sommeil

Question d’Image

Il n’y a pas si longtemps, j’écrivais Question de Contrôle. Le petit article qui suit s’inscrit dans la même veine que le précédent, avec cette fois-ci la peur du tic tac que je sens approcher à grands pas.

Je vieillis. Je ne le supporte pas.

C’est un fait : chaque jour que Dieu fait marque un peu plus les méfaits du temps qui passe sur mon visage. Vous ne le verrez peut-être pas, mais mon regard aiguisé est capable de voir l’évolution d’un grain de peau, de l’assombrissement des cernes, du gonflement des poches sous les yeux, et enfin du dessin des rides d’expression.

Mon corps accuse le coup des derniers mois, beaucoup trop chargés d’émotions et d’excès en tous genres. Excès physiques d’abord à savoir une perte violente de 10% de mon poids total, la prise de pilules plus ou moins catholiques, des litres de larmes, une reprise de poids qui, même tardive, fut tout aussi rapide, un manque de sport, trop d’apéros, trop de champagne et de whisky, trop de nuits blanches, trop de sexe peut-être, trop de questions, pas assez de sommeil et en ce moment même, trop de travail…

Cette année 2010, support de l’expression de mes 25 ans, marque à coup sûr un réel tournant dans ma vie. Elle me fait surtout prendre conscience que le temps passe vite. Trop vite. Et que la construction de ma pyramide de vie, si chère à mes yeux, n’en est encore qu’aux fondations… Je n’avais pas encore réalisé qu’une horloge tournait au dessus d’elle et que, passé un certain moment, toute construction deviendrait alors quasi-impossible. J’entends par là que je suis comme une rose : le temps passé toute beauté affichée ne dure pas très longtemps. Aujourd’hui, malgré le meilleur coiffeur, la meilleure dentiste, de très bons médecins, malgré une armoire plein à craquer de fringues en tous genres, j’en suis réduit à compter les rides sur mon visage et surtout à mesurer leur évolution au fil des semaines. Cela me pèse, me stresse et me fait comprendre ô combien le temps joue contre moi.

Ce que j’entends par là ? C’est que dans la société et, chez les pédés en particulier, la jeunesse et la beauté sont des éléments capitaux. Éloignez-vous des standards et des publicités des abris-bus et vous n’existez plus. C’est radical, terrible, mais tellement réel.

Pour être encore plus clair, et pour pousser ma réflexion encore plus loin, reconnaissant que le temps joue contre moi et que tout ce qui a commencé doit finir, je me mets à douter sur le long terme… Douter de ma réussite et de ma pyramide.

J’étais, avant, sur la route de ce modèle de réussite.
Je suis, aujourd’hui, au point mort…

rose rouge 3D

C’est quoi être insomniaque ?

Version tweet :

Être insomniaque, ça commence il y a bientôt 3 (!!!) mois.

Être insomniaque, cela veut dire penser constamment à autre chose, agiter son cerveau dans tous les sens pour ne pas en retirer grand-chose. C’est se faire du souci, et avoir le temps de réfléchir et de penser… Penser à soi, aux autres, à sa vie et au sens que l’on veut lui donner.

Être insomniaque, cela ne signifie pas forcément ne plus dormir. Ce n’est pas ça du tout, enfin du moins, tel que je conçois les choses et telles que je les vis. Car oui il y a des nuits où je dors bien, j’entends par là que je me couche sans broncher, parfois même que je lis un peu et que je me réveille, comme un charme, après 6 heures de sommeil non interrompu. C’est rare, mais ça arrive.

Dans les autres cas, être insomniaque signifie pour moi la longue attente du premier train du sommeil. Son arrivée est souvent retardée après minuit ou une heure du matin et parfois au-delà. C’était le cas hier soir où, sans avoir abusé d’alcool, de fête ou de quoi que ce soit d’autre, je n’ai pu trouver le sommeil avant pratiquement 3 heures. Cela semble encore être le cas ce soir où l’arrivée du premier train n’est pas encore annoncée alors qu’il est déjà minuit passée.

Je me souviens, les premières semaines, ce manque de sommeil me pesait. J’avais beau dormir habituellement 6 à 7 heures par nuit, dormir moins avait assurément pour résultat de me fatiguer un peu plus.
Aujourd’hui, je vis ce changement comme un nouveau mode de vie. Il est très clair que je dors désormais bien moins qu’avant. Six heures sont désormais parfaitement suffisantes pour m’assurer une très bonne journée. Et encore, six heures, c’est pour les bonnes nuits. En fait je me rends compte que je vis bien plus maintenant qu’avant.

Dans le fond, ça me va. Je me souviens de ce que je me dis toujours Mamie : « On dormira assez quand on sera mort ».

Elle a raison.

mire