Je sais bien que je n’ai plus le talent de mes 20 ans : je n’ai plus, en effet, cette capacité à écrire et à partager mes émotions comme avant. Il n’empêche que j’ai quand même écrit, par petits morceaux, quelques bribes de pensées qui, une fois mises bout à bout, devraient pouvoir retracer, le plus fidèlement possible, ce qui s’est passé ces derniers temps. C’est précisément à cet exercice que je vais me livrer.
Flashback
Nous sommes le samedi 24 décembre 2011. Comme promis, je dois prendre la voiture et aller chez mes parents, dans le Centre de la France. C’est en effet ce soir qu’a lieu le traditionnel réveillon de Noël chez ma grand-mère. Je profite un maximum de la soirée du vendredi et de la matinée du samedi avec mon jeune mari. Cela va faire plusieurs mois que nous habitons ensemble et ce n’est pas pour me déplaire : nos caractères, hautement compatibles, ont pris le temps de s’adapter à l’autre et forment, dans mon appartement de 35 m2, le petit couple idéal si cher au patron de ma pyramide. Je n’ai pas envie de partir. Je le sais. Mais je dois tenir mes engagements. Avant mon départ, je serre mon chéri dans mes bras, l’embrasse longuement, et lui souhaite aussi de bons moments en famille. Il va en effet retrouver sa mère et sa sœur à Lille et profiter un maximum du restant de la famille restée sur Paris. Je passe une petite semaine toute ordinaire chez mes parents : nous avons désormais compris qu’il nous suffit de picoler pour oublier nos différences. Cela tombe bien : j’ai plein de Champagne et de vin rouge dans le coffre de la voiture. Nous n’aurons d’ailleurs pas, au final, tout testé mais nous aurons profité de ma cave ambulante tous ensemble, y compris avec mon frère. J’attends quand même, avec une impatience légitime, cette soirée du 31 à Orléans chez Elise où j’ai justement prévu de retrouver mon mari.
Flashback
Nous sommes le samedi 31 décembre 2011, il est 23h59, je suis avec Mark, chez Elise, à Orléans. Le moment tant attendu est enfin là : on va enfin pouvoir dire Adieu à l’année passée et mettre plein d’espoir dans la nouvelle. On ne peut rien contre le temps. Le mieux que l’on puisse faire est encore de profiter de sa présence sans le regarder passer. Je redoute depuis plusieurs nuits déjà les 20 dernières secondes de l’année. Je commence à me rendre compte qu’il n’était pas nécessaire d’y réfléchir autant quand on voit la vitesse à laquelle le moment passe. Je prends Mark dans mes bras. Je ne pleurerai pas. Je le regarde dans les yeux. Ils sont toujours aussi beaux. Je ne pleurerai pas. Il passe ses mains autour de ma taille. Je ne pleurerai pas. Je pose ma joue contre la sienne. Je pleure.
5 ! Le moment est venu.
4 ! This is it.
3 ! Que dois-je te souhaiter pour la nouvelle année ?
2 ! Ben… Un bon voyage ?
1 ! D’accord : un bon voyage.
Bonne annéééeee !!! Je t’aime.
J’aurais voulu que 2011 ne se termine jamais…
Ma J12 indique déjà 1.
Flashback
Nous sommes le samedi 07 janvier 2012, en milieu de matinée, au Café des Antiquaires à Lyon. Nous prenons le petit déjeuner. Nous passons un bon moment mais je sais que quelque chose me taraude l’esprit depuis la veille. Je n’ai d’ailleurs pas beaucoup dormi. Je ne sais pas encore, à ce moment là, que j’entame une nouvelle belle période d’insomnie. Mark sent bien que quelque chose ne va pas. Il se doute bien que son départ y est pour quelque chose mais me demande quand même de lui en dire plus. Je lui dis que, s’il me le demande, je serai capable de rester avec lui même à une demi planète de distance : un simple mot et je m’exécute. L’appel reste sans réponse concrète. Tout au plus évoque-t-il la difficulté d’un tel engagement avec de recentrer ses pensées sur son chocolat chaud.
Flashback
Nous sommes le mercredi 25 janvier 2012, il est 21h00, je suis avec Mark au Bien Fait, Place de la Baleine dans le Vieux Lyon. Ce mois de janvier doit être irréprochable, parfait, et répondre à toutes nos envies. La première est bien entendu de se retrouver aussi souvent que possible. Voila pourquoi j’ai fait le déplacement depuis Lausanne pour passer la soirée avec mon jeune mari. Je suis content. Nous passons un agréable moment dans ce petit restaurant aux allures de bouchon de luxe. Nous buvons du bon vin. Nous rions. Nous imaginons toutes les choses qu’il nous reste encore à voir tous les deux : Vienne, Prague, New York… J’adore son sourire. Et sa joie de vivre. Je l’aime. Plus que tout.
Flashback
Nous sommes le dimanche 29 janvier 2012. Il est midi. Je fais la vaisselle pendant que Mark finalise son sac. Mes larmes s’effondrent sur les assiettes avant de disparaître dans la mousse chaude. Je fais comme si tout allait bien. En vain. Mark m’entend et me dit « Mon chéri… » avant de me prendre dans ses bras. Je sais que c’est l’une des dernières fois, que cela n’a pas de prix et que je dois inscrire à tout jamais ces derniers moments dans ma mémoire. Plus tard, ses affaires rassemblées, je retrouve mon appartement désert et sans vie. Tout a disparu. Je l’aide à transporter son sac à dos. J’ai mal au ventre. Nous nous dirigeons vers Perrache prendre ce tramway nommé T1. Mes yeux sont chargés. Et mes mains tremblent. Nous arrivons à la gare. Nous prenons un café. Assis devant lui pour la dernière fois, je m’effondre à nouveau avant de confirmer, encore une fois, que tout ce qui a commencé doit finir. Puis le quai est annoncé : voie D. L’attente est interminable. Insupportable. Puis le monstre arrive, triomphant. Le double TGV duplex s’installe sur le quai, les contrôleurs pressent les voyageurs de s’engouffrer dans le train et j’embrasse Mark une dernière fois, de toutes mes forces, dans une étreinte mêlée de peine, de larmes et de la douceur d’un dernier baiser. Il monte dans la rame. Je le regarde une dernière fois, jusqu’au dernier moment, avant que les portes ne se referment et que le train ne finisse par quitter définitivement le quai. Alors je reste seul debout, plusieurs minutes, à pleurer et à comprendre que ma vie vient de basculer, pour toujours. Mon téléphone sonne. Nous échangeons nos derniers SMS : « Je t’aime :-) », « Je t’aime plus que tout au monde mon chéri. A bientôt j’espère », « Oui, prends soin de toi hein ^^ ». Je descends les escaliers, Marianne est là. Elle me prend dans ses bras. Je tremble. Mon Kleenex est trempé. Mes yeux sont noyés dans mes larmes. La voix tremblante, je trouve encore la force de lui dire « Il est parti pour toujours ». Elle a l’élégance de ne pas répondre, et d’attendre un moment avant de me conduire vers le tramway.
Flashback
Nous sommes le lundi 30 janvier 2012, il est 10h00, je suis à Lausanne, chez mon client et je me suis isolé dehors le temps de passer mon dernier coup de fil à Mark. Je viens de passer mon premier dimanche sans lui et ma première nuit de réelle insomnie. Je suis parti ce matin sans entendre le son de sa voix depuis la chambre pour me dire « Je t’aime ». Je suis fatigué moralement et je m’effondre de nouveau. Je lui soumets alors ma dernière requête, pleine de désespoir : je lui annonce qu’il représente beaucoup de choses pour moi, que je ne peux pas le quitter mais que je veux, bien au contraire, passer une partie de ma vie et me marier avec lui. C’est tout naturellement et presque sans surprise qu’il me répond « Ben oui si tu veux on peut essayer. Et puis tu sais c’est ce que je t’avais dit ». Cette réponse m’aura calmé quelques minutes, suffisamment pour pouvoir donner le change face à mes collègues. Personne ne sait ici. Mais je continue d’être triste au fond de moi…
Retour au temps réel
Alors où en suis-je aujourd’hui ? Je suis psychologiquement instable, perdu de la vie comme on dit : mon humeur et mes opinions changent radicalement d’un jour à l’autre, je m’interroge continuellement sur le sens de cette relation sans jamais trouver de réponse cohérente et/ou satisfaisante. Je ne dors plus ou encore moins qu’avant. Mes nuits sont agitées et, à chaque réveil, je me rue sur mon iPad pour consulter mes mails, Skype, Facebook ou le carnet de voyage de Mark. Face à l’évolution de sa nouvelle vie, j’éprouve aléatoirement haine, envie, passion, amour ou désenchantement. Dimanche dernier, face à ma solitude, je craque et lui envoie un SMS : « Encore un dimanche sans toi. Je pense à toi mon cœur. Tout le temps. Je t’aime. ». La réponse est quasi immédiate : « Mon chéri… Moi aussi je t’aime. Je t’écris plus longuement demain. Je suis en soirée avec des collègues. Gros bisou. ». Je n’ai toujours pas de nouvelles aujourd’hui. Alors je continue, dès que mon cerveau le peut, à m’interroger sur le sens de tout cela mais plus profondément, au sens de ma propre vie… Je sais surtout ce à quoi je dois faire face : mes 30 ans sonneront le glas de mes rêves de jeunesse. J’ai encore deux ans et demi pour l’accepter…
Très bonne Saint Valentin à tous.

Croyez-vous qu’une musique puisse influencer le ton et le contenu d’un écrit ?
Croyez-vous que le simple fait de ranger son appartement permette aussi de faire le ménage dans sa tête ?
Pensez-vous que les heures passées au téléphone avec les amis conditionnent la façon de voir les choses ?
Pensez-vous enfin qu’un verre de côtes du Rhône soit suffisant pour désinhiber nos pensées les plus profondes ?
J’en sais rien. En revanche, ce que je sais, c’est que j’ai dans ma tête des pensées et des idées qui feraient mieux d’y rester. Je repense à ce dernier weekend, à ce séjour en Ardèche où mon cœur, pour la première fois depuis des mois, s’est desserré.
Si je devais commencer par la fin je dirais que, dans le fond, je fais de la merde.
Pourquoi ?
Parce que cela va bientôt faire 3 mois que je l’ai rencontré, ce garçon aux yeux bleus et que, depuis tout ce temps, j’ai appris à comprendre qu’il n’était vraiment comme les autres. Et puis, la rencontre est jolie : un avion raté, une soirée annulée et un retour à la maison plus que tardif auront été responsable de notre rencontre à la fin du mois d’août. Ça on le sait déjà. Ce qu’on sait moins, c’est qu’on s’est revus, beaucoup, souvent, y compris lors des deux derniers weekends…
Le premier était un test. Mon test. J’allais devoir affronter, en effet, les regards de deux garçons importants pour moi. Le premier ? Cyprien, mon ex, que je n’avais pas revu depuis des semaines. Le second ? Quentin, mon couple dit « libre » qui me faisait l’honneur de partager mon weekend et à fortiori, cette soirée. Résultat du test ? Échec sur toute la ligne… A peine le pas de la porte franchie, mon cœur palpite, quelques secondes plus tard, j’entends sa voix, le regarde dans les yeux et lui fais la bise. Naturel. Je dois rester naturel. J’écris ces mots comme ils me viennent, par à-coups, mais sincères. Je m’écarte, je me dirige vers la table. V. pose sa main sur ma poitrine, il a compris : mon cœur s’emballe. Je lui glisse un « J’en peux plus » et exige mon premier whisky. Il est serré. Vraiment. Je le bois en 10 minutes assis à côté de Quentin, et de M. aussi. Je n’ai pas mangé, je fais la grimace, mais je l’avale. Le second est un peu moins fort. Je change de place, m’installe non loin de Quentin et lui explique que je pourrais aller mieux. Mes mains tremblent. Énormément. Tellement que je ne peux tenir mon verre sans risquer d’en renverser une partie. C’est trop fort, trop intense : je dois aller lui parler, casser cette glace, briser cette tension que moi seul ressens pour essayer au mieux de passer une meilleure soirée et au pire d’arrêter mes mains de trembler. Alors je vais le voir. Nous parlons, longtemps me dira-t-on. Je n’ai pas eu l’impression. Lorsqu’il me dit que mes mains tremblent, je réponds : « C’est normal, ça arrive… » et les serre l’une contre l’autre… Nous échangeons quelques banalités, suffisamment pour que je décide de me resservir un verre lorsqu’il m’annonce son ras-le-bol général des mecs et de ses critères de sélection qu’il a revus à la baisse… C’est alors que Quentin m’attrape par le bras, me regarde dans les yeux et me demande de l’accompagner dans la chambre, une première fois ; je refuse, puis une seconde… Ce n’est qu’à la troisième que j’accepte de le suivre. Il me demande ce que je fais, à quoi je joue. Je lui réponds que je ne comprends pas de quoi il parle, que je n’ai fait que lui parler et qu’il le fallait pour que je me sente mieux. Il parait que c’est à moi que je fais du mal et que je suis encore amoureux. Foutaises ! L’incident m’aura quand même suffisamment calmé pour que je ne me hasarde pas à le revoir d’aussi près. Alors je bois, et je rebois. Du vin, du rouge, du blanc… J’avais la tête qui tourne, noyée, comme d’habitude, dans l’excès des mauvais jours. C’est bien plus tard dans la soirée, justement sur Get outta my way de Kylie Minogue, que Cyprien me demande quelque chose de « pas très sympa ». Il me demande si cela me dérange qu’il fasse fondre la gourmette en argent (copie conforme de la mienne au prénom près et à la date) que je lui ai offert pour ses 20 ans mais dont il a « marre » des maillons… Ma réponse est nette, claire et sans bavure : « Fais ce que tu veux, je m’en fous ». Ces mots sont les derniers que j’ai échangés avec lui, encore aujourd’hui. Ça n’a l’air de rien, mais l’épisode m’aura montré combien j’ai pu être aveugle pendant les deux ans de ma relation avec lui.
Au-delà de ça, le fait est que Quentin était présent lors de cette soirée, qu’il a tout vu, tout compris, et bien plus encore : c’est là que nous arrivons au second weekend (au weekend dernier sommes toutes) et à cette fameuse nuit de samedi à dimanche pendant laquelle je n’ai dormi que… Quelques heures… !
La journée se passe tranquillement, proches l’un l’autre, au chaud à l’intérieur par une ignoble journée d’automne, à partager des moments privilégiés l’un avec l’autre… C’est uniquement le soir, vers 2h du matin, alors que nous décidons de nous coucher, que je lui parle de ce que je ressens, et de ce que je comprends. J’annonce m’être rapproché de lui, j’annonce m’attacher à lui sans pour autant être amoureux, que j’aimerais le garder pour moi, ne plus être en couple « libre » et lui demander l’exclusivité. On me répond que depuis des semaines, sa position n’a pas changé, qu’il n’est pas amoureux mais que, pour autant, il n’a pas partagé son lit avec un autre que moi depuis notre rencontre, qu’il n’en cherche pas d’autre, que la relation lui convient telle qu’elle est, qu’il veut bien m’aider à me reconstruire mais pas à construire… Résultat ? Totale insomnie. Endormi à cinq heures passées, je revois encore mes yeux grands ouverts à scruter le plafond et ses imperfections… Réveillé une première fois à sept heures puis une seconde à neuf, c’est assez fatigué que j’ai passé le dimanche. Je n’ai bien sûr pas cherché à obtenir le moindre signe d’affection, ni même la moindre considération. J’ai juste été surpris de constater que le plus demandeur, ce n’était pas moi mais… Lui… ! Je n’ai pas peiné, le soir-même, à trouver le sommeil mais j’ai passé du temps le lendemain avec Gé au téléphone pour lui en parler. Elle me fait du bien, tout le temps, et elle m’aide à avancer… ! Enfin ces derniers jours, pour ne plus y repenser, c’est dans le travail que j’ai noyé mes pensées : occuper son cerveau à tout un tas d’autres choses est certainement plus productif pour tout le monde… !
Il n’empêche : je suis encore là, ce soir à raconter ma vie et à me demander si, cette nuit, je trouverai le sommeil…
La vie est parfois (franchement) bien compliquée et le bonheur tellement… Inaccessible… !
Si vous êtes arrivé(e) jusque-là… Merci !

Ce n’est pas comme si je ne me connaissais pas : il existe deux raisons pour lesquelles je n’écris pas :
- Tout va bien
- Tout ne va pas bien mais la situation reste suffisamment vivable pour ne pas la décrire.
C’est pourtant bien cette deuxième raison qui me pousse ce soir, à reprendre le clavier et le fil que j’ai coupé il y a 3 semaines. Il y a eu récemment une coupure, un break, un choc que je commence tout juste à assimiler. L’écrire, c’est le comprendre ; et le comprendre, c’est voir au-delà…
Bizarrement, c’est le lendemain de la publication de l’article C’est quoi, Être Amoureux ? que j’ai revu mon ex, le soir au restaurant. Je m’en souviens encore : en acceptant l’invitation je savais déjà que je m’exposais à une nouvelle nuit d’insomnie mais j’étais loin de m’imaginer à quel point cette re-rencontre amorcerait le déclin de mon attachement viscéral envers mon ex. Le dîner dure deux heures trente. Deux heures trente rythmées de propos lourds, difficiles et parfois violents. Fort de mes longues nuits de réflexion, j’ai l’occasion d’exposer de façon constructive et réfléchie la manière dont j’ai vécu mon couple pendant plus de deux ans, le futur que j’y associais, mais aussi la façon dont mon corps et mon esprit ont finalement rejeté la rupture. Je parle d’amour, de société, de vie et de pyramide… On me rétorque que deux ans, à l’échelle d’une vie représentent une période d’essai, que la rupture n’est que le déménagement d’une armoire sortie d’une pièce finalement réagencée, mais que la dite armoire est partie avec son contenu…
C’était la veille de mon premier jour dans ma nouvelle société, tout juste la veille du début d’une nouvelle vie. C’était il y a un mois aujourd’hui et j’ai pourtant l’impression qu’un temps infini s’est écoulé depuis.
Pourquoi ? Parce que mon cœur a croisé des yeux Lapis-Lazuli… Et c’est grâce à eux que j’arrive à reporter sur moi, ce minimum d’estime que je pensais avoir perdu.

Cette question-là, je me la pose depuis quelques semaines désormais. Mais, avant d’essayer d’en trouver la réponse, je dois d’abord comprendre pourquoi elle est arrivée dans mon esprit. C’est au départ ma solitude qui me pousse à me la poser. Une solitude pesante lorsque l’on comprend ma vie est mes aspirations (tout est question de pyramide et de schémas). Je me la pose car mon esprit s’égare, que des larmes coulent encore et que mon cœur va mal. Je me la pose car je change, indubitablement, que mon corps aussi change et que l’insomnie revient subrepticement s’installer dans mon quotidien.
L’insomnie, reine de tous mes maux et de l’existence même de plusieurs de mes écrits, agit sur moi comme une hormone, une drogue, un bloqueur de récepteurs qui pousse mon cerveau à la suractivité nocturne. Le résultat ? Beaucoup de questions et presque autant de réponses. Oui, l’insomnie n’a pas que des mauvais côtés. Elle m’apprend à me connaître et ce faisant, à me dépasser.
Soyons honnête : je subis encore aujourd’hui les conséquences de ma rupture. La destruction de l’entité « couple » dans les premiers étages de ma pyramide de vie a eu l’effet dévastateur d’en entraîner l’écroulement. J’essaie aujourd’hui d’en redessiner les plans sur les ruines de son glorieux passé mais, dans l’hypothèse que je ne parvienne pas à la reconstruire (dans les temps), je suis contraint d’élaborer l’éventuel plan B. Celui-ci passe forcément par la redéfinition de mes fondements et du redessin des fondations de la dite pyramide.
C’est quoi l’amour ? Est-ce dire à sa mère qu’on l’aime ? Caresser son chat avant de s’endormir ? Pleurer lorsque l’on perd un être cher ? Peut-être. Je suppose que c’est un peu tout cela, mais en partie seulement. Car je distingue plusieurs formes d’amour : l’amour que l’on éprouve naturellement pour ses proches, sa famille de sang, l’amour quasi éternel que l’on donne et l’on reçoit de ses amis et enfin, l’amour ultime, celui que le corps et l’esprit sont capables de donner à l’être aimé.
Cet amour ultime et exclusif, je l’ai ressenti pendant deux ans. Et c’est clairement sa force et son magnétisme qui assuraient la stabilité et la cohérence de ma pyramide. En d’autres termes, et pour être vraiment clair, je sais aujourd’hui ce que signifie pour moi Être Amoureux.
Être Amoureux, ce n’est pas simplement penser à l’autre personne, aimer être à ses côtés, réclamer sa présence, ses messages, rechercher son odeur et sa chaleur… Être Amoureux signifie pour moi être capable de mourir pour l’autre. Et je comprends seulement aujourd’hui, avec tout le recul et l’humilité que je dois nécessairement prendre, que je l’ai réellement vécu.
Oui, j’ai aimé à en mourir.
Oui, je regrette que cela soit terminé.
Oui, je crois que plus jamais dans ma vie je ne serai capable d’aimer autant et si fort.
Tout ça, c’est du gâchis. Un immense gâchis…

Version tweet :
Être insomniaque, ça commence il y a bientôt 3 (!!!) mois.
Être insomniaque, cela veut dire penser constamment à autre chose, agiter son cerveau dans tous les sens pour ne pas en retirer grand-chose. C’est se faire du souci, et avoir le temps de réfléchir et de penser… Penser à soi, aux autres, à sa vie et au sens que l’on veut lui donner.
Être insomniaque, cela ne signifie pas forcément ne plus dormir. Ce n’est pas ça du tout, enfin du moins, tel que je conçois les choses et telles que je les vis. Car oui il y a des nuits où je dors bien, j’entends par là que je me couche sans broncher, parfois même que je lis un peu et que je me réveille, comme un charme, après 6 heures de sommeil non interrompu. C’est rare, mais ça arrive.
Dans les autres cas, être insomniaque signifie pour moi la longue attente du premier train du sommeil. Son arrivée est souvent retardée après minuit ou une heure du matin et parfois au-delà. C’était le cas hier soir où, sans avoir abusé d’alcool, de fête ou de quoi que ce soit d’autre, je n’ai pu trouver le sommeil avant pratiquement 3 heures. Cela semble encore être le cas ce soir où l’arrivée du premier train n’est pas encore annoncée alors qu’il est déjà minuit passée.
Je me souviens, les premières semaines, ce manque de sommeil me pesait. J’avais beau dormir habituellement 6 à 7 heures par nuit, dormir moins avait assurément pour résultat de me fatiguer un peu plus.
Aujourd’hui, je vis ce changement comme un nouveau mode de vie. Il est très clair que je dors désormais bien moins qu’avant. Six heures sont désormais parfaitement suffisantes pour m’assurer une très bonne journée. Et encore, six heures, c’est pour les bonnes nuits. En fait je me rends compte que je vis bien plus maintenant qu’avant.
Dans le fond, ça me va. Je me souviens de ce que je me dis toujours Mamie : « On dormira assez quand on sera mort ».
Elle a raison.
