Il y a des déclarations que je peux laisser passer. Celle que le Pape a eu l’idée de sortir aujourd’hui même en fait parti. Ses sujets de discorde habituels (le mariage, les pédés, le sexe et le sida pour ne citer qu’eux) font trop souvent couler l’encre de l’incompréhension et de l’irrespect pour que je ne me livre pas à l’exercice délicat du management simultané de la chèvre et du chou… ^^
Tout d’abord (et ce n’est un secret pour personne), je suis catho croyant. A ce titre, le Pape est sans conteste possible mon chef dit « spirituel ».
Mais le souci c’est que je suis aussi un homme moderne. J’entends par là que je ne vais pas à la messe tous les dimanches (loin de là même !), que j’ai couché (et que je coucherai encore !) avant de (peut-être !) me marier, qui plus est, avec un homme et que ma spiritualité découle plus de « Passe-moi l’ciel » que de la Bible.
Maintenant, que dois-je penser de la déclaration de notre Pape à savoir que l’utilisation du préservatif aggrave le problème du sida ? Et bien ma réponse est bien plus simple qu’il n’y parait. Benoît n’a tout simplement rien compris à la vie. Ou plutôt, il n’a pas vu que, même si Google Books a numérisé la Bible dans toutes les langues, le discours du fils de son meilleur pote commençait à devenir un peu vieillot et qu’on lui préfère aujourd’hui ceux de prophètes médiatiques comme l’Abbé Pierre ou Sœur Thérésa.
Mais alors pourquoi s’entêter ? On me dira qu’il lui suffira de regarder le Groland tous les dimanches pour se rendre compte que tout a bien changé en deux mille ans. Et bien le problème dans tout ça, c’est Dieu qui n’a pas envoyé de signes suffisamment flagrants de sa présence (les miracles ça compte pas car personne y croit). Aussi, Benoît se veut donc le digne bénéficiaire et défenseur d’un investissement dont l’effort a commencé en zéro. Et je respecte ses propos. Pourquoi ? Car il est cohérent et digne de la mission qui lui a été confiée. Son idée est aussi simple que la phrase suivante : Inutile de baiser car (1), Dieu a dit que c’était interdit avant le mariage et (2) les temps sont tels que si vous le faites, vous vous exposez à de graves dangers. Simple, cohérent et efficace… A condition d’avoir fait vœu de chasteté.
Désolé. Très peu pour moi.

C’était il y a un mois déjà. C’est drôle comme le temps passe. Et pourtant, je crois que je n’ai encore rien effacé, rien oublié, rien regretté : mon cœur et mon esprit portent encore la marque de ton engagement, d’un vrai, d’un de ceux que l’on respecte toute une vie.
Je me souviens il y a encore quelques mois. Tout a commencé comme ça. La première fois à Tours. J’étais devant un restaurant avec C.. Tu m’as appelé. Cela faisait des semaines que nous ne nous étions pas parlé. Le temps nous a manqué. Et les 15 minutes de notre appel t’ont suffit à le rattraper à grande vitesse. Tu allais te marier et la date était posée. Quelle drôle de sensation ! Mon cœur s’est emballé, mes jambes ont vacillé et mes bras sont allés chercher l’arbre le plus proche. Tu m’as franchement troublé et n’ai cessé de repenser notre conversation. Je savais que cette décision avait, pour toi, bien plus de sens que pour le commun des mortels : un mariage est une union sacrée, célébrée avant tout devant Dieu, son amour et celui de ta famille et de tes amis. Te vie allait changer, radicalement. Tu allais devenir ce que je suis incapable de penser, même quelques secondes, pour moi-même.
Ce n’est que deux semaines plus tard que tu as seulement osé m’annoncer la suite des évènements : cette fois je suis à Bourges, avec P., et la nouvelle que tu m’annonces au téléphone me demande, cette fois-ci, de m’asseoir en pleine rue. Je serai ton témoin, avec tout l’honneur et le plaisir que cela implique. Tu ne pouvais, avec du recul, me faire plus beau cadeau. Etre témoin est, comme tu l’as rappelé, un symbole fort, traduction d’un lien immuable, que le temps, dans son grand œuvre, aura su construire entre nous deux pendant nos jeunes années. D’ami comme toi, je n’en ai pas d’autre. Tu es une des rares personnes en qui, en dehors de ma famille, me témoigne tant de confiance et de respect. Pour cela, je te remercie.
Puis vinrent les grands jours : une semaine ou deux avant l’évènement, je rencontre la future mariée. Nous nous entendons immédiatement, c’est une jeune fille délicieuse, gentille, charmante, intelligente et pleine de vie. Je vous découvre. Je n’imaginais pas que tant de temps avait passé. Trois ans ? Cinq ans ? Même nous, nous sommes incapables de nous souvenir ! Je découvre ta belle famille, tu me fais réfléchir, je suis si heureux pour vous… Mais au fond de moi, tellement empli de doute lorsque je me regarde.
Je me souviendrai toute ma vie de ce 22 décembre. Ce jour là j’ai vraiment compris que tu ne plaisantais pas, que vous ne plaisantiez pas. Ce jour là, j’ai compris ce que signifiais le mot Amour dans toute sa splendeur : c’est un don, un engagement, une joie inouïe, de l’émotion, beaucoup d’émotion, mais surtout, et avant tout, beaucoup de sincérité. Assister à votre cérémonie à l’église, au premier rang, prier avec vous, autour de vous, pour vous soutenir et vous aider dans votre démarche m’aura profondément ému au point de pleurer, sur l’autel, devant tout le monde lorsque les anneaux, après avoir été bénis, furent échangés. Par ce geste, je comprenais ce qui vous liait, par ce geste, je comprenais que rien ne serait plus jamais comme avant, par ce geste enfin, je comprenais que jamais, je ne vivrai ce que vous avez ressenti. Voila pourquoi, quelques minutes avant d’apposer ma signature sur le registre, lorsqu’E. a croisé mon regard, elle a trouvé mon sourire noyé de larmes. C’est ce que j’ai tenté de vous expliquer un peu plus tard : que je partage profondément votre joie et votre amour et que, du haut de mes 23 ans (révolus ^^) le décalage que j’impose entre la société et moi creuse, chaque jour un peu plus, un immense fossé.
Vous m’avez troublé, touché, ému. Merci pour cette formidable leçon de vie.
