Seul, à la maison, un lundi soir. J’ai froid. Et je fatigue.
Seul contre moi, seul contre tous, j’affronte mes choix et leurs conséquences.
Je mesure… Mesure l’importance de mon échec, de mes regrets et de mon manque de clairvoyance.
Je suis ce soir, au pied d’un champ de ruine : ici autrefois s’élevait une splendide pyramide. Elle n’était certes, pas terminée mais sa base était suffisamment impressionnante pour faire pâlir d’envie tous les autres. Aujourd’hui, perdu dans mes rêves passés, je sais précisément ce dont j’ai besoin pour aller mieux.
Je sais que seul, je ne vois rien.
Je sais que seul, je ne vaux rien.
Je sais que seul, je ne suis personne…
Cette semaine sonne le glas de mon ex nouvelle vie professionnelle… Mais soyons honnêtes : tout s’écroule et je n’ai aucune porte de sortie, aucune piste, aucun espoir…
Ce soir je me retrouve en fait face à mon plus profond paradoxe : celui qui oppose le Mathieu sûr de lui, téméraire et intrépide au Mathieu perdu, mélancolique et suffisamment lâche pour venir vomir sur Internet ses émotions les plus intimes…
La nuit sera courte… Je le sais déjà…

Écrire deux soirs de suite, ça veut dire quoi ? Dire que l’on n’est pas bien ? Dire (justement) qu’on a quelque chose à dire ? Penser qu’on est le plus fort ? Croire qu’on n’est pas tout seul ?
Comme hier, je suis bien meilleur en poseur de question qu’en donneur de réponses. Ce que cela veut dire ? Que je ne suis sûr de rien, pas même de moi. Aujourd’hui j’ai peur, je flippe. A tous niveaux.
Je flippe car mon job a de très fortes chances de devenir très stressant, je flippe car je suis toujours seul dans mon lit et je flippe car j’ai relu, au moins 3 fois, l’article que j’ai publié hier soir. Je flippe car je n’explique rien, je ne contrôle rien et, par-dessus le marché, je doute… Je flippe car je n’explique pas les palpitations de mon cœur et le tremblement de mes mains d’il y a deux semaines, je flippe car je n’explique pas mon insomnie de samedi dernier, je flippe car j’ai peur de ne pas être à la hauteur des responsabilités qu’on se prête à m’offrir dans mon travail… Enfin je flippe car j’en ai assez de m’entendre dire que je suis encore amoureux de mon ex… ! Tout cela, c’est du contrôle, ni plus, ni moins. Je suis en train de me rendre compte que le contrôle est l’un des pierres angulaires de la construction d’une pyramide universelle : le contrôle de soi, dans son corps et dans son esprit est l’une des clés qui ouvrira les portes de la stabilité. La stabilité se décline sous plusieurs formes et parmi elles se trouve la stabilité sentimentale.
Le schéma est presque clair : Contrôle -> Stabilité -> Sécurité -> Société -> Bonheur.
C’est peut-être ce tout petit enchaînement de rien du tout qui sera à la base du dessin de ma nouvelle pyramide.
Je me le promets, je la dessinerai… !

Version tweet :
C’est en faisant ma valise que je suis en train de me rendre compte que c’est la première fois que je pars en déplacement professionnel tout en étant seul.
C’est la première fois que personne ne pensera à moi le soir avant que je ne m’endorme, seul, dans ma chambre d’hôtel.
Est-ce dans ma foi du couple que j’ai trouvé la force morale pour tenir le coup ? Mon célibat et ma solitude auront-ils raison de l’énergie qui a été mienne durant plus de deux ans ? Le simple fait de poser la question me taraude l’esprit mais je sais que je trouverai la réponse rapidement.
J’aimerais être capable de dire que je ne dois rien à personne…

Il serait idiot de dire que je vais bien. Il serait idiot aussi de croire que je n’ai rien à dire. Au contraire. Ce ne sont pas les mots qui manquent mais plus le courage de les rendre publics. Si j’écris ce soir, c’est parce que je ne peux plus tout garder et que j’ai besoin, d’une certaine façon, d’extérioriser encore une fois la peine qui continue de me ronger.
Cela va faire un mois et demi que je me suis fait larguer. Je vais bien. A priori. Je veux dire, je peux rester seul, je sors, je rencontre des gens, je bois, je ris, je fais des picnics, je fais les soldes, je prends soin de moi… Et j’ai même arrêté les anxiolytiques il y a une semaine… ! Non, dans l’absolu, ça va mieux qu’il y a 2, 3 ou même 4 semaines.
Mais il n’empêche, je reste bousculé. Et mon cœur n’est pas encore à l’abri d’un emballement tachycardique. A cela plusieurs raisons : d’abord penser à mon ex, me dire que tout va pour le mieux pour lui, qu’il est heureux sans moi, qu’il ne pense plus à moi, qu’il couche avec d’autres et qu’il refait sa vie à une vitesse fulgurante… Je me rends compte que mon bonheur actuel passe finalement par sa comparaison à celui des autres y compris à celui qui m’a quitté…
Puis j’ai souvent peur. Peur de moi, de mes attentes, de mes exigences, de mes rêves désormais fantasmiques, peur du futur…
Et puis j’ai encore mal, malgré mes efforts de changement radicaux. J’ai encore mal aux tripes, mal de ce vide intérieur qui continuera à me ronger encore et encore. Mal de me sentir seul alors que j’ai encore tant à donner.
D’un point de vue professionnel cette fois, ce n’est pas plus glorieux. Je me prépare à affronter le 2ème et dernier plan social dans l’entreprise. Cette fois, tous les combattants mourront. Ce n’est plus qu’une question de temps. Voila pourquoi je reste convaincu que je sais comment toute cette affaire se terminera car je sais aussi que je suis lâche. Alors, dans mes rêves les plus fous, je pars. Loin. Très loin… Afin de ne pas combattre le feu… Par le sang !

Juste parce que j’ai envie. Parce que j’ai froid, que je suis mouillé, et fatigué. Je veux écrire.
Écrire que je suis presque à bout. Écrire un doute, une peur, même un échec. Écrire que je veux des vacances, une marinière et une soupe de légumes chauds. Il paraît qu’il y a des jours comme ça : où les difficultés prennent le dessus du bonheur. Le pire dans tout ça, c’est qu’on ne sait pas pour combien de temps. Alors je souris. Encore, encore et toujours. Je tire sur une corde de plus en plus sensible sans vraiment connaître sa limite.
Elle cèdera.
