solitude

C’est quand on l’a perdu…

Comme d’habitude, je ne sais pas très bien par où commencer… Comme d’habitude, je sais ce que je veux dire mais je cherche le chemin qui m’y pousse. Comme d’habitude, je reprendrai par le début, histoire de ne rien rater… Histoire aussi de me resituer, de façon strictement personnelle, dans un contexte que j’ai besoin de voir… D’en haut.

Pour comprendre mon raisonnement, il faut considérer ma vie. Je l’ai passée, ces dernières semaines, en voiture, à Genève, parfois même à Annecy, à grands coups de kilomètres au compteur (sans accident cette fois) à la poursuite de missions plus ou moins ardues et seul, la plupart du temps. Mes seuls contacts non professionnels auront été les serveuses des restaurants, les réceptionnistes d’hôtels et les vendeuses de sandwichs… Alors le vendredi soir, lorsque je reviens chez moi, je me plais à tomber dans les bras de celui qui m’attend, et à me lover, des weekends entiers, dans la douceur d’une jolie relation….

Je suis rentré chez moi plus tôt que prévu, hier soir, un jeudi. Mais cette fois la donne est différente : on m’attend pour partir. Je dois en effet conduire mon mari à l’aéroport… D’habitude c’est moi qui pars et je crois que c’est bien la première fois que c’est moi qui regarde l’autre s’éloigner… Il est parti pour une durée plus ou moins indéterminée : trois semaines, peut-être quatre… Suffisamment pour ressentir, dès les premiers instants, une forme de manque que l’on retrouve dans tous les éléments du quotidien… C’est drôle, ça fait bizarre… Et ça déplaît… Est-ce-que c’est ça, être amoureux ?.

The Cure and The Cause

Je me dis qu’il faut parfois avoir du courage pour reprendre la plume et écrire. Je me dis qu’il faut du courage pour tout, tout le temps, et pour toute chose :

  • Du courage pour se lever le matin,
  • Pour payer son loyer,
  • Pour croire en l’Autre,
  • Pour se réchauffer le soir, seul dans son lit,
  • Pour croire que sa vie sert vraiment à quelque-chose.

Aujourd’hui rien n’a vraiment changé : je continue de croire que ma vie reste arrêtée sur un échec et qu’il m’est difficile de m’en relever : je ressens toujours au fond de moi l’odeur de la trahison dont mon cœur a souffert mais aussi, et ça c’est plutôt nouveau, le besoin et l’envie de me reposer.

L’envie de me dire que je peux peut-être recommencer, avec quelqu’un si possible, ou seul, pourquoi pas…! Je suis donc en train de retrouver mon way of life d’il y a 3 ans… Celui qui me disait que ma vie n’appartenait qu’à moi-même et que je n’avais de compte à rendre à personne. Celui qui me faisait croire que j’étais fort, très fort, plus que n’importe qui d’autre mais qui avait au moins le mérite de me faire rêver…!

The Cure and The Cause ?

C’est le titre d’une chanson que j’ai écoute des centaines de fois il y a justement 3 ans… Et que j’ai redécouvert ce week-end… !
Le remède ? Lui. Et l’amour qui va avec.
La cause ? Une profonde solitude, ou isolement.

Je terminerai par ces quelques phrases, dont je ne suis pas l’auteur, mais qui témoignent, je pense, d’une étonnante lucidité (ou résignation, voyez cela comme bon vous semble) et d’une volonté de passer, peut-être, à autre chose… :

Just a few things before I head on my way
You are wonderful and good when you want to be
You are what I want but not what I need
And you are no good for me
But you are the cure, oh yeah, and you are the cause of my blues
Cure me, cure me… 

red cross medicine

C’est quoi, Être Amoureux ?

Cette question-là, je me la pose depuis quelques semaines désormais. Mais, avant d’essayer d’en trouver la réponse, je dois d’abord comprendre pourquoi elle est arrivée dans mon esprit. C’est au départ ma solitude qui me pousse à me la poser. Une solitude pesante lorsque l’on comprend ma vie est mes aspirations (tout est question de pyramide et de schémas). Je me la pose car mon esprit s’égare, que des larmes coulent encore et que mon cœur va mal. Je me la pose car je change, indubitablement, que mon corps aussi change et que l’insomnie revient subrepticement s’installer dans mon quotidien.

L’insomnie, reine de tous mes maux et de l’existence même de plusieurs de mes écrits, agit sur moi comme une hormone, une drogue, un bloqueur de récepteurs qui pousse mon cerveau à la suractivité nocturne. Le résultat ? Beaucoup de questions et presque autant de réponses. Oui, l’insomnie n’a pas que des mauvais côtés. Elle m’apprend à me connaître et ce faisant, à me dépasser.

Soyons honnête : je subis encore aujourd’hui les conséquences de ma rupture. La destruction de l’entité « couple » dans les premiers étages de ma pyramide de vie a eu l’effet dévastateur d’en entraîner l’écroulement. J’essaie aujourd’hui d’en redessiner les plans sur les ruines de son glorieux passé mais, dans l’hypothèse que je ne parvienne pas à la reconstruire (dans les temps), je suis contraint d’élaborer l’éventuel plan B. Celui-ci passe forcément par la redéfinition de mes fondements et du redessin des fondations de la dite pyramide.

C’est quoi l’amour ? Est-ce dire à sa mère qu’on l’aime ? Caresser son chat avant de s’endormir ? Pleurer lorsque l’on perd un être cher ? Peut-être. Je suppose que c’est un peu tout cela, mais en partie seulement. Car je distingue plusieurs formes d’amour : l’amour que l’on éprouve naturellement pour ses proches, sa famille de sang, l’amour quasi éternel que l’on donne et l’on reçoit de ses amis et enfin, l’amour ultime, celui que le corps et l’esprit sont capables de donner à l’être aimé.

Cet amour ultime et exclusif, je l’ai ressenti pendant deux ans. Et c’est clairement sa force et son magnétisme qui assuraient la stabilité et la cohérence de ma pyramide. En d’autres termes, et pour être vraiment clair, je sais aujourd’hui ce que signifie pour moi Être Amoureux.

Être Amoureux, ce n’est pas simplement penser à l’autre personne, aimer être à ses côtés, réclamer sa présence, ses messages, rechercher son odeur et sa chaleur… Être Amoureux signifie pour moi être capable de mourir pour l’autre. Et je comprends seulement aujourd’hui, avec tout le recul et l’humilité que je dois nécessairement prendre, que je l’ai réellement vécu.

Oui, j’ai aimé à en mourir.
Oui, je regrette que cela soit terminé.
Oui, je crois que plus jamais dans ma vie je ne serai capable d’aimer autant et si fort.

Tout ça, c’est du gâchis. Un immense gâchis…

seul

Deuxième rechute

06h30 – Le réveil sonne. Comme d’habitude, j’allume Télé Matin et prépare mes céréales et mon café. J’ouvre mon ordi. J’allume Internet et réponds à mes messages zogzog.

07h46 – Je monte dans le TGV à Perrache direction Paris Gare de Lyon. Le voyage est horrible. J’ai oublié mon Zune et la voiture est pleine d’une colonie de vacances. C’est définitif : je hais les gosses en groupe.

10h12 – J’arrive à Paris. Je flâne dans les boutiques autour de la gare. Je prends mon temps.

11h00 – Je rencontre mon rendez-vous au train bleu. Il n’a même pas essayé de vendre le V.I.E. qu’il proposait. Cela lui coutera un Perrier et un refus de ma part.

12h10 – Je retrouve Élise gare St Lazare. Je ne l’ai pas revue depuis des lustres. Elle est belle. Je suis content d’être avec elle. Nous allons déjeuner à « sa cantine », un restaurant tenu par des portugais où l’on mange divinement. Nous parlons. D’amour, de vie, de travail. De nous… ! Puis nous prenons le café dans son bureau Boulevard Haussmann. Je rencontre son patron et son fils Marc qui, malgré ses 18 ans, a déjà tout d’un canon.

14h15 – Je prends le bus 42 pour me rendre au pied de la Tour Eiffel. Je circule dans les plus belles avenues de la capitale et me repose sur le champ de Mars en attendant Mark.

15h20 – Arrivée de Mark et de sa sœur Lisa. Mark est un garçon que j’ai rencontré au Crazy samedi soir, que j’ai revu hier midi et qui part aux U.S. la semaine prochaine. Je passe tout l’après-midi avec lui. C’est agréable Il me plait, terriblement.

18h50 – Je retrouve Cyprien à Hôtel de Ville. Il est toujours aussi beau, tel que je l’ai laissé il y a deux mois. Ça fait bizarre. Il est convenu que nous allions prendre un milkshake au HD Dinner. Nous parlons. Je dis que je suis content de le revoir et lui dis que c’est grâce à Géraldine que je suis là, car je lui dois ma santé psychique. Je raconte ma vie, mes déboires avec mes V.I.E. aux États-Unis, mon rendez-vous raté d’aujourd’hui, ma proposition d’embauche à Lyon… Je lui dis que, rien que dans ce domaine, je suis perdu, qu’il n’est pas facile de prendre une décision et que je suis pour l’instant bien loin du rêve américain auquel j’aspire. Je lui dis que je dois rendre une réponse à la proposition pour le 15 aout sans quoi, je devrai chercher encore, encore et encore… !
Et puis nous parlons sentiments. Je lui explique d’abord que je tue l’excès par l’excès, que je suis comme ça et qu’on n’y changera rien. Je lui dis que je fais des excès de grandeur, de rêves, d’alcool, de sorties, de rencontres et de mecs… Mais que ça ne remplit rien et tentais d’aller mieux en fuyant le quotidien, toutes voiles dehors, d’où les V.I.E., d’où les U.S… Je lui explique que je ne suis pas heureux et que je n’aspire pas, pour l’instant, à me remettre avec quelqu’un. Que je ne suis pas prêt et que je reste, malgré tout, dans une période post-rupture. Puis je lui demande de parler de lui, de son stage, de sa vie à Paris, de son cœur, de son mec… Il me répond que son stage n’est pas l’éclate, que ses collègues ne sont pas géniaux même s’ils sont valeureux, que sa vie est monotone, qu’il tente de remplir son temps libre avec son copain, ses amis, des expos et des sorties mais qu’il ne trouve pas de quoi le remplir. Lorsque je lui demande s’il est amoureux, le non est catégorique mais ce garçon lui apporte la matière et la présence dont il a besoin en ce moment. Alors j’essaie de comprendre, un peu plus, son degré de bonheur actuel. Je m’entends répondre qu’il pensait qu’en me quittant ça irait mieux, mais qu’il n’en est rien, et que c’est même pire qu’avant puisque Paris ne l’a pas comblé. Poussée au bout, sa réflexion personnelle l’entraîne à se demander non pas à quelle forme de bonheur il aspire mais s’il est effectivement fait et conçu pour une quelconque forme de bonheur.
Alors je commence à ressentir le regret. Le regret de l’échec caractérisé par ma non capacité à avoir pu, à temps, rendre celui que j’aimais plus que tout, juste heureux. J’ai échoué, lamentablement. Et le présent et ma solitude sont là pour me le rappeler.

20h34 – Nous quittons le HD Dinner. Il me raccompagne au métro et me donne un ticket (je les ai tous perdus). Je traverse la rue, me retourne, et le regarde s’éloigner tandis que je m’engouffre sous terre. Je sens alors mon cœur se serrer, mes jambes flageller et des larmes couler… Je pleure. Je pleure ce regret, je pleure mon échec, et je pleure ma solitude si injustement méritée. J’enfile alors mes Ray Ban et marche, comme si de rien n’était, vers les portes de la rame. Paris a cet avantage que l’on peut pleurer dans le métro sans être ni jugé ni reconnu. Mes lunettes ne sont finalement là que pour cacher mes larmes et mes yeux meurtris…

Le Cauchemar

Je me souviens qu’il faisait beau, et chaud. Je me souviens qu’il y avait des arbres, un petit peu de vent et même des petits insectes ou des papillons. Je me souviens qu’il y avait mes amis, tous là, et que l’on riait. Je me souviens aussi qu’il était là, mais pas seul…

J’ai chaud.

Puis le groupe s’est séparé. Chacun est reparti de son côté, et je me suis retrouvé, avec eux, dans cette vieille maison en pierre. Il faisait frais à l’intérieur, je crois. Face à face, ils se sont pris dans les bras l’un l’autre et se sont embrassés, pleins d’amour et de désir.

J’ouvre alors soudainement mes yeux et retire les bouchons de mes oreilles. Il est 03h52, je suis en âge et respire comme après un sprint au 100 mètres… Cela fait 7 semaines, et je dors encore mal une nuit sur deux, ou une sur trois peut-être…

Je crois que le feu d’artifice y est pour quelque chose. C’était le premier que je faisais sans lui hier soir. Le premier que je n’ai pas trouvé aussi beau que les autres. Le premier que je regardais tout en me cherchant au milieu de la foule… J’avais beau essayer d’imprimer les lumières des bombes colorées sur ma rétine, je ne pouvais m’empêcher de penser à autre chose.

La solitude se vit mais ne se mérite pas.

C’était mon dernier feu d’artifice lyonnais.

feu artifice lyon

SensationNEL

solitudeDeux semaines sans le moindre texte. Si l’on cherche une explication, je répondrai que c’est comme ça, que le temps ne m’en a pas laissé et que je vais finalement retoucher le clavier noir.

Faut dire qu’il s’en est passé des choses en deux semaines. L’évènement le plus notable est probablement mon « déménagement ». Même s’il est dit temporaire, il n’en reste pas moins que cette bonne vieille machine à laver est quand même montée de deux étages (Enfin, pas toute seule je préviens), que je me retrouve dans un appartement encore plus petit que le premier, au troisième, où je touche le plafond avec mes mains mais où les murs sont blancs et le sol à peu près droit. Ca méritera des photos. Elles suivront. C’est promis.

J’en parle probablement avec plus de légèreté qu’il se doit. Qu’on se le tienne pour dit : ça ne m’a pas franchement amusé. Et puis, il y a toujours cette vague sensation de tristesse indéfinie qui finit toujours par m’envahir un moment ou un autre lorsque j’entre dans ce nouveau chez moi ou lorsque je regagne l’ancien, vide et résonnant… Dans le fond, cela m’a tellement dérangé que je n’ai pu passer la première nuit seul.

Alors je place, j’investis. Contre toute attente. Je place mon espoir dans l’idée d’avoir bientôt un meilleur logement, dans l’idée d’avoir ce petit plus qui me donnera envie de regagner mon logis. C’est bête, c’est tout simple. Et pourtant, cela fait des mois que je ne le ressens pas. Des mois où l’inconfort met en exergue un mal que je découvre malgré moi : la solitude. C’est en regardant ce que je vis aujourd’hui que je comprends mieux ce qui me manque. J’ai longtemps vécu, surtout étudiant, en colocation, même lors de mon (long) stage de fin d’études et, malgré les longues soirées téléphoniques offertes par mon forfait Origami, les discussion métaphysiques autour d’un M, ou les weekends passés avec le locataire de mon cœur, je n’en reste pas moins soumis à la dangereuse mélancolie qui s’empare de mon corps lorsque je me retrouve seul.

J’invite donc tous les candidats susceptibles de devenir mes colocataires à me contacter le plus rapidement possible par mail. Cherchez le lien dans le menu de droite. ;)

Bien à vous tous et bonne soirée.

Détachement

C’est un de ces dimanches ensoleillés dont on sait qu’on ne profitera pas. Un de ceux qui sonnent le glas d’un samedi hors du commun et d’une soirée exceptionnelle. J’en fais souvent des comme ça… Trop. Chaque fois la même chose, la même sensation. Celle qui vous montre combien, après l’exaltation, le retour sur Terre peut parfois être violent. La mélancolie s’installe, parfois le regret, souvent, la solitude… Alors je tue. Je tue ce temps qui passe, continuellement, avec acharnement, discernement et méthode. Cela passe par l’établissement d’une liste interminable de choses à faire, une série d’objectifs irréalisables dont les tentatives d’atteintes auront au moins le mérite de m’occuper sans monopoliser mes neurones les plus névrosés. Cette technique, je l’appelle « le détachement ». Comprenez que je sors de tout ce que j’ai vécu pour replonger, une prochaine fois, dans ce que la vie sait m’offrir de meilleur. En attendant, j’écrirai, je repasserai, j’appellerai, je peindrai… Ça marche. A peu près. Ça m’occupe. Ce n’est déjà pas si mal. Je sais trop ce dont je suis capable pour avoir à m’en plaindre…