Le Moi Pour Toi

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Le Feu par le Feu

Il serait idiot de dire que je vais bien. Il serait idiot aussi de croire que je n’ai rien à dire. Au contraire. Ce ne sont pas les mots qui manquent mais plus le courage de les rendre publics. Si j’écris ce soir, c’est parce que je ne peux plus tout garder et que j’ai besoin, d’une certaine façon, d’extérioriser encore une fois la peine qui continue de me ronger.

Cela va faire un mois et demi que je me suis fait larguer. Je vais bien. A priori. Je veux dire, je peux rester seul, je sors, je rencontre des gens, je bois, je ris, je fais des picnics, je fais les soldes, je prends soin de moi… Et j’ai même arrêté les anxiolytiques il y a une semaine… ! Non, dans l’absolu, ça va mieux qu’il y a 2, 3 ou même 4 semaines.

Mais il n’empêche, je reste bousculé. Et mon cœur n’est pas encore à l’abri d’un emballement tachycardique. A cela plusieurs raisons : d’abord penser à mon ex, me dire que tout va pour le mieux pour lui, qu’il est heureux sans moi, qu’il ne pense plus à moi, qu’il couche avec d’autres et qu’il refait sa vie à une vitesse fulgurante… Je me rends compte que mon bonheur actuel passe finalement par sa comparaison à celui des autres y compris à celui qui m’a quitté…
Puis j’ai souvent peur. Peur de moi, de mes attentes, de mes exigences, de mes rêves désormais fantasmiques, peur du futur…
Et puis j’ai encore mal, malgré mes efforts de changement radicaux. J’ai encore mal aux tripes, mal de ce vide intérieur qui continuera à me ronger encore et encore. Mal de me sentir seul alors que j’ai encore tant à donner.

D’un point de vue professionnel cette fois, ce n’est pas plus glorieux. Je me prépare à affronter le 2ème et dernier plan social dans l’entreprise. Cette fois, tous les combattants mourront. Ce n’est plus qu’une question de temps. Voila pourquoi je reste convaincu que je sais comment toute cette affaire se terminera car je sais aussi que je suis lâche. Alors, dans mes rêves les plus fous, je pars. Loin. Très loin… Afin de ne pas combattre le feu… Par le sang ! 

feu_le_moi_pour_toi.jpg

  • Par M | vendredi, juillet 9 2010 | 20:24
  • Commentairesun commentaire CatégorieA Lyon Tagspeur, rêves
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Fumer des clopes et Regarder ses rêves

C’est un de ces soirs où, de façon quasi-injustifiée, la mélancolie s’empare encore de moi. Un de ces soirs où l’appétit s’arrête subitement dès lors que je raccroche le téléphone. Un de ces soirs où la musique tourne, tourne et retourne sans jamais enfanter le moindre sourire sur mon visage.

Ces soirs là, c’est ceux que j’aime le moins.

P. est avec moi lorsque je quitte l’Université Lumière Lyon 2. Un léger crachin s’abat sur nos visages et mon souffle embrume mes lunettes. On va prendre un café, chez moi. Ca nous réchauffera et nous fera oublier le douloureux souvenir de cette non-conférence sur la vraie-crise  économique mondiale.

J’habite au troisième. C’est la nouveauté du mois. Sauf que ce soir, une étape par le premier s’impose. L’immeuble est enseveli sous la poussière. C’est sale. C’est sur. Il s’est passé quelque chose. L’ancienne clé se glisse dans la serrure du premier. Un tour suffit à ouvrir la porte. La lumière ne fonctionne toujours pas. C’est noir. Il est tard. Mais ce qui est sur : c’est que la poussière venait de là : le revêtement de sol a disparu et laisse apparaitre un spectacle digne des grandes heures de Sarajevo. Une seule journée a suffit pour détruire le fondement de 9 mois de vie.

Ils ont cassé mon appartement ! Drôle de sensation…

Je remets la box en place et remonte au troisième. Drôle de sensation. C’était chez moi y’a encore pas si longtemps et je marche aujourd’hui sur des gravas. Ca m’inspire deux choses : la première (et la plus évidente) c’est que je vivais sur de la merde. Et la seconde, c’est qu’il ne reste que mes souvenirs pour témoigner de mes premiers mois Lyonnais.

J’ai la mémoire qui flanche. 

De toutes façons je m’en fiche. Je prends le premier vol lundi matin pour Saint Nazaire et j’y reste quatre semaines (Excepté les samedis et dimanche). Je n’aurais donc pas le privilège d’assister à la déconstruction de mes anciens murs.

Alors je fume des clopes et je regarde mes rêves...

  • Par M | jeudi, octobre 9 2008 | 21:04
  • Commentaires2 commentaires CatégorieA Lyon Tagsmélancolie, rêves
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Journal – Suite – Mercredi 11 février 2004

Ce sont 4 pages manuscrites retrouvées plus ou moins par hasard que je retranscris ce soir. Elles ont 4 ans. A l'époque, j'étais jeune. Je découvre en elles les graines de tous les maux qui me rongent aujourd'hui et les publier est une façon pour moi d'en exorciser les démons...


Journal – Suite – Mercredi 11 février 2004, il est 20h06.

Déchiré, anéanti, charmé, envouté et si triste à la fois. Voila comment je me sens aujourd’hui. Tout ça à cause d’un film, d’une salle obscure, et dedans, un monde merveilleux. Peter Pan est un film magique : c’est l’histoire d’un garçon, oui, d’un jeune garçon qui ne peut et ne veut pas grandir. Il aime les histoires de Wendy, une très belle jeune fille ; c’est encore une enfant elle aussi. Ils ne savent pas la chance qu’ils ont, d’abord Wendy, de quitter le monde réel, ce monde d’adultes, de contraintes, ce monde tellement difficile en fait… ! Par magie, elle apprend à voler dans les cieux et découvre le pays imaginaire. Son esprit s’envole vers un nouveau monde, où les enfants sont rois et où le temps semble arrêté. Peter a la chance d’être un garçon magnifique et de ne pas grandit. Il semble si doué, si attachant avec ses grand yeux, qu’on comprend bien vite qu’une petite histoire d’amour va naitre entre nos deux héros. Comme cela semblait magique. Et quand tout semblait perdu, Wendy posa doucement ses lèvres sur celles du jeune garçon. L’amour, ou du moins un sentiment qui y ressemble, venait de naitre en lui : les règles du jeu venaient de changer. Tristement, Peter et Wendy ne restèrent pas ensemble et notre héros resta seul, avec Clochette dans son pays, certes imaginaire, mais désert, sans Wendy, sans amis, sans Crochet… J’aurais été à sa place, j’aurais forcé Wendy à venir avec lui. Mais l’auteur de l’histoire en a décidé autrement. Cette belle histoire, j’aurais voulu que ce soit la mienne : j’aurais voulu être Peter, jeune, beau, presque athlétique. Je veux savoir voler, savoir aller au pays imaginaire, vivre d’autres aventures, jouer encore comme un enfant. Mais tout ça je ne peux pas le faire, je ne peux plus le faire. Si vous saviez comme cela me rend triste. Voyez-vous, j’ai 19 ans bien passés. Je suis, comme on dit, dans l’année de mes 20 ans. Je suis toujours aussi seul, je n’ai pas de Wendy. Je n’ai pas une jolie petite compagne qui vient poser doucement ses lèvres sur les miennes… J’ai l’impression d’être un raté… Je suis un rêveur en fait et on sait bien qu’il n’y a pas de place pour eux en ce bas monde. Quand je rêve, je me dis que je pourrais rester jeune toute ma vie, vivre des aventures de folie en pirate, chercheur d’or comme Picsou, journaliste comme Tintin ou Spirou… Mais non. Ce que je fais ? Je suis taupin dans la forme : adepte de physique, de maths et de plein d’autres choses encore. Mais tout ça n’ouvre pas sur le monde. J’ai l’impression d’étouffer. J’ai l’impression que si, moi aussi, je ne vais pas au pays imaginaire, je vivrai malheureux. Je ne sais pas pourquoi je dis tout ça et pourtant c’est un mal qui me ronge chaque jour un peu plus… Parfois, et là, il paraît que ça devient grave, j’ai envie de tout quitter, ce monde, cette vie, pour aller dans mon monde à moi, ma réalité… Ce fameux film n’a été pour moi qu’un déclic supplémentaire, qu’une occasion supplémentaire pour réfléchir encore une fois au sens et au but de ma vie. Je vais me répéter mais j’ai l’impression que ma vie est déjà terminée, que j’ai déjà vécu tout ce qu’il me semble intéressant de vivre. Mais l’âge crée malheureusement d’autres désirs et ils semblent en contradiction avec ce que je souhaite… Et du moins, à ce que j’aspire. Le monde et le temps évoluent sans me demander mon avis. Et je suis si triste, tellement triste, que j’ai envie de pleurer. J’ai envie de crier par les larmes tout ce que la vie m’enlève chaque jour. J’ai envie de pleurer mon enfance, ma jeunesse et de pleurer mon futur, si incertain, si proche et si loin et si détestable. Je ne me vois pas en vie de famille ; je me demande si je me vois travailler, quoique, si, en fait je me vois bien faire ça… Mais je ne me sens pas capable d’assumer seul cet avenir. Tout ça m’amène naturellement à penser que je dois peut-être trouver l’âme-sœur ; ma raison de vivre en quelque sorte. J’ai peut être besoin de quelque-chose, quelqu’un d’autre que mon Figaro adoré. Pourtant, y’a encore un mois de ça je disais tout le contraire… ! J’étais le plus vaillant défenseur du célibat, le preux chevalier du « Je profite de la vie tant que je suis encore seul » ! Mais maintenant, comme je l’ai dit, j’ai l’impression de ne pas pouvoir l’affronter seul. Si ma vie ne peut plus se vivre dans mon passé ou dans mon imagination, je ne vois que deux possibilités. La première, c’est qu’elle s’arrête là, tout de suite… Et j’y ai déjà et malheureusement pensé… Comme j’ai entendu dire un jour à RTL : « On ne meurt pas pour disparaître, on vit pour exister ». Mais je dois absolument oublier tout ça… Et peut-être plus penser à l’autre possibilité : trouver la fille de mes rêves. Un garçon ? Non, en y réfléchissant, ça pourra pas être possible… Je veux, ou du moins, je sais que j’ai de plus en plus besoin de quelqu’un qui me comprendra bien. D. est à peu près la seule personne en ce monde qui peut prétendre me connaître, il lui manque quelques détails de ma vie, comme vous, je vous rassure. D’ailleurs c’est qui « vous », c’est Moi pour l’instant. Mais D. c’est pas possible. En même temps je me dis que je pourrais jamais trouver : je suis loin, très loin, beaucoup trop loin d’être un beau mec, je le sais bien : je suis bien trop mince et chez moi, muscle rime avec os. Le problème, c’est que c’est pas ça qui va me la trouver, l’âme-sœur ! Et quand bien même une fille s’intéresserait à moi, je crois que mes critères sont beaucoup, beaucoup trop hauts et que je rêve en secret que je trouverai la princesse… Ma princesse… Mon Dieu ! Quel con tu es ! Apparemment, la seconde solution ne semble pas convenir non plus… Pourtant il le faudra ! Je vais en parler à D. Il saura quoi en penser… Merci à toi, ma chère feuille de papier, tu me permets de cracher, vomir et pleurer tout ce qui se cache en moi. Du coup, je deviens plus vulnérable… Merci. M.

  • Par M | vendredi, février 29 2008 | 23:57
  • Commentaires3 commentaires CatégorieAvant, à Orléans... Tagsgarçon, pleurer, rêves, seul
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Dessine-Moi... !

Chemise bleue, Pull à rayures roses, Gourmette en argent, Tours de poignet en cuir, Gel Hard Style, Cheveux longs et lisses, Chaussures vernies, Converses Flammes... Autant de contradictions, de contrastes et de mascarades que je peine, chaque jour, à justifier.

Je me manque, je m'oublie. C'est toi qui es devant moi ? Je ne crois pas, tu es si différent ! Souviens-toi... De toi ! Où sont tes mots, ta hargne, ton attitude, tes désirs, tes envies, tes rêves et tes fantasmes ? Se nourrir de ceux des autres, souvent, de suffit pas, ne te suffit pas... ! Relève-toi ! Regarde-toi ! Regarde en face ! Et pars... !


flou lemoipourtoi

Toi, qui me connais mieux que quiconque, montre-moi, Dessine-Moi... ! S'il te plaît, sois ma mémoire, mon miroir avant que le temps, finalement n'emporte le tout trop loin pour que je puisse, un jour, le récupérer...

S'il te plaît, Dessine-Moi...

  • Par M | jeudi, octobre 18 2007 | 20:07
  • Commentairesaucun commentaire CatégorieHors-Mis Tagsmiroir, rêves
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Croire plus fort en ses rêves

"Parce que j'ai très envie de danser un bal.
Je veux vivre dans un château.
Ca c'est mon trône.
Ca c'est mon cheval.

Un jour le rêve se réalise."


Même si je n'ai pas 4 ans et qu'à priori cette publicité (©Disney) ne s'adresse pas à moi, elle me rappelle quand même que le rêve est... le but.

"A dream is a wish your heart makes..."

Dans la vie, chacun doit avoir un but, une mission, une fonction. Sans celà, on erre, on n'avance pas, et j'allais dire : on ne sert à rien. C'est pourquoi il faut être capable de se poser les bonnes questions, s'interroger pour savoir quels sont nos rêves pour ensuite, se donner les moyens de les réaliser.

Même s'il ne le sait pas, Nicolas a été là pour me poser ces questions et je me rends compte que je n'ai pas encore vraiment trouvé le but, cet équilibre intérieur.

J'attends.

J'attends que le temps passe. Advienne que pourra... Sans savoir encore ce que je veux. D'ailleurs je crois que je ne veux pas savoir. C'est une faiblesse. Inhérente à la nature même de l'être humain ? Surement pas. Propre à moi ? Probablement.

La célèbre question : "Est-on capable de voir plus loin que les choix qu'on ne peut pas faire ?" résonne en moi comme une sirène d'alarme.

J'ai 21 ans.

  • Par M | samedi, mars 18 2006 | 12:57
  • Commentaires3 commentaires CatégorieA Annecy Tagsrêves
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Le Moi Pour Toi a été crée le 31 mars 2005 et s'efforce de retracer au fil des mois, l'évolution de la vie ordinaire de son jeune auteur gay.

Depuis mes premiers Coming-Out en passant par ma plus belle histoire d'amour, mon adhésion à l'UMP ou ma passion pour la Bande Dessinée, ce site est d'abord un formidable moyen d'extérioriser ce que j'ai souvent gardé pour moi. Véritable Moi intérieur, il se dévoile pour tous ses lecteurs.

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