retraite

L’Absurde Logique des Grévistes

C’est un papier de André Grjebine, économiste, publié dans Le Figaro du lundi 19 novembre dernier. Il a retenu toute mon attention car son auteur se plait à jouer mathématiquement et simplement, avec les chiffres qui font l’objet du conflit. Nul besoin d’être économiste pour s’amuser des conslusions. Nul besoin, non plus, d’avoir fait maths sup pour comprendre que, finalement, tour le monde devrait travailler plus… ! Je vous laisse apprécier et poster quelques commentaires éventuellement. ————————  »Un engagement est un engagement. C’est au nom de cet argument que les grévistes jusqu’au-boutistes s’opposent à toute modification de leur durée de cotisations et de l’âge prévu pour leur départ en [retraite|tag:retraite]. À l’État de se débrouiller pour honorer ses engagements, même si les circonstances ne sont plus les mêmes. Il ne sert à rien de faire appel à leur sens de la solidarité nationale ou d’opposer par exemple aux cheminots français que leurs alter ego allemands travaillent jusqu’à 67 ans alors qu’un conducteur de train français s’arrête à 50 ans. L’ensemble des Français ne se sont jamais engagés à payer toujours plus pour ces « minorités agissantes », sans aucune possibilité de gain. Or, c’est forcément ce qui se produit. Il suffit pour s’en convaincre d’imaginer que l’État prenne au mot les discours de leurs représentants, qui expliquent que s’ils cèdent ce sera un premier pas vers une remise en question de l’ensemble des retraites. »  »De plus, la durée de vie des Français s’est considérablement allongée depuis le moment où ces engagements ont été pris. Prenons le cas d’un salarié embauché en 1974 à l’âge de 20 ans. En supposant que les travailleurs de la SNCF, par exemple, aient la même espérance de vie que la moyenne des Français, l’espérance de vie à 20 ans du jeune salarié était, à l’époque, de 50,9 ans en moyenne. En prenant la retraite à 50 ans, il devait lui rester près de 21 ans à vivre. En 2004, l’espérance de vie de cet ex-jeune, qui a donc maintenant 50 ans, est de 29,56 ans, il va donc vivre (en moyenne) jusqu’à près de 80 ans. »  »Pour rétablir la logique, il serait donc judicieux de proposer un choix aux employés concernés : soit, ils reconnaissent que la situation n’est plus la même et, dans ce cas, ils prolongent leur durée de cotisations comme l’âge de départ à la retraite et bénéficient logiquement d’une pension jusqu’à la fin de leurs jours ; soit, le contrat et les circonstances de ce contrat demeurent inchangés. Ils peuvent donc demander la retraite à l’âge initialement prévu, mais ils ne pourront en bénéficier que jusqu’à 71 ans. Au-delà, à eux de se débrouiller pour subvenir à leurs besoins dans l’hypothèse probable et heureuse où ils sont encore en vie. Hypothèse absurde bien entendu que nul ne songe à proposer sérieusement, mais n’est-elle pas symétrique à celle que développe aujourd’hui les grévistes ? » ————————————- Lien direct en cliquant sur le logo [((/public/lefigaro/entete_logo_le_figaro_lemoipourtoi.gif|lefigaro_logo|C))|http://www.lefigaro.fr/debats/2007/11/19/01005-20071119ARTFIG00435-labsurde-logiquedes-grevistes.php|fr]

Le chantage de la France d’hier

——————————– Je n’ai probablement pas le droit de diffuser sur Internet et surtout sans autorisation, l’éditorial du Figaro daté de ce matin… Tant pis, je prends quand même le risque : les mots sont si justes qu’il serait regrettable de passer à côté… ! ——————————– «  »L’éditorial de Stéphane Marchand »  »Retenez bien cette date : 18 octobre 2007. Ce jour-là, le quinquennat de Nicolas Sarkozy va vraiment commencer. Après la victoire dans les urnes, après l’état de grâce, après l’ouverture, voici venue la salutaire épreuve de force qui pourrait définir sa présidence. »  »Le chef de l’État et son premier ministre veulent réformer les régimes spéciaux de [retraite|tag:retraite]. Au nom de l’équité, ils souhaitent que, pour les 500 000 Français bénéficiaires de cette anomalie, le nombre d’années de cotisations requis pour toucher une retraite pleine passe progressivement, avant 2012, de 37,5 à 40 ans, à fin d’alignement sur le régime général de la fonction publique. Rien que de très naturel. »  »Les syndicats des transports et de l’énergie ne l’entendent pas de cette oreille. Ils riposteront jeudi par une [grève|tag:grève] qu’ils promettent massive. Cette mobilisation ne surprendra personne : dans ce club de salariés privilégiés que sont les grandes entreprises publiques, les syndicats n’ont d’autre mission que de préserver indéfiniment les avantages acquis il y a des décennies, si injustes et anachroniques qu’ils soient devenus. »  »Ces syndicats lutteront sans merci contre toute réforme progressiste cherchant à débloquer le pays. La France d’hier, avec son maillage inextricable de corporatismes désuets, ne veut pas du changement solidaire. Pour l’empêcher, elle fait chanter l’exécutif. »  »Chez Nicolas Sarkozy qui, en d’autres occasions, avait prêché le dialogue social à tout prix, le ton a changé. Cette [rupture|tag:rupture]-là, pas question de la manquer. Les modalités seront négociables mais la réforme « se fera ». « Aucun recul n’est possible », répète son entourage. Le président rappelle que les électeurs l’ont choisi pour « faire des choses difficiles ». »  »Afin d’y parvenir, il s’appuie sur une conviction : les Français ont changé. Leurs yeux sont dessillés. Ils ont compris que les cheminots de la SNCF effectuent des travaux beaucoup moins harassants que, par exemple, les salariés du BTP à qui personne pourtant n’a jamais offert le moindre régime spécial. Les salariés du secteur privé – donc exposé – semblent libérés désormais de cet étrange syndrome de Stockholm qui leur avait longtemps fait applaudir aux rébellions confortables des salariés du secteur protégé. »  »Si son diagnostic psychologique de l’Hexagone est exact, alors Nicolas Sarkozy peut réussir là où Alain Juppé avait dû mettre genou à terre face aux syndicats après plusieurs semaines de paralysie des transports en 1995. En montrant que les vieilles rigidités ne sont pas éternelles, il peut changer le pays. »  »Sa tâche n’en sera pas moins ardue. Il se trouvera de beaux esprits pour lui reprocher la « casse du secteur public » alors que, de toute évidence, seule la réforme peut le sauver. Les mêmes l’accuseront d’infliger à la France un traitement de choc à la Thatcher. On le traitera de « libéral » – l’indémodable insulte de notre scène politique -, en oubliant que son modèle, ce sont les grandes réformes structurelles de Gerhard Schröder, le socialiste allemand qui a réussi la rupture. » » ———————– Lien direct en cliquant [ici|http://www.lefigaro.fr/debats/20071015.FIG000000143_le_chantage_de_la_france_d_hier.html|fr]. %%% ((/public/lefigaro/entete_logo_le_figaro_lemoipourtoi.gif|lefigaro_logo|C))