rupture

La suite

J’ai de nouveau les doigts qui tremblent et le cœur qui bât. C’est bien pour cette raison que j’ai repoussé l’écriture de cette suite que je dois d’abord à l’ensemble de mes lecteurs puis à moi-même. Presque 3 semaines séparent cet article du précédent. Trois semaines chargées à tous points de vue. Commençons par le début…

Lorsque j’ai écrit ma rupture, cela faisait déjà une semaine que j’étais chez mes parents. Une semaine pendant laquelle j’ai tenté, coûte que coûte de dormir, me reposer et prendre du poids. Objectif non atteint puisque j’ai finalement continué à en perdre (cinq kilos perdus sur une masse initiale de 65, je vous laisse faire le calcul mais ça ne faisait pas un joli bonhomme) et que j’avais besoin en permanence de somnifères pour arriver à trouver le sommeil. Ces petites pilules sont magiques : prenez-en une et je vous garantis que vous dormez dans les 3 minutes qui suivent. L’inconvénient ? Leur durée de vie de 6 heures seulement… Après, c’est le réveil assuré… ! 

Je me souviens que ma famille a toujours été là pour m’aider et être près de moi. Je ne pouvais en effet, pas rester seul plus de quelques minutes sans être envahi d’idées noires.
Je me souviens de la main de ma mère sur mon visage et de ses lèvres sur ma joue.
Je me souviens avoir pleuré de fatigue et de lassitude, jusque dans mon lit, seul avec mon chat.
Je me souviens avoir parlé, encore, encore et encore à tous mes amis au téléphone, sans arrêt, pour répéter et vomir mon chagrin. Je me souviens de Géraldine qui a pris le temps de m’écouter, des heures durant au téléphone, à toute heure du jour et de la nuit.
Je me souviens avoir eu peur. Avoir douté. De moi, des autres et de la vie.
Je me souviens avoir souffert, comme jamais dans ma vie.

Puis je suis rentré à Lyon. Le mardi 08 juin. Un grand moment. Le voyage est d’abord long. Et puis je suis seul. Première fois depuis 10 jours que je n’ai pas été seul plus de 3 heures. Je lis Le Figaro et le Canard et écoute de la musique pour penser à autre chose. J’ai prévu de manger un MacDo dès mon arrivée à Perrache avec Philippe. Puis Cyprien me SMS, me demande si je souhaite passer la soirée chez moi avec lui, par exemple pour regarder un film. J’hésite. J’ai peur. J’appelle. J’accepte. MacDo annulé, première soirée seul à seul avec mon ex. Première fois que je le revois depuis la séparation. La sensation est terrifiante, mêlée de peur, d’envie et de nausées. Nous parlons. Je cherche des explications. Je veux comprendre. Je dois comprendre, pour faire mon deuil… Je n’ai pas plus d’explications que la dernière fois. C’est surtout l’occasion de liquider la séparation de biens : il me rend mes dernières affaires, livres, bandes dessinées, vêtements, bijoux puis la carte de notre abonnement commun de location de voiture et enfin l’American Express qu’il utilisait en mon nom. Les symboles sont terrifiants. Je ne pleure pas mais j’ai le cœur retourné. Nous mangeons, tous les deux, comme avant. Nous regardons un film, tous les deux, presque comme avant. Puis il s’en va, pas du tout comme avant, malgré mon insistance pour le garder avec moi un peu plus longtemps. Je veux profiter encore de quelques minutes supplémentaires de sa présence que je sais bénéfique à mon cerveau. J’en ai besoin. Un besoin paradoxal qui me dit d’un côté que je suis (encore) bien auprès de lui mais qui, au final, détruira mon esprit au moins pour la nuit à venir. Qu’à cela ne tienne, j’ai mes sleeping pills.

Le reste de la semaine est à l’image de la première : je ne peux rester seul, je squatte mes amis, pour déjeuner, diner, sortir… Je suis par contre obligé de retourner chez le médecin pour calmer mon insomnie devenue chronique (je n’ai plus de somnifères). Il me prescrit de nouveaux anxiolytiques, plus légers, à prendre avant de se coucher, pendant un mois. Je passe mon samedi soir avec tous nos amis communs et Cyprien. Je bois… Je ris, pour de faux. C’est plus tard dans la soirée que je craque par SMS. Je lui avoue l’aimer encore… Cette petite phrase restera à jamais sans écho, perdue dans une boîte de réception de téléphone portable.

C’est seulement le dimanche matin que tout s’arrange : je pars une semaine en Espagne avec des amis. Nous sommes 5 au total et profitons d’une météo agréable et ensoleillée. Je bronze, je reprends du poids, je souris, pour de vrai cette fois. Je me sens enfin bien. Je revisite Barcelone, je file à Sitges, je parle espagnol… ! Ça me change. Je suis loin de tout et profite enfin de moments agréables.

C’est seulement lundi dernier que je reprends le travail. Si je ne suis pas licencié avant, je devrais encore en avoir jusqu’à fin septembre… Au soleil qui plus est ! J’ai décidé cette année de ne pas prendre de vacances en été. Je n’en ai pas ou plus besoin. Cette situation m’aura montré que je suis à une étape clé de ma vie. Je ne dis pas que je vais bien. Je dis juste que je me connais et que je sais comment tout cela finira… Je reste finalement à l’image des commentaires que j’ai pu lire ces derniers jours sur mon blog. J’ai simplement fait l’erreur de me donner littéralement corps et âme sans même ouvrir les yeux. Je me suis découvert sous un autre jour, plus passionnel, plus irraisonné et irraisonnable.

Je me le promets : ça n’arrivera plus…

Le chantage de la France d’hier

——————————– Je n’ai probablement pas le droit de diffuser sur Internet et surtout sans autorisation, l’éditorial du Figaro daté de ce matin… Tant pis, je prends quand même le risque : les mots sont si justes qu’il serait regrettable de passer à côté… ! ——————————– «  »L’éditorial de Stéphane Marchand »  »Retenez bien cette date : 18 octobre 2007. Ce jour-là, le quinquennat de Nicolas Sarkozy va vraiment commencer. Après la victoire dans les urnes, après l’état de grâce, après l’ouverture, voici venue la salutaire épreuve de force qui pourrait définir sa présidence. »  »Le chef de l’État et son premier ministre veulent réformer les régimes spéciaux de [retraite|tag:retraite]. Au nom de l’équité, ils souhaitent que, pour les 500 000 Français bénéficiaires de cette anomalie, le nombre d’années de cotisations requis pour toucher une retraite pleine passe progressivement, avant 2012, de 37,5 à 40 ans, à fin d’alignement sur le régime général de la fonction publique. Rien que de très naturel. »  »Les syndicats des transports et de l’énergie ne l’entendent pas de cette oreille. Ils riposteront jeudi par une [grève|tag:grève] qu’ils promettent massive. Cette mobilisation ne surprendra personne : dans ce club de salariés privilégiés que sont les grandes entreprises publiques, les syndicats n’ont d’autre mission que de préserver indéfiniment les avantages acquis il y a des décennies, si injustes et anachroniques qu’ils soient devenus. »  »Ces syndicats lutteront sans merci contre toute réforme progressiste cherchant à débloquer le pays. La France d’hier, avec son maillage inextricable de corporatismes désuets, ne veut pas du changement solidaire. Pour l’empêcher, elle fait chanter l’exécutif. »  »Chez Nicolas Sarkozy qui, en d’autres occasions, avait prêché le dialogue social à tout prix, le ton a changé. Cette [rupture|tag:rupture]-là, pas question de la manquer. Les modalités seront négociables mais la réforme « se fera ». « Aucun recul n’est possible », répète son entourage. Le président rappelle que les électeurs l’ont choisi pour « faire des choses difficiles ». »  »Afin d’y parvenir, il s’appuie sur une conviction : les Français ont changé. Leurs yeux sont dessillés. Ils ont compris que les cheminots de la SNCF effectuent des travaux beaucoup moins harassants que, par exemple, les salariés du BTP à qui personne pourtant n’a jamais offert le moindre régime spécial. Les salariés du secteur privé – donc exposé – semblent libérés désormais de cet étrange syndrome de Stockholm qui leur avait longtemps fait applaudir aux rébellions confortables des salariés du secteur protégé. »  »Si son diagnostic psychologique de l’Hexagone est exact, alors Nicolas Sarkozy peut réussir là où Alain Juppé avait dû mettre genou à terre face aux syndicats après plusieurs semaines de paralysie des transports en 1995. En montrant que les vieilles rigidités ne sont pas éternelles, il peut changer le pays. »  »Sa tâche n’en sera pas moins ardue. Il se trouvera de beaux esprits pour lui reprocher la « casse du secteur public » alors que, de toute évidence, seule la réforme peut le sauver. Les mêmes l’accuseront d’infliger à la France un traitement de choc à la Thatcher. On le traitera de « libéral » – l’indémodable insulte de notre scène politique -, en oubliant que son modèle, ce sont les grandes réformes structurelles de Gerhard Schröder, le socialiste allemand qui a réussi la rupture. » » ———————– Lien direct en cliquant [ici|http://www.lefigaro.fr/debats/20071015.FIG000000143_le_chantage_de_la_france_d_hier.html|fr]. %%% ((/public/lefigaro/entete_logo_le_figaro_lemoipourtoi.gif|lefigaro_logo|C))