenir le témoin de ton mariage et de rencontrer ta fiancée. Quelques 24 heures nous auront permis de dérouler les mois d’absence sans l’autre et de dévoiler ce qui a changé, ce qui est toujours pareil, d’évoquer le Berry, notre enfance au collège, nos dizaines d’écrits, notre passion pour la bande dessinée et notre profond respect l’un envers l’autre.

famille_le_moi_pour_toi

J’ai passé un samedi formidable en compagnie d’une partie de ta future belle-famille. Un samedi plein de complicité, de nouvelles connaissances, de sincérité mais aussi de simplicité. Tu vois, notre re-recontre m’aura démontré une fois de plus l’importance de la famille dans l’épanouissement des enfants et des relations qu’il entretiendra plus tard avec lui-même, Dieu, et les autres. Ta famille, comme celle de Mademoiselle est incroyablement unie, respectueuse de tous les autres, compréhensive, attentive, simple, nombreuse, cultivée. Dans la famille d’E., on parle ! On discute ! On aime s’asseoir pour lire, partager une anecdote ! Dans ma famille à moi, cela n’existe pratiquement pas : la télévision a tout dévoré ! Elle a ruiné les relations de communication, ruiné le partage, le respect et la simplicité…

Nul doute ne m’est permis : votre mariage avec E. est le fruit d’un profond amour et d’un respect mutuel que je n’avais encore jamais mesuré. Vous êtes faits l’un pour l’autre, c’est sur. Je vous félicite. Je vous souhaite tout ce que la vie pourra vous offrir de meilleur.

Merci pour votre formidable leçon de vie.