vie

Ça n’a l’air de rien

Il est rare que je n’écrive pas pendant plus d’un mois ; mais je dois bien confesser que les jours et les semaines précédentes ont été… Mouvementés. Alors ce soir je m’arrête, bien décidé à faire le point et à reprendre le pas sur un quotidien qui m’échappe…

Je commencerai bien simplement en disant que cela fera un mois demain que je suis salarié suisse ; salarié Genevois pour être plus précis. J’ai réussi à négocier, avant la signature de mon contrat, la possibilité de continuer à vivre et habiter à Lyon à condition que je sois mobile à 100%. Deal. Je ne pouvais pas rêver mieux : bénéficier des avantages bien connus du petit pays helvétique tout en conservant mon cadre de vie et mes amis… C’est important, mais cela coute cher : corvéable à souhait, je reste finalement dépendant des missions que mon patron voudra bien me confier. Elles sont pour le moment à Lyon mais vont très vite se déplacer vers l’est, au-delà des montagnes. Pour l’instant (je touche du bois), cela se passe assez bien… Alors comme on dit : « Pourvu que ça dure ».

Enfin, quand je dis « plutôt bien », c’est à la seule condition d’oublier le « petit » souci que j’ai eu la semaine qui a suivi mon embauche : un accident de voiture. Il n’aura fallu que quelques secondes d’inattention : mes yeux, rivés sur le GPS qui tentait de m’indiquer la voie à prendre, auraient mieux fait de regarder la route et le bouchon qui s’était formé devant moi, à la sortie de l’autoroute, en entrant dans Genève… J’ai bien freiné mais… Trop tard. A peine ai-je eu le temps de dire « Merde » et je suis allé m’encastrer dans l’Audi TT qui roulait juste devant moi… Le choc est violent et inévitable. Aujourd’hui, je revois encore par flash l’image des airbags se gonfler devant ma tête et j’entends parfois le bruit du choc et des explosifs. Résultat ? Une 207 (neuve et de fonction) tout juste bonne pour la casse mais un bonhomme entier et… En vie malgré quelques coups à la tête, au torse, au genou et quelques brûlures…
Ça n’a probablement l’air de rien mais j’ai compris, ce jour-là, le sens de la vie et la chance que j’ai de pouvoir écrire ce soir. Assurément, cet évènement m’aura changé : il m’aura montré combien le corps est fragile, combien la vie peut basculer à tout moment mais aussi combien la moindre seconde d’inattention (qu’elle soit sur un GPS ou sur un téléphone portable) peut être fatale…
La chance dans mon histoire ? Je suis entier, la conductrice de la TT l’est également et il n’y a pas eu de carambolage. Comme quoi, encore une fois, c’aurait pu être pire ! Alors j’ai appris à relativiser et apprécier les railleries de mes collègues à leur juste valeur : ce n’est que de la tôle…

Mais, étant donné qu’une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, j’ai eu la désagréable surprise de recevoir un appel du directeur de mon agence bancaire qui m’a annoncé que plusieurs paiements frauduleux avaient été réalisés avec ma carte Visa que je pensais avoir perdue et dont l’opposition avait été faite quelques jours plus tôt… Pas de chance : ma carte m’a été volée un samedi soir, en boîte, après avoir réglé des consos en tapant mon code… Ce que je n’avais pas vu, c’était le grand monsieur derrière moi qui a réussi la prouesse de dérober à la fois la carte et le code… La suite est malheureusement (et elle aussi) inévitable : en quelques dizaine de minutes, plusieurs milliers d’euros me sont ainsi volés avant même que je m’aperçoive que la carte a disparu. Résultat ? Un compte bancaire à -8800€ pendant deux semaines mais un directeur d’agence sympa : mon découvert autorisé est (temporairement) de 10000€ ! Alors j’ai couru : couru la banque, les policiers et les assurances… Comme si un accident de voiture ne me suffisait pas… ! J’ai été remboursé la semaine dernière, après une plainte contre X de deux pages à la police de Lyon. Aux dernières nouvelles, c’est la brigade financière qui est sur le coup… J’espère qu’ils vont bien s’amuser mais à mon avis, il y a de quoi : quel tabac-journaux honnête peut bien accepter plusieurs paiements, dont un de 5000€, un dimanche à 07h32 ?

Ajoutez à cela le fait qu’un souci de clés aura en plus nécessité l’intervention d’un serrurier pour que je puisse rentrer chez moi et vous comprendrez pourquoi désormais, au bureau, mes collègues m’appellent « Monsieur Poisse ».

Bref, tous ces évènements auront finalement estompés les deux choses que j’aurais (initialement et joyeusement) voulu partager ici.

La première, c’est que je suis toujours avec Mark, que nous habitons pratiquement ensemble et qu’on dirait que l’histoire est faite pour durer…
La seconde, c’est que mon blog a 6 ans depuis le 31 mars dernier. Six ans, rien que ça ! Je n’avais pas imaginé, ce soir de 31 mars 2005 que l’aventure allait me porter jusqu’ici : je suis encore là, à raconter ma vie, mes passions, mes peurs et mes doutes. Mais ce que j’avais encore moins imaginé, c’est qu’en plus de continuer à écrire, j’aurais encore des lecteurs… ! Alors cet anniversaire, c’est à tous ceux qui sont encore là, à lire ces mots, que je souhaite le dédier. Merci à vous d’être toujours présents et plus nombreux : vous êtes la raison pour laquelle mes doigts s’agitent encore parfois sur mon clavier.

Bien à vous tous et très sincèrement,
Ça n’a l’air de rien…
Et pourtant… !

life

Simulation

Si je vous dis : avez-vous le sentiment d’être vivant ? Vous me rétorquerez probablement que ce blog (et vous aurez bien raison) a bigrement diminué en qualité. Peu m’importe. L’idée est que c’est la réponse qui m’a suggéré la question.

Tout commence par une bonne dose de mauvais poil. Une très forte dose, une goutte de trop, un vase pété et deux trois crétins suffisent à vous ronger les nerfs. Et ça dure, un jour, puis deux, voire trois : ce sont les imbéciles qui ne savent pas conduire, les flics embusqués dans une Mégane garée sur le bord de la route, Polaroïd dans le coffre, une déclaration de Ségolène Royal, de Mathieu Kassovitz ou les enfants bruyants dans une voiture de première. Ajoutez à cela une bonne dose de solitude et une réceptionniste pas sympa et vous obtiendrez, à coup sur, le cocktail idéal pour tout foutre en l’air.

Alors, sentant le vent venir, je me lance dans de grands projets. Le premier : réécriture partielle de mon CV et envoi à quelques recruteurs. L’exercice est long, douteux et périlleux mais a au moins le mérite d’occuper mes méninges. Avec lui surgissent les grandes questions parmi lesquelles : es-tu vraiment à ta place ou comment rendre ton quotidien plus excitant. Les réponses se heurtent pour l’instant au reflet de la réalité : j’évolue doucement (mais surement) du mode lassitude au mode challenge.
Le second projet, c’était d’aller au centre commercial faire deux trois courses (si si !). Direction Auchan Martigues. Haut lieu de la grande distribution. Je batifole : il est assez tard, je sors du boulot et j’échauffe ma carte American Express à l’idée de satisfaire un besoin d’achat compulsif. Ca me rappelle la vraie vie, celle où, avant de rentrer chez moi, je passe faire un tour dans quelques boutiques.
Je vis la vie en faux.
Ce que j’avais sous-estimé, c’est la déception que j’aurais pu ressentir à l’idée de pouvoir toucher sans acheter : rien ne sert d’avoir la liste de courses en tête si on ne rentre pas chez soi. Finalement, c’est avec un shampoing et un dentifrice que je suis revenu à l’hôtel. Même pas vraie, la vie Auchan.

Alors tant pis : je boufferai des sushis seul, dans la chambre d’hôtel. A défaut d’être glam, ça peut au moins être bon.