insomnie

Parce que je dois

Croyez-vous qu’une musique puisse influencer le ton et le contenu d’un écrit ?
Croyez-vous que le simple fait de ranger son appartement permette aussi de faire le ménage dans sa tête ?
Pensez-vous que les heures passées au téléphone avec les amis conditionnent la façon de voir les choses ?
Pensez-vous enfin qu’un verre de côtes du Rhône soit suffisant pour désinhiber nos pensées les plus profondes ?

J’en sais rien. En revanche, ce que je sais, c’est que j’ai dans ma tête des pensées et des idées qui feraient mieux d’y rester. Je repense à ce dernier weekend, à ce séjour en Ardèche où mon cœur, pour la première fois depuis des mois, s’est desserré.

Si je devais commencer par la fin je dirais que, dans le fond, je fais de la merde.

Pourquoi ?

Parce que cela va bientôt faire 3 mois que je l’ai rencontré, ce garçon aux yeux bleus et que, depuis tout ce temps, j’ai appris à comprendre qu’il n’était vraiment comme les autres. Et puis, la rencontre est jolie : un avion raté, une soirée annulée et un retour à la maison plus que tardif auront été responsable de notre rencontre à la fin du mois d’août. Ça on le sait déjà. Ce qu’on sait moins, c’est qu’on s’est revus, beaucoup, souvent, y compris lors des deux derniers weekends…

Le premier était un test. Mon test. J’allais devoir affronter, en effet, les regards de deux garçons importants pour moi. Le premier ? Cyprien, mon ex, que je n’avais pas revu depuis des semaines. Le second ? Quentin, mon couple dit « libre » qui me faisait l’honneur de partager mon weekend et à fortiori, cette soirée. Résultat du test ? Échec sur toute la ligne… A peine le pas de la porte franchie, mon cœur palpite, quelques secondes plus tard, j’entends sa voix, le regarde dans les yeux et lui fais la bise. Naturel. Je dois rester naturel. J’écris ces mots comme ils me viennent, par à-coups, mais sincères. Je m’écarte, je me dirige vers la table. V. pose sa main sur ma poitrine, il a compris : mon cœur s’emballe. Je lui glisse un « J’en peux plus » et exige mon premier whisky. Il est serré. Vraiment. Je le bois en 10 minutes assis à côté de Quentin, et de M. aussi. Je n’ai pas mangé, je fais la grimace, mais je l’avale. Le second est un peu moins fort. Je change de place, m’installe non loin de Quentin et lui explique que je pourrais aller mieux. Mes mains tremblent. Énormément. Tellement que je ne peux tenir mon verre sans risquer d’en renverser une partie. C’est trop fort, trop intense : je dois aller lui parler, casser cette glace, briser cette tension que moi seul ressens pour essayer au mieux de passer une meilleure soirée et au pire d’arrêter mes mains de trembler. Alors je vais le voir. Nous parlons, longtemps me dira-t-on. Je n’ai pas eu l’impression. Lorsqu’il me dit que mes mains tremblent, je réponds : « C’est normal, ça arrive… » et les serre l’une contre l’autre… Nous échangeons quelques banalités, suffisamment pour que je décide de me resservir un verre lorsqu’il m’annonce son ras-le-bol général des mecs et de ses critères de sélection qu’il a revus à la baisse… C’est alors que Quentin m’attrape par le bras, me regarde dans les yeux et me demande de l’accompagner dans la chambre, une première fois ; je refuse, puis une seconde… Ce n’est qu’à la troisième que j’accepte de le suivre. Il me demande ce que je fais, à quoi je joue. Je lui réponds que je ne comprends pas de quoi il parle, que je n’ai fait que lui parler et qu’il le fallait pour que je me sente mieux. Il parait que c’est à moi que je fais du mal et que je suis encore amoureux. Foutaises ! L’incident m’aura quand même suffisamment calmé pour que je ne me hasarde pas à le revoir d’aussi près. Alors je bois, et je rebois. Du vin, du rouge, du blanc… J’avais la tête qui tourne, noyée, comme d’habitude, dans l’excès des mauvais jours. C’est bien plus tard dans la soirée, justement sur Get outta my way de Kylie Minogue, que Cyprien me demande quelque chose de « pas très sympa ». Il me demande si cela me dérange qu’il fasse fondre la gourmette en argent (copie conforme de la mienne au prénom près et à la date) que je lui ai offert pour ses 20 ans mais dont il a « marre » des maillons… Ma réponse est nette, claire et sans bavure : « Fais ce que tu veux, je m’en fous ». Ces mots sont les derniers que j’ai échangés avec lui, encore aujourd’hui. Ça n’a l’air de rien, mais l’épisode m’aura montré combien j’ai pu être aveugle pendant les deux ans de ma relation avec lui.

Au-delà de ça, le fait est que Quentin était présent lors de cette soirée, qu’il a tout vu, tout compris, et bien plus encore : c’est là que nous arrivons au second weekend (au weekend dernier sommes toutes) et à cette fameuse nuit de samedi à dimanche pendant laquelle je n’ai dormi que… Quelques heures… !

La journée se passe tranquillement, proches l’un l’autre, au chaud à l’intérieur par une ignoble journée d’automne, à partager des moments privilégiés l’un avec l’autre… C’est uniquement le soir, vers 2h du matin, alors que nous décidons de nous coucher, que je lui parle de ce que je ressens, et de ce que je comprends. J’annonce m’être rapproché de lui, j’annonce m’attacher à lui sans pour autant être amoureux, que j’aimerais le garder pour moi, ne plus être en couple « libre » et lui demander l’exclusivité. On me répond que depuis des semaines, sa position n’a pas changé, qu’il n’est pas amoureux mais que, pour autant, il n’a pas partagé son lit avec un autre que moi depuis notre rencontre, qu’il n’en cherche pas d’autre, que la relation lui convient telle qu’elle est, qu’il veut bien m’aider à me reconstruire mais pas à construire… Résultat ? Totale insomnie. Endormi à cinq heures passées, je revois encore mes yeux grands ouverts à scruter le plafond et ses imperfections… Réveillé une première fois à sept heures puis une seconde à neuf, c’est assez fatigué que j’ai passé le dimanche. Je n’ai bien sûr pas cherché à obtenir le moindre signe d’affection, ni même la moindre considération. J’ai juste été surpris de constater que le plus demandeur, ce n’était pas moi mais… Lui… ! Je n’ai pas peiné, le soir-même, à trouver le sommeil mais j’ai passé du temps le lendemain avec Gé au téléphone pour lui en parler. Elle me fait du bien, tout le temps, et elle m’aide à avancer… ! Enfin ces derniers jours, pour ne plus y repenser, c’est dans le travail que j’ai noyé mes pensées : occuper son cerveau à tout un tas d’autres choses est certainement plus productif pour tout le monde… !

Il n’empêche : je suis encore là, ce soir à raconter ma vie et à me demander si, cette nuit, je trouverai le sommeil…

La vie est parfois (franchement) bien compliquée et le bonheur tellement… Inaccessible… !

Si vous êtes arrivé(e) jusque-là… Merci ! 

chute

Je devrais le savoir

Ce n’est pas comme si je ne me connaissais pas : il existe deux raisons pour lesquelles je n’écris pas :

  1. Tout va bien
  2. Tout ne va pas bien mais la situation reste suffisamment vivable pour ne pas la décrire.

C’est pourtant bien cette deuxième raison qui me pousse ce soir, à reprendre le clavier et le fil que j’ai coupé il y a 3 semaines. Il y a eu récemment une coupure, un break, un choc que je commence tout juste à assimiler. L’écrire, c’est le comprendre ; et le comprendre, c’est voir au-delà…

Bizarrement, c’est le lendemain de la publication de l’article C’est quoi, Être Amoureux ? que j’ai revu mon ex, le soir au restaurant. Je m’en souviens encore : en acceptant l’invitation je savais déjà que je m’exposais à une nouvelle nuit d’insomnie mais j’étais loin de m’imaginer à quel point cette re-rencontre amorcerait le déclin de mon attachement viscéral envers mon ex. Le dîner dure deux heures trente. Deux heures trente rythmées de propos lourds, difficiles et parfois violents. Fort de mes longues nuits de réflexion, j’ai l’occasion d’exposer de façon constructive et réfléchie la manière dont j’ai vécu mon couple pendant plus de deux ans, le futur que j’y associais, mais aussi la façon dont mon corps et mon esprit ont finalement rejeté la rupture. Je parle d’amour, de société, de vie et de pyramide… On me rétorque que deux ans, à l’échelle d’une vie représentent une période d’essai, que la rupture n’est que le déménagement d’une armoire sortie d’une pièce finalement réagencée, mais que la dite armoire est partie avec son contenu…

C’était la veille de mon premier jour dans ma nouvelle société, tout juste la veille du début d’une nouvelle vie. C’était il y a un mois aujourd’hui et j’ai pourtant l’impression qu’un temps infini s’est écoulé depuis.

Pourquoi ? Parce que mon cœur a croisé des yeux Lapis-Lazuli… Et c’est grâce à eux que j’arrive à reporter sur moi, ce minimum d’estime que je pensais avoir perdu.

lapis eyes

C’est quoi, Être Amoureux ?

Cette question-là, je me la pose depuis quelques semaines désormais. Mais, avant d’essayer d’en trouver la réponse, je dois d’abord comprendre pourquoi elle est arrivée dans mon esprit. C’est au départ ma solitude qui me pousse à me la poser. Une solitude pesante lorsque l’on comprend ma vie est mes aspirations (tout est question de pyramide et de schémas). Je me la pose car mon esprit s’égare, que des larmes coulent encore et que mon cœur va mal. Je me la pose car je change, indubitablement, que mon corps aussi change et que l’insomnie revient subrepticement s’installer dans mon quotidien.

L’insomnie, reine de tous mes maux et de l’existence même de plusieurs de mes écrits, agit sur moi comme une hormone, une drogue, un bloqueur de récepteurs qui pousse mon cerveau à la suractivité nocturne. Le résultat ? Beaucoup de questions et presque autant de réponses. Oui, l’insomnie n’a pas que des mauvais côtés. Elle m’apprend à me connaître et ce faisant, à me dépasser.

Soyons honnête : je subis encore aujourd’hui les conséquences de ma rupture. La destruction de l’entité « couple » dans les premiers étages de ma pyramide de vie a eu l’effet dévastateur d’en entraîner l’écroulement. J’essaie aujourd’hui d’en redessiner les plans sur les ruines de son glorieux passé mais, dans l’hypothèse que je ne parvienne pas à la reconstruire (dans les temps), je suis contraint d’élaborer l’éventuel plan B. Celui-ci passe forcément par la redéfinition de mes fondements et du redessin des fondations de la dite pyramide.

C’est quoi l’amour ? Est-ce dire à sa mère qu’on l’aime ? Caresser son chat avant de s’endormir ? Pleurer lorsque l’on perd un être cher ? Peut-être. Je suppose que c’est un peu tout cela, mais en partie seulement. Car je distingue plusieurs formes d’amour : l’amour que l’on éprouve naturellement pour ses proches, sa famille de sang, l’amour quasi éternel que l’on donne et l’on reçoit de ses amis et enfin, l’amour ultime, celui que le corps et l’esprit sont capables de donner à l’être aimé.

Cet amour ultime et exclusif, je l’ai ressenti pendant deux ans. Et c’est clairement sa force et son magnétisme qui assuraient la stabilité et la cohérence de ma pyramide. En d’autres termes, et pour être vraiment clair, je sais aujourd’hui ce que signifie pour moi Être Amoureux.

Être Amoureux, ce n’est pas simplement penser à l’autre personne, aimer être à ses côtés, réclamer sa présence, ses messages, rechercher son odeur et sa chaleur… Être Amoureux signifie pour moi être capable de mourir pour l’autre. Et je comprends seulement aujourd’hui, avec tout le recul et l’humilité que je dois nécessairement prendre, que je l’ai réellement vécu.

Oui, j’ai aimé à en mourir.
Oui, je regrette que cela soit terminé.
Oui, je crois que plus jamais dans ma vie je ne serai capable d’aimer autant et si fort.

Tout ça, c’est du gâchis. Un immense gâchis…

seul

C’est quoi être insomniaque ?

Version tweet :

Être insomniaque, ça commence il y a bientôt 3 (!!!) mois.

Être insomniaque, cela veut dire penser constamment à autre chose, agiter son cerveau dans tous les sens pour ne pas en retirer grand-chose. C’est se faire du souci, et avoir le temps de réfléchir et de penser… Penser à soi, aux autres, à sa vie et au sens que l’on veut lui donner.

Être insomniaque, cela ne signifie pas forcément ne plus dormir. Ce n’est pas ça du tout, enfin du moins, tel que je conçois les choses et telles que je les vis. Car oui il y a des nuits où je dors bien, j’entends par là que je me couche sans broncher, parfois même que je lis un peu et que je me réveille, comme un charme, après 6 heures de sommeil non interrompu. C’est rare, mais ça arrive.

Dans les autres cas, être insomniaque signifie pour moi la longue attente du premier train du sommeil. Son arrivée est souvent retardée après minuit ou une heure du matin et parfois au-delà. C’était le cas hier soir où, sans avoir abusé d’alcool, de fête ou de quoi que ce soit d’autre, je n’ai pu trouver le sommeil avant pratiquement 3 heures. Cela semble encore être le cas ce soir où l’arrivée du premier train n’est pas encore annoncée alors qu’il est déjà minuit passée.

Je me souviens, les premières semaines, ce manque de sommeil me pesait. J’avais beau dormir habituellement 6 à 7 heures par nuit, dormir moins avait assurément pour résultat de me fatiguer un peu plus.
Aujourd’hui, je vis ce changement comme un nouveau mode de vie. Il est très clair que je dors désormais bien moins qu’avant. Six heures sont désormais parfaitement suffisantes pour m’assurer une très bonne journée. Et encore, six heures, c’est pour les bonnes nuits. En fait je me rends compte que je vis bien plus maintenant qu’avant.

Dans le fond, ça me va. Je me souviens de ce que je me dis toujours Mamie : « On dormira assez quand on sera mort ».

Elle a raison.

mire